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L'Union européenne peine à se développer de manière plus durable

En matière de développement durable, les principaux progrès enregistrés par l'UE sont liés à la crise économique : hausse de la productivité des ressources, baisse des consommations d'énergie… Les pressions sur les milieux naturels se poursuivent.

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
L'Union européenne peine à se développer de manière plus durable

L'office statistique de l'Union européenne Eurostat fait le point sur les progrès liés à la mise en œuvre de la stratégie de développement durable de l'Union européenne (SDD UE), adoptée en 2001 et révisée en 2006. Cette stratégie porte sur dix thématiques, dont quatre concernent l'environnement : production et consommation durables, climat, transports durables et préservation des ressources naturelles. Si des progrès ont été enregistrés, peu le sont de manière pérenne, analyse Eurostat.

Productivité des ressources : des progrès provisoires liés à la crise ?

"La productivité des ressources, l'indicateur clé dans le domaine de la consommation et de la production durables, a enregistré une amélioration substantielle depuis 2002, grâce à une réduction générale de la consommation intérieure de matières et à un accroissement du PIB", note Eurostat. Entre 2002 et 2013, la valeur économique générée par un kilogramme de matière première consommée est passée de 1,52 € à 1,93 €.

Mais le découplage entre PIB et consommation de ressources est principalement lié à la forte baisse de la consommation des ménages depuis la crise économique. Ainsi, souligne Eurostat, certaines tendances ont commencé à s'inverser avec la récente reprise économique, comme le volume de déchets générés. "Par conséquent, on peut se demander si une transition vers des modèles de consommation et de production plus durables a effectivement eu lieu", s'interroge l'office statistique.

Certaines évolutions positives s'inscrivent néanmoins dans la durée comme l'amélioration du recyclage des déchets ou encore la baisse des émissions de polluants atmosphériques (ammoniac (NH3), oxydes de soufre (SOx), oxydes d'azote (NOx) et composés organiques volatils non méthane (COVNM)). En revanche, certains indicateurs restent mauvais, comme la production de déchets dangereux qui s'est considérablement accrue entre 2004 et 2012, passant de 180 à 200 kg par habitant. De même, la consommation d'électricité des ménages a augmenté de manière plus ou moins continue depuis 1990.

Dans les transports aussi, le découplage entre consommation d'énergie et progression du PIB est relatif. A court terme, il y a eu une forte réduction des consommations énergétiques alors que le PIB baissait à vitesse plus lente. "Mais il est encore difficile de voir si la consommation d'énergie repartira à la hausse avec la reprise économique", prévient Eurostat. D'autant que certaines habitudes ont la vie dure : "Plus de trois quarts du transport intérieur total de marchandises est effectué par la route, soit un peu plus qu'en 2000". Le transport de passagers reste également majoritairement routier.

Ressources naturelles : les pressions persistent

Les pressions sur les milieux naturels peinent à diminuer. L'indicateur clé pour les ressources naturelles, qui concerne les populations d'oiseaux communs, montre des signaux négatifs entre 2000 et 2013 (-1,8%). Mais la situation est très différente selon les milieux : l'indicateur progresse de 8% pour les oiseaux forestiers et chute de 12,7% pour les populations vivant sur les terres agricoles. En cause : l'intensification de l'agriculture. "Les questions de biodiversité sont de plus en plus intégrées dans la politique de développement régional et la politique agricole commune (PAC), mais des efforts supplémentaires sont nécessaires", estime Eurostat. Point positif : les aires protégées se développent en Europe, même si "de nouvelles améliorations dans la gestion de ces sites et la connectivité des zones entre elles sont nécessaires". L'artificialisation des terres se poursuit, notamment dans les pays les plus densément peuplés.

Les consommations d'eau ont diminué depuis l'année 2000, avec des progrès significatifs en Lituanie et en Roumanie, mais, à l'inverse, une hausse des prélèvements en Espagne, en Estonie et à Chypre. La qualité de l'eau progresse légèrement, grâce à "une amélioration générale du traitement des eaux usées". En revanche, la pollution d'origine agricole reste problématique, même si les excédents agricoles (phosphore, nitrates…) suivent une tendance baissière.

Climat et énergie : les objectifs en passe d'être atteints ?

Finalement, c'est surtout sur ses objectifs climatiques et énergétiques que l'UE a enregistré des progrès constants. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont continué à baisser depuis 2000, une tendance qui s'est poursuivie à plus court terme. Avec une baisse de ses émissions de 17,9% en 2012 par rapport aux niveaux de 1990, l'UE est en passe d'atteindre son objectif 2020 (-20%), souligne Eurostat.

La consommation d'énergie primaire a atteint un pic en 2006 et ne cesse de baisser depuis. En 2013, elle a baissé en-deçà des niveaux de 1990. "Si la baisse annuelle moyenne de 1,5% réalisée entre 2008 et 2013 se poursuit, l'UE pourra dépasser son objectif de réduction de la consommation énergétique de 20% en 2020 par rapport à un scénario business as usual".

Mais, comme pour la productivité des ressources, un certain nombre d'évolutions favorables sont imputables à la crise économique, qui a conduit à une baisse de la production industrielle, des transports et de la demande énergétique entre 2007 et 2013. "Cependant, des actions supplémentaires sont nécessaires pour améliorer encore l'efficacité énergétique d'ici 2020, pour éviter notamment un rebond dans la demande énergétique une fois l'économie repartie", analyse Eurostat.

Dans le secteur énergétique, des progrès ont également été réalisés. Ainsi, entre 1990 et 2012, les GES émis par unité d'énergie ont baissé de 20,1% dans l'UE. "Alors que le facteur dominant dans les années 1990 a été le passage du charbon au gaz naturel, la forte croissance de la production d'énergie renouvelable a contribué à la réduction de l'intensité des émissions entre 2000 et 2012", souligne Eurostat. Les renouvelables ont représenté, en 2013, 15% de la consommation finale d'énergie et plus d'un quart de l'électricité produite. Cependant, la dépendance énergétique de l'UE est toujours importante (53,2% en 2013).

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