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Actu-Environnement

Tri mécano-biologique des ordures ménagères : les professionnels certifient leurs installations

Les professionnels du TMB viennent de lancer une marque pour certifier leurs unités et promouvoir une qualité de compost supérieure à la norme officielle. Ils anticipent une éventuelle sortie de statut de déchets.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Ce jeudi 10 novembre, la Fédération nationale des activités de la dépollution et de l'environnement (Fnade), la Fédération nationale des collectivités de compostage (FNCC) et l'Association pour la méthanisation écologique des déchets (Metheor) ont lancé la marque Terrom pour garantir la qualité des composts issus des ordures ménagères résiduelles (OMR). Pour y parvenir, les unités de tri mécano-biologique (TMB) qui le souhaitent seront certifiées par la marque. Le référentiel vise la production d'un compost qui "va plus loin en termes de garantie" que la norme d'application obligatoire NF U44-051.

L'ensemble des 46 unités françaises de TMB, produisant 400.000 tonnes par an, sont en discussion avec la marque. Cependant, toutes ne devraient pas franchir le pas, expliquent les représentants de Terrrom, sans préciser combien rejoindront leur initiative.

Ne pas se priver du TMB

La création de Terrom intervient dans le cadre de la loi de transition énergétique qui fixe à 65% la part des déchets qui doivent faire l'objet d'une valorisation matière à l'horizon 2025. S'agissant des biodéchets, cela impose de faire passer la production de compost de près de 8 millions de tonnes aujourd'hui à 11 millions de tonnes en 2025, explique Jean-Marque Boursier. Le gisement OMR représenterait 6 millions de tonnes, plaide le président de la Fnade.

Reste que la loi est défavorable aux unités de tri sur ordures ménagères. Elle prévoit plutôt que le service public de gestion des déchets (SPGD) développe le tri à la source des biodéchets, en vue d'une généralisation à tous les producteurs d'ici 2025. Surtout, le compost produit par les installations de TMB est décrié. "La technique a beaucoup progressé", répond le président de la Fnade. Même défense de la part de Guy Geoffroy, député LR de Seine-et-Marne et président de Metheor : "contrairement à ce que certains peuvent dire", les installations de TMB ont fait la preuve de leur pertinence.

Par ailleurs, si la loi ne permet pas la création de nouvelles unités, des installations existent déjà. "Ce serait stupide de s'en priver", explique Jean-Marque Boursier, d'autant qu'elles peuvent encore progresser. En 2016, en France, onze unités pratiquent le tri-compostage et 35 le tri-méthanisation compostage, rappellent les trois partenaires. "Si on peut prélever les biodéchets à la source, tant mieux, mais ce n'est pas toujours possible", estime Guy Geoffroy. Le député explique notamment que le Sivom de la vallée de l'Yerres et des Sénarts, qu'il dirige, a passé un accord avec un syndicat voisin pour accueillir des OMR sur son unité de TMB et envoyer vers l'incinération les résidus. Ces partenariats devraient se multiplier, selon lui, et augmenter le gisement des unités de tri existantes.

Enfin, "la loi est faite pour évoluer", rappelle le président de la Fnade, ajoutant qu'"il n'est pas interdit que l'Ademe change d'avis". Justement, Terrom doit devancer la réglementation, plutôt que de la subir, explique Guy Geoffroy. Il s'agit d'"anticiper la mise en place d'une éventuelle sortie de statut de déchet pour les composts en créant un système d'assurance qualité nécessaire à cette démarche", expliquent les promoteurs de la marque.

Garantir le processus

Dans ce contexte, Terrom compte démontrer qu'il est possible d'aller plus loin que les exigences du cahier des charges de la norme NF U44-051. Pour établir son niveau d'exigence, la marque a consulté les professionnels du TMB, des représentants du monde agricole (chambres d'agriculture et FNSEA, notamment), des représentants des ONG environnementales (France Nature Environnement) et l'Ademe.

Sur le plan de la qualité, la marque retient un relèvement de 50% du critère de matière sèche imposé par la norme et améliore de 10% les seuils sanitaires. Mais ces critères ne concernent pas directement les lots de compost, c'est-à-dire qu'aucun dédommagement n'est prévu pour des lots n'atteignant pas ces critères.

La garantie porte plutôt sur la traçabilité et le processus de production des composts au travers de la certification des installations volontaires. Pour y parvenir, le référentiel de Terrom prévoit une augmentation du nombre d'analyses effectué par les sites et un audit indépendant pour assurer la traçabilité des OMR au compost. Ce dispositif doit permettre d'accorder à tous les lots de compost le même niveau de garantie. La logique de marque fait qu'un lot ne doit pas échapper au niveau de qualité annoncé, explique Guy Geoffroy.

Réactions1 réaction à cet article

 

Dès le départ le TMB n’était guère enviro-soutenable, sauf contexte particulier.

On a trop longtemps entendu dans la bouche de nos irresponsables politiques la rengaine « le Français (écrit parfois sans majuscule !) n’est pas prêt à trier », ce qui les dispensait des efforts très souhaitables réalistes possibles.

Mieux vaut ne pas encourager le vice, au dépens d'un mieux réaliste, et donc des nouvelles usines; sans pour autant condamner à fermer les anciennes qui ne peuvent guère se recycler.

Mais il faut surtout encore intensifier la communication auprès de ceux qui ne vivent pas en habitat collectif ou qui ont des possibilités de trier au bas de leur immeuble.

Tant sur la mise à part du compostable que sur la mise à part des polluants a fortiori quand il y a TMB

En n’utilisant surtout pas ce type de compost, même s’il peut s’avérer moins toxique que les engrais chimiques, pour des cultures alimentaires.

Nous manquons de "conseiller en recyclage" qui, dès le départ (1990) auraient assumer les tâches des "ambassadeurs" du tri (au titre pompeux) et des "maîtres composteurs". C'était et ça reste pourtant une judicieuse source d'emploi

Sagecol | 15 novembre 2016 à 08h31
 
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