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Les atermoiements de Donald Trump pèsent sur la conférence climatique de Bonn

Alors que l'annonce de leur position officielle sur le sort de l'Accord de Paris a été reportée, les Etats-Unis présentent des intentions minimalistes à la conférence de Bonn et s'isolent du reste du monde.

Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
Les atermoiements de Donald Trump pèsent sur la conférence climatique de Bonn

Les Etats-Unis présentent ce week-end à la conférence de Bonn (Allemagne) leur plan d'action pour le climat. Alors que le président Trump a reporté l'annonce de sa décision sur l'Accord de Paris à après le G7 prévu à la fin de ce mois, c'est une délégation extraordinairement réduite que les Etats-Unis ont envoyée à Bonn cette année. Laissant planer l'incertitude, le secrétaire d'Etat Rex Tillerson a annoncé lors du Conseil de l'Arctique réuni le 11 mai à Fairbanks, en Alaska, que son gouvernement n'allait pas "se précipiter pour prendre une décision" sur le sort réservé à l'Accord de Paris, et qu'il entendait prendre "la bonne décision pour l'avenir des Etats-Unis".

 
Nous veillons à ce que les décisions prises lors de ces conférences ne portent pas préjudice à nos futures orientations, ne sapent pas la compétitivité de nos entreprises, ou ne contredisent pas le progrès de la croissance et de la prospérité américaine  
Trigg Talley, Etats-Unis
 
L'ancienne capitale de l'Allemagne fédérale est le siège de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc). Elle accueille du 8 au 18 mai les négociateurs des 195 pays signataires de l'Accord de Paris, ratifié à ce jour par 145 pays. Mécanisme de transparence, lutte contre les conflits d'intérêts, financement du fonds vert, suivi des progrès en matière de lutte contre le changement climatique et concrétisation des engagements doivent donner une forme concrète à l'Accord de Paris lors de cette session. D'ordinaire axée sur des discussions techniques, la conférence de Bonn est aujourd'hui suspendue aux incertitudes liées à la position des Etats-Unis.

Une délégation américaine réduite au minimum

La délégation des négociateurs états-uniens est réduite à la portion congrue : seulement sept délégués sont inscrits à la conférence, où la France est représentée par plus de 40 délégués. La délégation américaine était celle qui envoyait le plus gros contingent de diplomates jusqu'à présent. Cette fois, les délégués des Etats-Unis se contenteront de jouer le rôle de chien de garde des intérêts nationaux du pays, qui divergent désormais de l'intérêt général de la sauvegarde du climat.

Dans le contexte de la présentation de la contribution des Etats-Unis, prévue à Bonn le 12 mai, le porte-parole du département d'Etat a déclaré : "Nous veillons à ce que les décisions prises lors de ces conférences ne portent pas préjudice à nos futures orientations, ne sapent pas la compétitivité de nos entreprises, ou ne contredisent pas le progrès de la croissance et de la prospérité américaine".

L'enjeu de la conférence de Bonn, qui prépare la COP 23 qui se tiendra également dans la cité rhénane et sera présidée par Fidji en novembre prochain, est de créer de la transparence et de la confiance mutuelle. Pour y parvenir, l'Accord de Paris prévoit dans son article 13 un cadre de transparence qui "vise à fournir une image claire des mesures relatives aux changements climatiques (...), notamment en éclairant et en suivant les progrès accomplis par chaque Partie en vue de s'acquitter de sa contribution déterminée au niveau national".

Isolationnisme contre multilatéralisme

Ce week-end commencent à Bonn les sessions censées permettre ce suivi des progrès à travers un examen par les pairs (peer review) des plans d'actions nationaux pour le climat (NDC) : examen multilatéral pour les pays développés, et partage de vue pour la facilitation des politiques climatiques dans les pays en développement. Dix-huit pays présentent leur plan d'action dont le Canada, les Etats-Unis, la France et le Japon, avant l'Inde et l'Indonésie lundi.

La délégation des Etats-Unis est conduite par Trigg Talley, diplomate expérimenté qui a déjà piloté des négociations climatiques pour le compte du département d'Etat lors de conférences antérieures et a participé à l'élaboration de l'Accord de Paris en décembre 2015. Le 13 mai, M. Talley a présenté la situation à ses homologues dans le cadre du dialogue multilatéral. Contraint de s'abstenir d'évoquer toute projection à l'horizon 2020, il s'est limité à une présentation évasive, soulignant la décrue des gaz à effet de serre aux Etats-Unis depuis la crise financière de 2008.

Dans le cadre de ce processus multilatéral, la Chine, l'Union européenne et d'autres pays tels que le Brésil et le Royaume Uni ont interrogé le 28 février dernier les Etats-Unis sur les mesures qu'ils comptaient mettre en oeuvre pour atteindre leur objectif à 2020 (-17% par rapport à 2005), pour lequel ils sont en retard, notant que l'administration Trump ne semblait pas soutenir les politiques annoncées par son prédecesseur Barack Obama.

En guise de réponse, les Etats-Unis ont copié-collé six fois un paragraphe standard dans le document présenté à Bonn : "L'administration passe en revue les politiques en cours et les régulations dans le contexte de la priorité donnée à la croissance économique des Etats-Unis et à l'emploi pour les travailleurs américains et elle ne soutiendra pas des politiques ou des régulations dont les effets pourraient nuire à l'indépendance énergétique et à la compétitivité des Etats-Unis". Une affirmation martelée par le président Trump qui rompt avec l'esprit multilatéral des négociations climatiques.

Réactions2 réactions à cet article

 

Bonjour,
le comportement des USA a toujours été égoïste et prétentieux comme celui des empires. La dernière goutte d´eau c´était de choisir pareil énergumène. Ce qui est très difficile á comprendre ce sont les autres pays du "G 20" ou pays puissants dont la capacité de vote pourrait faire reculé et ou changer un pays qui en général s´en fiche éperdument de la destiné des plus pauvres que suivront la donnée climatique dans les prochaines décennies. Les Macrons, Merkels et cie n´ont qu´a négocier avec courage et le dire á ce monsieur , oui, avec minuscule, et á ces acolytes de changer la donne (avant l´empêchement!) ou joindre ces ancêtres gaulois avec un USexit...Sans pour autant penser que la Russie ou la Chine sont la solution, loin de lá·

Maes | 15 mai 2017 à 09h27
 
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Bonjour. Il semble que l'histoire aime à se répéter car, en 1997 le protocole de Kyoto a été suivi de l'arrivée de Bush Junior, roi du pétrole texan et initiateur de guerres dont on attend le bilan (et pas que "carbone" le bilan...). Maintenant c'est Trump.
Entendu aussi des gens dire qu'il faut rassurer les chinois qui doutent de la volonté de l'UE de réduire à ZERO ses émissions... En fait, nos amis chinois veulent le suicide de l'industrie de l'UE au prétexte de la vertu climatique (alors que la Chine ne s'engage qu'à une baisse de l'intensité carbone de son PIB qui aura lieu de toutes façons).
En fait, Trump n'est pas si fou (même si je suis en total désaccord avec sa vision du monde) et en tous cas moins naïf que nos 40 gugusses envoyés à Bonn.

Albatros | 15 mai 2017 à 17h44
 
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