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Enquête UFC-Que Choisir : les parlementaires exposés à un air intérieur pollué

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
Les parlementaires français ne respireraient pas un air ''sain'', selon les résultats d'une étude* publiés le 24 août par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Cette étude - réalisée auprès de 35 députés et sénateurs mais aussi de la Secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno - fait état d'une qualité de l'air ''mauvaise'' pour 29 des analyses effectuées, dont 9 très mauvaise et 7 moyenne. Sur les 36 analyses effectuées, ''aucune ne peut prétendre à la mention bonne'', a déploré l'association.

Dans la totalité des prélèvements, l'UFC a détecté la présence de benzène, substance cancérigène présent dans les peintures, encres, matières plastiques ou détergents. Elle a aussi relevé des concentrations de formaldéhyde, un polluant majeur de l'air d'intérieur qui émane des mousses d'isolation, la colle à moquette, colles de bois… ''Neuf ans après notre première enquête sur la pollution dans les logements, nos tests comparatifs continuent à détecter des émanations toxiques sur des produits aussi anodins que les meubles, les nettoyants ménagers, les revêtements de sols ou les désodorisants''.

Pour le formaldéhyde, 78 % des analyses dépasseraient la valeur maximale recommandée de 10 µg/m3 (microgrammes par mètre cube) fixée par le Haut conseil de Santé Publique, selon l'association. ''Par exemple, l'échantillon du Député Jean Mallot (Allier, PS, ndlr) dépasse plus de 4 fois cette valeur ! Quant au benzène, si les députés André Flajolet (Pas-de-Calais, UMP) et Jérôme Lambert (Charente, PS) obtiennent ex-æquo la contamination la plus faible (0,8 µg/m3, ndlr) en conformité avec les recommandations, on relève en revanche dans l'échantillon du Député Georges Colombier la teneur la plus élevée, équivalant à quatre fois la valeur repère fixée par la réglementation'', soit 2 µg de benzène par m3.

La publication de cette étude vise à ''provoquer une prise de conscience sur ce problème généralisé de santé publique'', a souligné l'association en pointant du doigt ''les produits de consommation courante à l'origine de cette pollution'' dans l'habitat, estime-t-elle. L'UFC-Que Choisir demande aux parlementaires d'adopter une ''grande Loi de lutte contre la pollution de l'air intérieur'' pour protéger l'ensemble des usagers. L'association réclame des études toxicologiques pour déterminer la dangerosité de chaque substance et l'interdiction de commercialiser les produits ''lorsque les émanations dépassent les seuils recommandés''. Elle appelle en outre à ''durcir le barème d'étiquetage pour permettre aux consommateurs d'identifier les produits les moins polluants''. Enfin, l'association demande aux parlementaires une incitation financière aux particuliers pour l'installation de dispositifs d'aération ''efficaces'' dans tous les logements comme les systèmes de ventilation à double flux.


* Enquête réalisée entre mars et mai 2010 dans les bureaux ou les domiciles de Chantal Jouanno et de parlementaires membres de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques ou membres de groupes de travail ou de commissions en lien avec le thème de la pollution de l'air intérieur.

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