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Protéines végétales : une stratégie pour doubler les surfaces d'ici 2030

Le ministre de l'Agriculture a présenté la stratégie nationale sur les protéines végétales. Elle vise à organiser les filières en aval pour développer une offre locale pour l'alimentation animale, mais aussi humaine.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com

Après une concertation d'une année, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, a présenté la stratégie nationale protéines végétales, le 1er décembre.

Alors qu'aujourd'hui, près d'un million d'hectares sont dédiés en France aux espèces riches en protéines végétales (soja, pois, légumes secs, luzerne, légumineuses fourragères…), la stratégie vise une augmentation de 40 % de cette surface d'ici 2022, soit 400 000 ha supplémentaires en deux ans. D'ici 2030, « les surfaces seront doublées pour atteindre 8 % de la surface agricole utile, ou 2 millions d'hectares », indique la stratégie. Une enveloppe de 100 millions d'euros sera dédiée, dans le cadre du Plan de relance, à la structuration des filières, à la recherche et au développement, aux investissements et aux achats de semences, à l'innovation et à la promotion de la consommation de légumes secs.

Une production locale pour l'alimentation animale et humaine

« L'autonomie protéique de la France est un sujet dont on parle peu mais qui n'en reste pas moins éminemment stratégique pour notre pays car elle pose, de manière exacerbée, la question de notre dépendance aux marchés mondiaux et aux importations, en particulier de protéines végétales sud-américaines comme le soja », souligne le dossier de presse du ministère. Les tourteaux de soja, importés majoritairement d'Amérique latine et sources de déforestation, représentent 36 % de l'alimentation des bovins laitiers, 29 % pour les volailles à chair, 11 % pour les volailles de ponte, 8 % pour les bovins à viande… L'un des objectifs est donc de réduire les importations de soja pour l'alimentation animale et d'améliorer l'autonomie alimentaire des élevages, à l'échelle des exploitations, des territoires et des filières. La stratégie s'attachera également à développer une offre de produits locaux en matière de légumes secs (lentilles, pois chiche, haricots, fèves...).

Organiser l'aval de la filière

« L'un des freins au développement de la production des espèces légumineuses est lié au manque d'organisation et d'investissements de la part de l'aval de la filière : manque de débouchés rémunérateurs, absence de silos pour stocker les récoltes…», note le ministère.

La stratégie vise donc à accompagner financièrement les investissements nécessaires, comme des capacités de séchage pour les légumineuses fourragères, des capacités logistiques et de transformation. Des aides seront dédiées à la structuration de filières, à travers des projets collectifs. Un appel à projets sera lancé par FranceAgriMer, sur ces deux volets : structuration des filières et investissements matériels pour la transformation et la logistique.

Par ailleurs, un réseau d'expérimentation sur le soja bio devrait être mis en place, ainsi qu'un réseau de plus de 300 fermes de démonstration sur l'autonomie fourragère en élevage de ruminants. Un observatoire sur les productions et usages de matières premières végétales riches en protéines pourrait également voir le jour.

« Nous tenons à exprimer notre satisfaction après la présentation de ce plan très attendu, avec des financements qui constituent une rampe de lancement », a réagi François Cholat, président du syndicat national de l'industrie de nutrition animale (SNIA). « La stratégie devra faire l'objet d'efforts pérennes », a-t-il ajouté.

 

Réactions1 réaction à cet article

 

Cette dépendance aux importations de protéines végétales, principalement produites sur le continent américain (Brésil, Etats-Unis, principalement pour le soja, OGM tant qu'à faire !) n'est-elle pas une conséquence directe des accords du GATT entre les Etats-Unis et l'UE, lesquels bloquaient jusqu'à présent l'accroissement des surfaces de cultures de protéagineux sur le "Vieux continent" ? Ce verrou juridique aurait-il donc désormais sauté ?

Pégase | 03 décembre 2020 à 10h12
 
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