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Les oiseaux marins, victimes collatérales de la surpêche

Une étude internationale établit la corrélation entre le déclin des populations d'oiseaux marins et la surpêche. La définition d'un seuil critique de biomasse de poissons vital aux oiseaux pourrait ainsi favoriser l'émergence d'une pêche durable.

Gouvernance  |    |  Clément CyglerActu-Environnement.com
   
Les oiseaux marins, victimes collatérales de la surpêche
   

Les fous de Bassan, manchots, macareux ou encore mouettes… La survie de ces oiseaux marins serait désormais menacée par la surpêche. Ces oiseaux n'ont, en effet, plus assez de nourriture et leurs populations ont tendance à grandement diminuer. Publiée le 22 décembre dans la revue Science, une étude internationale, compilant des dizaines d'années de recherche, révèle ainsi l'existence d'un seuil critique des stocks de poissons, en-dessous duquel l'équilibre des oiseaux serait ébranlé.

Coordonnés par Philippe Cury, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), les travaux de cette étude ont été réalisés en partenariat avec de nombreuses universités et instituts comme l'Ifremer, le British Antarctic Survey, le Norwegian institute for nature research ou l'université de Glasgow. Ces scientifiques de différents horizons ont étudiés la relation proie-prédateur dans sept écosystèmes à travers le monde, et ce, pour 14 espèces d'oiseaux côtiers. Chaque écosystème a été suivi sur des périodes allant de 15 à plus de 40 ans, ce qui au final, a permis de compiler plus de quatre siècles d'observation. Cette collecte d'informations à travers le monde avait pour objectif de comparer l'évolution de la biomasse de poissons et du succès de reproduction des oiseaux marins.

Actuellement, les oiseaux marins et les pêcheurs sont en compétition directe pour cette ressource, "les uns comme les autres consommant environ 80 millions de tonnes de poissons par an". Utilisés pour l'alimentation mais surtout pour la production de farines et d'huiles utilisées en aquaculture, les petits poissons côtiers de type sardines ou anchois représentent plus de 30 % des prises mondiales. Comme l'aquaculture est en plein essor, la demande pour ces organismes marins est de plus en plus importante, et impacte fortement la survie des oiseaux.

 
Caractériser les écosystèmes marins Paramètre facilement mesurable, le nombre d'oiseaux marins est également un indicateur fiable de la bonne santé des écosystèmes marins. L'évolution de leurs populations fournit des informations essentielles sur les effets du changement climatique ainsi que sur la destruction des habitats côtiers qui a atteint une proportion inquiétante ces dernières décennies.
 
Réserver un tiers des poissons aux oiseaux marins

Selon l'analyse statistique des données collectées, si les stocks de poissons tombent en deçà d'un tiers de leur capacité maximale, le succès reproducteur des oiseaux marins qui définit la capacité des individus d'une espèce à se reproduire, décline brutalement. Cette observation est valable quel que soit l'endroit du globe. Cela s'explique avant tout par la diminution de la quantité de proies disponibles pour les oiseaux. En revanche, le taux de reproduction n'augmente pas, lorsque la quantité de poissons disponibles est supérieure au niveau défini. "Une plus grande abondance de nourriture n'a pas l'impact escompté car d'autres facteurs limitants interviennent, comme la saturation des zones de nidification par exemple", précise l'étude.

En établissant un modèle proies-prédateurs sur la base d'observations réelles en milieu marin, les scientifiques ont ainsi pu définir un seuil critique. Ce dernier pourrait représenter "un chiffre de référence pour une gestion durable des pêches en vue de maintenir ces populations d'oiseaux marins sur le long terme". Disposant de peu d'outils et de données pour encadrer l'activité des pêcheries, les instances internationales ont désormais un point de référence pour définir leurs futures politiques et quotas. Encore faudrait-il l'appliquer…

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