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Sûreté nucléaire : l'ASN attire l'attention sur 6 enjeux sans précédents

Globalement la sûreté nucléaire est assez satisfaisante, a expliqué l'ASN aux parlementaires. Mais six enjeux clés ont été identifiés pour les années à venir, nécessitant un renforcement des moyens financiers et de sanction de l'ASN.

Risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Comme l'an dernier, la situation est "globalement assez satisfaisante". C'est ainsi que Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a résumé, mardi 15 avril, devant les parlementaires de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), le rapport 2013 sur l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection.

L'audition a surtout été l'occasion pour l'ASN de mettre en avant les six "enjeux sans précédents" sur lesquels elle doit se pencher au plus vite. L'occasion, aussi et surtout, de plaider pour une augmentation de ses moyens dont elle dispose.

Stabilité des incidents constatés

Globalement, le président de l'ASN a pointé "la persistance d'incidents", avec une baisse des incidents classés au niveau 1 de l'Echelle internationale des évènements nucléaires (Ines), qui en compte huit (du niveau 0 au niveau 7, le plus grave), mais "un nombre d'écarts stable". En l'occurrence, l'ASN a relevé 1.796 évènements significatifs, dont 3 incidents classés au niveau 2 et 126 au niveau 1.

Comme l'an dernier, l'Autorité relève aussi des écarts selon les sites. S'agissant du domaine de la sûreté nucléaire, les centrales de Golfech et de Penly se distinguent de manière positive alors que celles du Bugey, de Chinon et de Civaux sont "en retrait". Les bons élèves, en matière de radioprotection sont Civaux, Golfech et Penly, et le mauvais élève est Cattenom. Enfin, Dampierre-en-Burly se distingue favorablement en matière d'impact environnemental quand Belleville-sur-Loire, Chinon et Chooz sont pointés du doigt par l'Autorité.

Restent deux problèmes qui se distinguent. Il s'agit tout d'abord de la reprise des déchets anciens sur le site de La Hague qui a fait l'objet d'une mise en demeure d'Areva, l'exploitant du site. "L'ASN sera attentive à ce que des revirements de stratégie industrielle ne retardent pas de façon notable la reprise et l'évacuation des déchets", indique le rapport. Second élément marquant, les problèmes rencontrés "à de multiple reprises" et les écarts constatés par rapport aux engagements pris par la Société franco-belge de fabrication de combustibles (FBFC) sur son site de Romans-sur-Isère. La filiale d'Areva, ainsi que la maison mère et quatre autres filiales, a elle aussi fait l'objet d'une mise en demeure.

Post-Fukushima : le plus dur reste à faire

Au-delà de ce bilan, l'Autorité a mis en avant "six enjeux sans précédents" pour la sûreté nucléaire et la radioprotection en France.

En premier lieu, il s'agit du retour d'expérience sur la catastrophe de Fukushima. Il faudra 10 ans pour assurer ce travail et "l'essentiel du travail est devant nous (…) la suite étant plus compliquée", insiste le président de l'Autorité. Pour l'instant, seules les grandes lignes des mesures post-Fukushima ont été définies. Il reste maintenant à faire le plus dur : détailler leur mise en œuvre, valider la stratégie des opérateurs et assurer le suivi de son application.

Deuxième dossier de choix : la poursuite ou non du fonctionnement des réacteurs EDF. Si pour l'instant l'ASN instruit la prolongation de 30 à 40 ans du fonctionnement d'une partie des réacteurs EDF, le passage au-delà de 40 ans est "un sujet pas totalement évident". L'enjeu, a expliqué Pierre-Franck Chevet, sera le relèvement de la sûreté des installations au niveau de celle de l'EPR pour des réacteurs conçus un demi siècle auparavant. Pour l'instant, "ce n'est pas acquis" et un avis définitif sur le sujet sera rendu en 2018.

La coopération internationale en matière de gestion des accidents nucléaires constitue un autre sujet important aux yeux de l'ASN. Rappelant que l'Autorité "[part] du postulat qu'un accident est possible", Pierre-Franck Chevet a mis en avant la nécessité d'homogénéiser les procédures de gestion de crise des différents pays européens, alors que de nombreux réacteurs sont proches de zones urbanisées. Il a évoqué de "grandes difficultés à harmoniser les critères", annonçant "un travail de longue haleine".

Cigéo : attention à la réversibilité et à l'inventaire

Le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) de déchets nucléaires constitue un autre sujet important pour les prochaines années. L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) devra prochainement décider de faire évoluer ou non son projet d'enfouissement des déchets radioactifs français, a rappelé le président de l'ASN, insistant sur les deux "questions clés" qui retiendront l'attention de l'Autorité. Il s'agit en premier lieu de la définition et l'application du concept de "réversibilité" qui "conditionne la construction mais aussi la gestion opérationnelle du site". Il s'agit ensuite de l'inventaire des déchets que l'on veut enfouir. Pierre-Franck Chevet a insisté pour que soient laissés ouverts certains choix, notamment la possibilité de stocker directement les combustibles irradiés si la France abandonnait leur retraitement.

Avant-dernier enjeu : le domaine médical. Point positif, le président de l'ASN a fait état de progrès en matière de radiothérapie permettant à la France de réintégrer la moyenne européenne. En revanche, il s'est montré plus inquiet face à la multiplication de certains examens qui a conduit à un doublement en dix ans des doses de rayons ionisants reçues par les patients. "Toutes les augmentations constatées ne sont pas toujours justifiées", a-t-il estimé.

Enfin, le radon pose toujours problème. "Ce n'est pas un sujet anecdotique", a jugé le président de l'ASN, pointant le fait que 10 à 15% des cancers du poumon sont liés au moins pour partie à l'exposition à ce gaz radioactif. Si les établissements recevant du public (ERP) sont encadrés par la réglementation, ce n'est pas le cas des bâtiments résidentiels a déploré Pierre-Franck Chevet.

150 à 200 employés supplémentaires

L'énumération de ces enjeux s'est achevée par la présentation des deux conditions nécessaires pour assurer au mieux la sûreté nucléaire et la radioprotection. Il faut tout d'abord des exploitants "en état de marche", a insisté Pierre-Franck Chevet, déplorant les retards et les écarts constatés lors des arrêts de tranche d'EDF, cela, alors même que "nous ne sommes pas dans le grand carénage".

Il faut aussi que l'Autorité de sûreté dispose de moyens adéquats. L'occasion pour l'ASN de réitérer devant les parlementaires son souhait de voir créer une sanction intermédiaire entre la mise en demeure, relativement bégnine, et la sanction suprême, c'est-à-dire la mise à l'arrêt d'une installation. Cette sanction intermédiaire pourrait prendre la forme d'une astreinte journalière.

Pierre-Franck Chevet a aussi souhaité une revalorisation du budget de l'ASN. Alors qu'actuellement un millier de personnes travaillent au contrôle de la sûreté nucléaire, il a estimé que 150 à 200 personnes supplémentaires devraient être recrutées pour assurer ce travail dans les années à venir. Cela représenterait une rallonge budgétaire de l'ordre de 50 millions d'euros. Conscient que les finances publiques sont exsangues, il a suggéré d'établir un financement sur la base de contributions versées par les "gros opérateurs" du nucléaire. Un mécanisme qui serait placé "sous le contrôle du Parlement".

Réactions31 réactions à cet article

 

N'est pas Lacoste qui veut.
Ce nouveau patron de l'ASN est avide de pouvoir (plus de moyens humains, plus de possibilités de lever des amendes), et n'est pas clair.
Relever les niveau de sûreté des centrales actuelles à celui de l'EPR est une exigence qu'aucun pays au monde n'a eue : il veut se faire mousser ? S'il persiste, il ne restera plus à EDF qu'à se lancer dans la construction rapide de nouveaux EPR, en arrêtant l'exploitation des réacteurs actuels à 40 ans. Pourquoi pas, mais attention à la facture d'électricité !!! Et que les ignares n'en profitent pas pour parler de remplacement par de l'éolien et autres photovoltaïques, car ce serait encore plus cher et surtout je veux pouvoir me raser même quand la météo ne produit ni vent ni soleil !

stud38 | 17 avril 2014 à 10h28
 
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La photo, c'est Nogent-sur-Seine?

Albatros | 17 avril 2014 à 10h30
 
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stud 38 ne connait pas les rasoirs manuels ça ne m'étonne pas au vue de son commentaire.
"la situation est "globalement assez satisfaisante" :pour une technologie aussi dangereuse que le nucléaire on peut se contenter de ce constat

lio | 17 avril 2014 à 12h10
 
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@stud38
J'ai comme une envie de troller moi, car quand je vois le coût d'un EPR, je me dis que ça en ferait des panneaux solaires (environ 15 millions d'unités en fait)...
De quoi faire tourner votre rasoir... z'aviez qu'à pas traiter d'ignares...

Troll_Buster | 17 avril 2014 à 12h12
 
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stud38, moi aussi je veux me raser quand il n'y a pas de vent. Et j'utilise pour cela un blaireau, du savon à barbe et un rasoir mécanique.

Mais c'est vrai que je fais partie des écolo qui veulent renvoyer tout le monde dans des cavernes. Je n'ai même pas de rasoir atomique, quel guignol je fais.

Plus sérieusement, Chevet pense probablement que le mieux serait de ne pas prolonger au delà de 40 ans et de faire de nouveaux réacteurs. Son calcul n'est pas idiot, car construire des réacteurs 'est difficile aujourd'hui (pas rentable), il est quasi certain qu'avec le temps cela sera plus dur encore.

Faire des EPR en 2015/2020 en Europe c'est très difficile (voir au Royaume-Uni) mais espérer en faire en 2035/2040 le sera encore plus. En d'autres termes, si on ne remplace pas maintenant les réacteurs français alors l'anniversaire des 60 sonnera le glas du nucléaire français. Au contraire lancer des EPR en 2015/2020 c'est assurer l'avenir du nucléaire jusqu'à la fin du siècle. Heureusement l'avidité à court terme d'EDF de ses actionnaires), l'indécision de l'Etat et l'absence de vision et de financement à long terme nous épargnera ce funeste sort.

La volonté de prolonger d'EDF (moins cher à court terme) creuse donc la tombe du nucléaire en France. C'est d'ailleurs ce que dit la nucléocratie, lorsque le CEA exprime son souhait de voir construit de nouveau réacteurs au plus vite.

Je m'en réjouit.

wareika

wareika | 17 avril 2014 à 12h17
 
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Rappelez vous que ce type était le DGEC de la signature du glorieux paquet climat énergie sous présidence française de l'UE par Sarkozy: les quotas, le calcul, la merveilleuse idée de la "finance carbone"...
Un fonctionnaire qui réclame davantage de moyens. On est dans la norme. On est bien en France.

Albatros | 17 avril 2014 à 13h40
 
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Très heureux que mon allégorie sur le rasoir électrique ait fait sortir les écolos bobos des cavernes.
Pour revenir au nucléaire, indispensable car il n'émet pas de CO2 ni de particules fines, et qu'il fonctionne par tous temps, la solution de remplacer au plus tôt le parc de réacteurs actuels (disons autour de leur 40ème anniversaire) par des EPR est une hypothèse envisageable. De série, l'EPR devrait coûter de 6 à 6.5 Ma€ pour 1600 MW, et produire un MWh autour de 70 € (cf la Cour des Comptes).
Mais la meilleure des solutions, serait de renforcer le niveau de sûreté des réacteurs actuels par des modifications et des ajouts de matériels, tout en remplaçant leurs gros composants pour qu'ils fonctionnement 50 à 60 ans. Le kWh produit resterait sensiblement moins cher, et on pourrait réaliser quelques EPR pour conserver le savoir-faire et assurer l'équilibre production/consommation, en attendant la 4ème génération plus performante en matière de combustible.
Encore faudrait-il que Chevet n'exige pas l'impossible, c'est à dire de transformer les réacteurs actuels en quasi EPR.

stud38 | 17 avril 2014 à 19h26
 
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...suite :
Cela pose d'ailleurs un problème de société, voire même juridique : l'ASN doit s'assurer que la sûreté des réacteurs est satisfaisante. A l'étranger, elle veille à ce que le matériel reste en bon état et réponde toujours aux critères de la licence originale d'exploitation. En France, il n'y a pas de licence, et l'ASN a coutume de négocier avec EDF une élévation périodique du niveau de sûreté en utilisant le meilleur de la technologie e de l'expérience acquise.
"Du temps de" M. Lacoste, un consensus a toujours été trouvé. Son successeur semble être plus exigeant, et risque d'essuyer un refus de la part d'EDF. Dans ce cas, que se passerait-il ? L'ASN peut demander l'arrêt des réacteurs, mais il devra alors justifier pourquoi la sûreté n'est plus assurée : juridiquement cela peut aboutir à un "abus de pouvoir". Et un arrêt du nucléaire mettrait notre pays dans une situation pire que celle du Japon, pour des raisons beaucoup moins légitimes.
Dans ces conditions, il me semble que l'ASN et l'exploitant EDF sont condamnés à trouver une fois de plus un terrain d'entente raisonnable.

stud38 | 17 avril 2014 à 19h34
 
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remarque @wareika
J'avais oublié que les écolos sont barbus donc ne se rasent pas.
Plus sérieusement aussi, le couplet sur" l'avidité à court terme d'EDF et de ses actionnaires" est absurde est déplacé.
Absurde car l'actionnaire à 85% c'est l'Etat, et actuellement il n'est pas spécialement enclin à développer des EPR.
Déplacé car EDF reste, bien que très partiellement privatisé, un grand service public. Et son objectif est uniquement l'intérêt général. Si le nucléaire a été retenu par son ingénierie dans les années 70 (avec le soutien de l'Etat) c'est parce que c'était la meilleure solution pour le pays. Je pense que c'est toujours le cas ; les Energies Climatiques (éolien et PV) ont fait des progrès depuis, mais leur défaut majeur est toujours d'être intermittentes et donc de ne pas répondre à l'absolue nécessité de toujours assurer l'équilibre production/consommation.
Si EDF était totalement privatisée et perdait son obligation de service public, je suis persuadé qu'elle s'expatrierait pour faire du business ailleurs et le pays n'aurait, comme en Allemagne, pas d'autre choix qu'un mix d'énergies climatiques (30% au max) + centrales au charbon ou au gaz (70% donc). Quand on en voit les conséquences, je ne souhaite pas que nous en arrivions là.

stud38 | 17 avril 2014 à 19h46
 
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@stud38

...«on pourrait réaliser quelques EPR pour conserver le savoir-faire...»

quel plaisantin vous faites: demandez donc aux Finlandais ce qu'ils en pensent et Flamanville suit le même chemin calamiteux!

maumau | 18 avril 2014 à 09h52
 
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Dans les années 70 les constructions étaient de vraies passoires, c’était les 30 glorieuses et il fallait consommer le plus possible, l'écologie balbutiait, on peut facilement comprendre que dans cette état d'esprit le nucléaire ait pu séduire bien que déjà de nombreuses voix c'étaient élevées contre,mais qu'en 2014 certains continuent à plébisciter cette énergie c'est grave et qu'en plus au vue des catastrophes passées on critique une volonté d'amélioration de la sécurité là c'est le pompon.
Barbe courte idées courtes

lio | 18 avril 2014 à 09h54
 
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Et voilà, le directeur de l'ASN tombe le masque : ce paquet d'exigences tient bien plus de la revendication d'un pouvoir absolu (le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument) et de basses manœuvres de lobbying (je veux 200 agents de plus).
Concernant les doses prises suite aux examens médicaux, il est bien sûr évident qu'il faut les limiter au mieux, mais on rentre là dans un calcul coût-bénéfice au niveau sociétal (combien de cancers radio-induits comparés aux nombre de malades sauvés). Et surtout... cette position (posture ?) vient évidemment pour masquer le fait que le réacteur Jules Horowitz, sensé remplacer Osiris pour la production d'isotopes (30% de la production européenne), n'avait pas pris un retard faramineux relativement au planning initial de construction... Et qu'il y aura un "trou" de plusieurs années dans la production : l'ASN a décidé arbitrairement qu'Osiris devrait être arrêté en 2015. Ne tombez pas malade...

dmg | 18 avril 2014 à 10h22
 
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Avidité des actionnaires.

Certes, l'Etat est le 1er actionnaire, mais on est passé de la logique d’"entreprises publiques" à la logique d’"État actionnaire" (c'est même le titre exacte du rapport annuel de l'Agence des participations de l'Etat). Les remarques sur EDF "un grand service public" et "son objectif est uniquement l'intérêt général", je me marre. Son intérêt c'est de satisfaire un Etat actionnaire qui court après les sous.

Avoir une vision LT serait de conserver une part plus importante du résultat net pour justement investir et préparer l'avenir, quel que soit cet avenir. Or aujourd'hui le gouvernement ne voit qu'une chose : rétablir les comptes publics.

Et c'est tant mieux pour les investissements nucléaires! Plus on attend et plus le nucléaire sera désavantagé : je ne vois pas comment abaisser son coût quand le prix du MW nucléaire installé n'a eu de cesse de grimper de 1970 à aujourd'hui : lire sur le sujet "nucléaire on / off" de François Lévêque (Professeur d'éco à l'Ecole des Mines de Paris), de mêmoire il parle même de "malédiction" car c'est à l'opposé de ce que prévoit la théorie éco. Cet auteur est pro nucléaire et pourtant il admet que plus le temps passe moins le nucléaire sera compétitif. Ce bouquin a reçu le prix Marcel Boiteux du meilleur livre sur l'énergie de 2013. Quand on sait qui est Boiteux et son rôle dans le nucléaire français, on ne peut que souligner l'ironie d'un tel choix.

wareika

wareika | 18 avril 2014 à 12h54
 
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Difficile d'échanger avec des personnes qui affirment leurs convictions sans les argumenter. C'est le propre des sectes, et EELV, partie politique fondé sur l'idéologie antinucléaire et non sur la vraie écologie, a contaminé pas mal de nos concitoyens.
Par ex : lio affirme que dans les 30 glorieuses il "fallait consommer le plus possible". C'est idiot : après la guerre et ses privations, les gens ont enfin pu revivre et se mettre à consommer pour leur confort et c'est bien, à moins d'être maso. Allez dire à ceux qui n'ont pas les moyens de se chauffer suffisamment (et j'en connais beaucoup !) qu'il faut revenir aux privations.
Quant aux "catastrophes passées", voici un sujet de méditation, qui s'appuie sur des données incontestables : en 50 ans le nombre de victimes de ces catastrophes, dont on connait les raisons (c'est un autre débat) sont, suivant les estimations les plus pessimistes, quelques milliers (c'est trop, j'en conviens).
Or la voie que vous prônez, alternative au nucléaire, est à base d'un mix d'énergies climatiques (30% max) et de combustibles fossiles. L'OMS vient d'estimer à 7 millions en 2012 - pour une seule année donc - le nombre de décès prématurés dus à la combustion de ces hydrocarbures, dont 3 millions pour la production d'électricité.
Que préférez-vous ? Le modèle Allemand ou le modèle Français ?

stud38 | 18 avril 2014 à 13h12
 
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@wareika
C'est triste que vous ne croyiez pas au service public ni à l'intérêt général.
Et aussi que vous jugiez anormal que l'Etat s'efforce, sous la pression de Bruxelles, de rétablir l'équilibre des comptes de la nation; voulez-vous que nous finissions comme la Grèce ?
Par ailleurs, j'ai lu le livre de Lévêque. Que le nucléaire soit plus cher aujourd'hui qu'hier est une évidence, c'est le prix à payer pour plus de sûreté, il est dommage que le Japon n'ait pas adopté la même démarche.
Mais le fait qu'il soit moins compétitif ne signifie pas qu'il ne l'est plus : les énergies climatiques ne peuvent le supplanter qu'associées à des centrales à combustibles fossiles qui compensent les périodes sans vent ni soleil. Si on compare le nucléaire à l'alternative "renouvelable + fossile", il reste largement moins cher, avec d'autres avantages déterminants (pas d'émission de GES ni de particules fines, pas d'impact sur la balance des paiements, indépendance énergétique et j'en passe).
C'est la réalité, et je constate que les médias sérieux la reprennent de plus en plus souvent. Malgré des tentatives désespérées comme la Commission Baupin, je pense que le pouvoir politique ouvre enfin les yeux.

stud38 | 18 avril 2014 à 13h23
 
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Il parait que seules les ENR sont subventionnées, et surtout pas le nucléaire. Or je lis que l'ASN aurait besoin de "150 à 200 " salariés supplémentaires qui couteraient 50 millions d'€ à ...l'Etat!!! J'en déduis que l'ASN coute actuellement au moins 300 millions d'€/an à l'Etat juste en masse salariale. En principe c'est aux entreprises contrôlées de financer le contrôleur, pas au contribuable! Demandez entre autres aux agriculteurs Bio qui paie ECOCERT! Quelqu'un a dit "subventions déguisées" ? Mais y 50 ans qu'çà dure ma bonne dame!!!

dauphy38 | 18 avril 2014 à 13h56
 
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stud38:

Ce n'est pas une question de "croire" ou pas au service public. C'est plutôt que je constate que l'Etat, endetté jusqu'au cou, ponctionne de plus en plus les entreprises publiques. Le rapport de l'Agence des participations de l'Etat donne tous les chiffres.

Les entreprises publiques versaient 1,2 Md d'euros de dividende à l'Etat en 2004. En 2008 on passe à 5,6 Mds d'euros (ça tombe bien, l'Etat avait besoins de sous). Et depuis ? On est jamais passé sous 3,2 Mds/an... Ce n'est qu'un constat.

Mais encore une fois, que l'Etat prenne l'argent à EDF et que cela freine le renouvellement du parc nucléaire, ça me va très bien, je ne m'en plaint pas du tout. EDF a tranché : verser 55 à 65% de ses résultats aux actionnaires (son objectif actuel) plutôt que d'investir.

J'ajouterai au sujet de la Grèce que je ne dit pas qu'il faille aller à la faillite. Je constate seulement, une fois de plus, que l'un des choix fait par l'Etat (il applique aussi d'autres politiques de dépenses et d'imposition) et de sortir du cash de ses participations pour payer une partie de son budget. Rien de plus.

wareika

wareika | 18 avril 2014 à 15h27
 
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stud38

Concernant le compétitivité du nucléaire. Je note que vous partagez mon point de vue sur un point : la compétitivité du nucléaire n'a eu de cesse de se dégrader. On est d'accord.

Ensuite vous dites : "mais le fait qu'il soit moins compétitif ne signifie pas qu'il ne l'est plus". Là aussi je suis d'accord.

J'espère que vous admettrez que les ENR (avec ou sans backup thermique, c'est un autre débat que je ne veux pas ouvrir ici) deviennent de plus en plus compétitives.

Ce n'est donc qu'une question de temps pour voir le nucléaire hors course. Combien de temps ? Même s'il faut 10 ans, c'est demain.

Les reports successifs de l'Etat tuent à petit feu le nucléaire. Dans X années on arrivera au constat que le nucléaire n'a plus sa place (pas compétitif) sans que personne n'ait décidé de quoi que ce soit.

wareika

wareika | 18 avril 2014 à 15h44
 
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@dauphy38
L'ASN est financée par les exploitants au moyen d'une redevance dont le montant est définie par les pouvoirs publics.
L'objet de la demande de M. Chevet est d'augmenter cette taxe pour pouvoir accroître son effectif. A mon sens, il profite de la conjoncture pour tenter d'accroître ses pouvoirs (avec en plus celui de pouvoir distribuer des amendes... autre source de financement).
C'est humain mais c'est aussi une maladie bien française

stud38 | 18 avril 2014 à 16h47
 
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@wareika
Vous allez vite en besogne !
Deux points sur lesquels vous vous trompez :
- sur la compétitivité des EnR : la nécessité du back-up thermique, c'est à dire d'une centrale à combustible fossile de même puissance en doublure et fonctionnant au moins 70% du temps (les EnR ne sont pas disponibles plus de 30%, et encore je suis large), rend définitivement cette solution hors de prix. D'ailleurs c'est pour ça que le kWh est deux fois plus cher en Allemagne !! Et encore, il faudrait prendre en compte les surcoûts importants de réseau qu'il faudrait consentir pour s'adapter aux EnR !
- sur la compétitivité du nucléaire : le fait de remplacer les réacteurs actuels (G2) par des EPR (G3) occasionne un léger surcoût (on passe de 50 à 70 €/MWh) : c'est le prix d'une sûreté renforcée. Mais ça s'arrête là ! Le coût du nucléaire devrait même redescendre avec la réalisation d'unités en série et peut-être un nouveau design de type G3 optimisé en cours d'étude.
Au final, le nucléaire restera au moins pour très longtemps (je ne suis pas prophète sur le long terme) plus économique que les EnR.
Mais surtout il permet de sortir des énergies carbonées, alliées des EnR, ce qui est l'objectif prioritaire d'une véritable transition énergétique.

stud38 | 18 avril 2014 à 17h50
 
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@stud38

«...indépendance énergétique...» nous produirions de l'uranium?! on en apprend tous les jours..!

maumau | 19 avril 2014 à 09h30
 
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c'est le nucléaire qui est hors de prix, sauf si évidement comme vous le proposer on diminue les contrôles de l'ASN et qu'on l'empêche de faire son travail, combien à couté la construction des centrales aux Français, combien va couter la mise à niveau post Fukushima, combien vont couter les travaux de prolongation de vie des centrales,combien coute l'entretien des centrales(manifestement mal fait et sous traité), combien va couter l'EPR, combien va couter le démantèlement des centrales(largement sous estimé et jamais réalisé)combien va couter la gestion des déchets, et surtout combien couterait une catastrophe nucléaire!!!
Alors les arguments simplistes sur le retour à la bougie et autres clichés non merci,qu'une réelle volonté de trouver des alternatives pour sortir de cette impasse soit enfin effective, avec les crédits nécessaire à la recherche et nous reparlerons des couts et de l'efficacité des ENR.
Merci Mr co2 sans lui les apôtres de la surconsommation nucléaire( souvent climato sceptique, un comble) n'auraient plus d'arguments.
En attendant stud38 laisser vous pousser la barbe c'est très tendance

lio | 19 avril 2014 à 09h34
 
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Bonjour;
Je prends l'exemple du centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) du Bugey qui est situé sur la commune de Saint-Vulbas, sur la rive droite du Rhône :
- aussi ancien que Fessenheim !
- périmètre officiel des effets en cas d'accident majeur limité à 10kms !

Hors, le retour d’expérience de l’explosion des réacteurs de Tchernobyl (1986) et de Fukushima (2011), démontre que la zone d’exclusion vis à vis de la population à été portée à 20, puis à 30 kms.

Dès lors, pourquoi l'ASN n'officialise-t-elle pas ce rayon de 30 kms autour de chaque CNPE implanté sur le territoire national ?

Ce risque technologique majeur serait alors identifié lors des transactions immobilières. La population concernée pourrait se préparer à devoir se reloger en cas d'irradiation de sa zone d'habitation.

Chantal56 | 21 avril 2014 à 18h08
 
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@ Chantal,
Quelques éléments de réponse, de quelqu'un qui a passé 30 ans de sa vie tout près, et quelquefois à l'intérieur d'un réacteur. Je pense donc connaître le sujet... Mais vous n'êtes pas obligé de me croire :
- Tchernobyl ne peut être comparé à la technologie occidentale ; il s'agissait d'un réacteur russe affecté d'un vice de conception majeur
- Fukushima, de conception américaine, n'avait pas reçu toutes les améliorations tirées du retour d'expérience international (notamment les filtres utilisés en cas de rejet) Mais surtout les Japonais ont délibérément choisi de ne pas se protéger contre les tsunamis pourtant fréquents dans la région. Ils payent cher leur inconscience.

La façon de concevoir et d'exploiter les centrales est toute autre en France ; d'abord les plus anciennes sont rénovées de telles sorte à être au même niveau de sûreté que les plus récentes. Ensuite, elles sont protégées contre toutes les agressions d'origine extérieure (séisme, inondations...). Enfin, même si un accident arrivait, des dispositifs permettent de faire en sorte que la radioactivité libérée reste contenue dans l'enceinte en béton qui entoure le réacteur (c'est d'ailleurs ce qui s'est passé à TMI aux USA).
Et suite à Fukushima, on va encore plus renforcer ces dispositifs de résistance aux agressions climatiques et de confinement des rejets.
Cette philosophie est préférable à celle consistant à prévoir l'évacuation des populations sur des périmètres de plus en plus importants

alain38 | 22 avril 2014 à 10h26
 
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@maumau
* La France, par l'intermédiaire de l'entreprise publique AREVA, est propriétaire de réserves d'uranium sur 3 continents: Amérique (Nord), Afrique, Asie. Ce "portefeuille de réserves acquises" (comme on dit dans le jargon minier) est aujourd'hui de l'ordre de 250 000 tonnes, ce qui correspond à environ 30 ans d'alimentation de notre parc nucléaire.
* Par ailleurs, les stocks d'uranium que nous entretenons sur notre territoire équivalent à 4 années de consommation.
*Et si, à la suite de circonstances géopolitiques tout à fait exceptionnelles toutes ces sécurités devenaient problématiques, la France aurait toujours la possibilité de rouvrir certaines mines sur son propre territoire (fermées pour causes économiques) ou/et d'engager l'exploitation de quelques gisements identifiés. Il y a encore quelques réserves d’uranium sur le territoire, limitées mais réelles. Au total, la France maîtrise la ressource uranium. Cela lui confère une précieuse autonomie pour sa production d'électricité, la mettant à l'abri des crises, des "chocs de prix", des embargos pouvant affecter les marchés internationaux de l'énergie.
... voilà ce que signifie "indépendance énergétique"

stud38 | 22 avril 2014 à 12h20
 
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@stud38

vous dîtes: « La France, par l'intermédiaire de l'entreprise publique AREVA, est propriétaire de réserves d'uranium sur 3 continents...» il faut être déraisonnablement optimiste pour croire qu'une ressource énergétique située à l'étranger soit définitivement acquise, surtout dans le contexte géopolitique international actuel de plus en plus tendu.

quant à: «la France aurait toujours la possibilité de rouvrir certaines mines sur son propre territoire (fermées pour causes économiques) ou/et d'engager l'exploitation de quelques gisements identifiés...» avez-vous entendu parler de gaz de schistes et de ce qu'en pensent un grand nombre de français? bien du plaisir en perspective...

maumau | 24 avril 2014 à 10h59
 
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@alain38

prétendre que: «les plus anciennes (centrales) s(er)ont rénovées de telles sorte à être au même niveau de sûreté que les plus récentes.» est malhonnête, certains éléments, parmi les plus importants, ne peuvent pas être changés, une cuve fêlée ne peut être remplacée! de plus, les plus récentes sont-elles si sûres? bien sûr que non puisqu'à la prochaine catastrophe seront prescrites de nouvelles normes pour plus de sûreté et ainsi de suite...pompons donc!

les centrales seraient protégées contre les séismes, dans notre beau pays.... la méthode Coué ne fonctionne malheureusement pas face au déchaînement de certaines forces naturelles.

quant à la philosophie consistant à ne pas prévoir l'évacuation des populations, outre qu'elle est proprement criminelle, elle signe l'aveu de l'impossibilité de la chose dans des conditions qui respecteraient la sécurité minimale de la population; apprendre à vivre dans le malheur, joli programme!

maumau | 24 avril 2014 à 11h25
 
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réponse @ maumau
Vous ne connaissez probablement pas grand chose à l'industrie nucléaire pour sortir de telles énormités. Ce serait trop long de les corriger une à une, aussi je vous laisse dans votre ignorance.
Je préfère terminer en vous paraphrasant : "la méthode Coué a l'air de bien fonctionner face au déchaînement des absurdités de partis qui n'ont de Vert que le nom, et qui véhiculent une idéologie dangereuse pour le pays". Vous avez été contaminé (e) par ceux-ci.
Une lueur d'optimisme quand même : je vous parie que cela ne durera pas plus de 2 à 3 ans, avant que la raison ne s'impose.

alain38 | 24 avril 2014 à 15h01
 
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@ alain38

vous est , sans doute, expert en matière «d'industrie» nucléaire, vous faites bien de préciser «industrie», de laquelle je ne connais vraisemblablement pas grand chose; par contre, s'agissant du nucléaire lui même, la dangerosité extrême de ces matériaux, suffisamment de catastrophes m'en informent et je ne tiens absolument pas à le vivre en direct ni, surtout, à ce que des gens comme vous me l'imposent...de quel droit, c'est ahurissant!
merci de me laisser à mon «ignorance», c'est tellement plus facile que d'argumenter sérieusement; pour ma part, je vous laisse à votre déni de réalité, à ce stade cela devient préoccupant...

maumau | 25 avril 2014 à 10h41
 
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@maumau
Je ne vous conteste pas le droit d'être opposé à l'énergie nucléaire. Je suis simplement déçu que vous (et d'autres) ne fassiez pas confiance aux ingénieurs et scientifiques, c'est probablement une tendance de notre société d'aujourd'hui que je juge inquiétante.
Une dernière réflexion, car je ne souhaite pas prolonger ces échanges : si le nucléaire vous fait peur au point de vouloir le faire disparaître, alors qu'il n'a tué personne dans notre beau pays - et finalement très peu dans d'autres pays qui ont joué aux apprentis sorciers- , vous devez être un farouche opposant à l'automobile qui tue plus de 4000 personnes chaque année en France ? Et ne circuler qu'à pied ou à vélo et encore sur des pistes aménagées ?
Moi je suis pour le progrès scientifique et technologique, et l'honnêteté des argumentaires.

alain38 | 25 avril 2014 à 12h19
 
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@alain38
faire confiance, je veux bien mais encore faudrait-il qu'ils soient dignes de confiance; avez-vous remarqué à quel point les conflits d'intérêt sont légion en matière techno-scientifique? vu la tendance à l'autonomisation des sciences et techniques, réparer les dégâts de plus en plus monstrueux avec encore plus de science et de technique, il importe au contraire de veiller au grain pour vaincre ce nouveau totalitarisme, plus dangereux encore que les précédents...
je passe sur votre affirmation que le nucléaire «...n'a tué personne dans notre beau pays...» c'est tellement énorme! mais vous avez osé...
comparer un accident de la route à une catastrophe nucléaire, ça n'a pas de sens; comparez des choses comparables, or le nucléaire est dans une catégorie à part, n'étant pas compatible avec la vie, qui n'est apparue sur terre que quand le niveau de radioactivité ambiante eut suffisamment baissé; il impacte l'avenir même de l'humanité pour des centaines de milliers d'années, à supposer q"elle ne disparaisse avant.
pour finir, s'il est vrai que je vous autorise l'automobile, que vous semblez craindre, vous, vous m'imposez le nucléaire, dont je ne veux pas!

maumau | 28 avril 2014 à 11h37
 
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