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Transition énergétique : quel rôle d'EDF ?

Grand Carénage, Fessenheim, Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF, est revenu sur les principales questions relatives au développement du nucléaire dans son audition par le Sénat dans le cadre de l'examen du projet de loi relatif à la transition énergétique.

Energie  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

"EDF doit et va jouer un rôle dans la transition énergétique car nous sommes le premier acteur du marché de l'électricité et nous disposons de technologies dans le secteur des énergies renouvelables et l'efficacité énergétique", a introduit Jean-Bernard Lévy, le président directeur général d'Electricité de France (EDF), mercredi 14 janvier, lors de son audition par le Sénat dans le cadre de l'examen du projet de loi relatif à la transition énergétique.

La vision d'EDF de la transition énergétique semble toutefois reposer en grande partie sur un approvisionnement grâce à une production nucléaire. "Nous disposons d'un parc de production majoritaire hydraulique et nucléaire qui est décarbonné, pointe Jean-Bernard Lévy. Aujourd'hui, le prix de l'électricité est stable, nous sommes 40 fois moins chers que nos voisins et disposons d'une garantie d'approvisionnement". Et de rappeler que 35g de CO2 était émis par kilowatt produit en France (le bilan semblerait moins vertueux hors hexagone). Il a également souligné que l'émission de dioxyde de carbone due à l'énergie en France était de 5 tonnes par habitant contre 7 tonnes de CO2/habitant en Europe et 9 tonnes de CO2/habitant en Allemagne.

Le projet de transition énergétique vise une baisse de la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 à 50% d'ici 2025 et le plafonnement de la capacité de production à son niveau actuel de 63,2 GW. "EDF souhaite maintenir intact son parc limité à 63,2 Gigawatt, assure Jean-Bernard Lévy. Quand l'EPR de Flamanville démarra, la loi nous imposera de réduire d'autant le parc installé ce qui correspond à deux unités du parc de réacteur".

Pour l'instant, l'option envisagée serait de fermer la centrale de Fessenheim. Un choix qui est loin de faire l'unanimité. Ainsi selon le rapporteur de la commission des affaires économiques du Sénat, Ladislas Poniatowski, la fermeture de Fessenheim serait "un drame économique et social" pour l'Alsace. Il interroge sur la possibilité de retirer deux réacteurs sur une centrale en disposant de quatre.

Une alternative à la fermeture de Fessenheim ?

"Le Gouvernement nous a demandé d'étudier des alternatives à la fermeture de Fessenheim le moment venu. Nous y travaillons, mais il est encore trop tôt pour entrer dans les détails", a précisé Jean-Bernard Lévy. L'objectif de la baisse de la part du nucléaire dans la production d'électricité a également rencontré l'opposition de certains sénateurs. "Il manque dans le texte les études d'impacts de l'application de ces objectifs qui sont irréalistes et contradictoires", a ainsi considéré Daniel Dubois, sénateur UDI.

De son coté, RTE, parmi différents exercices de prospectives, conditionne dans son scénario du "nouveau mix" les atteintes des objectifs du projet de loi notamment au développement de 2 GW de capacité de stockage, que les EnR couvrent 40% des besoins et la rénovation de 400.000 logements ainsi que 22 millions de m2 de tertiaire.

"Nous allons établir des scénarios, le gouvernement fixera la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour arriver à ces objectifs et nous verrons alors le réalisme du chiffre de 50%, a répondu Jean-Bernard Lévy. Je ne peux répondre aujourd'hui car nous dépendons de différents facteurs, du développement de la croissance électrique dans les transports, des normes dans les logements, de la croissance du PIB, du mix énergétique, etc."

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, dans un entretien accordé à l'Usine Nouvelle a réaffirmé la nécessité de prolonger la durée de vie des réacteurs du parc et la programmation de la construction d'une nouvelle génération de réacteurs. "Il s'agit à la fois de tirer parti des retours d'expérience des réacteurs de troisième génération (EPR, ATMEA) et de travailler sur une quatrième génération de réacteurs consommant beaucoup moins de combustibles et les recyclant, générant des déchets en moindre volume et moins nocifs (démonstrateur ASTRID du CEA) ", a-t-elle précisé dans un communiqué.

L'âge moyen du parc est aujourd'hui d'une trentaine d'années. Pour prolonger sa durée de vie EDF prévoit de lancer une opération de remise à niveau "le Grand Carénage". Mais pour dépasser les 40 ans de fonctionnement, l'autorité de sûreté nucléaire (l'ASN) doit donner son accord et soumettre des préconisations. "Le choix du nucléaire a donné à la France un avantage durable, argumente Jean-Bernard Lévy. Le grand Carénage jouera un  rôle pour que nous maintenions le prix de l'électricité bas".

5 milliards annuels dans le cadre du Grand Carénage

"Nous dépensons aujourd'hui 2,5 milliards d'euros/an pour la maintenance du parc, détaille  Jean-Bernard Lévy. Avec le programme du Grand carénage, nous allons passer à 5 milliards annuels dans l'hypothèse où nous l'appliquons sur les 58 tranches. Or, il est possible que certaines de ces tranches soit retirées, à priori au moins deux".

Selon lui, comme l'amortissement des équipements est prévu sur 40 ans, le fait de l'étendre à 50 voire 60 ans permet d'améliorer les dépenses. Il estime le coût de ce grand chantier à 55 milliards d'euros d'investissement total d'ici 2025. Le montant de cette facture varie toutefois selon les experts interrogés. Un rapport de Greenpeace estimait quant à lui le coût entre 400 millions et 4,4 milliards d'euros par réacteur.

"Nous ne nous sommes pas limités à cette opération et nous nous sommes engagés dans les énergies renouvelables : nous sommes le premier concernant le développement de l'électricité EnR, estime Jean-Bernard Lévy. Les coûts du développement restent élevés (…), il est important d'investir mais de façon mesurée, il faut disposer des retours d'expérience pour avoir une filière économique fiable". EDF souhaite que soient engagés des financements de capacité accrue de l'hydroélectricité "pour faire face à l'intermittence des renouvelables".

Concernant les économies énergies, l'énergéticien a indiqué que ses obligations de 46 térawatt-heure devraient passer à 59 térawatt-heure.

"30% d'opération d'économie d'énergie supplémentaire c'est un challenge difficile à faire", a constaté Jean-Bernard Lévy.

Un mécanisme de soutien aux EnR plus diversifié

L'entreprise appelle également au lancement d'un mécanisme de soutien aux renouvelables plus "diversifié" que l'actuelle contribution au service public de l'électricité (CSPE).

"La CSPE a coûté 4 milliards d'euros en 2015, indique le PDF d'EDF,  60% est lié au surcoût des installations déjà installées (…) rapidement elle pourrait atteindre 10 milliards d'euros /an".

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