En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Stocamine : 95% des déchets resteront enfouis pour une durée illimitée

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Stocamine : 95% des déchets resteront enfouis pour une durée illimitée

Le préfet du Haut-Rhin a signé le 23 mars 2017 un arrêté autorisant Les Mines de potasse d'Alsace (MDPA) à prolonger pour une durée illimitée le stockage souterrain de déchets, dit "Stocamine", situé sur la commune de Wittelsheim.

Environ 95% des déchets stockés dans cette ancienne mine de sel y resteront enfouis. En effet, ne seront déstockés que 93% des déchets mercuriels, qui ne représentent eux-mêmes que 2.200 tonnes sur les 44.000 tonnes de déchets enfouis sur le site. A ce jour, 49% du mercure ont déjà été déstockés, annonce la préfecture, et l'atteinte de l'objectif de 93% est annoncée pour 2018. Les déchets extraits sont reconditionnés puis stockés dans la mine de sel de Sondershausen en Allemagne.

"La proportion de 93% des déchets de mercure est l'objectif maximum qu'il est matériellement possible d'atteindre et d'extraire, sans mettre en danger la vie des mineurs", explique la préfecture. Ce chiffre avait été retenu par Ségolène Royal en 2014, tout en fixant un minimum de 56% en cas de difficulté technique, en se basant sur une expertise de l'Ineris. Cette option a été confortée par plusieurs experts et organismes, affirme la préfecture, qui cite notamment l'avis de l'Autorité environnementale de septembre 2016, l'avis favorable assorti de réserves de la commission d'enquête, ainsi que l'avis favorable du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT).

"Pollution inéluctable de la plus grande nappe phréatique d'Europe"

L'arrêté prévoit quatre "lignes de défense" afin de prévenir tout risque de pollution de la nappe phréatique, annonce la préfecture : retirer un maximum de déchets de mercure et de zirame (un fongicide), retarder et réduire les débits des venues d'eau depuis la nappe, ralentir la venue de la saumure, évacuer les éventuelles eaux d'ennoyage du stockage. "Les travaux de confinement des déchets restants vont débuter avec l'installation des barrages étanches", précise le représentant de l'Etat.

Ces garanties n'en sont pas aux yeux du collectif Stocamine, qui regroupe quatorze associations et organisations syndicales. "En toute connaissance de cause, l'Etat français ordonne l'enfouissement définitif de 40.000 tonnes de déchets hautement toxiques et assume la responsabilité d'une pollution inéluctable de l'eau de la plus grande nappe phréatique d'Europe", s'indigne le collectif, en réaction à la décision préfectorale.

Le site de stockage Stocamine a été autorisé en 1997 pour y enfouir 320.000 tonnes de déchets ultimes. Inauguré en 1999, son exploitation a été interrompue par un incendie en 2002 alors que 44.0000 tonnes de déchets y étaient stockées. "Aucun n'a été ajouté depuis lors", assure la préfecture.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question au journaliste Laurent Radisson

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…