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Nucléaire : vers des tests indépendants et volontaires des réacteurs européens

Les Etats membres de l'UE se sont accordés pour réaliser des tests de résistance "volontaires" des centrales nucléaires de l'Union. Les experts indépendants chargés de réaliser ces tests et le cahier des charges seront déterminés d'ici l'été.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
   
Nucléaire : vers des tests indépendants et volontaires des réacteurs européens
   

La Commission européenne a annoncé mardi que les 27 Etats membres se sont accordés pour réaliser "des tests de résistance" des centrales nucléaires européennes. L'AFP rapporte que la décision a été prise à l'occasion d'une rencontre organisée à Bruxelles et réunissant des représentants des gouvernements européens, des responsables de centrales et des autorités nationales européennes de sûreté nucléaire.

Le Commissaire européen a laissé entendre que les tests auraient lieu à partir du deuxième semestre de l'année.

Pour Yannick Jadot, eurodéputé Europe Ecologie Les Verts (EELV), "sans surprise, le Commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, après avoir consulté les industries nucléaires et en accord avec elles, a seulement proposé des tests de sûreté sur les centrales européennes, dont les résultats ne seront connus qu'en fin d'année."

"Des tests volontaires, pas obligatoires"

Le Commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, a précisé que l'objectif est "de réévaluer les risques, d'inondations, de tsunamis, d'attaques terroristes, de tremblements de terre, de coupures d'électricité." Par ailleurs, il semblerait que ces tests seront réalisés au regard de l'age et de la technologie des réacteurs évalués. Enfin, la gestion des déchets nucléaires, en particulier lorsqu'ils sont stockés sur le site après avoir été utilisés, devrait être concernée.

Cependant, le nombre exact de réacteurs qui seront soumis à ces tests, parmi les 143 que compte l'union européenne, est actuellement inconnu. En effet, la participation "se fera sur une base volontaire, pas obligatoire", a indiqué le Commissaire européen à l'énergie. Une décision conforme à la directive du Conseil établissant un cadre communautaire pour la sûreté nucléaire des installations nucléaires qui institue un cadre qui laisse aux Etats membres le soin d'établir des instances de contrôle indépendantes. La Commission ne peut donc pas imposer ces tests et "aujourd'hui, [elle] apparaît bien démunie" estime l'eurodéputé Claude Turmes (Verts, Luxembourg), cité par La Libre Belgique.

Le commissaire européen a par ailleurs précisé que l'Union proposerait à plusieurs pays européens non membres de l'Union d'étendre les tests à leurs centrales. La Suisse, avec 5 réacteurs, et la Russie, avec 32 réacteurs, sont deux des Etats qui pourraient participer à ces tests.

Les critères de l'évaluation restent à définir

S'agissant, de la nature exacte des tests et des spécialistes chargés de les réaliser, des négociations s'ouvriront rapidement selon Günther Oettinger qui a indiqué que "dans les prochaines semaines, la Commission va élaborer des propositions au sujet du contenu des tests avec critères communs." Ensuite, une "conférence de haut niveau" réunira d'ici fin juin les représentants des Etats membres, les autorités nationales de contrôle des installations nucléaires et des représentants de l'industrie nucléaire.

Quant aux experts qui réaliseront les tests, leur désignation devrait elle aussi faire l'objet de négociations. Pour l'instant, le Commissaire a évoqué "des experts indépendants", précisant que "le fait de nommer des experts en commun sera aussi un élément important" pour assurer "l'autorité des tests."

Vers d'intenses négociations

Le Forum européen de l'atome (Foratom), représentant les industriels du secteur à Bruxelles, s'est dit "prêt à contribuer" à une initiative visant à "développer un cadre commun pour réévaluer dans les meilleurs délais la sécurité des centrales nucléaires." Néanmoins, l'association juge que "sans une meilleure compréhension des implications techniques des événements liés au nucléaire en cours au Japon, nous devons nous garder de prendre une quelconque décisions prématurée ("épidermique") qui pourrait avoir des conséquences significatives pour le futur énergétique européen." De même, Jürgen Grossmann, président-directeur général de l'électricien allemand RWE, interrogé par l'AFP à l'issue de la réunion bruxelloise de mardi, a appelé à "prendre des décisions rationnelles à tête reposée" jugeant une sortie du nucléaire possible "peut-être dans 80 ans."

Pour l'eurodéputée Rebecca Harms (Verts, Allemagne) "tous les réacteurs nucléaires devraient clairement faire l'objet de tests rigoureux et indépendants." Elle juge que "la façon dont l'accumulation de situations d'urgence, les incidents multiples et les défaillances humaines, peuvent être pris en compte dans une telle procédure n'est pas claire." Enfin, estimant que "nous savons déjà que le risque n'est pas acceptable", elle juge que "ces tests ne doivent pas servir d'excuses pour retarder la prise de décision relative à la fermeture des réacteurs les plus dangereux."

La France passera en revue ses centrales

Enfin, ce matin, à l'occasion du Conseil des ministres, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé que "les enseignements de l'accident de Fukushima seront tirés, à travers une revue complète des systèmes de sûreté de nos centrales nucléaires." "Ce travail sera rendu public", a-t-il précisé ajoutant que "le gouvernement s'y engage."

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a déclaré que "la France apporte son plein soutien à la démarche similaire engagée au niveau européen", sans préciser explicitement si les installations françaises subiront les tests européens. Par ailleurs, l'Elysée a déclaré vouloir "intensifier l'effort d'harmonisation et d'amélioration des normes de sûreté au niveau européen et international."

Réactions6 réactions à cet article

 

L'ère du nucléaire s'est ouverte par les terribles catastrophes de Hirochima et Nagasaki au Japon, espèrons qu'elle se terminera par cette dernière catastrophe toujours au Japon; sinon il faut désespérer de l'humanité et surtout de ses deirigeants maffieux.

renault | 16 mars 2011 à 18h28
 
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On comprend la révolte des écologistes ! Mais il faudrait qu'ils nous disent
comment assurer nos besoins énergétiques en l'absence du nucléaire qui est la conséquence des chocs pétroliers qui ,par ailleurs nous ont obligés
à faire des économies d'énergies avec des investissements énormes.
Question simple: Est-ce que les énergies nouvelles suffiraient en cas
d'arrêt immédiat des centrales comme ils le demandent? Selon nous,
on verra dans 20ans? Autre sujet: Ils prévoient la fin du pétrole,alors
par quoi le remplacer pour notre confort minimal ? Merci

arthur | 17 mars 2011 à 11h17
 
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il est possible de sortir du nucléaire. Voir les scenarios développés par Negawatt

lili | 17 mars 2011 à 16h33
 
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En tous les cas, ne comptez pas trop sur la biomasse forestière. L'exploitation de bois et la gestion forestière sont aussi sous forte pression des organisations écologistes nationales et internationales qui en proposent une version formatée et assez éloignée des réalités du terrain et de l'économie de cette filière, tout en faisant des concours de surenchère entre eux.
Et il ne me semble pas que la situation soit meilleure pour l'hydro-électricité, la biomasse agricole ou les éoliennes...
Un jour il faudra faire des choix pragmatiques et réalistes mais pour le moment on nage plutôt dans les contradictions.
En attendant, éteignez la lumière.

CapMargaret | 18 mars 2011 à 16h41
 
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le risque nucléaire est bien sur la première préoccupation ( et le risque est trop important pour le négliger!), mais n'oublions pas l'enfouissement des déchets nucléaires, surtout ceux à longue vie et forte radioactivité. Nos enfants aurons également ce problème à résoudre...

dutsika | 20 mars 2011 à 10h46
 
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@arthur : effectivement, on parle plutôt d'une sortie du nucléaire sur 20 à 30 ans. Les solutions ne sont pas à rechercher que dans la production mais dans l'économie d'énergie. Quant à compter sur le nucléaire pour remplacer le pétrole... ben, l'uranium aussi s'épuise vite !

@CapMargaret : c'est un mix d'économie d'énergie et de toutes les sources que vous citez qui paraît le plus opportun.

Voir les scénarios de l'association negaWatt effectivement : ce sont de loin les meilleurs experts sur le sujet.

jerem | 21 mars 2011 à 15h27
 
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