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La méthode de Citeo pour définir les emballages recyclables

Citeo vient de proposer sa définition des emballages recyclables. Un test permet d'évaluer chaque emballage en fonction de sa nature, des matériaux employés et des capacités de tri et de recyclage existantes.

Décryptage  |  Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Comment définir un emballage recyclable ? La question est plus que jamais d'actualité : la défiance des citoyens envers le recyclage progresse ; la loi Agec prévoit qu'en 2022 l'État impose une pénalité aux emballages plastique sans filière de recyclage ; le « décret 3R » prévoit que tous les emballages plastique à usage unique mis sur le marché disposent en 2025 d'une filière de recyclage opérationnelle ; et l'Union européenne prévoit le même type d'obligation pour 2030.

Comme de nombreux acteurs, Citeo, l'éco-organisme en charge de la filière de responsabilité élargie du producteur (REP) pour les emballages ménagers, propose sa définition. Pour élaborer son « test de recyclabilité » (Tree), il a recueilli l'avis de ses entreprise clientes, des professionnels de l'emballage, des filières matériaux, des cénacles dédiés, tels que le Comité technique pour le recyclage des emballages plastique (Cotrep), de l'Agence de la transition écologique (Ademe), ou encore d'ONG, comme Zero Waste, la Fondation Ellen MacArthur et le WWF. « Il n'y a pas forcément consensus sur tout, mais il n'y a pas non plus de voix dissonantes sur la méthodologie que nous avons retenu », explique Valentin Fournel, directeur R&D et écoconception chez Citeo.

Concrètement, chaque emballage se voit attribuer une évaluation calculée sur la base d'une matrice qui intègre différents éléments. Cette note s'exprime selon trois niveaux de recyclabilité (notés de 1 à 3, selon que le taux de recyclabilité est supérieur à 95 %, compris entre 80 % et 95 %, ou entre 50 % et 80 %), un niveau pour les filières « en développement » et un niveau pour les emballages non-recyclables. Bien sûr, le dispositif est destiné à évoluer régulièrement avec les modalités de tri et le développement des capacités de recyclage.

Définir l'emballage et identifier sa filière de recyclage

La première étape du calcul est le classement de l'emballage selon le matériau qui le compose. Pour cela, Citeo se base sur l'emballage tel qu'il sera trié par le consommateur. Il peut être composé d'un élément principal et d'éléments secondaires qui sont jetés ensemble ou séparément. Un emballage peut donc donner plusieurs déchets en fin de vie. Avec cette approche, un pack de bouteilles d'eau constitue deux emballages : le film plastique et les bouteilles. Et chaque bouteille constitue un emballage unique composé d'un élément principal (le flacon) et d'éléments secondaires (les étiquettes et les bouchons, qui sont liés à la bouteille).

Il faut ensuite définir si chaque emballage est recyclable. Pour cela, Citeo identifie d'abord la filière vers laquelle il sera orienté sur la base du matériau majoritaire en poids. Six familles sont ainsi définies : plastique, papier-carton, verre, acier, aluminium et autres (bois, textile, céramique, etc.).

L'étape suivante consiste à vérifier si une filière de collecte, de tri et de recyclage existe pour chacune de ces six familles. C'est la clé de voûte du dispositif. « Apporter la démonstration technique de la recyclabilité d'un emballage n'est pas suffisant, s'il est recyclable, il doit effectivement être recyclé », résume Valentin Fournel. Pour être considéré comme recyclable, l'emballage doit être collecté et recyclé « en pratique et à l'échelle ». Pour cela, il faut qu'au moins 50 % de la population soit desservie par un dispositif de collecte efficace, avec un plan pour atteindre 90 %. Ensuite, les matières doivent être orientées vers un dispositif de recyclage transparent (notamment concernant les tonnages traités) qui garantisse une qualité suffisante pour assurer aux matières recyclées des débouchés à long terme.

En dehors du cas particulier des plastiques, quatre matériaux répondent à ces critères : papier-carton, verre, acier, aluminium. Les petits emballages en aluminium sont considérés comme recyclables, les centres de tri s'équipant progressivement avec les technologies adéquates. Par contre, ne sont pas considérés comme recyclables les emballages de la catégorie « autres » et ceux sans matériau majoritaire (comme les feuilles emballant le beurre constituées à parts égales de papier, d'aluminium et de plastique).

Traitement différencié des plastiques

Pour les plastiques, sont considérés comme recyclables les emballages rigides en polytéréphtalate d'éthylène (PET) non operculés (qu'ils soient clairs, colorés et opaques), les emballages rigides en polyéthylène haute densité (PEHD) et ceux en polypropylène (PP). Du côté des emballages souples, seuls ceux en polyéthylène (PE) sont considérés comme disposant d'une filière de recyclage.

Manquent à l'appel les emballages rigides en PET operculés et certains emballages rigides en polystyrène (PS), ainsi que les films souples en PP (type sachets de chips). Ces trois catégories sont considérées comme « en développement » et le lancement d'une filière de recyclage devrait être acté (ou abandonné) en 2022. S'agissant des emballages rigides en PS, les quelque 4 000 à 5 000 tonnes recyclées en 2019 ne suffisent pas pour l'instant à envisager une filière pérenne.

Reste la liste des emballages sans filière de recyclage, ni projet de développement identifié : les emballages en PS extrudé et en PS expansé, les emballages rigides en polychlorure de vinyle (PVC) et les emballages rigides ou souples fabriqués à partir de résines moins courantes ou de mélanges de résines.

Une fois la filière de recyclage identifiée, il faut s'assurer que l'on puisse effectivement y orienter l'emballage. À ce stade, les emballages plastiques rigides sombres ne sont pas considérés comme recyclables car ils ne sont pas détectés par le tri optique, quand bien même la résine est recyclable. Sont aussi considérées comme non-recyclables les emballages qui contiennent des matériaux ou additifs qui empêchent ou perturbent le recyclage. C'est le cas, par exemple, des bocaux en verre utilisés pour certaines conserves dont le couvercle est maintenu au corps par une charnière et un verrou en fil d'acier non magnétique.

Une évaluation basée sur le poids des matériaux

Enfin, si un emballage est composé de matériaux recyclables, une évaluation finale lui est attribuée sur la base du poids des matériaux rapporté au poids total. Ainsi, une boîte de conserve en acier de 60 grammes (g) sera considérée comme 100 % recyclable pour la partie métallique (48 g), mais l'étiquette (10 g) et le vernis (2 g) ne le sont pas dans la filière de recyclage de l'acier. Son taux de recyclabilité théorique ne sera donc que de 80 % (48/60). Autre exemple : un emballage de biscuit est considéré comme trois emballages, chaque élément étant jeté séparément. Le film extérieur en PP est considéré comme appartenant à une filière en développement), la boîte en carton a un taux de recyclage de 98 % (seule la colle n'est pas recyclée) et la barquette intérieure en plastique noir est considérée comme non-recyclable (quelle que soit sa résine, elle n'est pas identifiée en centre de tri).

L'un des objectifs du test est d'inciter les producteurs à améliorer leurs emballages. Plusieurs stratégies sont possibles. Un emballage non recyclable peut être modifié pour atteindre la catégorie supérieure et devenir recyclable, voire la meilleure évaluation. Autre solution : le développement et le déploiement d'une nouvelle filière de recyclage peut le faire basculer dans une catégorie recyclable. Quoi qu'il en soit, « on va vers une rationalisation des emballages et des matériaux », estime Valentin Fournel. Et ce jeu de transfert des emballages d'une catégorie à l'autre intéresse au plus haut point l'entreprise : Citeo estime par exemple qu'un passage du polystyrène vers d'autres matériaux doublerait les tonnages de déchets issus des emballages concernés.

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