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Innovation dans le textile : quand les vêtements redeviennent fils de coton

Le Centre européen des textiles innovants a mis au point un démonstrateur de recyclage mécanique des fibres courtes de coton, et espère sécuriser un gisement de fibres de tissus usagés pour créer une filière de recyclage.

Reportage vidéo  |  Déchets  |    |  Rémi Pin Actu-Environnement.com

Deux ans ! C'est le temps qu'il aura fallu pour mettre au point le premier démonstrateur capable de créer un nouveau fil de coton à partir de vieux vêtements ou de linge de maison.

Cette innovation française de recyclage mécanique de fibres courtes a été inaugurée le 19 septembre dernier au Centre européen des textiles innovants (CETI). Elle a nécessité deux millions d'euros d'investissement.

Le principe : des vêtements et tissus provenant des particuliers, des chutes de production industrielle ou des invendus, sont collectés et triés selon leur composition et leur couleur. Puis suivent des étapes de découpe, effilochage, défibrage et filature (voir la vidéo pour le détail du process). « La nouveauté est qu'effilochage et filature sont réunis dans un même procédé, se félicite Pascal Denizart, directeur général du CETI, ce qui en fait une première européenne. »

70 % de fibres recyclées, 30 % de fibres vierges

La fibre obtenue en fin de traitement est toutefois trop courte pour être filée et doit être mélangée avec des fibres vierges. « Il nous faut un minimum de 30 % de fibres vierges pour que le coton soit filé », précise Isabelle Cornu, responsable marketing stratégique et RSE au CETI. Le recyclage d'autres fibres textiles serait également possible avec ce démonstrateur mais le procédé se concentre sur le coton, qui représente 30 % de la consommation mondiale de fibre et 45 % de la fibre utilisée pour l'habillement. « Si des procédés de recyclage textile comme le démonstrateur du CETI se démocratisent, la France pourrait devenir producteur de coton, explique Isabelle Cornu. Cet enjeu de l'accès à la ressource pourrait devenir essentiel en Europe alors que l'on estime que le prix du coton pourrait flamber ces prochaines années. »

Un tiers du gisement collecté

Mettre la main sur ce gisement de fibres textiles implique cependant une remise à plat du système actuel, en particulier du modèle économique des collecteurs-trieurs de textile qui emploient des personnes en réinsertion pour trier manuellement le gisement. « Nous espérons des collecteurs-trieurs qu'ils passent à un système de tri automatisé des tissus pour fluidifier les quantités de tissu à recycler », précise Isabelle Cornu. Sur les 620 000 tonnes de textile mis sur le marché chaque année, seulement 240 000 tonnes ont été collectées en 2018. Sur cette collecte, 55 % est revendu pour réutilisation, notamment à l'étranger, 15 % est converti en chiffons, 12 % est effiloché, 10 % est incinéré, et 8 % est recyclé en papier.

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