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Le travail commun entre Agence de la biodiversité et chasseurs démarre avec difficulté

L'Office de la chasse vient de voter une motion visant à suspendre les travaux de mutualisation engagés avec les services de la toute nouvelle Agence de la biodiversité. Les associations demandent au Gouvernement de maintenir fermement le cap.

Biodiversité  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

Le conseil d'administration de l'Agence française pour la biodiversité (AFB) se réunit pour la première fois le 19 janvier prochain. Créée par décret fin décembre, cette instance doit devenir, selon les mots de Ségolène Royal, "la référence institutionnelle au service de la préservation et de la restauration de notre environnement". Sa mise en place n'est toutefois pas un long fleuve tranquille.

"L'ONCFS se tire une balle dans le pied"

Outre les questions de personnel et de budget, se posent celles de la représentation des différentes parties prenantes et des liens de travail à mettre en place avec le monde de la chasse. Le dernier épisode en date est le vote, mercredi 11 janvier, par le conseil d'administration de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), d'une motion demandant au Président de la République de suspendre les travaux de mutualisation engagés avec les services de l'AFB dans les départements.

"Tentant à nouveau d'affaiblir l'Agence française pour la biodiversité, l'ONCFS se tire une balle dans le pied", réagissent cinq associations de protection de la nature dans un communiqué commun. Le "à nouveau" vise le refus de l'établissement public, dont le conseil d'administration est détenu majoritairement par les chasseurs, de rejoindre la nouvelle agence. Puis sa tentative de priver cette dernière de compétences de police en vue de les réunir exclusivement sous sa coupe.

Malgré cette tentative, une disposition a été votée dans la loi de reconquête de la biodiversité prévoyant que l'AFB contribue à l'exercice des missions de police de l'eau et de l'environnement "en liaison avec les établissements publics compétents dans le cadre d'unités de travail communes". Suite à ce vote, et à un rapport de hauts fonctionnaires du ministère de l'Environnement, les travaux de mutualisation entre les services de l'ex-Onema et de l'ONCFS ont débuté à l'automne.

"Sortir d'une gestion en silos des milieux naturels"

Les associations demandent au Gouvernement de tenir le cap en ignorant cette "motion surréaliste" et en rappelant les responsables de l'Office de la chasse "au respect des lois de la République".

"Le renforcement de la collaboration entre les services départementaux des deux établissements publics à vocation nationale sur le champ de la surveillance environnementale doit permettre de gagner en efficacité", insistent sur le fond les associations. Sandrine Bélier, directrice d'Humanité & Biodiversité, souhaite voir dans cette motion "plus une provocation qu'autre chose" et ne pense pas qu'elle puisse entraver la mise en route de l'agence.

Derrière cet épisode apparaît toutefois la crainte des promoteurs de l'agence d'une remise en cause de la nouvelle entité, ou tout du moins d'une partie de ses compétences, en cas d'alternance politique à l'issue des présidentielles. Lors d'une audition à l'Assemblée nationale le 11 janvier, Barbara Pompili, a instamment demandé aux candidats à la présidentielle, et en particulier au candidat des Républicains, de prendre en compte la création de l'AFB dans leur projet et de "lui laisser sa chance".

Comme l'a rappelé la secrétaire d'Etat à la biodiversité, l'objectif premier de l'Agence française pour la biodiversité, qui remonte à une proposition du pacte écologique de Nicolas Hulot de 2006, est en effet de "sortir d'une gestion en silos des milieux naturels".

Réactions1 réaction à cet article

 

Le milieux associatifs semblent ignorer que la majorité des agents des 2 établissement oncfs et afb (ex onema) ne veulent pas entendre parler de la mutualisation.
Cette mutualisation a été vendue aux milieux associatif comme une évolution positives, mais en réalité il s'agit ni plus ni moins qu'un plan de restructuration avec suppression de postes à la clé, un seul crédo, faire plus avec moins. Expliquez moi comment cette mutualisation peut marcher si les "fourmis" n'en veulent pas?

Pierrot | 13 janvier 2017 à 17h25
 
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