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Nouvelle stratégie forestière européenne : pour une gestion équilibrée et durable

La Commission européenne a présenté la nouvelle stratégie des forêts de l'UE visant à garantir leur gestion durable et la compétitivité du secteur face au changement climatique et la demande en bois énergie. Objectif : bâtir une politique commune.

Biodiversité  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Alors que les forêts couvrent aujourd'hui 40% du territoire de l'Union européenne, Bruxelles a présenté le 20 septembre une nouvelle stratégie visant à garantir la protection et la valorisation "durable" des ressources forestières en Europe d'ici à 2020. "Les forêts sont des écosystèmes clés autant qu'une source de richesse et d'emplois dans les zones rurales, à condition qu'elles soient gérées correctement", a souligné le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos.

Gestion des ressources

Cette nouvelle stratégie doit remplacer celle existante qui date de 1998. Elle propose un nouveau cadre d'action fondé sur une approche "globale" de la forêt en tant que niche économique (compétitivité des filières forêt-bois) et ses bénéfices écosystémiques, encore sous-estimés; alors que la superficie forestière augmente de près de 0,4% par an dans l'UE depuis 1990, à la suite de programmes de boisement notamment. "Ceci est en contraste avec la situation mondiale actuelle où la surface forestière continue de diminuer, avec un taux global de déforestation alarmant". Les forêts de l'UE couvrent désormais 155 millions d'hectares auxquels s'ajoutent 21 millions d'ha "d'autres terres boisées".

Près de 60% des forêts européennes sont privées (de taille moyenne de 13 ha), détenues par environ 16 millions de propriétaires. Les 40% restantes sont publiques (de taille moyenne de plus de 1.000 ha) et sont surtout présentes en Europe du sud et du sud-est.

La stratégie doit permettre de répondre "aux pressions de plus en plus fortes" qui s'exercent sur les forêts, depuis ces quinze dernières années, et mieux prendre en compte "ces nouveaux défis" : changement climatique (tempêtes, sécheresses, incendies), demande croissante de bois en tant que matériau et source d'énergie, érosion de la biodiversité.

Ce nouveau cadre d'orientation "est nécessaire car il n'y a pas de politique forestière commune dans l'UE", rappelle la Commission. "Il est nécessaire de coordonner les politiques sectorielles", insiste-t-elle. La forêt étant multifonctionnelle et ses usages concurrents. D'où l'enjeu d'opter pour une approche "équilibrée et durable" même si cette stratégie reste non contraignante pour les Etats membres.

 
Et la filière en France ? En France, la superficie forestière a augmenté de 50% depuis 1950. Aujourd'hui, les forêts couvrent 29% du territoire, représentant 16,3 millions d'hectares, selon les chiffres du ministère de l'Agriculture et de la Forêt. 
La filière forêt-bois française compte 285.000 emplois directs et jusqu'à 400.000 emplois indirects avec le meuble, la construction et la commercialisation. La filière génère un chiffre d'affaires de 50 milliards d'euros. L'Office national des forêts, gère près de 5 millions d'hectares, soit 27% de la forêt métropolitaine. Il met en vente 40% des volumes de bois français.

Le renforcement de la filière est pris en compte dans le projet de loi d'avenir pour l'agriculture et la forêt, qui sera discuté au Parlement à partir de janvier 2014. Le texte prévoit de créer un fonds stratégique bois-forêt (FSBF) ainsi que des groupements d'intérêts économiques et environnementaux forestiers (GIEEF).
 

La durabilité de la biomasse pointée

Si les forêts européennes représentent ainsi "le plus grand réservoir de biodiversité par rapport à d'autres écosystèmes terrestres", elles fournissent en même temps plus de 50% d'énergie renouvelable (EnR) en Europe, précise Bruxelles. "La demande croissante représente une opportunité pour ce secteur, mais, en même temps, pose un défi important pour le maintien des écosystèmes forestiers, augmentant les risques de conflits."

La biomasse forestière représente déjà près de la moitié de la consommation totale d'énergie renouvelable de l'UE. En 2020, la biomasse devrait ainsi fournir 42% de la part de l'objectif de 20% d'EnR dans la consommation de l'UE, souligne la Commission. " Si cet objectif est atteint, la quantité de bois utilisée à des fins énergétiques dans l'UE serait équivalent au total de récolte de bois d'aujourd'hui"; prévient-elle toutefois. "Il est important que les principes de gestion durable des forêts soient appliquées pour assurer à long terme la fourniture de biens et services multiples". En France (voir encart), le bois énergie devrait fournir près d'un tiers de la part de l'objectif de 23% d'EnR fixé en 2020. Soit 11 millions de tonnes d'équivalent pétrole (Mtep) et 21 millions de mètres cubes de bois supplémentaires.

Les forêts sont également "vulnérables" au changement climatique. La Commission appelle les Etats membres à maintenir et améliorer leur résilience et leur capacité d'adaptation, y compris la prévention d'incendies. D'autant que les forêts sont indispensables pour absorber les gaz à effet de serre et limiter le réchauffement en tant que ''puits de carbone", rappelle Bruxelles.

Plus de 5 milliards d'euros nécessaires

La Commission propose que les Etats s'accordent d'ici à fin 2014 sur la fixation de critères "harmonisés" de protection des forêts y compris de durabilité liés à l'utilisation du bois énergie.

Côté financements : 5,4 milliards d'euros ont été débloqués par le Fonds européen agricole pour le développement rural en faveur des forêts pour 2007-2013. "Bien que cela dépendra des plans de développement rural des États membres", une enveloppe similaire pourrait être prévue pour la période 2014-2020, table la Commission. Le recours aux autres fonds européens dédiés à l'environnement (Life+), à la réduction des émissions issues de la déforestation (REDD+) et l'exploitation légale des forêts (plan d'action FLEGT) est également préconisé. La Commission plaide pour que "les politiques forestières nationales intègrent les politiques connexes de l'UE", en matière d'industrie, de recherche et d'environnement.

Les ministres européens en charge des forêts, réunis à Bruxelles ce lundi 23 septembre, examineront le texte proposé par la Commission.

Réactions1 réaction à cet article

 

Je cite : "La Commission plaide pour que "les politiques forestières nationales intègrent les politiques connexes de l'UE", en matière d'industrie, de recherche et d'environnement."
Cela ne semble pas dénué de bon sens.
Nos instances franco-françaises écoutent-elles volontiers les plaidoyers de la Commission ?

Jean-Claude HERRENSCHMIDT | 24 septembre 2013 à 16h01
 
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