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Transition énergétique : le gaz n'est plus une priorité

Lors de sa conférence annuelle du 30 mars, GRDF a tenu à rappeler la place du gaz, en particulier d'origine renouvelable, dans le mix énergétique et son potentiel de décarbonation face à des politiques publiques plus frileuses à son égard.

Energie  |    |  F. Gouty

Entre un marché de pompes à chaleur (PAC) en plein boom et une loi d'accélération des énergies renouvelables centrée en priorité sur l'éolien et le solaire, la filière du gaz demeure entre « attentes » et « regrets », à en croire l'atmosphère de la conférence annuelle de GRDF, ce jeudi 30 mars. « Électrifier massivement et trop vite n'est pas décarboner », a souligné Laurence Poitier-Dietz, la directrice générale du gestionnaire du réseau de distribution du gaz en France.

L'abandon progressif des chaudières à gaz

En 2022, le Syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques (Uniclima) a relevé une augmentation de 30 % des ventes annuelles de PAC air-eau (soit près de 350 000 unités). Cette technologie électrique grignote le terrain du chauffage habituellement occupée par les chaudières au gaz. L'an dernier, GRDF a perdu environ 40 000 clients sur la partie chauffage (sur 94 000 clients perdus au total) au profit, entre autres, des PAC. Ces dernières ne dépendent pas directement de la hausse des prix du gaz et bénéficient d'aides à la rénovation énergétique, comme MaPrimeRénov'. Les chaudières au gaz, quant à elles, ne sont plus subventionnées par ce dispositif depuis le 1er janvier 2023. Quand bien même les chaudières dites à très haute performance énergétique ou THPE (45 % des neuf millions de chaudières au gaz raccordées au réseau) demeurent compatibles avec les gaz renouvelables et offriraient une économie d'énergie de 30 % (par rapport aux chaudières d'ancienne génération). « La fabrication d'une chaudière au gaz émet moins de CO2 et consomme moins d'énergie qu'une pompe à chaleur, a assuré Laurence Poitier-Dietz. D'autant que la plupart des éléments de fabrication d'une PAC proviennent de Chine, au mix particulièrement carboné ; alors que les chaudières au gaz sont majoritairement de fabrication française ou européenne. »

Ainsi, malgré son « regret énorme » face au « signal de rejet » envoyée par la suppression de la subvention des chaudières au gaz, GRDF milite pour un soutien aux PAC hybrides. Composés d'une chaudière THPE pour le chauffage et d'un système similaire à une PAC air-eau, ces dispositifs remplaceraient plus facilement les anciens équipements au gaz pour une économie de gaz à effet de serre chiffrée entre 1,6 à 3 millions de tonnes par an (en remplacement des quelque cinq millions d'anciennes chaudières encore en fonctionnement). « Le meilleur des deux mondes », selon GRDF.

Biométhane : une filière en « stand-by »

La question de l'approvisionnement énergétique, censé alimenter et décarboner le fonctionnement de ces équipements, s'avère elle aussi problématique. À l'heure actuelle, moins de 2 % du gaz consommé en moyenne en France (1) est d'origine renouvelable. Injecté directement dans le réseau, le biométhane émet 44 grammes d'équivalent CO2 par kilowattheure (gCO2e/kWh), à peu près autant que le solaire photovoltaïque sur toute la durée de son cycle de vie, alors que le gaz naturel en émet 227 gCO2e/kWh. Technologie aujourd'hui considérée comme mâture, la méthanisation a déjà dépassé l'objectif qui lui avait été fixé par la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour 2023-2024. Et à en croire les projections de GRDF, le biométhane est tout à fait capable de décupler sa part dans la consommation nationale de gaz d'ici à 2030 – en capitalisant notamment, dès 2024, sur la collecte et la valorisation d'un nouveau gisement, les biodéchets. « Certains départements dépassent déjà les 10 % de biométhane, comme le Cher, l'Orne ou les Landes », a argué Frédéric Marin, directeur général délégué de GRDF.

Pourtant, le registre de capacité qui recense les méthaniseurs en attente de mise en service affiche plus de 1 000 projets – un record depuis la naissance de la filière. Mais alors, qu'est-ce qui empêche aujourd'hui la filière d'y parvenir ? « La filière attend la mise en œuvre de plusieurs adaptations financières sollicitées depuis 2020, notamment l'indexation des tarifs de vente du biogaz sur l'inflation et les prix de l'énergie, a expliqué Frédéric Marin. Des discussions sont en cours au niveau du Conseil supérieur de l'énergie (CSE) pour lever ce stop, débloquer un levier financier et assurer la continuité de la croissance de la filière. » Idem pour ce qui est des certificats de production de biogaz, dont les textes devraient sortir « avant l'été », selon GRDF.

1. Télécharger le panorama 2022 des gaz renouvelables
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-41484-panorama-gaz-renouvelables-2022.pdf

Réactions8 réactions à cet article

Intéressant tout ça, mais peut-on vraiment parler de "bio"gaz quand on sait très bien qu'une bonne partie de ce gaz est fabriqué à partir de maïs, très gourmand en eau et autre phytosanitaires, et qui plus est, au détriment de productions vivrières. Avec 2 milliard d'être humains qui crèvent de faim, on peut légitimement se poser la question.
D'autant que ce n'est pas le seul agrocarburant qui a le vent en poupe : le B100 est dans le même cas. La communication est d'ailleurs assez trompeuse sur le B100, on vous dit que la France produit trop d’huile de colza, sous produit des tourteaux de colza destinés à arrêter l'importation de tourteaux de soja transgéniques venu du Brésil. Magnifique ! Sauf que le B100 est fabriqué à partir d'une variété de colza non alimentaire et pas du tout compatible avec le colza alimentaire dont on fait les tourteaux et l'huile que vous avez dans votre cuisine...
J'aimerais bien connaitre la part du biogaz produit à partir des biodéchets ménagers, des autres sous-produits agricoles et du maïs et autres végétaux cultivés pour faire du biogaz.

Atecsol | 03 avril 2023 à 13h32 Signaler un contenu inapproprié

Comme d'habitude on marche sur la tête.
La quasi totalité des réseaux électrique ne sont pas dimensionnés pour alimenter PAC et véhicules électriques bientôt obligatoires. Imaginez dans une ville, des centaines de voitures garées la nuit dans des centaines de rue en train de se recharger. ni la production, ni le réseau ne s'y prêtera.
Alors avant d'interdire quoique ce soit il faut avoir la possibilité de faire autrement. Mettre la charrue avant les bœufs est une grande spécialité des escrologistes verts.
Dans notre immeuble on a voulu mettre des bornes de recharge pour les véhicules des occupants. Eh bien on nous a expliqué que la colonne électrique de l'immeuble était trop faible et que la ligne d’alimentation du quartier aussi. Multiplions tout cela par les 45 immeubles de notre rue et par les centaines de rues?

ouragan | 03 avril 2023 à 14h03 Signaler un contenu inapproprié

Selon FranceAgriMer , en 2021, 370 000 hectares de cultures dédiées dont 70 000 de maïs.

AUCASOU | 04 avril 2023 à 18h09 Signaler un contenu inapproprié

Je modulerais volontiers votre titre car il contraste de l'article qui se veut plus constructif et nuancé. En matière de transition et de souveraineté énergétique, le gaz est un sujet majeur du mix énergétique. On l'a constaté en 2022 où le parc de centrale gaz a soutenu le réseau électrique, en manque de production nucléaire.
A présent et à venir, il faut qu'il se verdisse, et oui, avec une part de cultures alimentaires mais, à toutes fins utiles, 70 000 ha, ça fait beaucoup de zéros, sauf à les lire en rapport à la surface agricole utile : ça fait alors 0,25%. Il faut rappeler que les méthaniseurs français sont limités à 15% de cultures alimentaires, c'est donc qu'ils valorisent surtout des déchets et autres productions non concurrentes de l'alimentation, bouclent en partie le cycle de l'azote, créent de l'emploi, diversifient nos agriculteurs.
Et pour rouler, roulons alors au bioGNV ! 250 stations disponibles et vous n'investirez pas à outrance sur le réseau de distribution électrique.
J'aimerais tant que votre titre d'article soit plus clair car le biométhane fait clairement partie des solutions face aux enjeux de demain, dont son usage en chauffage par des chaudières performantes.

Henry | 05 avril 2023 à 15h35 Signaler un contenu inapproprié

Merci Henry et Aucasou pour vos précisions sur ce que représente réellement la part cultures alimentaires dans les méthaniseurs, car on entend tout et n'importe quoi sur la question.
Mais pour mes déplacements, l'urgence étant de produire le moins possible de GES pour limiter la hausse de température, j'ai choisi l'électrique car j'habite à la campagne et je suis en train de mettre des panneaux solaires sur mon toit pour recharger, entre autre, ma bagnole. D'ailleurs, il y aurait pas mal à dire sur le système d'"autoconsommation" obligatoire qui est imposé, dans lequel on ne peut pas dépasser un plafond de production.

Atecsol | 05 avril 2023 à 16h41 Signaler un contenu inapproprié

Pour répondre sur les surfaces agricoles dédiées. les 370 000 h de cultures dédiées c'est pour un peu plus de 1000 méthaniseurs. Il faudrait nous dire le nombre d'usines et d'hectares dédiées ,juste pour compenser le gaz russe (80TWh)??? et si nous allons plus loin pour compenser en 2050 les 480TWh - alors que le volume de méthane agricole injecté à ce jour ne compense même pas l'augmentation de la consommation annuelle. Si dans les meilleurs des cas, nous arrivons à baisser notre conso à 200TWh en 2050 je vous laisse calculer les surface nécessaire. c'est claire que ce genre de chiffre ne parle pas aux citoyens, mais pour vous donner une image, une aie du Lot nous a informé que ces 370 000hreprésentait
1.4 fois la surface agricole (SAU) utile du département du Lot. j'essaie de vous faire suivre un doc sur les GES demain

AUCASOU | 06 avril 2023 à 00h01 Signaler un contenu inapproprié

selon moi, il va vraiment être temps d'arreter les visions binaires a vouloir trouver UNE solution pour compenser un système complet (gaz ici)...
NON, la méthanisation ne pourra pas le faire. mais peut être valoriser d'avantage toutes les pertes alimentaires par le gaspillage (entre autre), permettre un "stockage énergétique", valoriser des filières francaises et donc, des emplois locaux, optimiser le potentiel hexagonale tout en utilisant un réseau déjà existant (contrairement à l'hydrogène...)

c'est la meme chose que pour le véhicule tout électrique ou il faudrait simplement ajouter entre 20 et 30 réacteurs nucléaire et doubler le réseau national... on sent bien que ca ne va pas marcher...

il faut donc un ensemble de solution et, avant tout, une réduction des consommations...

ArnauLdL | 12 avril 2023 à 10h00 Signaler un contenu inapproprié

Vous avez bien raison ArnauLdL, il n'y a pas une seule solution qui règlera le problème et il faut développer toutes les possibilités de production d'énergies les plus vertes possibles ou au moins celles qui produisent le moins de GES : solaire, éolien et hydrolien, biomasse et malheureusement, pour combler le trou, nucléaire aussi.

Atecsol | 12 avril 2023 à 11h38 Signaler un contenu inapproprié

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