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Le superéthanol-E85 continue de séduire les automobilistes français

Transport  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

En 2019, la consommation d'essence de superéthanol-E85 (contenant jusqu'à 85 % d'éthanol et 15 % d'essence) a continué son essor, selon le bilan annuel présenté le 28 janvier par la Collective du Bioéthanol, qui regroupe l'Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS) et le Syndicat national des producteurs d'alcool agricole (SNPAA).

Les ventes de cet agrocarburant de première génération ont augmenté de 85 % en 2019 par rapport à 2018 en France. « 2019 a été une nouvelle année record pour la filière française du bioéthanol », se félicitent les producteurs. L'E85 reste le carburant essence le moins cher à la pompe (0,69 euro le litre environ). Plébiscité pendant le mouvement des gilets jaunes, il se veut « le carburant du pouvoir d'achat » par la filière.

La croissance de l'E85 s'explique aussi, depuis 2018, par les premières homologations de boîtiers de conversion permettant aux automobilistes d'adapter leur motorisation essence, après la publication de l'arrêté de décembre 2017. Depuis cet arrêté qui encadre l'homologation des boîtiers de conversion E85 par l'État, « la croissance du superéthanol-E85 est très forte. Les volumes ont quasiment doublé en 2019 », souligne la Collective du Bioéthanol.

Pas moins de 80 % des véhicules essence sont désormais compatibles avec un boîtier de conversion E85 actuellement proposé par quatre fabricants agréés : FlexFuel, Biomotors, ARM Engineering et Borel. Trois régions proposent notamment des aides à l'installation d'un boîtier pour les particuliers (Hauts-de-France, Grand Est et Provence-Alpes-Côte d'Azur) ainsi qu'un département (Somme) et plusieurs villes. Le réseau de distribution de l'E85 atteint, en janvier 2020, 1 740 stations-service. Soit 634 stations de plus en un an. Depuis septembre dernier, le rythme d'ouverture est « de plus de deux stations par jour », précisent les producteurs.

Quant à l'agrocarburant E10 (contenant jusqu'à 10 % d'éthanol), « sa part de marché annuelle progresse de près de 5 points pour atteindre 47,6 % en 2019 », précise la Collective du Bioéthanol. Il demeure, en moyenne, de 4 à 5 centimes moins cher que le SP95.

Réactions6 réactions à cet article

 

Bonjour,
La vrai question reste: les agrocarburants de 1ère génération sont ils globalement meilleurs pour l'environnement.
Sont ils fait à base de résidus uniquement ou participent ils à la pénurie alimentaire et à la spéculation des marché ?
participe
Le pouvoir calorifique du méthanol/éthanol étant moindre que celui du pétrole, quelle est la surconsommation E85/sans plomb 95/98 ?

BDE | 30 janvier 2020 à 09h35
 
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Donc, à peu près 300 000 ha en France pour produire à peu près 10% de la consommation des voitures essence...
La France compte 32 millions de véhicules particuliers.
Un peu moins de la moitié roule à l'essence.
Un V.P. essence roule en moyenne 10 000 km/an.
Si on remplace ces voitures essence par des voitures électriques, consommant 0.15 kWh/km, il faudra 15 000 000 * 10 000 * 0.15 = 22.5 TWh.
A raison d'un MWc de solaire par ha, et 1200 kWh / kWc, il faudrait 18 750 ha de photovoltaïque pour produire assez d'électricité pour alimenter à 100 % le parc "essence converti à l'électricité" contre 300 000 ha aujourd'hui pour produire 10% de la consommation à l'éthanol. Pour rappel, on n’arrose pas les parcs PV de pesticides, ni d'engrais, contrairement aux céréales et betteraves utilisées pour faire de l'éthanol.
Donc en résumé :
- éthanol, 300 000 ha de terres agricoles arrosés d'engrais et pesticides, pour produire 10% de la consommation.
- électricité, 18 750 ha de terres agricoles, dégradées ou délaissées, pour le même nombre de voitures, le même kilométrage et 100 % de la consommation.
Et on nous parle tous les jours de la pression que le PV au sol fait porter sur les terres agricoles... La paille ou la poutre ?

Seb | 30 janvier 2020 à 11h31
 
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Les bio-carburants devraient être interdits, c'est le même style de catastrophe écologique que pour l'huile de palme. La mono culture intensive épuise les sols et les pollue pour ressortir en fumée, on marche sur la tête. La production agro-alimentaire doit être respecter et servir à nourrir exclusivement les individus.
Quelle ineptie!
Valérie

Titeufette | 30 janvier 2020 à 18h53
 
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L'E85 peut être vu comme une solution à court terme, le temps de mettre au point des voitures électriques dont l'autonomie est VRAIMENT comparable aux véhicules thermiques actuels. Personnellement, actuellement, je peux accepter de mettre 1000 € dans un boitier de conversion au bioethanol. Je n'ai par contre aucune volonté de mettre au moins 30000 balles dans un véhicule qui ne pourra faire que 150 bornes et qui est alimenté par Fessenheim (j'habite en Alsace).

nimb | 31 janvier 2020 à 08h10
 
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Vous avez raison, Seb. D'autant plus que le bilan environnemental des agrocarburants ne prend pas en compte les intrans (engrais et pesticides de synthèse) employés pour l'implantation et la croissance des cultures ensuite transformées en carburant.
Le succès de ces carburants verdis par le marketing et les politiques aux ordres de l'IUPP et de la FNSEA auprès des automobilistes ne réside-t-il pas principalement dans les substantiels avantages fiscaux dont ils bénéficient ?

Pégase | 31 janvier 2020 à 13h05
 
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La surconsommation E85/SP95 doit être de l'ordre de 20 % compte tenu des PCM de ces carburants. Mais à quel prix pour l’environnement comme le signalent très bien BDE et SeB ! Ne parlons pas du prix de revient du bioéthanol, il crève les plafonds et survit à coup de subventions faramineuses alimentées par nos impôts. On en revient toujours au problème de la déshydratation de l'éthanol à 95% dont la difficulté a été gravement sous estimée. Cette eau enlevée à grand frais l'éthanol la récupère rapidement dans des installations qui ne sont pas protégées de l'atmosphère. Ce qui entraînera rapidement des problèmes sur les moteurs qui ne résisteront pas à la corrosion. En conclusion, il faudrait obtenir cet éthanol à partir de résidus végétaux (on n'en est qu'aux timides essais), réduire à 50-50 le pourcentage essence-éthanol et revoir entièrement les matériaux constitutifs des moteurs: métaux, caoutchoucs, plastiques conçus pour l'essence pas pour l'éthanol. Ce n'est qu'à ce prix qu'on pourrait maintenir cette filière qui reste intéressante néanmoins pour laquelle les "politiques" ont mis (une fois de plus) la charrue avant les boeufs. Dommage qu'on n'ait tenu aucun compte de l'expérience considérable acquise par les Brésiliens dans ce domaine

glaudius92 | 02 février 2020 à 16h28
 
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