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Surfaces d'intérêt écologique : le Parlement européen souhaite interdire les pesticides

Les députés européens ont refusé d'autoriser les pesticides dans les surfaces d'intérêt écologique. Il s'agissait d'une proposition de la commission agricole du Parlement pour notamment soutenir la production de légumineuses à usage animal.

Agroécologie  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Surfaces d'intérêt écologique : le Parlement européen souhaite interdire les pesticides

Le Parlement européen a finalement opté pour l'interdiction de l'utilisation de pesticides dans les surfaces d'intérêt écologique (SIE). Des membres de la commission agricole du Parlement européen avaient déposé en mai dernier une résolution d'opposition contre la proposition de simplification du verdissement des aides de la Commission. La Commission européenne proposait notamment d'interdire l'utilisation de pesticides dans les surfaces d'intérêt écologique.

Au final, 276 députés se sont élevés contre cette motion de veto qui n'a pas été acceptée (363 ont voté en faveur et 376 étaient requis pour que la résolution passe).

Les surfaces d'intérêt écologique (SIE) ont été introduites dans la Politique agricole commune (PAC) en 2013 pour verdir les aides. En effet, 30% des aides directes (premier pilier) ont été conditionnés à la mise en place de mesures d'écologisation dans les exploitations.

Dans ce cadre, outre le maintien des prairies permanentes et la diversification des cultures, les agriculteurs européens qui possèdent plus de 15 hectares de terres arables doivent dédier 5% de ces dernières en surfaces d'intérêt écologique (par exemple, bandes boisées, haies, bandes tampons, etc.). Toutefois, pour encourager les filières de céréales destinées à nourrir les animaux, il a été décidé que les cultures fixatrices d'azote (légumineuses) pouvaient être intégrées dans les surfaces d'intérêt écologique. L'usage de pesticides était donc également permis. Situation que souhaitait donc modifier la Commission. Or, pour la commission agricole du Parlement européen, "l'interdiction de la protection phytosanitaire des cultures de légumineuses dans les surfaces d'intérêt écologique menace la durabilité de la production nationale de protéines voulue par la stratégie de l'Union en matière de protéines, alors que l'Europe dépend déjà dans une grande mesure des importations de protéines".

Pour eux, les bienfaits écologiques des légumineuses pour la protection des sols et la fixation d'azote sont plus élevés que ceux, par exemple, des cultures faisant l'objet d'un semis d'herbe.

La biodiversité menacée par l'utilisation de pesticides dans les SIE

Ces positions ne sont pas partagées par tous. "La question de l'indépendance en protéines végétales est vitale, mais ne se réglera pas uniquement à travers les SIE, assure le groupe de l'Alliance progressiste des socialistes & démocrates au Parlement européen. Il est urgent de mettre en place une vraie stratégie européenne d'indépendance végétale afin de réduire nos importations de soja destiné à l'alimentation animale et trouver des solutions pérennes qui ne nuisent pas à l'environnement".

Une étude de l'Institut pour une politique européenne de l'environnement souligne également qu'"il est peu probable que la plupart des cultures fixatrices d'azote et des cultures de captures et de récoltes cultivées sur les SIE fournissent des avantages importants pour la biodiversité des terres agricoles".

Pour l'Institut, des modifications dans la gestion des surfaces d'intérêt écologique pourraient considérablement améliorer l'impact sur la biodiversité. Il propose notamment d'éviter l'utilisation d'engrais et de pesticides, de s'assurer que les périodes sur lesquelles elles sont instaurées sont adaptées à la biodiversité et aux cycles de production et enfin de s'assurer que les opérations comme la coupe de la végétation sont effectuées aux moments appropriés.

"Les zones agricoles conduites de façon trop spécialisée sont particulièrement hostiles pour cette biodiversité, incluant les auxiliaires de cultures (pollinisateurs, prédateurs des ravageurs, etc.), souligne Carmen Etcheverry, chargée de mission à France Nature Environnement. Alors que les surfaces d'intérêt écologique ont été conçues pour offrir des refuges à toutes ces espèces qui aident les agriculteurs, l'épandage des pesticides y était autorisé. Elles ne pouvaient alors remplir leur rôle ; nous nous félicitons que cela change !".

Vers une PAC plus verte ?

Pour certaines associations, le rejet de cette résolution d'opposition pourrait constituer un signe positif pour le verdissement plus effectif de la PAC. "Ce vote montre que les députés écoutent les citoyens : plus des trois quarts des personnes qui ont participé à la consultation publique sur la PAC ont en effet demandé une politique respectueuse de la biodiversité et de la santé humaine, considère Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO. Le Parlement européen montre que l'avenir de la PAC ne devrait pas être décidé uniquement par le comité AGRI, mais bien par l'ensemble du Parlement européen. Nous espérons que cela se poursuivra dans le futur".

Pour Faustine Bas-Defossez, chargée de mission pour l'agriculture et la bioénergie pour le Bureau européen de l'environnement (BEE), "Quand nous déciderons comment dépenser les 40% du budget de l'UE qui est versé dans la Politique agricole commune (PAC), chaque année, nous devrons briser la maîtrise de ces députés sur le processus politique. Un bon départ serait de donner aux autres comités un plus grand poids sur la PAC, d'autant plus que les négociations politiques sur l'avenir de la politique commencent cette année".

Réactions2 réactions à cet article

 

Il ne faudrait que l'absurde nous renvoie 1 siècle en arrière comportant des zones agricoles semblables à celles où on travaillait avec les bœufs..

agregat | 16 juin 2017 à 10h29
 
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Il faut les interdire partout et le plus rapidement possible.

BJ50320 | 16 juin 2017 à 11h05
 
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