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La Suisse refuse de fixer des dates butoirs pour la fermeture de ses centrales nucléaires

Energie  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

Les Suisses ont rejeté l'initiative populaire "Pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire" (54,2% votes contre, 45,8% pour). Cette dernière fixait des dates butoirs pour arrêter l'exploitation des cinq centrales existantes, mises en service entre 1969 et 1984. Si cette proposition avait été acceptée, la Suisse aurait dû fermer trois de ses centrales en 2017 (Beznau I, Beznau II et Mühleberg), une en 2024 (Gösgen) et la dernière en 2029 (Leibstadt).

Ces infrastructures disposent aujourd'hui d'une autorisation d'exploitation d'une durée illimitée : leur fonctionnement est uniquement conditionné à leur sûreté.

La Suisse s'est toutefois déjà positionnée pour une sortie progressive du nucléaire. Après la catastrophe de Fukushima, le Conseil fédéral et le Parlement suisses avaient en effet acté l'interdiction de la construction de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Toutefois, les centrales déjà en service continueraient d'être exploitées tant qu'elles seraient sûres.

Le Conseil fédéral n'a donc pas soutenu l'initiative populaire. Pour lui, la Suisse ne serait pas en mesure de produire dès 2017 des énergies renouvelables pour accompagner cet arrêt. "Fermer prématurément les centrales nous obligerait en effet à augmenter considérablement nos importations d'électricité, estime-t-il. En outre, cela reviendrait à remplacer la plus grande partie de l'électricité nucléaire suisse par de l'électricité nucléaire étrangère, voire par de l'électricité produite par des centrales à charbon, très polluantes". Et selon lui, ces importations d'électricité risqueraient de provoquer une surcharge du réseau.

Le dernier argument pointé par le Conseil fédéral est d'ordre financier : les exploitants ont brandi la menace du dépôt de demandes d'indemnisation à hauteur de plusieurs milliards de francs suisses en cas de victoire de l'initiative.

"Nous sommes d'une part ravis de ce large soutien de la population – et regrettons de ne pas avoir atteint notre but, réagit Regula Rytz, coprésidente de l'Alliance Sortie programmée du nucléaire et présidente des Verts. Le sujet n'en reste pas moins d'actualité. Car la campagne de votation nous a permis de révéler clairement et sans compromis la profondeur de la crise que traverse l'industrie nucléaire et nous voulons mettre fin à sa gestion calamiteuse".

En 2015, la consommation d'électricité en Suisse a atteint environ 58 térawattheures (TWh). Les cinq centrales nucléaires produisent près de 40% de l'électricité suisse.

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