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Perturbateurs endocriniens : l'Agence nationale de sécurité sanitaire donne son avis pour 5 substances

Dans un avis, l'Agence nationale de sécurité sanitaire a analysé le caractère perturbateur endocrinien de cinq substances. Deux émergent : le triclocarban (antibactérien et antifongique) et le TMBPF (conditionnement des denrées alimentaires).

Risques  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Perturbateurs endocriniens : l'Agence nationale de sécurité sanitaire donne son avis pour 5 substances

L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) continue son analyse des perturbateurs endocriniens. Elle a rendu lundi 9 octobre un avis concernant un produit utilisé dans le conditionnement métallique des denrées alimentaires (TMBPF), un retardateur de flamme (RDP), un agent antibactérien et antifongique (triclocarban), une substance employée dans les secteurs de la construction, de l'industrie chimique et de l'orfèvrerie (sulfate d'étain) ainsi qu'un intermédiaire de synthèse (dicyclopentadiène).

L'Agence s'est vu confiée cette mission dans le cadre de la stratégie française sur les perturbateurs endocriniens. Déclinaison du troisième Plan national santé environnement (PNSE3), celle-ci demande à l'Agence de se prononcer sur au moins cinq substances par an durant la période 2014-2016. Cette dernière s'est déjà penchée sur dix produits.

Deux substances manifestement perturbateurs endocriniens

Dans ce nouvel avis, l'Agence - en se basant sur la bibliographie - souligne le caractère perturbateurs endocriniens (PE) de deux substances : l'agent antibactérien et antifongique, le triclocarban, et le produit utilisé dans le revêtement d'emballage métallique des denrées alimentaires, le TMBPF.

"Concernant les effets du triclocarban sur la santé humaine et l'environnement, les données disponibles dans le dossier du déclarant ainsi que les données de la littérature suggèrent l'existence d'un possible effet PE pour la santé humaine et l'environnement, note-t-elle. Ainsi, le triclocarban est proposé pour l'évaluation dans le cadre de Reach".

Des études sur des cellules de glandes mammaires montrent également que ce dernier pourrait être cancérigène en présence d'autres éléments. Cette substance est en outre peu biodégradable et présente une affinité pour la matière organique. Elle est considérée comme très toxique pour les organismes aquatiques.

Pour le TMBPF, l'Agence estime que le caractère perturbateurs endocriniens pour l'homme et l'environnement ne peut pas être écarté. Concernant les autres critères, de nouvelles investigations restent à initier. "Des données expérimentales sont nécessaires pour clarifier les préoccupations concernant la persistance, la bioaccumulation et la toxicité pour les organismes de l'environnement", complète l'Anses.

Des connaissances restent à acquérir

Pour les autres substances, l'Anses demeure prudente. Elle estime ainsi que le peu de données disponibles concernant le retardateur de flamme RDP ne permettent pas de juger de son potentiel de perturbateur endocrinien dans l'environnement comme pour l'homme. Les autres potentiels impacts nécessitent eux aussi des études complémentaires, selon l'Anses. Celle-ci propose toutefois de soumettre le RDP dans le cadre de l'évaluation du Plan d'action continu communautaire du règlement Reach (CoRAP). "Cette proposition est justifiée par les données disponibles qui suggèrent l'existence d'effets neurotoxiques et de toxicité du développement", justifie-t-elle.

Elle considère également qu'il n'est pas possible de trancher sur le caractère de perturbateur endocrinien pour l'intermédiaire de synthèse, le dicyclopentadiène. Elle attend pour cela notamment l'analyse des études complémentaires et du rapport d'évaluation demandé à l'Echa dans le cadre du règlement Reach. De la même manière, sur la question des impacts de la substance dans l'environnement, des manques dans les données de caractérisation physico-chimique fournies par le déclarant n'ont pas permis à l'Anses de l'évaluer.

Le contexte est similaire pour la substance employée dans les secteurs de la construction, de l'industrie chimique et de l'orfèvrerie, le sulfate d'étain. "Les études de toxicité disponibles (...) portant sur les effets sur la reproduction et la cancérogénicité sont de faible qualité ou réalisées à des niveaux de doses trop faibles. L'existence d'un éventuel effet de type reprotoxique ou mutagène n'a donc pu être écarté, indique l'Agence. De nouvelles études ont donc été demandées aux déclarants de la substance par l'Anses en mars 2017 suite à l'évaluation, dans le cadre du règlement Reach. Dans l'attente de la communication des résultats de ces nouvelles études, il n'est pas possible de conclure quant à l'existence d'éventuelles propriétés de perturbation endocrinienne de cette substance pour la santé humaine".

Là encore, sur les questions d'impacts sur l'environnement, les données de toxicité sur les micro-organisme et macro-organismes du sol n'étaient pas encore disponibles. L'Anses n'a pas pu finaliser l'évaluation des propriétés de danger.

L'Anses poursuit ce travail pour cinq autres substances : l'homosalate, le triflusulfuron méthyl, le triphényl phosphate, le bisphénol B et le BDE-47.

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