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Solaire organique : l'innovation qui va révolutionner le photovoltaïque français

Stéphane Poughon, président de DisaSolar, fait le point sur la structuration de la filière photovoltaïque française autour des panneaux de la 3ème génération. Maîtrise technologique, nouvelles applications… l'avenir pourrait être radieux pour le solaire français.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com

La transition énergétique est une préoccupation majeure pour laquelle le solaire a longtemps suscité beaucoup d'espoirs, à tel point que des tarifs de rachat incitatifs ont été instaurés pour favoriser l'installation de dispositifs photovoltaïques. Dix ans plus tard, le constat est pourtant mitigé : les tarifs de rachat ont profité aux fabricants chinois, dont les panneaux aux prix compétitifs ont inondé le marché au détriment des industriels européens et français.

Les français en pointe sur le solaire de 3ème génération

Suffisant pour remettre en cause le rôle de la France sur le marché du photovoltaïque ? Certainement pas ! L'avenir s'écrit assurément du coté du solaire de troisième génération (ou photovoltaïque organique), en plein développement et qui constitue autant une innovation importante en termes de développement durable qu'une opportunité de voir se créer des centaines d'emplois verts si une filière pérenne venait à naître.

Une révolution technologique annoncée

Les panneaux photovoltaïques organiques offrent une différenciation importante par rapport  aux panneaux dits de 1ère génération (panneaux à base de silicium sous forme cristallin qui représentent 80% du marché) et de 2ème génération (panneaux en couches minces, éventuellement flexibles). Couramment désignée par le sigle OPV (organic photovoltaics) et directement tirée de l'électronique imprimée, cette 3ème génération est fabriquée à partir de procédés d'impression à température et pression ambiante : des cellules solaires organiques dérivées du carbone sont directement imprimées sur support plastique. Cette innovation permet de disposer de panneaux photovoltaïques producteurs d'énergie bon marché, écologiques et « sur-mesure ». Au regard des panneaux dits de 1ère et de 2ème génération, les facteurs différenciants sont considérables et permettent d'adresser des nouveaux marchés.

Des applications nouvelles pour le photovoltaïque

Ils sont souples, fins, légers, de couleurs et formes variées, ce qui permet d'envisager une multitude d'applications, notamment sur des revêtements de surfaces complexes. De l'énergie renouvelable là où l'on en a besoin, n'est ce pas la meilleure solution apportée à la nécessité de mettre en phase besoins énergétique et contraintes environnementales ? En imprimant des cellules photovoltaïques sur des panneaux souples, sur mesure, on pourra bientôt permettre à des sites isolés, à des surfaces complexes, et aux objets communicants de répondre à leurs propres besoins énergétiques, en toute indépendance.

Les panneaux photovoltaïques OPV ouvrent en effet un champ de développement et d'innovation considérable. L'objectif est, qu'à terme, de nombreux objets de la vie quotidienne - véhicules, moyens de transport et de sécurité, appareils nomades, équipements électroniques, équipements de loisirs, équipements de domotique, etc. - soient dotés de modules solaires organiques et donc capables de produire eux-mêmes de l'énergie. Un atout pour créer de la valeur ajoutée pour le produit et son utilisateur final, mais aussi pour permettre un bénéfice global en termes de développement durable. Les panneaux photovoltaïques OPV sont économiques et non polluants, ne nécessitant pas, en particulier, de terres rares pour leur fabrication.

Des perspectives de développement pour la France

Le solaire de 3ème génération représente, enfin, un vrai enjeu pour l'économie de notre pays. La création et le développement d'une filière du photovoltaïque sont portés par plusieurs entreprises à travers des programmes de recherche partenariale ambitieux qui visent à concrétiser le développement industriel de panneaux solaires organiques. Parmi elles, DisaSolar s'est notamment placé au cœur d'un écosystème de R&D regroupant des laboratoires de recherche français et étrangers ainsi que d'autres entreprises françaises, dont les travaux déboucheront sur la création d'une usine de 150 personnes à l'horizon 2016.

Assurément, le déploiement du solaire organique sera générateur de croissance économique et d'emploi. La France a bel et bien un rôle à jouer dans la révolution du secteur qui s'annonce. Les entreprises françaises disposeront ainsi de leur propre savoir-faire et de leurs propres brevets pour commercialiser et industrialiser leurs produits partout dans le monde. Pour une fois, la France est en tête de course. Une opportunité de redressement à ne pas laisser échapper !

Avis d'expert proposé par Stéphane Poughon, président de DisaSolar.

Réactions9 réactions à cet article

 

Je souhaiterai connaître l'avis de l'ADEME sur cette nouvelle technique, mais aussi permettra-t-elle de se passer de l'intervention des fournisseurs, tels EDF/GDF...?

STTG | 05 mars 2013 à 10h26
 
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Ces merveilleux nouveaux panneaux de troisième génération ne seront-ils pas composés de nano-composants, dont on soupçonne aujourd'hui les risques environnementaux et sanitaires ? Quelle sera leur sécurité et leur traçabilité ?

mariel | 05 mars 2013 à 10h44
 
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Si je comprends bien, cette nouvelle technologie n'a que des avantages? J'aimerais qu'on développe les incertitudes et les inconvénients. Le sujet par son ampleur mérite d'être plus détaillé.

Chris71 | 05 mars 2013 à 13h05
 
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A l'étape actuelle, quel est le rendement des panneaux solaires organiques?

Juste | 05 mars 2013 à 17h21
 
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Bonjours à tous,

@Juste :Le rendement de cette technologie est un peu faible pour le moment. Aux alentours de 10%. Cependant on a certains avantages par rapports aux anciennes générations. Le rendement ne dégringole pas avec l'augmentation de la température ou lorsque les nuages arrivent.

@Chris71 : L'inconvénient majeur reste le rendement. Cependant les avantages sont nombreux et on déjà été cités par Stéphane Poughon : flexibilité, légèreté, coût de fabrication faible et possibilité de grand volume (comparé au silicium).

@Mariel : Il peut en effet y avoir un petit pourcentage. Je pense au fullerène dans ce cas-ci, mais ce n'est pas obligatoire. (Aucune idée si DisaSolar en utilise). Il s'agit principalement de molécules permettant le transport des charges électriques. Ce sont des polymères qui assurent ce rôle. D'un point de vue santé, c'est absolument inoffensif ;)

Stevens | 05 mars 2013 à 21h22
 
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Pourquoi EDF n'est-il pas partenaire de ces sociétés créant puis fabriquant des panneaux photovoltaïques ? Pourquoi EDF n'installe-t-il pas lui-même de tels panneaux sur toutes sortes de toitures, en contre-partie d'une simple remise en état en campagne ou en ville ? C'est à EDF à produire de l'électricité pour la France ! Nous ne devons que l'aider !

Max84300France | 06 mars 2013 à 13h00
 
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Nous ne demandons pas mieux que de croire cet ingénieur... d'HEC (...). Il reste cependant à connaître le « nerf de la guerre » : le prix.

Aujourd'hui les panneaux traditionnels se négocient à moins de 0,65 € HT / Wc (origine Europe) et entre 0,45 et 0,50 € HR / Wc pour ceux en provenance d'Asie. Leur mise en œuvre est très simple (sauf en France où il faut l'intégrer au bâti...) et compte tenu de leur rendement encore assez faible (< 20 %) il faut encore de belles surfaces pour couvrir les 3500 kWh moyens d'une famille française (hors chauffage et ECS).

Alors, concrètement à quoi pourraient servir ces nouvelles technologies : seront-elles moins chères ? seront-elles plus performantes ? ou seront-elles uniquement "flexibles" et "légères" et adaptables sur des surfaces complexes -lesquelles-?

L'industrie française des PME ne nous ayant pas offert de révolution industrielle depuis longtemps, cette "découverte" serait donc la bienvenue mais, au regard des sommes investies les 150 emplois potentiels sont-ils suffisants ?

Quant à la judicieuse (mais perfide) remarque sur EDF EN -filiale à 100 % d'EDF appartenant à 86 % au bon peuple français-, n'oubliez pas que les affairistes qui sont à la manœuvre, sont (aussi) sortis d'HEC et que la rentabilité de ces installations avec des panneaux américanos-allemands ou mieux chinois (!...), est nettement meilleure ! Alors pour ce qui est du patriotisme économique de ces "gens là", vous pouvez repasser.

rice | 06 mars 2013 à 16h18
 
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Bonjour,

@Rice : L'objectif de cette technologie n'est pas de venir concurrencer le photovoltaïque 1ere et 2nd génération mais de le compléter. Concrètement, des objets à formes plus ou moins complexes pourront se trouver autonomes (une horloge, station météo)-> plus de piles. Ou encore des sacs de voyage recouvert de cette technologie pour pouvoir recharger des appareils nomades. Quasiment tout est possible! C'est ce qui en fait son potentiel!

Stevens | 22 mars 2013 à 22h36
 
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interessant

issafaye83@yahoo.fr | 06 juin 2013 à 20h57
 
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