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Utilisation des eaux non conventionnelles : quels risques pour la santé ?

Le Haut Conseil de la santé publique revient, dans un avis, sur les conséquences de l'augmentation de l'utilisation des eaux non conventionnelles. Et préconise des pistes pour maîtriser les risques.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Utilisation des eaux non conventionnelles : quels risques pour la santé ?

Quels sont les risques pour la santé d'une utilisation plus importante d'eaux non conventionnelles, comme les eaux de pluie, les eaux grises ou les eaux usées traitées, à la place de l'eau potable ? C'est en substance la question que la direction générale de la Santé du ministère de la Santé a posée au Haut Conseil de la santé publique (HCSP).

La tension sur la ressource incite en effet le ministère de la Transition écologique à réfléchir à d'autres options. Les Assises de l'eau ont ainsi fixé un objectif de triplement du volume d'eaux non conventionnelles utilisées à la place de l'eau potable d'ici à 2025. Le ministère de la Santé reste, quant à lui, prudent et rappelle que l'utilisation généralisée de l'eau potable a permis « la diminution, voire la quasi-disparition, en France, d'épidémies infectieuses liées à une mauvaise qualité de l'eau, telle que les épidémies de fièvre typhoïde ou de gastroentérite aiguë ».

Réaliser un diagnostic territorial

Le ministère de la Santé soulève plusieurs points. Il s'interroge notamment sur les risques liés à un surdimensionnement des infrastructures de distribution d'eau potable du fait de la diminution de la demande, et donc potentiellement des conséquences de la stagnation de l'eau dans les réseaux en lien avec le développement d'agents infectieux.

Autres sujets d'inquiétude : la nécessité de prévoir un double réseau dans les bâtiments (eau potable d'un côté, eau alternative de l'autre), le stockage d'eau favorbale au développement de moustiques, les impacts sur le prix de l'eau, intimement lié aux volumes consommés, l'incertitude de la prise en compte des personnes vulnérables. « Tout ce qui contribue à l'augmentation du temps de séjour dans les réseaux entraîne une augmentation du risque de dégradation de la qualité de l'eau, tant sur le plan physico-chimique que bactériologique, qu'il est indispensable d'évaluer au préalable », rappelle le Haut Conseil de la santé publique. Il incite à la réalisation d'un diagnostic territorial global des ressources en eau et de leurs usages à l'échelle d'une collectivité ou d'un établissement public de coopération intercommunale (EPCI). Ce dernier identifiera notamment les usages d'eaux non conventionnelles utilisables pour réduire les pressions. Il travaillera également sur les risques pointés par le ministère de la Santé pour les maîtriser.

Privilégier des usages au volume significatif

« La stratégie globale doit également veiller à ne pas favoriser la multiplication d'usages d'eaux non conventionnelles dans des conditions non contrôlées et dont le volume global ne serait pas suffisamment significatif au regard des risques, estime le Haut Conseil. Il convient donc de privilégier, en fonction des objectifs d'économie des volumes fixés, les types et conditions d'usages véritablement significatifs sur l'[unité de distribution] UDI concernée (arrosages municipaux, lavage des véhicules publics...) » Il préconise également la réalisation d'un bilan annuel.

Le Haut Conseil rappelle les cas pour lesquels il considére que l'usage des eaux non conventionnelles est envisageable et ceux pour lesquels elle est à proscrire. Ainsi, il donne son aval pour l'arrosage des cultures vivrières ou des espaces verts ainsi que des toitures et façades végétalisées, le lavage des surfaces extérieures ainsi que la carrosserie des voitures, le lavage du linge ou de locaux, avec uniquement de l'eau de ruissellement des toitures ; l'évacuation des excrétas avec de l'eau de pluie ou des eaux grises traitées ; l'alimentation de fontaines décoratives avec de l'eau de pluie.

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