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La faiblesse du recyclage de certains métaux met en péril la croissance verte

Le Pnue dresse un panorama inquiétant du recyclage des métaux : si les éléments les plus courants sont recyclés, ceux utilisés pour les hautes technologies et nécessaires à la croissance verte souffrent d'un niveau de recyclage extrêmement bas.

Déchets  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
   
La faiblesse du recyclage de certains métaux met en péril la croissance verte
   

À l'occasion de la semaine verte européenne, le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) a rendu public un rapport dressant un état des lieux inquiètant des taux de recyclage des métaux, notamment dans l'optique d'une mise en œuvre de la croissance verte. Un constat d'autant plus regrettable que le document souligne que "les métaux, à la différence d'autres ressources, sont intrinsèquement recyclables." Intitulé "Taux de recyclage des métaux : un état des lieux", le rapport plaide donc pour une "progression spectaculaire des faibles taux actuels de recyclage des métaux."

Dix-huit métaux recyclés à plus de 50 %

Si moins d'un tiers de la soixantaine de métaux étudiés présente un taux de recyclage mondial supérieur à 50 %, 34 éléments ont un taux de récupération inférieur à 1 %. Or, parmi les 34 métaux très mal recyclés "beaucoup jouent un rôle crucial dans les technologies propres, comme les batteries de voitures hybrides [et électriques] ou les aimants d'éoliennes."

Afin d'établir ce classement, le Pnue a passé en revue une série d'études basées sur différents périmètres, références historiques, méthodologies et données. Ainsi, pour le plomb, l'élément le mieux recyclé, les évaluations du taux de recyclage global en fin de vie varient de 52 %, pour une étude basée sur l'Union européenne, et 95 % selon les chiffres du Service géologique des Etats-Unis (USGS).

Les trois métaux les mieux recyclés sont le plomb, l'or et l'argent : le plomb, car il est principalement utilisé dans les batteries, et l'or et l'argent du fait de leur rareté. Cependant, "70 à 90 % de l'or entrant dans les applications industrielles sont recyclés, contre seulement 10 à 15 % de l'or contenu dans les produits électroniques", indique le Pnue.

Par ailleurs, parmi les 18 éléments recyclés à plus de 50 %, de nombreux métaux sont utilisés pour la production d'acier et d'alliages spéciaux. C'est le cas notamment du chrome (7ième métal le plus recyclé), du nickel (8ième), du niobium (9ième), du manganèse (10ième), du zinc (11ième), du cobalt (13ième) et du rhénium (14ième). Quant aux grands métaux, ils figurent en bonne position, à l'image de l'aluminium (4ième), de l'étain (5ième), du cuivre (6ième) et du fer (12ième).

Enfin, les trois catalyseurs (palladium, platine et rhodium) utilisés pour les pots d'échappement des voitures, afin de limiter les émissions de certains polluants, apparaissent parmi les 18 métaux les mieux recyclés de la 16ième à 18ième place.

Moins de 1% des terres rares sont recyclées

Les 34 métaux recyclés à moins de 1 %, sont pour leur part avant tout utilisés en électronique et dans les secteurs connexes, et tout particulièrement les différentes technologies d'écran utilisées pour les téléphones portables, la télévision et l'informatique. De manière générale, la quinzaine d'éléments appartenant au groupe des terres rares (les lanthanides) figurent dans cette liste.

Du côté des technologies vertes, le secteur des panneaux photovoltaïques pourrait être pénalisé par le recyclage quasi inexistant de l'arsenic, du gallium, du germanium, du sélénium et du tellure qui interviennent dans la fabrication des cellules et de certains équipements annexes. Toujours dans le domaine des énergies renouvelables, la miniaturisation des aimants permettant la fabrication d'éoliennes toujours plus puissantes, nécessite des métaux peu recyclés. Il s'agit en premier lieu du néodyme et du dysprosium, et plus globalement de nombreux métaux de la famille des lanthanides.

De la même manière, le lithium et le lanthane, sur lesquels l'industrie automobile compte pour développer les véhicules électriques, apparaissent parmi les mal classés.

Enfin, le développement des LED pourrait souffrir du faible taux de recyclage du gallium et du sélénium.

Vers la société du recyclage

Un meilleur taux de recyclage permettrait de réduire la dégradation de l'environnement, en particulier en limitant le recours à l'extraction minière et au traitement de matières premières vierges. De même, cela permettrait d'économiser d'importantes quantités d'énergie et d'eau, rappelle le Pnue qui plaide pour une "société du recyclage" qui, en l'état, "ne semble qu'un lointain espoir."

En premier lieu, le Pnue recommande d'améliorer la conception des produits afin de faciliter leur désassemblage et la récupération des métaux en fin de vie.

Par ailleurs, il distingue des priorités selon le niveau de développement des pays. S'agissant des pays développés, pour lesquels le niveau de collecte et de recyclage des métaux les plus courants est élevé, le Pnue met l'accent sur les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE). Il appelle "à ne pas laisser dormir les vieux appareils électroniques dans les tiroirs et les placards", mettant l'accent sur les téléphones portables.

Quant aux pays en développement, le Pnue recommande de soutenir les filières de gestion et de recyclage des déchets.

Réactions6 réactions à cet article

 

Euh, bizarre, non ? Alors que le rapport pointe les insuffisances (le mot est faible !!! ) du recyclage des métaux dans l'électronique, "Il appelle "à ne pas laisser dormir les vieux appareils électroniques dans les tiroirs et les placards", mettant l'accent sur les téléphones portables.".

Mieux vaut mettre les filières en place avant que les sur consommateurs ne jettent, non ?

Mis à part ce point, tout à fait d'accord avec les inquiétudes relayées par cet article : le développement du recyclage est indispensable pour tous les matériaux "éligibles". Il ne faut pas attendre qu'ils soient trop rares pour que, cela étant devenu financièrement intéressant, ils soient recyclés. Il faut agir dés maintenant depuis la conception jusqu'à la fin de vie (la durée de cette dernière devant être la plus longue possible, car le réemploi vaut mieux que le recyclage), sans quoi de nombreux matériaux consommés de façon abusive viendront à manquer dés la première moitié du siècle (notamment les métaux).

Bref, jeter la société de consommation (consommer beaucoup moins et mieux), ralentir dans un certain nombre de domaines... Bref, décroître... La "croissance verte" ne veut rien dire...

PG | 27 mai 2011 à 18h09
 
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D'un côté l'obsolescence programmée des produits vendus et de l'autre, la raréfaction des matières premières, cherchez l'erreur! Qui, aynt un pouvoir de décision, aura le courage de dénoncer cette shcizophrénie!! On n'est peut-être pas dans le même référentiel de pensée mais à priori on vit tous sur la même planète, non ?

LS | 30 mai 2011 à 17h41
 
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Analyse du cycle de vie, c'est ce qui devrait conditionner la mise sur le marché de TOUT produit. Les produits techniques devraient avoir une durée de vie minimum de 10 ans. J'ai un appareil électrique à râper que j'utilise au minimum une fois par semaine et qui a bien 30 ans d'âge ...A force d'utiliser l'obsolescence programmée, c'est sur que la guerre pour les matériaux va être féroce. Tant que la "croissance" et l'argent papier seront les "moteurs" de la vie "économique", ça ne marchera pas. Il existe bien d'autres indicateurs comme par exemple le produit intérieur doux ... A quoi bon courir vers ce MUR infranchissable qui arrive ... Détournons nous de la vie matérielle et prenons le bonheur de rire, d'aimer...

Rémifasol57 | 02 juin 2011 à 17h27
 
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Les sols pollués des friches industrielles contiennent des quantités importantes de tous ces métaux signalés dans l'article.On peut ajouter
les décharges contenant des déchets ,ultimes ou pas, et les ateliers de
récupération des équipements domestiques qui les démontent pour
récupérer les métaux signalés réutilisables en fonction de leur prix sur
le marché et leur qualité physico-chimique.

arthur | 02 juin 2011 à 17h53
 
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Certaines sociétés françaises sont déjà spécialisées dans le traitement et la valorisation des métaux... Comme quoi on n'est pas obligé de faire traiter nos déchets électroniques à l'autre bout de la planète... c'est possible en France !

VALOREMA | 29 juin 2011 à 14h34
 
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Je souhaite connaitre une formation spécialisée pour cette activité de recyclage.
Merci pour le renseignement

LESECOR | 07 juillet 2012 à 09h50
 
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