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Actu-Environnement

Des terrains de sport sans phyto, c'est possible

En 2022, la loi interdit l'usage des produits phytosanitaires de synthèse dans tous les lieux de vie, à l'exception des terrains de sport. Mais certaines communes ont pris de l'avance. Reportage vidéo à Vauvert, dans le département du Gard.

Reportage vidéo  |  Agroécologie  |    |  Baptiste Clarke  |  Actu-Environnement.com
Actu-Environnement Le Mensuel N°423 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°423
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Conséquence de la loi Labbé, depuis le 1er janvier 2017, les collectivités territoriales, les établissements publics et l'État ne peuvent plus utiliser ou faire utiliser des pesticides de synthèse pour l'entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades accessibles ou ouverts au public et relevant de leur domaine public, ou privé. Quelques exceptions demeurent néanmoins, comme l'entretien des cimetières et des terrains de sport. Des lieux plus complexes, où il a fallu davantage d'encadrement, de formation et de communication.

En effet, l'entretien d'un cimetière sans produit phyto peut se révéler très chronophage et engendrer des surcoûts. Or, les usagers tiennent à ce que ce lieu reste très « propre », pour dire sans mauvaises herbes. Or, une des solutions alternatives est, au contraire, de faire entrer davantage le végétal de façon harmonieuse et contrôlée. Depuis quelques années, les mentalités évoluent et la population comprend les dangers de ces produits. Avec beaucoup de communication, elle accepte de changer peu à peu de cap.

En juillet 2022, ces produits seront aussi interdits dans les cimetières. Reste les terrains de sport.

Les communes font leur échauffement

En effet, comme les cimetières, l'usage des produits phytosanitaires de synthèse devait être interdit pour l'entretien des terrains de sport en 2022. Or, un délai de mise en œuvre a été accordé jusqu'en 2025. Il faut dire que l'entretien d'un terrain est très complexe et, là, pas question de laisser le végétal évoluer comme bon lui semble. Car un terrain enherbé qui présente de nombreux défauts engendre une baisse de la qualité du jeu, avec des conséquences plus ou moins importantes.

Néanmoins, certaines communes, engagées dans une démarche zéro phyto, ont commencé à expérimenter de nouvelles méthodes basées sur la mécanisation. Avec des machines, notamment utilisées en agriculture biologique, comme la herse étrille (voir le reportage vidéo). C'est tout un ensemble de pratiques à changer et il faut aussi disposer de personnel formé et volontaire. Mickael Godon, responsable des équipements sportifs, détaille fièrement son travail : « Il faut réaliser de nombreux contrôles, faire un regarnissage plus régulier pour étouffer les herbes indésirables. Chaque année, varier les semences de ray-grass pour réduire les impacts d'une maladie qui pourrait s'attaquer à une espèce en particulier. Il faut faire deux fois plus de passage de fertilisants biologiques, les engrais bio sont efficaces, mais ils agissent plus lentement. »

Bilan, après trois années de pratique, les résultats restent moins bons qu'avec des produits phytosanitaires de synthèse, un constat sans appel qui risque de se confirmer, quels que soient les efforts fournis. Mais le terrain est jouable, pas parfait, mais satisfaisant. Tous les stades de France ont-ils, en fait, besoin de disposer d'un terrain aussi lisse que la pelouse du Parc des Princes ? Pour la commune de Vauvert, il ne fait aucun doute que cette décision était la bonne, malgré une certaine opposition d'associations sportives. Ce qui lui a permis d'obtenir le label Terre saine, délivré par le ministère de la transition écologique et grace à un accompagnement de la Fredon Occitanie (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles d'Occitanie), un organisme à vocation sanitaire (OVS) chargé de la santé des végétaux.

À noter que, même après 2025, si aucune gestion alternative n'est jugée suffisamment concluante, les terrains de prestige accueillant les compétitions officielles, pourront toujours être traités avec des produits phytosanitaires de synthèse.

Réactions9 réactions à cet article

 

une plante sainte dans un sol sain, les bactéries et les mycélium des sols luttent contre les maladies, pour cela il ne faut jamais laisser sécher les sols : sol nu sol foutu

laurent | 07 février 2022 à 08h48
 
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la loi interdit tous les produits phytosanitaires de SYNTHESE, pas tous les produits phytosanitaires. Les produits de biocontrôle avec AMM et les substances peu préoccupantes sans AMM utilisées pour traiter les plantes sont des produits phytosanitaires.

RICDAM62138 | 07 février 2022 à 11h03
 
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Et demain tous les terrains de compétition seront des terrains synthétiques, avec les problèmes connus, et là pas de produits phyto!
Voilà l'avenir demandé.

jmf | 07 février 2022 à 15h01
 
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C'est effectivement le risque, jmf. Mais certains stades de foot ont abandonné le synthétique pour revenir au gazon, manifestement incomparable pour la qualité du jeu. Et, à condition de revoir un peu à la baisse le niveau d'exigences, on peut fort bien se passer des phytos de synthèse, l'article le stipule clairement.
Question de bonne volonté vis-à-vis de la santé publique. Et, à ma connaissance, aucun maire n'a été chassé à coup de pierres pour avoir mis fin au traitement chimique des trottoirs et des délaissées communales. Même dans les cimetières, le message est globalement bien passé.

Pégase | 07 février 2022 à 17h51
 
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Pégase, Il ne s'agit pas toujours de "message", mais d'obligation!
Il faut n effet beaucoup d'adaptation sur les trottoirs par exemple, avec de l'herbe humide un peu haute, les remarques fusent! La création d'un trottoir herbeux sur un côté de rue et stabilisé de l'autre semble satisfaire la population. La seule difficulté est le coût d'entretien qui fait plus que doubler en raison du temps passé.

jmf | 08 février 2022 à 21h12
 
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on a retirer le végétal en ville (et donc le vivant ...) uniquement parce que ça coutait cher en entretient sans jamais comprendre l’intérêt du végétal ... Aujourd'hui on reproche aux agriculteurs d'avoir couper les arbres alors que c'était encouragé par l'état et que les villes avaient fait la même chose ... Aujourd'hui on reproche aux agriculteurs d’utiliser de l'eau pour entretenir une couverture végétale vivante l'été alors que les villes font la même chose ... Une surface qui ne fait pas de photosynthèse agit comme un désert sur le climat l'eau et la biodiversité !

laurent | 09 février 2022 à 04h06
 
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@ jmf : sans "message" - entendez par là communication adaptée - les obligations sont beaucoup moins efficacement appliquées. De même, lorsque les élus eux-mêmes (maire, adjoints chargés de l'entretien des voiries, de l'urbanisation, des services à la populations, etc.) sont convaincu et moteurs sur le sujet, cela fonctionne encore mieux. Les employés communaux en charge de l'entretien ne sont eux pas mécontents de ne plus avoir à revêtir leur encombrant, inconfortable et inquiétant scaphandre de protection (enfin, quand ils en ont eu un...).
Les échanges que j'ai eu avec des maires de communes de diverses tailles font remonter que ceux qui rouspètent et crient au scandale de l'abandon de l'entretien de la commune sont toujours les mêmes, quel que soit le sujet. Les élus relativisent donc.
Question coût, il s'agit là aussi de modifier des pratiques de plantation, en remplaçant le plus possible les annuelles par des pérennes qui occupent mieux l'espace disponible et gênent l'installation d'adventices non désirées, d'où moins de temps de personnel à consacrer à leur gestion et donc budget contenu.
Beaucoup de communes sont désormais rodées à ces nouvelles pratiques, certaines ayant été accompagnées dès la fin des années 2000 par des associations départementales de protection de l'environnement et/ou des CPIE. Et cela fonctionne globalement bien, à la satisfaction de l'immense majorité de la population - trop souvent silencieuse elle.

Pégase | 09 février 2022 à 09h15
 
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Merci à jmf pour ses remarques même si les pérennes dépérissent au bout d'un certain nombre d'année, qu'elles doivent être régulièrement taillées pour ne pas envahir de trop la chaussée ou les trottoirs, il est certain que cela demande beaucoup moins de main d'oeuvre. Le plus intéressant sont les communes qui font de l'économie circulaire en recyclant les copeaux des branches d'arbres broyées pour couverture de sol des plantations. Une bonne couche d'environ cinq à sept centimètres d'épaisseur régulièrement entretenue (une fois par an en début de printemps) permet de réduire de 90% la pousse des mauvaises herbes et surtout de conserver plus longtemps fraicheur et humidité ce qui permet de mieux résister plus longtemps aux périodes de sècheresse et d'avoir moins d'arrosages à effectuer. Là c'est encore plus intéressant. Mais pour l'instant cela reste marginal.

RICDAM62138 | 09 février 2022 à 10h43
 
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Même s'il ne le dit qu'à mi mot, l'élu interrogé constate que si on veut moins de phytos, il faut plus de main d'oeuvre.... c'est exactement la même chose en agriculture d'ailleurs.
Sauf que QUI paie cette main d'oeuvre? "on" préfère que ce soit les autres... tant que ce schéma perdurera...
Trottoirs et voirie non désherbés : tout dépend aussi dans quelle région on vit. Ici, en Alsace, on aime bien la propreté, c'est culturel.... ne pas désherber, çà ne passe pas toujours bien, surtout vis à vis des personnes (relativement) âgées.... les (un peu) plus jeunes ont par contre bien compris l'antidote : on met tout en minéral, çà évite de s'embêter à désherber et entretenir.

nimb | 11 février 2022 à 07h02
 
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