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Taxonomie verte : vers une plus grande dépendance énergétique à la Russie ?

Un rapport de Greenpeace a examiné les conséquences de l'inclusion du gaz et du nucléaire dans la classification des activités économiques durables. Selon l'association, elle renforcerait la dépendance énergétique à la Russie.

Energie  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Taxonomie verte : vers une plus grande dépendance énergétique à la Russie ?

L'inclusion du gaz fossile et du nucléaire dans la taxonomie verte européenne pourrait renforcer notre dépendance énergétique à la Russie, selon un rapport de Greenpeace France, publié le 17 mai, à la veille de la présentation par la Commission européenne de nouvelles mesures pour s'affranchir des énergies fossiles russes.

Cette classification des activités économiques durable vise à permettre aux acteurs économiques et aux investisseurs d'identifier les activités considérées comme « vertes » et prendre leurs décisions d'investissement en connaissance de cause. Une inclusion représente donc un enjeu important pour ces dernières.

 
Cet acte est une aubaine pour la Russie et pourrait l'aider à financer la guerre menée par V. Poutine en Ukraine tout en renforçant son pouvoir de négociation avec l'Europe  
Greenpeace France
 
Exercice de longue haleine, les règles de cette taxonomie sont toujours en cours d'élaboration, dont un acte délégué, présenté en février dernier, qui y inclut le gaz et le nucléaire en tant qu'énergies de transition. « L'acte délégué de la Commission de février 2022 ne fait que renforcer la dépendance européenne envers le gaz, l'uranium, les équipements et les services nucléaires russes, et il minera tout effort déployé par l'UE pour s'affranchir de la Russie, estime l'association. Cet acte est une aubaine pour la Russie et pourrait l'aider à financer la guerre menée par V. Poutine en Ukraine, tout en renforçant son pouvoir de négociation avec l'Europe. »

L'association souligne que cette intégration ouvre la porte à une augmentation des investissements à destination des entreprises russes. « La Russie pourrait gagner 4 milliards d'euros supplémentaires par an via de nouveaux projets gaziers financés grâce à la taxonomie européenne, pour un total de 32 milliards d'euros d'ici à 2030, estime Greenpeace France. L'inclusion de l'énergie nucléaire dans cette liste permettrait à Rosatom - société d'énergie nucléaire publique russe ayant des liens commerciaux étroits avec l'industrie nucléaire européenne, et notamment française - de bénéficier d'une part importante des investissements potentiels dans le nucléaire, estimés à 500 milliards d'euros. »

Un acte probablement voté par le Parlement cet été

Dans son rapport, l'association pointe également un lobbying important réalisé pour cette inclusion et des liens entre les entreprises russes et des hauts fonctionnaires de l'Union européenne. Elle a ainsi relevé « au moins dix-huit » rencontres, soit directes, soit par l'intermédiaire de filiales et de groupes de pression depuis que la Commission a publié son plan d'action sur la finance durable en mars 2018.

Reste à voir la position adoptée par le Parlement. Les prochaines étapes pour l'acte délégué sont le vote, en juin, en commission du Parlement européen, suivi du vote en plénière, en juillet.

Ce document devrait donc être voté cet été, même si certains États membres comme l'Allemagne se sont positionnés contre, notamment en raison de la présence du nucléaire. « Les dernières annonces de l'Allemagne sont à comprendre symboliquement. Elle se positionne officiellement contre l'acte délégué, qui ne peut plus réellement être bloqué à ce stade, indique Murielle Gagnebin, cheffe de projet politique énergétique UE, France-Allemagne à l'institut Agora Energiewende. Cela requérait une majorité qualifiée renforcée au Conseil de l'UE (donc au moins 72 % des États membres (soit 20) représentant au moins 65 % de la population de l'UE). »

L'Allemagne a toutefois indiqué qu'elle ne prendra pas part à des actions juridiques auprès de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), comme l'envisagerait l'Autriche notamment.

Réactions1 réaction à cet article

 

Ah ! Greenpeace et leurs marottes... Certes le gaz, conséquence directe de l'Energiewende initiée par Schröder, et on voit aujourd'hui qui le paye grassement... l'idée était donc bien de se tourner vers la Russie... Mais le nucléaire... l'Europe n'a pas besoin de Rosatom, il y a suffisamment de machines disponibles ailleurs, US, Corée (j'éviterais la Chine quand même), France (hé oui) : il s'agit juste de mettre en place les bons dispositifs financiers...

dmg | 18 mai 2022 à 09h42
 
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