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Les subventions aux énergies fossiles engendrent des coûts sanitaires six fois supérieurs

Les subventions aux combustibles fossiles coûtent six fois plus que prévu aux Etats. En plus de l'argent versé aux producteurs de pétrole, gaz ou charbon, les pays sont contraints de payer pour contrer les effets sanitaires néfastes engendrés.

Risques  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

Un nouveau rapport de la coalition d'ONG Alliance pour l'environnement et la santé (HEAL) démontre que les subventions aux énergies fossiles entraînent des effets sanitaires qui finalement coûtent beaucoup plus aux Etats. Les pays du G20 subventionnent encore les énergies fossiles à hauteur de 416 milliards d'euros selon l'Overseas Development Institute. Mais selon l'étude de HEAL publiée ce 27 juillet, les Etats dépensent six fois plus pour contrer les effets sanitaires dus à l'utilisation d'énergie fossile.

Les pays sont contraints de débourser 2.600 milliards d'euros pour soigner les infections respiratoires, les AVC, les crises cardiaques et autres cancers des poumons. Des dépenses de santé liées à la pollution de l'air, au changement climatique et à la dégradation de l'environnement qui ne sont pas prises en charge par l'industrie des énergies fossiles mais par la société.

La Pologne en tête en Europe

Le rapport examine le coût réel de l'impact sur la santé des subventions accordées aux producteurs de pétrole, de gaz et de charbon dans sept pays du Nord et du Sud : Royaume-Uni, Chine, Pologne, Turquie, Allemagne, Inde et Afrique du Sud. Au Royaume-Uni, par exemple, les dépenses de santé découlant de la pollution de l'air causée par les énergies fossiles sont cinq fois supérieures aux subventions payées. En Chine, c'est 18 fois plus. Mais le record est détenu par la Pologne où l'impact sanitaire représente 26 fois la valeur des subventions.

A noter que pour la France, qui verse 1,41 milliard d'euros de subventions à la production d'énergies fossiles, l'impact sanitaire des énergies fossiles est estimé à 16,5 milliards d'euros par an selon les chiffres du Fonds monétaire international, un chiffre inférieur à ceux estimés pour l'Allemagne (40 Md€) ou la Pologne (36 Md€).

Proportion des décès prématurés qui pourraient être évités
 

Utiliser ces fonds pour améliorer le système de santé

Dans son rapport, HEAL exhorte les pays à supprimer progressivement leurs subventions aux énergies fossiles d'ici à 2020 pour les pays développés et d'ici à 2025 pour les pays en développement. Au sommet du G7, en mai 2016, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et l'Union européenne s'étaient engagés à les éliminer d'ici 2025. Cet engagement remonte au G7 de 2009. Aujourd'hui, les soutiens aux énergies fossiles sont en diminution dans les pays du G7 en raison de la baisse conjoncturelle du prix du baril. Exception notable, le Royaume-Uni a augmenté ses subventions en consentant des exonérations de taxes aux producteurs de pétrole de la mer du Nord.

Pou motiver les Etats, l'Alliance leur propose des pistes pour utiliser au mieux les sommes économisées afin d'améliorer la santé publique. Par exemple, en Allemagne, les 5,1 milliards d'euros de subventions seraient suffisants pour fournir à plus de 300.000 ménages une installation solaire, ou pour financer la transition professionnelle des 15.000 employés allemands travaillant dans des centrales à charbon pour les cinq années à venir. En Pologne, ces fonds pourraient aussi être utilisés pour construire plus de 34 nouveaux hôpitaux et employer 30.000 nouveaux médecins.

"Une des meilleures stratégies politiques pour réduire les subventions aux énergies fossiles consiste à mettre en place dans le même temps un système universel et gratuit de couverture des dépenses de santé financé par la suppression de ces subventions. Combiner ces deux mesures peut offrir des avantages significatifs sur le plan sanitaire, économique et environnemental. Cela peut également être un excellent atout politique pour les dirigeants qui mettront en place des services de santé gratuits pour leurs citoyens", propose même Robert Yates, de l'ONG Chatham House, membre d'HEAL.

Réactions6 réactions à cet article

 

Bon article démontrant les relations malsaines de façon bien claire ... pour ceux qui veulent ou peuvent le voir. Je crains, les mal voyants aillent tout de suite faire un autre calcul, que la transition du secteur automobile ou électrique coutera des emplois innombrables dans leurs industries annexées, avec des frais incalculables pour l’état – simplement pour freiner un développement sain avec la peur généralisée du chômage et des crises économiques des masses. Les chiffres sont clairs, les technologies sont mûres, pourtant il y manque encore le courage. Continuez avec vos articles lucides à démontrer les faits pour encourager la population. Car la politique s’adapte à la volonté des électeurs.

MLS | 28 juillet 2017 à 10h02
 
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Les experts de HEAL proposent d'utiliser les subventions aux énergies fossiles pour les frais sanitaires dues aux fumées.
Si l'on subventionnait les énergies sans fumée et en particulier le nucléaire ce serait nettement plus écologique à long terme.

VD69 | 01 août 2017 à 11h31
 
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Ces rapports de pression viennent des milliardaires tendance "silicon Valley" via grosses fondations. Le rapport "Overseas .." (de 2015) est aussi celui de Oil Change International, OCI qui est un copain de 350.org/1Sky lui créé par le Rockefeller Brothers Funds dans ses locaux en 2007. Ce rapport "Hidden price" est financé notamment par la KR Fondation co-fondatrice de la ClimateWork fondation (qui finance tout ce qu'il y a de "vert"), KR qui finance par ailleurs 350.org, E3G, Climate Action Network... Plein de ces gens là passent leur temps en avion à polluer (ozone notamment) mais ils sont bien payés. C'est pour lancer le business vert, voiture électrique, banqueries et cie et pour ça ils ont besoin du nuc. qui lui a toujours été subventionné à mort, dans lequel s'est recasé Bill Gates (TerraPower). C'est pas eux qui vont vous parler d'iode 131, de l'épidémie de cancers de la thyroïde, césium 137, de la société militaire qui va avec, des déchets nucléaires, etc.

Ano | 03 août 2017 à 22h13
 
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Le nucléaire, du moins la fission, est tout sauf écolo; que faites vous des déchets radioactifs à vie longue, que l'on ne sait toujours pas traiter? Etes vous d'accord pour accueillir sur votre commune des fosses d'enfouissement ? Car pour l'heure tout le monde se bat pour ne pas les avoir (à juste titre). Quand au démantèlement des vieilles centrales , c'est un tel gouffre financier qu'il n'a même pas été pris en compte dans l'estimation du coût de financement de l'électricité produite par EDF. Aucune technique de production de l'énergie à grande échelle n'est véritablement écologique, elles ont toutes leurs contre-indications. Mais il est vrai que le nucléaire ne produit pas de gaz à effet de serre, ni de fumées polluantes.

gaia94 | 07 août 2017 à 00h22
 
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Pour Ano. Faut-il classer GreenPeace comme faisant partie du lobby du nucléaire quand il publie (en Allemagne) une étude qu'il a faite réaliser par l'université de Stuttgart chiffrant à 23 000 morts tous les ans du fait des fumées fossiles rien qu'en Europe? Cette même étude chiffre à 9 300 les morts en Allemagne seule. Cette étude réalisée sur les données 2012 a été confirmée par une autre université sur les données 2013.
Pour Gaïa, je suppose que vous êtes pour SuperPhénix qui traite les déchets du nucléaire, résolvant ainsi ce qui fait le défaut du nucléaire à vos yeux. Quant au coût du démantèlement , je me refuse de croire que vous n'avez pas été informé de l'avis de la Cour des Comptes affirmant que ces coût étaient pris en charge par EDf.

VD69 | 16 août 2017 à 19h34
 
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A VD69 : Depuis fin années 80 Greenpeace est dans la doctrine GIEC/James Hansen pour ce qui est du « Climat », ce qui lui apporte le gros de son financement des fondations millionnaires pro-TAFTA de la nébuleuse "silicon valley". WWF et 350.org sont pires. Le charbon "sale", énergie non militaire (comme le nuc de Tchernobyl ou "sur-sous-générateurs") bon marché, a été celle de l'Europe de 1900 à 1970 quand la durée de vie à la naissance passait de 45 à 75 ans. En 2017 il faut et suffit d'exiger la technologie charbon "propre" (le temps d'être plus sobres et avec soleil, sol, vent) qui ne rejette pratiquement plus de souffre et particules, peu d'oxydes d'azote, essentiellement du CO2 qui est une des trois molécules essentielles du vivant ne pouvant pas faire de mal.
Voir l'article " Pour l'électricité, le charbon "propre" " sur le blog de Mediapart

Ano | 17 août 2017 à 15h59
 
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