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La ville de Paris a inauguré à Saint-Cloud sa nouvelle usine d'affinage d'eau potable

Afin d'alimenter 300.000 parisiens en eau potable, la société d'économie mixte de la Ville de Paris, Eau de Paris, a construit une nouvelle unité de traitement de l'eau. Inaugurée hier à Saint-Cloud, cette usine est la plus grande d'Europe.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
La ville de Paris a inauguré à Saint-Cloud sa nouvelle usine d'affinage d'eau potable
Aqueduc de l'Avre
   
Chaque jour, la Ville de Paris consomme 600.000 m3 d'eau potable. Cette eau est produite par Eau de Paris et provient pour moitié d'eaux souterraines captées dans les régions de Sens, Provins, Fontainebleau au sud et Dreux à l'ouest de Paris.
Exposées à des pollutions diverses comme les pesticides ou la présence de limons, ces eaux souterraines doivent être traitées avant d'être distribuées dans le réseau d'alimentation en eau potable de la ville. Afin de minimiser les risques et de répondre à des normes de potabilité toujours plus strictes, la ville de Paris a demandé à Eaux de Paris de diversifier ses sources d'approvisionnement et d'en assurer le traitement. Ainsi depuis plusieurs années, plusieurs nouvelles usines d'affinage ont été mises en service. L'unité de Longueville et celle de Sorques d'une capacité de 50.000 m3/jour chacune, sont en service depuis 2004. Une Unité à l'Hay-les-Roses sera mise en service en 2008, avec une capacité de 150.000 m3 par jour. À ces trois installations s'ajoute désormais celle de Saint-Cloud qui a été inaugurée hier.

Cette nouvelle unité d'affinage recevra les eaux de l'Avre acheminées par l'aqueduc du même nom à partir des sources de Verneuil-sur-Avre et Montreuil-sur-Eure et traitera en continu 100.000 m3/jour, soit plus de 15% de la consommation parisienne quotidienne. L'élimination des pesticides et des solvants chlorés susceptibles d'être présents dans l'eau brute est assurée par un traitement au charbon actif. L'eau séjourne 25 minutes dans un bassin au contact de charbon actif en poudre chargé de capter les polluants. Elle est ensuite dirigée vers une unité d'ultrafiltration pour éliminer les matières en suspension et les micro-organismes. L'eau effectue sous pression un parcours de 600m à travers des membranes successives qui retiennent toutes les molécules et éléments d'une taille supérieure à 0,1 micron. Avant d'être dirigée vers le réservoir de stockage de Saint-Cloud, l'eau reçoit une dose de chlore pour la désinfection finale.
En parallèle de cette chaîne principale de traitement, d'autres procédés permettent d'entretenir l'installation. Les eaux issues du lavage des membranes lorsqu'elles sont colmatées subissent un traitement spécifique. Après une décantation qui assure la séparation de l'eau et des matières extraites lors du passage dans le circuit d'affinage, ces eaux sont traitées par ultrafiltration et rejoignent la chaîne de traitement principale en amont. Les résidus décantés sont quant à eux récupérés puis déshydratés par centrifugation. Les boues qui en résultent sont incinérées en cimenterie. Au final, la perte d'eau sur l'ensemble de la filière n'est de ce fait que de 0,01%.

Outre son efficacité, l'installation revendique également une intégration paysagère exemplaire. Située à deux pas de l'hippodrome de Saint-Cloud, en zone urbaine et secteur résidentiel, la construction du site devait occasionner le moins de désagréments possibles. La compacité et la fonctionnalité ont donc été privilégiées. Les équipements ont été conçus de manière à intégrer l'enceinte du réservoir de Saint-Cloud. L'espace déjà existant a été optimisé. Une construction enterrée a été retenue et les toitures et les murs des trois bâtiments ont été entièrement végétalisés par des espèces végétales locales. Résultat, en bordure du site, les bâtiments passent pratiquement inaperçus.
Tous les travaux de construction ou de rénovation ont également bénéficié d'une attention particulière puisqu'ils ont été réalisés selon le référentiel Haute Qualité Environnemental (HQE) qui a été adapté pour l'occasion à un bâtiment tertiaire avec la participation du CSTB et de l'Ademe. La mise en œuvre de ce référentiel s'est traduite par exemple par la réutilisation dans le béton de construction de 5.900 tonnes d'agrégats issus de la démolition de certains ouvrages ou encore par l'utilisation de matériaux sélectionnés sur des critères de traçabilité, de durée de vie et de potentiel de recyclage. Concernant la phase d'utilisation des bâtiments, les efforts ont porté sur la maîtrise énergétique : les consommations seront moindres grâce à une isolation renforcée, à des vitrages peu émissifs, à des puits de lumière ou encore grâce à une pompe à chaleur eau-eau pour le maintien hors gel des équipements. Par ailleurs, l'arrosage des espaces verts sera réalisé grâce à de l'eau prélevée en amont du traitement, en complément de la récupération des eaux de pluie.
À travers cet équipement, Eau de Paris souhaitait démontrer son engagement et ses compétences dans la production et le transport de l'eau. De son côté, la Ville de Paris se félicite de cette amélioration du service rendu aux Parisiens et de la qualité de l'eau ainsi améliorée, et réaffirme également sa solidarité avec les communes du bassin de l'Avre. Elle signale en effet que par souci de gestion concertée, elle limite ses prélèvements aux 2/3 des autorisations accordées, et les ajustera en fonction des équilibres hydrauliques du bassin.

Représentant un coût total de 38 millions d'euros, cette installation est financée par l'Agence de l'Eau Seine-Normandie (60%) et par Eaux de Paris (40%).

Réactions2 réactions à cet article

 
élimination par les mebranes

les pesticides filtrés :
" les membranes éliminent les molécuiles supérieures à 0,1 micron,"
1cela concerne-t-il tous les pesticides?
-l'atrazine interdite d'usage mais trsè rémanete, par exemple(je ne connais pas sa taille)
- d'autres
-2 cela concerne-t-il tous les métaux lourds?

ABJ | 26 avril 2007 à 14h19
 
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petit regret

L'article est intéressant, mais il est vraiment dommage que l'architecte ne soit pas cité. Si je ne me trompe pas, c'est le cabinet AAE de Sèvres (01 41 14 34 90). Ils ont poussé très loin l'approche environnementale, et Avgi Calantidou est une archi très intéressante, ayant également un cabinet à Athènes. Tu peux l'appeler de ma part.

GA

Anonyme | 30 avril 2007 à 09h58
 
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