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Vers une stratégie maritime durable en France ?

Deux tables rondes finales du Grenelle de la mer ont mené le 10 juillet à une série de mesures en faveur des énergies marines, de la biodiversité et de la pêche durable. Une ultime table ronde, prévue mercredi, abordera les questions de gouvernance.

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
 Vers une stratégie maritime durable en France ?
© Lars Lentz
   
Le 10 juillet, s'est tenue la table ronde finale du Grenelle de la mer, qui devait se clôturer sur les mesures phares des quatre groupes de travail. Elle s'achèvera finalement le mercredi 15 juillet sous le thème de ''la délicate rencontre entre la terre et la mer''.

Car c'est la mer qui sauvera la terre, avait déclaré le 27 février dernier le ministre en charge du développement durable Jean-Louis Borloo en annonçant le lancement du Grenelle de la Mer, émanation du Grenelle de l'Environnement, destiné à définir une stratégie maritime nationale à long terme. Réunissant autour d'une même table, experts, représentants des syndicats, du patronat, de l'Etat et des associations et ONG de protection de l'environnement, les quatre groupes ont travaillé, depuis le 3 avril dernier, sur l'élaboration de propositions pour traiter des grands enjeux liés à la mer et au littoral, à la préservation des milieux et à l'exploitation durable de ses ressources.

Début juin, ils ont rendu leur rapport et formulé ainsi plus de 600 propositions avec des avancées dans le domaine de la gestion intégrée des zones marines et celle de la gouvernance. Pourtant rares sont les mesures assorties d'objectifs chiffrés. Or, l'objectif de cette table ronde était justement de déboucher sur une série d'engagements précis, quantifiés et partagés, avait indiqué Jean-Louis Borloo, lors de la remise du rapport.

La table ronde finale doit se poursuivre le 15 juillet et abordera essentiellement les problèmes de gouvernance. Toutefois, elle a déjà permis vendredi de dégager une première séries de mesures en faveur des ressources marines, de la biodiversité et de la pêche durable.

Energies marines : 6.000 MW d'ici à 2020

Dans le cadre du Grenelle de la mer, sera lancé un ''Plan Energie bleue'', financé notamment par le fonds démonstrateur de l'Ademe, et qui aura objectif d'aboutir à la production de 6.000 MW d'énergies marines d'ici à 2020. Ce plan va permettre de définir une stratégie de développement des énergies marines et un cadre cohérent d'actions au sein de la politique maritime intégrée, a souligné le ministère en charge du développement durable et de la mer.

Des sites pilotes seront créés dans l'ensemble des filières, en priorité dans les Dom-Tom : 3 sites d'hydroliennes, un site d'éoliennes flottantes, 2 projets d'houlomoteurs, un site pilote d'énergie thermique des mers, un dispositif de pompe à chaleur par territoire d'Outre mer (climatisation de l'Hôpital de Tahiti dans les 2 ans). Un appel à projets sera lancé avant fin 2009 pour créer un centre d'essai de rang mondial sur les énergies marines, a précisé le ministère.

Vers un transport maritime ''propre''

Afin de réduire l'impact environnemental du transport maritime, le Grenelle de la mer va également créer une filière française de démantèlement des navires en fin de vie, avec un pilote unique. Une initiative défendue par les associations environnementales, après les multiples péripéties diplomatico-judiciaires de l'ex-porte-avions Clemenceau amianté et aujourd'hui démantelé en Angleterre.

La France proposera aussi un objectif mondial de réduction des gaz à effet de serre du transport maritime. Pour lutter contre les dégazages, le marquage des hydrocarbures, notamment par traceur, sera également testé en 2009 par le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre) pour des résultats attendus en 2010. L'Hexagone entend aussi faire inscrire la Méditerranée comme zone de contrôle des émissions de souffre des navires, en tenant compte du cabotage.

D'autres projets pour développer des navires et ports ''du futur'' propres et autonomes, seront également à l'étude, comme le bateau cerf-volant, le bateau solaire, ou encore le bateau à motorisation avancée. Tandis que les ports ''du futur'' seront équipés de systèmes de traitement des déchets et des eaux usées. Sera également étudié le concept de ''port offshore'' pour 2015 afin d'éviter les dragages trop importants pour l'accès de gros navires au littoral, a souligné le ministère. Côté politique internationale, le ministère entend lancer une initiative de type G20 pour lutter contre les pavillons de complaisance ou encore porter au niveau international la reconnaissance juridique du préjudice écologique.

Extension des aires marines protégées et pêche ''durable''

Concernant l'exploitation des ressources halieutiques, alors que les ONG réclamaient le moratoire sur la pêche au thon rouge, dont le stock est menacé d'effondrement, le ministère a décidé de proposer son classement, avec le requin-taupe, parmi les espèces protégées de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites). La fin de la pêche au requin taupe est ainsi prévue par le non renouvellement des licences des pêche tandis que le ''finning'' -qui consiste à découper les ailerons des requins vivants qui sont ensuite rejetés à la mer - sera également interdit.

Un accord a également été trouvé sur le développement des aires maritimes protégées (AMP), notamment en Polynésie française, sur 20% des zones économiques exclusives d'ici 2020, contre 2% actuellement, dont la moitié prévue en réserves marines (zones de non-extraction). Le Grenelle de la mer s'engage également à créer des réserves de pêche en quantité significative dans le cadre de la gestion concertée des aires marines protégées.

L'ancien ministre socialiste de la mer Louis Le Pensec s'est par ailleurs vu confier la mission d'évaluer les conditions d'une gestion durable des pêcheries de grand fond et d'étudier les pistes de diversification et de reconversion des entreprises de pêche concernées. Les concertations entre les parties prenantes pour une pêche durable doivent se poursuivre dès l'automne prochain, à l'occasion des Assises de la Pêche, en articulation avec le Grenelle de la Mer.

Les ONG et les industriels de la pêche plutôt satisfaits

Les ONG ont été plutôt satisfaites des premiers arbitrages rendus par le ministre du développement durable, Jean-Louis Borloo, effectués sur les thématiques Pêche et Biodiversité. Pour Greenpeace, le WWF et la Fondation Nicolas Hulot, dans un communiqué commun, ce Grenelle marin est un bel essai à transformer tandis que France nature environnement (FNE) estime qu'il marque un changement de cap, ont-ils indiqué vendredi à l'issue des deux tables rondes.

Si les ONG Greenpeace, WWF et la Fondation Nicolas Hulot saluent notamment le développement des aires maritimes protégées et l'engagement de la France à soutenir l'inscription du thon rouge à la Cites, elles insistent sur la nécessité d'inscrire l'espèce en annexe I (interdiction du commerce international) et regrettent qu' aucune mesure n'ait été prise sur la question du chalutage profond. Les ONG indiquent qu'elles resteront cependant vigilantes quant à la mise en œuvre des décisions et à leur application rapide, notamment pour des projets concrets.

Et pour FNE, deux sujets ''essentiels'' - l'aménagement du littoral et la réduction des pollutions d'origine terrestre - devront encore trouver des réponses mercredi. Il faut maintenant mettre les éléments de gouvernance, les financements et les moyens tant publics que privés en cohérence avec les orientations retenues, a indiqué la fédération d'associations.

De son côté, le Comité national des pêches (CNPMEM) s'est déclaré vendredi satisfait des mesures définies, permettant de concilier une gestion responsable des stocks avec le maintien d'une activité socio-économique. Le CNPMEM est également ''satisfait'' du renvoi de certaines questions techniques aux prochains débats des Assises de la Pêche.

Au lendemain de l'ultime table ronde du Grenelle de la mer où seront abordées les questions de gouvernance, le Président de la République Nicolas Sarkozy devrait s'exprimer le 16 juillet sur les ambitions maritimes de la France, lors d'un déplacement au Havre.

Réactions1 réaction à cet article

 
JOLIS PROJETS

Tout à fait d'accord avec vous, M. Borloo, c'est la mer qui nous sauvera ...
Ne pourrait-on pas étendre ce Grenelle de la Mer sur l'activité commerciale à amplifier sur nos fleuves ? ...
A voir ...

fiduval1962 | 16 juillet 2009 à 12h01
 
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