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Pluies torrentielles : comment mieux anticiper le danger

Comme l'a encore démontré le drame de ce week-end dans le sud, les cours d'eau peuvent devenir de véritables torrents en quelques minutes. Une situation dangereuse pour les habitants qui pourrait être mieux gérée grâce à une nouvelle génération de radars. Reportage dans les Alpes du Sud.

Reportage vidéo  |  Risques  |    |  Baptiste ClarkeActu-Environnement.com
Pluies torrentielles : comment mieux anticiper le danger

"Le réseau des radars initialement implantés en région PACA ne permettait pas de détecter correctement les précipitations localisées sur les massifs", selon Météo France.Un constat qui conduira l'organisme à s'associer avec l'Irstea pour mener à bien un projet dénommé "Rhytmme" (Risques hydrométéorologiques en territoires de montagnes et méditerranéens). Ce projet lancé en 2008 et co-financé avec la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'Union européenne et le ministère de l'Ecologie, dans le cadre du Contrat de projets Etat-Région 2007-2013, vise à déployer un réseau de radars spécifiques en montagne. Objectif : tenter de mieux évaluer les pluies, les crues et aussi les risques d'avalanches.

Des radars de nouvelle génération

Ce sont des radars en bandes X : une bande de fréquences d'ondes électromagnétiques situées entre 8 et 12 GHz, plus élevée que celle des radars classiques (en bande C ou S) déployés en plaine, donc plus précis. Les radars en bande X présentent une longueur d'onde plus faible avec une portée de 50 km (idéal pour la montagne) contre 100 km pour les autres. Du coup, ces radars sont plus petits, consomment moins d'énergie et impliquent un investissement moindre. De plus, ils utilisent une technologie récente en passant de la simple à la double polarisation, avec plus seulement une émission des ondes à l'horizontal mais aussi à la vertical. Ainsi, la mesure des cumuls de précipitation est beaucoup plus précise et permet aussi de différencier la pluie, la grêle et la neige. Enfin, un mode doppler permet de faire des mesures du vent.

La résilience des villes aux temps extrêmes et aux changements climatiques

Ces mêmes radars pourraient se développer un jour dans nos villes. Pour preuve, en Ile-de-France, la gestion des précipitations intenses est devenue un enjeu : l'urbanisation et l'artificialisation des terres a amplifié la vulnérabilité du territoire. Des thématiques qui ont conduit l'école des Pont de ParisTech à installer un radar sur le toit d'un de leurs bâtiments, le même type de radar que dans les Alpes du Sud. Le but : créer un pôle international de recherche et de formation sur ces questions de résilience des villes. Ces radars permettraient d'être très précis et d'anticiper des risques à l'échelle d'une rue ! Ainsi cette technologie est actuellement testée dans trois villes en Europe (Londres, Rotterdam et Louvain), un réseau qui constitue un projet dénommé RainGain. Toutefois, ce sont des chercheurs américains et japonais qui auront été les premiers à avoir permis le développement de ces radars en zone urbaine et les résultats semblent encourageants, notamment dans la perspective des villes intelligentes.

Y-a-t-il un risque pour les habitants ?

Toutes ces ondes électromagnétiques, bien plus puissantes que celles des téléphones portables, n'auront-elles aucun impact sur la santé ? A cette question, l'école des Pont de ParisTech se réfère à la législation "commune pour les appareils radio, télévision, téléphonie mobile, WI-FI, radar hydrométéorologique en bande X" : "ces rayonnements électromagnétiques sont non ionisants ; leur énergie élémentaire ne peut pas altérer les atomes et les molécules, contrairement aux rayonnements ionisants", (comme les rayons X). Toutefois les personnes qui souffrent d'électrosensibilité, déjà impactées par les antennes relais ou le WI-FI, risquent bien de considérer ce radar comme une nouvelle source de pollution…

Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour, Depuis de nombreuses décennies nous connaissons les origines des inondations soudaines et les conséquences qu'elles entrainent en milieu fortement urbanisé. Que souhaitons-nous pour notre pays ? Continuer une urbanisation galopante de connivence et prendre de plus en plus de risques pour les habitants et les ressources foncières qui s'amenuisent ? La COP 21 est l'occasion de proposer de nouvelles règles de gestion du foncier. L'état des lieux est sans appel. Des milliers d'hectares ont été engloutis sous le bitume et continuent de l'être. De cela naissent des zones tentaculaires qui détruisent les ressources et ne respectent pas toujours les zones inondables. Pour stopper la destruction de foncier, notamment du foncier à vocation alimentaire, la REQUALIFICATION DES ENTREES DE VILLE (véritables zones far west) doit être systématiser. Une autre solution consiste à introduire la NOTION DE REVERSIBILITE DU FONCIER dans les documents d'urbanisme pour de nombreux projets. Ainsi les collectivités garderaient, sur le long terme, la gestion d’une part de foncier en développant des projets associant surfaces de commerce et habitats et bâtiments modulables, les trames naturelles, connectant les nouvelles écocentralités aux smart grid et à la mobilité douce... et ainsi éviter la spéculation outrancière et la perte de foncier à haute valeur agro-pédologique. Brigitte Compain-Murez, ingénieur de recherche territoires et villes durables

Territoires durables | 05 octobre 2015 à 11h26
 
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