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Actu-Environnement

“ Est-il convenable de prélever un tiers de l'eau en France pour refroidir des centrales ? ”

Green Cross France Territoire participe depuis lundi au Forum mondial de l'eau. Son directeur exécutif, Nicolas Imbert, revient sur les problématiques de l'accès à l'eau et du partage de la ressource, entre pays mais aussi entre usages.

Interview  |  Eau  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
“ Est-il convenable de prélever un tiers de l'eau en France pour refroidir des centrales ? ”
Nicolas Imbert
Directeur exécutif de Green Cross France Territoire
   

Actu-Environnement : Green Cross France Territoire participe depuis lundi au Forum mondial de l'eau. Quelles sont les priorités sur cette problématique ?

NB : Trois points nous semblent clé : la nécessité d'avoir une vision intégrée du cycle de l'eau, l'accès de tous à la ressource et enfin la prévention des conflits internationaux. Concernant le premier point, alors qu'il n'y a qu'un seul cycle de l'eau, celui-ci est pris en compte de manière fragmentée et cloisonnée. Les politiques de l'eau doivent converger, des cours d'eau intérieurs aux zones littorales. Une logique systémique et transverse doit être adoptée pour pouvoir travailler sur l'accès aux ressources et sur les économies d'eau.

Car la deuxième priorité est bien l'accès de tous à la ressource. On connaît bien le problème de l'accès à l'eau dans certains pays du Sud. Au Nord, cette question est également présente : il y a peu de hiérarchie dans les usages de l'eau. En France, moins de 20 % des prélèvements d'eau sont à des fins domestiques (alimentation, hygiène, santé), contre 30 % pour l'agriculture et 50 % pour l'industrie. Une grande partie des usages industriels de l'eau (70 à 80 %) servent à refroidir les centrales nucléaires. En plein débat sur la poursuite ou non du nucléaire, on peut donc se poser une question : est-il convenable de prélever un tiers de l'eau en France pour refroidir des centrales ?

L'eau est un sujet sur lequel la France et les acteurs français se sont longtemps comportés avec arrogance, en exportant un "modèle de l'eau". Pourtant, il y a beaucoup à faire en France pour limiter les pressions sur la ressource, réduire les pollutions, améliorer la qualité et l'accès à l'eau… N'oublions pas que la France est traduite devant la cour de justice de l'Union européenne pour la pollution des eaux aux nitrates. Nous sommes très attentifs également à la situation de la vallée du Rhône où le débit du fleuve doit être préservé. Les centrales nucléaires exercent une forte pression sur le Rhône, tout comme l'agriculture. Et demain, l'exploitation des gaz de schiste constituera peut-être une pression supplémentaire…

AE : Vous travaillez également sur les coopérations transfrontalières sur l'eau…

NB : Un très grand nombre de conflits internationaux est lié à l'eau, entre Israël et la Palestine, en Afghanistan, en Irak … Le Kurdistan, par exemple, qui a fait l'objet d'une déforestation massive sous l'ère Saddam Hussein, a vu ses terres fertiles se transformer en zones arides. La tentation est grande pour le pays de faire des barrages pour irriguer les terres, mais en aval, le Tigre et l'Euphrate arrosent l'Irak, la Syrie, l'Iran, la Turquie…

Dans la vallée du Nil, les tensions risquent également de s'exacerber. L'Ethiopie et le Sud Soudan développent des projets de grands barrages, alors qu'en aval, l'Egypte continue à développer une agriculture irriguée pour l'exportation. Alors que ça n'était jamais arrivé, le Nil connaît aujourd'hui des problèmes de débits et de régularité.

Il faut que l'époque de ces grands barrages soit révolue, il faut sortir d'une logique de la demande à une logique de collaboration et ne plus tomber dans la facilité de ces mégaprojets. En Chine, le barrage des Trois gorges a entrainé une réduction du débit du fleuve de 70 %. Les Chinois prennent aujourd'hui conscience des impacts de ce barrage sur les zones humides, qui deviennent des zones arides. Au Brésil, nous avons la faiblesse de croire que les projets menés actuellement seront les derniers.

AE : Comment prévenir ces conflits ? Par une gouvernance internationale ?

NB : Il faut développer les bons outils diplomatiques. En mettant d'abord en place les principes, compétences et législations appropriés. Nous soutenons la Convention des Nations Unies sur les cours d'eau internationaux, adoptée en 1997, qui constitue un bon point de départ. Pourtant, elle n'a toujours pas été ratifiée par les 34 Etats nécessaires à son entrée en vigueur. Onze Etats européens ne l'ont pas ratifiée. Il s'agit d'un manque d'éducation à cette problématique. Si le climat a fait l'objet d'une véritable mobilisation, l'enjeu de l'eau est peu considéré pour l'instant. D'ailleurs, les délégations internationales ont été très étonnées par l'absence du président Sarkozy à Marseille…

Nous soutenons la création d'une organisation internationale transverse plutôt que la création d'une organisation dédiée à l'eau. Nous saluons l'initiative d'une Organisation mondiale de l'environnement qui pourrait être lancée à Rio+20, liant la compétence eau, avec celles de l'énergie, de l'agriculture, de l'alimentation. La conférence de Rio constitue l'enjeu essentiel sur l'agenda international. Nous espérons que le Forum mondial de l'eau ainsi que les initiatives parallèles que sont le forum préparatoire coordonné par France Libertés et le forum alternatif déboucheront sur une feuille de route pour Rio+20.

Réactions27 réactions à cet article

 

1° "est-il convenable de prélever un tiers de l'eau en France pour refroidir des centrales ?" Cette question est idiote. En quoi ces prélèvements empêchent-ils l'accès à l'eau pour d'autres besoins ?

2° Le pollution de l'eau par les nitrates est un mythe qui trouve son origine dans une erreur scientifique ancienne et qui est savamment entretenue depuis lors par les escrologistes environnementeurs.

Laurent Berthod | 15 mars 2012 à 10h02
 
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Tout à fait d'accord avec le message précédent signé Laurent Berthod.Actu environnement montre vraiment son incompétence technique et sa complaisance à l'égard des idéologies fumeuses écologiques en publiant de tels articles sans même essayer de contrôler un tant soit peu les avis péremptoires de tels invités du type Nicolas Imbet. Rien ne se perd, tout se crée ou se transforme, avait dit Lavoisier. Paul Chérel

pas de pseudo. je m'appelle Paul Chérel | 15 mars 2012 à 10h33
 
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Cher Monsieur Berthod
1) En quoi cette question est elle idiote? Sommes nous absolument certain (à 100%) que le fait d'utiliser de l'eau douce pour refroidir des centrales ne modifie pas la qualité de cette eau???

2) La pollution de l'eau par les Nitrates n'est que la partie émergée de l'Iceberg, la pollution par les pesticides ne cessent d'augmenter sur tout le territoire français.

Je m'étonne de vos propos qui semblent ne pas refléter l'actualité en 2012 et la vérité des mesures sur le terrain.

arthur duchemin | 15 mars 2012 à 10h34
 
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L'épandage d'engrais et l'épandage de pesticides sont des actions parfaitement indépendantes l'une de l'autre. La prétendue pollution par les nitrates n'est donc en rien la partie émergée de l'iceberg de la pollution par les pesticides.

La pollution par les pesticides, qui a un certain degré de réalité, lui, mais pas à la mesure des cris d'orfraie qu'on entend le plus souvent à ce sujet, ne cesse de régresser sur le territoire français, n'en déplaise aux escrologistees environnementeurs.

Laurent Berthod | 15 mars 2012 à 11h25
 
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Désolé pour les escrologistes ,mais la plus part des analyses d'eau qu'elles soit souterraine ou de surfaces , montre des améliorations de la qualité de l'eau vis à vis des pesticides...La preuve ,rendez vous à des réunions d'informaions faite par les associations que je nome volontairement integriste ,et ils vous servent des cartes de territoires avec des analyses de point d'eau vieille de plusieurs années(elle coresponde mieux à leur discour de recrutement).
Pour autant tous n'est pas gagné ,mais les traces que l'on trouve regulierement encore sont surtout du à des molécules que l'on utilise plus depuis de nombreuse années (atrazine ,linuron,diuron...)(temps de 1/2 vie de ces molecules tros long souvent la cause des retraits à juste titre)
C'est néanmoins la preuve que les agriculteurs une fois formés et surtout objectivement informés peuvent agir de façon positive sur leur pratique et que leurs effort sont payants.
Reste le probleme du future car l'on sait que certaines nappes profondes sont atteinte par les eaux de pluies en plusieurs dizaines d'années:
Des niveaux de polutions dans certaines nappes vont donc monter alors que les betises ont été faite depuis des dizaine d'années(faite par méconnaissance à l'époque ou la révolution verte à permis d'evité les penurie alimentaire crainte des politiques )
Lorsque ces polutions vont ce montrer il va etre facile d'expliquer que les solutions sont déjà appliquer depuis des années....

yanquirigole | 15 mars 2012 à 14h06
 
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Pour mr DUCHEMIN arthur.
SVP soit faite attention à vos source d'information soit faite attention à vos interprétation.(j'ai tout de meme l'impression que vous 'n'etes informé que par la presse (non spécialiser))
La polution de l'eau par les pesticides baisse et dire le contraire est démoralisant pour tous ceux qui font de gros effort pour que cela se poursuive.
Ils faut au contraire les encourager dans la poursuite de cette voie plutot que de les insités à baisser les bras.
Phrase entendu de la part d'un agriculteur pourtant volontaire "Meme en faisant de gros efforts avec des résultats positif on est toujours insulté et critiqué pourquoi continuer à s'embeter(pas le vrai mots utiliser)

yanquirigole | 15 mars 2012 à 14h29
 
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pour yanquirigole.
Le problème de la pollution des intrants chimiques ne sera pas résolu par notre génération, ni même sans doute par celle de nos enfants, compte tenu de ce qu'on sait sur la très lente disparition de ces molécules dans les différentes couches de terre( elles ne réagissent pas toutes de la même façon) ; et de ce que nous ne savons pas encore sur la formation de coktails chimiques dans les sols.
Il est tout à fait stérile de stigmatiser une population comme responsable, à savoir les agriculteurs, mais porter l'accusation contre les véritables responsables: l'industrie chimique; encontre-partie, il est nécessaire de prendre des mesures immédiates, mais avertir les agriculteurs qu'ils n'en tireront pas eux-même profit; par ailleurs il faudrait arrêter le cycle de mensonges industriels relayés par certains syndicats agricoles et offrir aux agriculteurs une véritable formation, en harmonie avec la composition des sols, matière vivante et non morte comme elle est souvent devenue.

renard | 15 mars 2012 à 16h36
 
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On voit bien que la ressource eau va finir par se raréfier. Ce qui montre bien que les économies d'eau doivent se faire au quotidien par chacun d'entre nous ! pour info 60 millions de consommateurs, dans son numéro de juillet 2011, teste des douchettes à économie d'eau et préconise la pose de matériel d'économie d'eau sur les robinets et WC.
L'étude montre qu'une famille de 4 personnes peut réduire de 30% sa facture d'eau (de 150 m3 /an à 100 m3) soit 50 m3 d'économie d'eau par an, tout en gardant le même confort.
Il est indiqué que ces matériels d'économie d'eau permettent au final une économie entre 217 et 267 € /an ce qui représente 45% de la facture d'eau (30% d'économie pour l'eau et 15% supplémentaire sur l'énergie).
plus d'infos sur http://www.activeau.fr/economiseur_eau_douche_reduction_facture.htm

pbjardin | 15 mars 2012 à 17h20
 
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«  Est-il convenable de prélever un tiers de l'eau en France pour refroidir des centrales ? »

Qui sont ces gens (pour rester dans le vocabulaire poli) ? Il me semble que la quasi-totalité de l'eau de refroidissement repart dans la rivière ou le fleuve.

Et, à supposer que cela ne serait pas convenable, que proposent ces gens (idem) comme solution de rechange ?

Qui sont ces gens qui affirment que « L'eau est un sujet sur lequel la France et les acteurs français se sont longtemps comportés avec arrogance, en exportant un "modèle de l'eau" » ? Quel « modèle » ? Exporté vers quel pays ?

Qui sont ces gens qui affirment que « l'Egypte continue à développer une agriculture irriguée pour l'exportation » ? Pour l'exportation ? Pas pour l'alimentation de sa propre population ?

« Nous soutenons la création d'une organisation internationale transverse plutôt que la création d'une organisation dédiée à l'eau » ? Que signifie ce charabia ?

Wackes Seppi | 15 mars 2012 à 22h11
 
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1. En quoi ces prélèvements empêchent-ils l'accès à l'eau pour d'autres besoins ?

Réponse : car l'eau qui entre dans les centrales est froide et que celle qui en sort est chaude... cela modifie les conditions environnementales en aval des centrales... sans compter les biocides (produits anti-fouling) pour les tuyauteries.

Il n'y a pas que l'usage d'aujourd'hui qui fait la valeur... L'environnement pâtit trop souvent de méconnaissance. La biodiversité diminue emportant avec elle ses richesses et nos potentialités pour l'avenir.

2. Le pollution de l'eau par les nitrates est un mythe... et les pesticides... ben voyons !

Un exemple : Février 2012 en Côtes-d'Armor se caractérise par :
- des teneurs en nitrates relativement stables, tant dans les retenues que dans les cours d'eau.
- La recherche de produits phytosanitaires de janvier 2012 a révélé la présence de 10 molécules sur dix sept points d'observation.

source : http://cotesdarmor.fr/lamenagement_du_territoire/lenvironnement/leau.html

Tout dépend des préciptitations, des molécules recherchées, de leurs produits de dégradations, des quantités émises, des caractéristiques du sol, du couvert végétal...

Imposture et incompétence : voilà les deux mamelles de Messieurs Berthod et Yanquirigole...

Klezmer79 | 16 mars 2012 à 09h51
 
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« car l'eau qui entre dans les centrales est froide et que celle qui en sort est chaude »

Oui, c'est ça... on peut y faire des oeufs à la coque.

Plus sérieusement, il faut arrêter de raconter des fables.

Sauf erreur, EDF ne peut pas restituer l'eau à plus de 28°C.

D'autre part, on ne « prélève » rien quand on restitue. Enfin au moins quand la restitution a lieu à proximité du lieu de pompage, ce qui est le cas des centrales (thermiques ou nucléaires car dans les deux cas, comme les bons bobos ne le savent pas, il faut refroidir...).

Et, comme les bons bobos, notamment parisiens, ne le savent pas, on prélève beaucoup d'eau très en amont du bassin de la Seine pour satisfaire leurs besoins, y compris pour évacuer leurs grosses et petites commissions, et on restitue cette eau en aval de Paris. Mais, chut... il ne faut pas en parler. Par définition le bobo ne pollue pas et respecte l'environnement.

« Le pollution de l'eau par les nitrates est un mythe... et les pesticides... ben voyons ! »

M. Berthod a fait dans l'exagération à la mesure d'une irritation fort compréhensible. Les normes applicables à l'eau du robinet sont en grande partie arbitraires et déconnectées de la réalité scientifique. Mais, chut... il ne faut pas le dire. D'énormes intérêts économiques sont en jeu.

Wackes Seppi | 16 mars 2012 à 15h35
 
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Mr klesmer je suis payé depuis 20ans pour mon "incompétance" dans les domaines agonomique, domage.(ET JE TRAVAIL AVEC DES AGRI BIO ahaha)
Je suis simplement objectif dans mais analyses .
Allé sur les sites des agences de l'eau (meme mr klesmer peu le faire tous seul)et comparer les carte d'analyse d'aujourd'hui et celle d'il y a 10ans ....(elle sont disponible pour tout le monde)
La qualité je le répète de l'eau vis a vis des pesticides s'ameliore et je le répète (pour klesmer) tous n'est pas regler mais l'orientation prise est la bonne.
ALLE VERIFIE VOUS MEME AU LIEU DE COLPORTER DE FAUSSE VERITES A LA MODE

yanquirigole | 16 mars 2012 à 17h51
 
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Le nucléaire pose des problème mais celui la je ne comprend pas cette eau est regeté en aval par contre avec quelques degrés de plus...
le but des centrales que ce soit nucleaire, petrole ou charbon c'est de faire chauffer de l'eau pour la passé dans une turbine cette eau sert au systeme de refroidissement. A moins que je me trompe le problème est le meme avec les centrale au gaz, charbon et pétrole...

Max | 16 mars 2012 à 20h20
 
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Le nitrates ne sont pas toxiques aux doses présentes dans les eaux de rivière ou de captage. Ils pourraient même les dépasser largement sans danger. Les nitrates ne sont pas responsables des algues vertes. Que leur teneur soit constante dans les rivières bretonnes n'a donc aucune conséquence ni aucune importance.

"La recherche de produits phytosanitaires de janvier 2012 a révélé la présence de 10 molécules sur dix sept points d'observation". Cette assertion n'a aucune signification si on ne connait pas les teneurs en cause. La pollution par les pesticides a tendance à diminuer comme plusieurs intervenants l'ont exposé dans ce fil.

Les idées reçues et les préjugés, fruits de l'ignorance et de la paresse intellectuelle, sont les deux mamelles de Klezmer79.

Laurent Berthod | 16 mars 2012 à 21h17
 
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Information scientifique

A lire : deux articles dansle"COURRIER de l'ENVIRONNEMENT" édité par l'INRA-(peu suspect d'hostilité envers le monde agricole)
N° de DEC 2011 -et gratuit sur simple demande-
1/ J-L Pujol -"Algues vertes , un regard sur la polémique"-2 pages-

2/ Collectif scientifique-"Avis sur les questions ou assertions posées par l'Institut de l'Environnement et par les syndicats agricoles"-p 29 - 40

On y voit analysé à la fois d'un point de vue chimique mais aussi sociologique le refus des "agro-culteurs "de reconnaître leurs responsabilités en matière de pollution de l'eau, et leur volonté de se décharger sur les politiques ou même de nier les évidences :les algues vertes par exemple.

sirius | 18 mars 2012 à 19h20
 
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On peut lire aussi dans le Courrier de l'environnement n°48 de l'INRA un article de Guy Barroin, présentant un point de vue opposé, intitulé "Gestion des risques. Santé et environnement : le cas des nitrates. Phosphore, azote et prolifération des végétaux aquatiques." Celui-là est en ligne et est donc accessible à tout le monde : http://www.inra.fr/dpenv/barroc48.htm

Laurent Berthod | 19 mars 2012 à 10h06
 
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La date de parution d'une étude ne suffit pas à la rendre contestable mais l'article de G.Barroin, paru en 2003 , après des assises de nov. 2000, est bien antérieur aux textes cités . Les auteurs de travaux datés de 2011- Pujol et surtout un collectif- ont forcément lus ceux qui précèdent.Leurs conclusions en sont plus significatives.

Et depuis les algues vertes bretonnes prolifèrent .

sirius | 19 mars 2012 à 11h12
 
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Cet argument est irrecevable quand on connait l'idéologisation du milieu des chercheurs et de l'INRA en particulier. les seuls arguments recevabbls sont d'ordre scientifique : solidité des observations et des raisonnements.

Laurent Berthod | 19 mars 2012 à 11h22
 
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Les commentaires sont encore plus forts que l'article en lui-même.
Dire que les nitrates ne jouent pas dans la prolifération des algues vertes c'est vraiment qu'on ne sait pas ce qu'on dit ou qu'on ignore volontairement la vérité. Un phénomène naturel appelé "dénitrification" est opéré par des micro-organismes, il conduit à la transformation des nitrates en azote élémentaire absorbable par certaines plantes fixatrices d'azote, comme les algues vertes. L'accumulation de nutriments comme l'azote dans les eaux facilite leur développement, c'est logique.
Je ne sais pas ce que vous essayer de défendre monsieur Laurent Berthod, les agriculteurs? Le fait est qu'on ne cherche plus "à qui la faute" mais qu'aujourd'hui on cherche des solutions alternatives pour améliorer le système.

Concernant l'eau de refroidissement, elle est bien rejeté en aval des centrales mais c'est une eau chauffée de quelques degrés. Une modification de la température peut aussi être considérée comme une pollution, il n'y a pas que des polluants chimiques, et certaines espèces animales y sont très sensibles. Il s'agit de préserver des écosystèmes, pas juste d'embêter les industriels. Après chacun ses priorités, d'accord, mais de là à tout nier il ne faut pas abuser.

Flow | 20 mars 2012 à 18h04
 
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Je sais parfaitement ce que je dis et je ne nie pas la réalité. Renseignez-vous.

Laurent Berthod | 21 mars 2012 à 09h23
 
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Où est-il prétendu (par M. Berthod) que « les nitrates ne jouent pas dans la prolifération des algues vertes » ?

Et qu'est-ce que cette « dénitrification » produisant de l'« azote élémentaire absorbable par certaines plantes fixatrices d'azote » ? Saviez-vous que de l' « azote élémentaire » (en fait du diazote), il y en a naturellement dans l'atmosphère à raison de 79 % en volume ?

Et les algues vertes seraient fixatrices d'azote ? Première nouvelle !

Avec un tel niveau d'ignorance, le « de là à tout nier il ne faut pas abuser » apparaît encore plus invraisemblable.

Wackes Seppi | 21 mars 2012 à 15h53
 
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Article et commentaires forts intéressants mais.... que de passions ! (et après on s'étonne qu'il y ait des guerres dans le monde.... Allez donc savoir pourquoi ).

Voilà 30 ans, depuis le rapport Hénin (1980), que l’on sait que l’agriculture industrielle est responsable d’une forte dégradation des eaux brutes si bien, qu’aujourd’hui, leur contamination par les nitrates et les pesticides est généralisée. Comment croire que l’on pourra indéfiniment produire, à un coût acceptable par la société, une eau potable à partir d’une eau brute fortement dégradée ?

En 2008 (mais probablement à vous lire, cela s'est fortement amélioré...), 75% des restrictions à la consommation d’eau potable, sur le seul critère des pesticides, se concentrent dans les deux départements
qui arrivent en tête pour la production intensive de grande culture céréalière – Eure-et-Loire et Seine-et- Marne –. En plus, ces céréaliers, les mêmes qui sont venus manifester dans Paris, sont les grands bénéficiaires de la PAC. Sans subvention, leur mode de production serait intenable en raison du coût des intrants (pesticides, nitrates notamment) dont ils ont massivement besoin. On peut dire que c’est à l’aide de l’argent du contribuable que les eaux de ces deux départements sont contaminées puis… décontaminées. L’Etat ne joue pas son rôle de garant des deniers publics !

RICE | 22 mars 2012 à 10h01
 
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@Wackes Seppi

"Les nitrates ne sont pas responsables des algues vertes. Que leur teneur soit constante dans les rivières bretonnes n'a donc aucune conséquence ni aucune importance."
Je cite notre camarade.

Oui c'est bien connu que les algues vivent dans l'air... Allons, c'est justement parce que l'azote est présent dans l'eau qu'elles prolifèrent.
La dénitrification est un phénomène microbiologique qui se déroule en milieu pauvre en oxygène et qui conduit à la transformation des nitrates en azote absorbable par les plantes. En effet, les algues vertes ne sont pas fixatrices d'azote (je me suis emballé dans le terme, je n'avais pas bien révisé ma leçon désolé!) mais sont capables, comme n'importe quelle plante verte, d'assimiler l'azote DISSOUS dans l'eau.

Bref, désolé si j'ai eu l'air de répondre de façon agressive mais je ne faisais que répondre aux autres commentaires qui étaient du même ton, je m'en rends compte maintenant à voir la façon dont vous me répondez.

Bonne journée.

Flow | 22 mars 2012 à 12h52
 
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M./Mme RICE

Vous avez raison sur les passions. Mais vous y succombez aussi! Votre critique sur certains céréaliers – qui du reste contribuent à vous nourrir – fait partie de ces arguments fallacieux qu'on balance dès qu'il s'agit d'eau du robinet.

L'adduction d'eau est une adduction de désinformation.

De grands groupes de distribution d'eaux minérales et de traitement des eaux ont intérêt à entretenir la suspicion et la peur pour vendre leurs bouteilles ou leurs solutions de « dépollution ». Certaines associations sont aussi de la partie car c'est leur fonds de commerce et cela contribue à leur prospérité (n'est-ce pas Green Cross France Territoire?). Les agriculteurs, très minoritaires dans la société, sont d'excellents boucs émissaires.

L'agriculture pollue, c'est un fait. Le bobo citadin pollue aussi, mais aucun média n'en parle pour ne pas le fâcher. Silence, donc, sur les méfaits de la pilule, et autres médicaments.

Les normes sont hyperprotectrices et sans fondement scientifique. Pour les pesticides (dont tous ne sont pas d'origine agricole...) c'est arbitrairement 0,1 µg/l max pour chacun d'eux (sauf quelques-uns), et 0,5 µg/l pour la concentration totale. Pour les nitrates, la norme de 50 mg/l est fondée sur une erreur scientifique ancienne. Résultat: on fait un caca nerveux médiatique quand on trouve par exemple plus de 0,1 µg/l de glyphosate ou plus de 50 mg/l de nitrates, alors que l’eau est parfaitement potable bien au-delà.

Wackes Seppi | 22 mars 2012 à 22h53
 
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M./Mme Flow,

Désolé, « notre camarade » a raison. La productivité d'un écosystème est régie par la loi des facteurs limitants. Le facteur limitant, c'est le phosphore. S'il y en a en abondance, et pas assez d'azote assimilable par les algues chlorophylliennes, celui-ci est produit par des cyanobactéries fixatrices d'azote. À leur mort, l'azote se retrouve dans le milieu aquatique sous une forme assimilable par les algues. Tant qu'il y a abondance de phosphore, il ne sert à rien de réduire les nitrates.

Quand on s'est attaqué à l'eutrophisation du Lac Léman et d'autres lacs alpins, on a demandé aux riverains d'utiliser des lessives sans phosphates et mis en place un réseau d'épuration pour l'éliminer. On a du reste si bien réussi qu'on se plaint maintenant de la pauvreté de la vie aquatique. Mais c'est là une autre histoire.

S'agissant du rôle du phosphore, il n'y a pas de raison que ce soit différent pour les baies bretonnes. Mais la pression médiatique empêche de voir la réalité et incite les pouvoirs publics à prendre des mesures inefficaces.

Je c rois comprendre qu'il y a beaucoup de phosphore dans les sédiments dans les baies, et qu'il est libéré par les vagues et les marées. La solution du problème de la prolifération des algues n'est donc pas pour demain!

Vous devriez vraiment lire http://www.inra.fr/dpenv/barroc48.htm

Quant à vos considérations sur la dénitrification, très sincèrement et sans arrogance, je vous conseille de poursuivre dans vos leçons.

Wackes Seppi | 22 mars 2012 à 23h45
 
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Merci à Wackes Seppi pour ses deux réponses. Sur le fond c'est ce que j'aurais répondu si je n’avais pas été en déplacement ces derniers jours et préoccupé par d'autres choses. Sur la forme j'aurais été moins bon.

NB1 Juste une correction à ce qu'il dit, même si le phosphore manquait, jouer sur l'azote ne servirait pas à grand chose, puisque le facteur non seulement limitant, mais de maitrise, est le phosphore et qu'en tout état de cause l'azote manquant serait produit par les cyanobactéries.

NB2 Il semble qu'il soit difficile de jouer sur le phosphore à des coûts acceptables. Les quantités de phosphore accumulées dans les sédiments sous forme insoluble et relargués sous forme soluble en fonction de "la demande" semblent difficilement éliminables par des méthodes économiquement supportables. Nous sommes donc condamnés à subir les proliférations algales pour de nombreuses années encore du fait des rejets passés (et peut-être encore actuels) domestiques et industriels de phosphore et du fait que la réduction des rejets d’azote agricoles sera nul et sans effet sauf celui d'appauvrir les agriculteurs bretons et toute la population de cette région, dont la prospérité relève largement de l'agriculture et de l'agro-alimentaire.

Laurent Berthod | 26 mars 2012 à 23h13
 
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Ouf ! Merci pour vos compléments d'informations. J'avais peur que l'ensemble des pays européens ait raison et la France tort. C'est heureusement grâce à la pertinence scientifique de vos propos que l'on peut constater à quel point c'est l'inverse et la France a, ici comme ailleurs, raison contre tout le monde. Cocorico.
PS : j'envoie mes dons directement à la FNSEA ????

RICE | 27 mars 2012 à 12h33
 
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