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Actu-Environnement

L'utilisation du glyphosate aux Antilles libère le chlordécone

Risques  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

Les risques liés à l'utilisation d'un pesticide ne se limitent pas au danger intrinsèque des substances qui le composent. Une étude associant l'Université Savoie Mont-Blanc, le CNRS, le CEA et le Cirad, publiée le 28 janvier dans la revue Environmental Science & Technology, vient le démontrer à travers les interactions qui peuvent exister entre le glyphosate (herbicide) et le chlordécone (insecticide).

Cette étude révèle que les flux de chlordécone ont considérablement augmenté lorsque l'utilisation du glyphosate a commencé à la fin des années 1990, entraînant une contamination généralisée des écosystèmes de Guadeloupe et Martinique. Le glyphosate, en détruisant les racines des végétaux, a en effet induit une augmentation de l'érosion du sol, qui a conduit à la libération du chlordécone stocké dans les champs pollués. Cet insecticide organochloré, interdit en 1993 en raison de sa cancérogénicité, réapparait en grande quantité dans les sédiments fins des fleuves côtiers des Antilles françaises depuis plus de 20 ans, rapporte l'étude.

Les stratégies de gestion des risques écotoxicologiques devraient tenir compte de la manière dont l'application du glyphosate affecte le stockage persistant des pesticides dans les sols, la dynamique de transfert et la contamination généralisée, concluent les chercheurs. Des conclusions que le Gouvernement serait avisé de prendre en compte dans le quatrième plan chlordécone en cours de finalisation, en particulier via une interdiction du glyphosate. Ce plan doit être lancé officiellement à l'issue des comités de pilotages locaux qui vont se tenir dans les semaines qui viennent en Guadeloupe et en Martinique, a annoncé le ministère de la Santé le 5 février.

Réactions4 réactions à cet article

 

Ah, les savoureux cocktails de pesticides que l'on sirote sous les palmiers, allongé sur le sable clair, les pieds dans l'eau turquoise contaminée ! Merci à l'industrie agro-chimique de transformer un coin de paradis terrestre en purgatoire, si ce n'est en enfer pour celles et ceux dont la santé en est directement affectée.

Pégase | 19 février 2021 à 09h02
 
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Comme Pégase à raison, après le chlordécone, le glyphosate, alors que la plupart des terres sont polluées par le chlordécone pour encore 6 ou 7 siècles. Joyeux mélange. Une honte !

BJ50320 | 19 février 2021 à 11h43
 
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Ce sont des maladies des bananiers dont je ne comprend rien, à l'île de la Réunion tout le monde possède un bananier (c'est d'ailleurs un problème de société les "Comores" n'ayant aucune notion de la propriété privée viennent voler les régimes et chacun met des portails de plus en plus haut pour ce protéger des intrus).
Jamais vu la moindre maladie ni bébête sur les bananiers réunionnais, et des bananes sucrées comme des figues (un délice).
Ces fruits délicieux n'ont que 2 ennemis, 1 le Comore, 2 le cyclone.
Et quand le cyclone passe, tu te retrouves avec un régime que tu peux à peine soulever et bien obligé de le partager avec tout le quartier.

pemmore | 19 février 2021 à 11h59
 
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Chers tous,

Sur cette étude, je ne trouve rien à redire (géographie, géologie, sédimentologie, chimie des sols, matériels et méthodes d'analyse, résultats clairs, discussion courte mais logique).

Oui, il y a de fortes présomptions pour dire que le glyphosate, toxique pour les racines, favoriserait le relargage du chlordécone depuis les sols et en qu'en cas de fortes crues, les inondations entraîneraient la pollution des zones inondées.

Sur la figure 4,p.7, on voit que les concentrations maximales admissibles (CMA) en chlordécone dans l'eau de surface ont été largement dépassées, depuis 2013 jusqu'à 2017 et, par extrapolation raisonnée, jusqu'à 2020 (la CMA du chlordécone est fixée à 0,01 microgramme/l d'eau et la CMA du glyphosate est fixée à 70 microgrammes/l d'eau de surface - sources: INRS et ANSES). Le chlordécone, toxique avéré pour les mammifères et les animaux aquatiques de laboratoire, interdit d'usage depuis 1993, a une demi-vie longue (env. 10 ans, ce qui peut nous faire nous attendre à le trouver, à l'état de traces dans les sols contaminés, pendant encore 10 à 15 ans.

Sans qu'il soit besoin de commenter davantage, les concentrations maximales admissibles s'étant avéré dépassées, il y aurait lieu de s'orienter vers une mesure d'interdiction de l'usage du glyphosate en Guadeloupe et Martinique (dérogations exceptionnelles, individuelles, justifiées et délivrées au cas par cas), pour une période qu'il ne m'appartient pas d'estimer.

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 19 février 2021 à 23h10
 
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