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Où en est la collecte des déchets générés par la tempête Xynthia ?

Neuf mois après la tempête Xynthia qui a ravagé la Vendée et la Charente-Maritime, les traces de la catastrophe sont encore visibles. Si le plus gros des déchets a été ramassé, de nombreux résidus doivent encore être traités.

Déchets  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
   
Où en est la collecte des déchets générés par la tempête Xynthia ?
© Robin des Bois
   

Plus de 6.000 tonnes de déchets, 6.400 véhicules hors d'usage (VHU) et 70 tonnes de cadavres d'animaux…Tels sont les tonnages de déchets générés par la tempête Xynthia en février dernier, retrouvés dans les communes de Vendée et de Charente-Maritime sinistrées, selon un rapport de l'association Robin des Bois publié fin septembre. Les investigations de terrain ont été menées d'avril à fin juin 2010, notamment à Faute-sur-Mer et l'Aiguillon-sur-Mer, deux communes du littoral vendéen parmi les plus touchées. Figurent aussi les communes de La Rochelle ou d'Aytré, ainsi que les îles de Ré et d'Oléron, les plus impactées par la tempête dans le département de Charente-Maritime.

Selon Guy Soulié Belrepayre, directeur de l'unité territoriale  DREAL Poitou-Charentes, subdivision de Charente-Maritime,"les déchets stockés temporairement dans les déchetteries ont été envoyés en décharges et les gravats vers des stations de recyclage  ou de centre de stockage de déchets inertes. Les déchets issus d'un pré-tri ont été envoyés dans les dépôts de ferraille avec les véhicules noyés''. Beaucoup de Véhicules Hors d'usage (VHU) ont été stockés dans des aires autoroutières ou le parking du parc des expositions de la Rochelle : ''ces véhicules une fois déclarés impropres à la circulation sont désossés dans des centres VHU mais cela nécessitera encore quelques mois avant que tous les véhicules soient complètement pris en charge'', a-t-il souligné.

Les laisses de submersion difficiles à traiter

Toutefois si depuis la catastrophe,  le plus gros et le plus visible des déchets ont été enlevés et mis en sécurité, des problèmes de gestion des résidus persisteraient dans les territoires concernés, selon Jean-Pierre Edin, l'un des auteurs du rapport des Robin des Bois. Ces laisses de mer concernent une grosse quantité de plastiques utilisés en conchyliculture, des matériaux d'isolation ou encore des bouteilles de gaz ''retrouvés jusqu'à 4 kms à l'intérieur des terres". Ces déchets ''ont plus ou moins été collectés par les agriculteurs et par les services du département" mais leur prise en charge est encore difficile surtout au sein des services des petites communes - dédiés principalement au traitement des ordures ménagères - car ''il n'y a rien de prévu pour ce type de déchets mélangés'', rappelle M. Edin. Conséquences : beaucoup de brûlages sauvages interdits et "susceptibles d'émettre des micropolluants atmosphériques" ont été pratiqués par certains agriculteurs. ''Sur tous ces territoires, il reste encore pas mal de déchets et on en trouvera encore pendant des mois et des années'', a-t-il indiqué.

La DREAL Poitou-Charentes se veut toutefois rassurante : ''ces déchets n'ont pas été brûlés'', assure M. Soulié Belrepayre. Selon Etienne Vitret, directeur du Smictom Val d'Aunis, l'un des acteurs de la collecte en Charente-Maritime, ces déchets "ont notamment été stockés dans le centre de Villedoux où 700 tonnes de déchets verts ont été compostés mais aussi dans le centre de Charron (1.400 tonnes) dont le tiers doit prochainement être évacué soit en décharge ou en compostage''. ''Tous les déchets devraient être collectés d'ici au 1er trimestre 2011 en Charente-Maritime'', ajoute M. Soulié Belrepayre. Selon lui, le fonds de solidarité de l'UE (qui va débloquer une aide de 36,5 M€, ndlr) va intervenir pour notamment ''servir à gérer les déchets'' et remettre sur pieds les infrastructures endommagées. De leur côté, la préfecture de Vendée et la DREAL des  Pays de la Loire, interrogées sur le sujet, n'ont pas souhaité répondre.

Outre les laisses de submersion, les services ont souvent été désorganisés face à l'afflux des Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (DEEE) tels que TV, réfrigérateurs, ordinateurs, cuisinières, matériels de bricolage. Les déchetteries ont très vite été saturées. L'association Robin des Bois relève aussi un problème de gestion des VHU : ''La préfecture n'a pas été déterminante dans le choix des sites, la filière est très dispersée entre les assureurs et remorqueurs. Du coup, les voitures sont encore à l'abandon''.

 
Recommandations Robin des Bois a formulé plusieurs recommandations ''préventives'' pour aider les acteurs locaux à gérer les déchets post-catastrophe. Parmi les préconisations figurent : l'intégration du thème déchets dans le Plan Communal de Sauvegarde, l'élaboration des plans type Polmar (Pollution Marine) désignant des lieux de regroupement des déchets, l'introduction dans les cahiers des charges des éco-organismes d'une clause imposant la reprise des déchets post-catastrophe qui entrent dans leur périmètre de compétence (ex : pneus, meubles, mobil-homes …), mais aussi la création des structures provisoires pour centraliser les VHU ou encore l'organisation de la collecte des bouteilles de gaz.
Certaines recommandations devraient être intégrées dans les plans de prévention des risques, a précisé Jean-Pierre Edin, mais ''dans plusieurs années…''
 
Les structures uniques de gestion des déchets plus opérationnelles ?

Dans ce type de catastrophe, la difficulté pour les acteurs locaux est de collecter, regrouper, stocker et inventorier les déchets avant qu'ils ne soient dispersés, rappelle Robin des Bois. La plupart des déchets sont partis en décharge, une des solutions ''les moins coûteuses". Car il y a un manque de réglementation et d'organisation : "c'est encore de l'improvisation et ça mériterait qu'il y ait une centralisation de la gestion des déchets pour qu'en cas de catastrophe, il y ait une mise en commun des moyens d'actions et d'informations", estime M. Edin. C'est notamment le cas en Vendée, où les déchets ménagers et assimilés produits par les 26 communautés de communes du département sont traités par une structure unique,  le syndicat mixte Trivalis. La gestion ''se passe plutôt bien car il y a peu de déperdition de l'information et de conflit de compétences'', note Robin des Bois. La responsable de communication de Trivalis a d'ailleurs affirmé que tous les déchets issus de la tempête auraient été collectés : ''les laisse de mers générées par la tempête retrouvées dans les rues ont été pris en charge par notre syndicat ; nous les avons acheminées jusqu'à notre centre de stockage des déchets ménagers et assimilés situé à Talmont-Saint-Hilaire'' tandis que celles ''retrouvées sur les voies départementales ont été prises en charge par la Direction des Infrastructures Routières et Maritimes du Conseil Général de la Vendée'', a précisé Marie-Thérèse Terrée.

En Charente-Maritime, plusieurs structures communales (Communauté d'Agglomération de La Rochelle, Communauté de Communes de l'Ile d'Oléron, Smictom Vals Aunis…) s'occupent en revanche des déchets , "ce qui peut poser des problèmes de compétences et de qui paye quoi'', note M. Edin.

Destruction des maisons en ''zones noires'' : vers de nouveaux déchets générés

D'autres déchets devraient être générés dans les mois à venir par les destructions des habitations situées en "zones noires" ou ''zones de solidarité" dans les deux départements. Conformément à la réglementation, le traitement de ces déchets devrait être assuré par les entreprises chargées de la déconstruction. Plus de 1.300 maisons seraient au total concernées. De grandes quantités de gravats "seront étalés dans le temps, au rythme des décisions de vente à l'amiable à l'Etat par les propriétaires", prévient d'ores et déjà Robin des Bois. En cas de rachat, l'Etat acquéreur va-t-il opter pour la démolition ou la déconstruction des maisons  ? ''On attend de voir si l'Etat sera exemplaire et récupérera les matériaux ou s'il démolira pur et dur'', a indiqué Jean-Pierre Edin.

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