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Actu-Environnement

Pas de moratoire sur les incinérateurs mais un objectif de réduction des volumes incinérés

À l'occasion de la table ronde finale sur les déchets menée dans le cadre du Grenelle de l'environnement, aucun moratoire sur les incinérateurs n'a été adopté mais plusieurs objectifs directeurs semblent avoir obtenu l'accord de tous les acteurs.

Déchets  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Les tables rondes du Grenelle de l'environnement menées en octobre dernier n'ayant pas abouti dans le domaine des déchets pour cause de désaccords profonds, tous les acteurs se sont à nouveau réunis ces dernières semaines. L'ultime réunion qui a eu lieu hier soir a conclu à plusieurs grands objectifs destinés à privilégier la prévention de la production de déchets et le recyclage des matériaux et la valorisation organique, afin de diminuer les quantités incinérées et stockées. Il a donc été décidé de réduire chaque année la production d'ordures ménagères de 5 kg par habitant et par an sur 5 ans et de relancer le recyclage matière et organique des déchets ménagers et assimilés afin de passer de 24 % en 2004 à 35 % en 2012 et 45 % en 2015. En parallèle, la part des emballages ménagers recyclés devra atteindre 75 % en 2012 contre 60 % en 2006 pour qu'au final la quantité de déchets destinés à l'enfouissement ou à l'incinération diminue de 15 % à l'horizon 2012.

Pour atteindre ces objectifs, les participants à la table ronde ont validé un ensemble de mesures agissant sur toute la chaîne de traitement des déchets. Parmi les mesures économiques figure en particulier la mise en place d'une tarification incitative du service public d'élimination des déchets, comprenant une part variable, avec une large capacité d'adaptation des collectivités aux situations locales. Chaque foyer paierait ainsi la collecte de ses ordures ménagères (part non recyclable) en fonction du poids ou du volume jeté ce qui a pour objectif d'inciter à mieux trier. La Responsabilité Élargie du Producteur (REP) devrait également être renforcée et étendue aux déchets d'activité de soins à risques, puis aux déchets dangereux des ménages. Les fabricants de produits pouvant donner lieu à la production de déchets explosifs ou corrosifs, toxiques ou irritants ou facilement inflammables devront participer financièrement à la collecte et au traitement de ces déchets. Ce sont en général des produits de bricolage (décapants, peintures) et de jardinage (engrais, pesticides). Il semblerait que cette mesure soit déjà entrée en vigueur puisqu'en marge de la table ronde, le Sénat a adopté un amendement qui élargit le champ d'application de la filière des déchets d'imprimés. Les entreprises qui émettent aux particuliers des documents gratuits, non adressés de types imprimés publicitaires, presse d'annonces ou annuaires doivent contribuer au tri et au recyclage de ces documents au nom de la REP. Au premier janvier 2008, le dispositif concernera également le publipostage, les catalogues de vente par correspondance et les magazines de marques. Les metteurs sur le marché des imprimés devront par conséquent adhérer à l'éco-organisme EcoFolio ou bien payer la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP).

D'autres actions de prévention de la production de déchets seront par ailleurs conduites dans le cadre de plans locaux de prévention qui devraient bénéficier d'un financement partagé (Etat, collectivités locales, entreprises via les éco-contributions). Selon le ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable Jean-Louis Borloo, l'ensemble des acteurs, malgré leurs différences légitimes de point de vue, ont convergé de manière très constructive vers la définition d'une nouvelle politique qui articule des mesures incitatives, réglementaires, et partenariales, dans un réel objectif de progrès. Selon le gouvernement, l'ensemble des mesures décidées devrait permettre de faire décroître tant la production de déchets, que les volumes stockés et incinérés. La place de l'incinération a d'ailleurs été au cœur du débat lors des précédentes tables rondes mais comme le craignait le Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets (CNIID) aucun moratoire n'a été adopté. Le gouvernement s'est simplement engagé à ce que le sujet soit abordé localement pour chaque projet. Toutefois, il a été évoqué l'idée de soumettre les incinérateurs à la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP). Cette taxe pourrait atteindre entre 5 et 40 euros la tonne et son produit serait affecté aux plans locaux de prévention des déchets.

Le Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets (CNIID) qui était présent à la table des négociations a salué la nouvelle orientation qui a été prise en matière de prévention et de valorisation matière même s'il regrette l'incohérence qui consiste à continuer à autoriser de nouveaux incinérateurs, indique-t-il dans un communiqué. Toutefois, un objectif de diminution des quantités incinérées et enfouies de 15 % à l'horizon 2012, a été fixé et l'instauration de contrôles des dioxines en continu, ainsi qu'un renforcement accru de la surveillance a été acté.

Réactions4 réactions à cet article

 
Sentiment d'injustice

En lisant cet article, je ne comprend pas la mesure consistant à faire payer la taxe sur les ordures ménagères en fonction du poids...Cett mesure aurait paraît-il l'avantage d'inciter à mieux trier...Je n'arrive pas à comprendre pourquoi, ni comment... Est -ce que mieux trier réduira le poids des déchets? Certainement pas. Les déchets bien que triés, ne disparaissent pas comme par magie! Rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme! Par ailleurs, il me semble que cette mesure pénalise les familles nombreuses ou au contraire les personnes seules... Enfin pourquoi le législateur et le gouvernement ne prennent-ils pas le problème à la base, c'est -à-dire: pourquoi les déchets ne sont-ils pas réduits A LA SOURCE? Par exemple, en interdisant, le suremballage ou les sacs plastiques (comme ce fut fait en Irlande.) Qu'y puis-je si mon fromage est emballé par la marchande dans un papier gras, puis dans un sac plastique et ainsi de suite pour chaque morceau?

Florence | 03 janvier 2008 à 11h47
 
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Re:Sentiment d'injustice

ma chère florence
bien d'accord avec vous ; ne restera plus qu'une seule chose à faire : déballer nos produits derrière la caisse et laisser les emballages au magasin ... qui les rendra peut être au fabricant . Vous pouvez compter sur les GMS (grande et moyenne surface) pour faire pression sur leurs fournisseurs pour ne pas avoir à payer cette charge supplémentaire . C'est le SEUL MOYEN d'agir à la source
Ecolo44

ecolo44 | 03 janvier 2008 à 12h22
 
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Re:Re:Sentiment d'injustice

Bonjour,
En plus de refuser les suremballages, les laisser aux caisses, ou encore, "acheter responsable", on peut aussi renvoyer les centaines de prospectus publicitaire fourni avec leurs enveloppes "T". Plus les retours sont nbreux plus l'initiateur de la démarche paye... Sans doute préféreront-ils une propection plus respectueuse ? Le minimun serait des envois légers et non polluants dans la nature du support.
Bonne Année

Jerome | 03 janvier 2008 à 12h36
 
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Re:Sentiment d'injustice

Bonjour, la redevance incitative est faite pour diminuer le stockage et l'incinération des déchets non recyclables. L'avantage du déchet recyclable c'est qu'une fois recyclé, il n'est plus un déchet.
Le mieux bien sûr, serait de diminuer la totalité des déchets mais au moins, si dans un premier temps, on pouvait diminuer le non recyclable! Car à quoi bon instaurer une redevance incitative si un grand nombre d'emballage est non recyclable et que les citoyens n'ont d'autre choix que de le déposer en contenant de non recyclé et donc taxé.
Choisir ses emballages à l'achat est une bonne pratique mais peu concluante vu que malheureusement, tout est emballé.
Une opération de grande envergure de même type que l'interruption de l'électricité un jour J pourrait être envisagée. Par exemple un jour J, (ou toute une semaine?) tous les consommateurs laisseraient leurs emballages à la caisse.
Mais réfléchissons un peu, cela constituerait un petit pourcentage des déchets car on serait bien dans l'embarras de transporter nos pâtes sortient de leur sachet ou les yaourts sans leur pot.
Ils ne faudrait donc plus acheter de yaourt, plus de plats préparés et viandes conditionnés en barquettes plastiques et polystyrène (ce que je fais). Ce serait un grand boycotage qui pourrait avoir son effet si tout le monde si mettait. Mais peu de gens sont prêts à se compliquer la vie, les plats préparés c'est pratique et les emballages aussi, et c'est ce type de consommateur qui sera le premier à se plaindre que la taxe est chère.
Bonne année à tous.

elisea | 03 janvier 2008 à 21h29
 
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