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Il faut sortir de cette fiction que l'Homme peut dominer le vivant

Alors qu'une association suisse lance un appel pour donner une personnalité juridique au fleuve Rhône, Valérie Cabanes, juriste internationaliste et essayiste, nous explique l'intérêt qu'il existe à donner des droits à la nature.

Interview  |  Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
   
Il faut sortir de cette fiction que l'Homme peut dominer le vivant
Valérie Cabanes
Juriste internationaliste et essayiste « Un nouveau droit pour la Terre » et « Homo Natura »
   

Actu-Environnement : L'association suisse ID-Eau demande de donner la personnalité juridique au Rhône. Quel est l'objectif ?

Valérie Cabanes : Cela aurait deux conséquences. Philosophique d'abord, en reconnaissant nos liens d'interdépendance avec le reste du vivant. La pandémie a aidé à cette prise de conscience et à comprendre que la survie de l'humanité dépend de la bonne santé des écosystèmes. Sortir d'une vision trop anthropocentrée du monde nous permettrait d'accepter des innovations juridiques et de créer des passerelles entre différentes disciplines pour aborder les problèmes de la crise écologique et climatique. La deuxième conséquence est juridique. Accepter de donner une personnalité juridique à des éléments non humains et de les représenter en justice permettrait de prévenir les dommages. Depuis 2012, grâce au procès de l'Érika, on a reconnu en France le principe du préjudice écologique. Le juge a reconnu la valeur intrinsèque de l'écosystème marin et a donné une amende à Total pour réparer le dommage écologique indépendamment des victimes humaines. On en est donc déjà au stade où l'on reconnaît cette valeur mais on ne peut la mettre en avant dans une plainte que si le dommage a eu lieu. Les droits donnés à la nature permettraient de demander au juge des mesures conservatoires, par exemple sur des projets industriels qui menaceraient les équilibres écologiques.

AE : La personnalité juridique pourrait-elle aussi être donnée à des animaux ou des végétaux ?

VC : Dans la pensée du mouvement Earth Law, c'est une approche holistique. Il s'agit de donner des droits à des écosystèmes et à des espèces, voire même à des cycles biogéochimiques, mais en lien avec le rôle qu'ils ont à jouer pour maintenir la vie sur Terre. On n'est pas du tout sur une individualisation. C'est un autre champ du droit que, par exemple, le bien-être animal ou le droit des animaux. On n'est pas sur le droit d'un loup, on est sur le droit de l'espèce loup à jouer son rôle dans un écosystème.

AE : Qui peut représenter ces espèces ou ces écosystèmes ?

VC : Plusieurs États ou collectivités ont mis en œuvre la personnalité juridique de la nature à travers leur Constitution, la loi ou la jurisprudence. En Équateur par exemple, la nature peut être représentée en justice par le ministère public, les associations ou les populations autochtones. C'est-à-dire toute personne qui estime avoir un intérêt à agir. Cela pourrait être fait en France, l'intérêt à agir existe dans notre droit.

AE : Pourquoi les droits de la nature seraient-ils donc plus efficients que nos règles de droit actuelles  ?

VC : Le fonctionnement du droit, et des politiques publiques qui en découlent, n'est pas en mesure aujourd'hui de répondre à des dommages graves infligés à des écosystèmes pour leur valeur intrinsèque. On n'a pas l'expertise scientifique mobilisée pour déterminer en quoi les activités humaines menacent l'habitabilité de notre territoire. Les expertises sont extrêmement ciblées en fonction de ce qui est protégé dans le droit : certains types d'espèces protégées, certaines forêts déjà classées Natura 2000, des réserves naturelles classées, etc., mais le fonctionnement écosystémique d'un territoire n'est pas actuellement pris en charge. Les juristes habituels disent que le manque d'efficience de la justice environnementale vient du manque de moyens. Oui la justice manque de moyens. Nos propositions ne sont pas antinomiques. Le problème vient du fait que la justice actuelle est mise en œuvre après que les problèmes soient survenus. Nous demandons, d'une part, que l'on ait une vision plus globale du fonctionnement du vivant et, d'autre part, que l'on mette en œuvre une justice plus préventive. Ce qui passe par notre respect des limites planétaires, objet de la proposition de la Convention citoyenne pour le climat à travers la création d'une Haute Autorité des limites planétaires.

AE : L'attribution d'une personnalité juridique aux écosystèmes a-t-elle permis d'obtenir des résultats concrets dans les pays où elle existe  ?

VC : Oui car la justice a assorti cette reconnaissance d'injonctions à agir auprès de l'État soit en lien avec la pollution, soit avec la déforestation, avec des amendes importantes si l'État ne se conforme pas à la décision. Un peu à l'image des procès climatiques qui ont eu lieu aux Pays-Bas et au Pakistan. C'est un système inversé par rapport à la France. Alors que l'on a des espèces protégées qui devraient permettre à un tribunal administratif de refuser l'implantation d'un projet industriel, des dérogations permettent aux préfets d'agir au-dessus de la justice et de tolérer ces activités. Il faut des actions en justice extrêmement longues pour aboutir à un résultat comme la déviation de Beynac en Dordogne. Et on a un résultat positif pour combien d'échecs !

AE : Est-ce que la France est aujourd'hui prête à reconnaître des droits à la nature ?

VC : C'était improbable il y a encore quelques années car on n'était pas prêt culturellement à l'entendre. Les choses changent. Il y a une prise de conscience de la crise climatique et des alertes scientifiques sur la perte de biodiversité qui commence à infuser dans la population. Et des actions pionnières viennent bouleverser la pensée dominante. Il y a ces initiatives comme l'Appel du Rhône ou le Parlement de Loire. Avant ça, la province des Iles Loyauté en Nouvelle-Calédonie a travaillé sur son propre code de l'environnement qui pose le principe d'interdépendance et qui évoque la possibilité de donner une personnalité juridique à des éléments de la nature. L'Assemblée territoriale de Corse travaille également sur un pacte des droits de la nature. Sur des territoires où il y a une identité culturelle forte, la prise de conscience des liens d'interdépendance entre la population et l'équilibre des systèmes écologiques émerge dans la pensée. Ce plaidoyer que je porte sur les droits de la nature avait été aussi repris par des députés de différentes tendances lors de la première tentative de réforme constitutionnelle en 2018. Cela est revenu dans le débat avec la Convention citoyenne lorsqu'elle a proposé un amendement à la Constitution. Les réactions politiques ont été tellement tranchées et peu argumentées que ça donnait l'impression qu'il n'y avait pas d'autres alternatives. La crainte exprimée que la nature soit au-dessus des droits humains montre que beaucoup sont encore dans cette séparation entre humanité et nature. Ce qui est biologiquement faux. Il faut sortir de cette fiction que l'Homme peut dominer le vivant. Car les changements climatiques et la sixième extinction de masse vont nous démontrer le contraire.

AE : Existe-il un lien entre les droits de la nature et le crime d'écocide dont vous portez aussi le combat ?

VC : Le crime d'écocide est complémentaire car il a aussi une visée préventive. Cela permettrait à la justice internationale, en cas d'atteinte à des communs, c'est-à-dire à des écosystèmes en dehors de la souveraineté des États ou nécessaires à plusieurs territoires, de trancher et de rechercher les responsabilités de dirigeants politiques et économiques qui porteraient atteinte à la sûreté de la planète. Un exemple très concret fait le lien entre droits de la nature et écocide. C'est le procès en Équateur d'un bateau chinois arrêté dans les eaux des îles Galapagos avec à bord 6 200 requins tués pour récupérer leurs ailerons. Le juge s'est appuyé sur les droits de la nature reconnus dans ce pays pour considérer qu'une atteinte avait été portée à l'espèce requin, que cette espèce était extrêmement nécessaire pour maintenir la chaîne alimentaire et le fonctionnement de l'océan et, au vu de l'ampleur du carnage, qu'il s'agissait d'un crime. Il a donné des peines d'emprisonnement au capitaine et à l'équipage, ordonné la destruction du bateau et donné une amende à l'armateur. Ce type de jugement permettra beaucoup plus de discipline de la part des grands pollueurs.

Réactions26 réactions à cet article

 

L'exemple du bateau de pêche chinois mis hors d'état de nuire par la justice équatorienne est à la fois savoureux et très intéressant. Ce type de jugement serait-il possible en France eu égard des textes en vigueur ou bien la création du crime d'écocide est-elle indispensable ?

Pégase | 29 août 2020 à 14h46
 
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Il faudrait surtout que l'homme ne laisse pas mourir le vivant !
La base de toute la biodiversité se trouve dans les sols, quand on laisse des millions d'hectares sécher au soleil l'été (alors qu'ils étaient inondés l'hiver d'avant ... ) c'est un écocide !

laurent | 31 août 2020 à 09h56
 
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Cette "pensée" n'est pas récente et a fait l'objet d'une réflexion doctorale en 2016... qui peut être lue en libre accès sur https://www.theses.fr/195295293
On y parle notamment de droit du vivant, gestion raisonnée des des risques environnementaux , reconnaissance du principe de fragilité des écosystèmes, ....

laurehelene70 | 31 août 2020 à 10h12
 
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C'est l'homme - ou la femme - qui attribue des droits à la Nature; Celle-ci est donc redevable aux humains, qui définissent et taillent ces droits de façons éminemment diverses, en fonction, entre autres, de leurs connaissances scientifiques, de leurs environnements écologiques, sociologiques, économiques et politiques, et de leurs convictions personnelles. Ce sont aussi seulement des hommes et des femmes qui sont en mesure de réclamer le respect de ces droits devant les autorités politiques, judiciaires ou autres. Si en effet, l'Homme ne domine pas la Nature, celle-ci n'a pas de moyen d'expression juridique sans l'Homme. N'est-ce pas alors une ambition trop humaine, voire démesurée, que ce projet de la transformer en sujet de droit/droits ?

Pasisimple | 31 août 2020 à 11h48
 
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Si c'est pour mettre une amende pour mettre dans la poche de l'etat qui comme on le sait tous est un immense trou noir ou même la galaxie pourrait disparaître ça ne mène nulle part.

pemmore | 31 août 2020 à 11h59
 
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Bonjour !

reconnaitre les plaintes pour dommages ocasionnés aux droits de la nature permettraient la confirmation de la reconnaissance de la personne juridique, préserver les domages et le rétablissement des équilibres écologiques.
à titre d'exemple mesurons les dommages occasionnés par la déforestation et ses conséquences sur les sechersses dues aux dérèglements climatiques essenteiellement.

DAOUD | 31 août 2020 à 16h52
 
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pemmore: c'est drôle ce que vous dites et tellement vrai! Mais le but n'est pas de faire payer l'Etat, plutôt de mettre sur pied une législation de protection du vivant à l'échelle planétaire qui soit applicable partout et en toutes circonstances, par dessus justement la tête des Etats , car un arbre ou une tortue,ça reste un arbre et une tortue partout sur la Terre. L'idée d'une justice internationale qui prendrait en compte l'intérêt des écosystèmes est à mettre en oeuvre rapidement, ce sont des magistrats qui doivent réfléchir à cette nouvelle législation, appuyés par des scientifiques et écologistes qui leur détermineront les imbrications des écosystèmes et les atteintes au vivant. Si cette législation existait déjà, la cour de justice internationale aurait pu condamner le Brésil pour ses atteintes à l'Amazonie, forêt qui bénéficie à la Terre entière et non simplement au Brésil(ou Colombie, France,etc... et les défrichements massifs,ou les mines d'or style montagne d'or seraient voués dès le départ à une condamnation certaine). Cette justice verra le jour car personne ne peut en faire l'économie, certains pays plus avancés ayant bien compris où se situe l'intérêt de l'humanité , au dessus des intérêts particuliers.La France et sa tribu de décideurs égoïstes est encore à la traîne, ce sont nos gouvernants(qui n'écoutent plus le peuple depuis longtemps)qui freinent car ils sont pilotés par des lobbies dont les intérêts sont à rebours de ceux de la planète.

gaïa94 | 01 septembre 2020 à 09h35
 
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La nature n'existe pas (même avec un N majuscule) !
Elle est souvent définie comme étant l'ensemble du monde physique environnant l'homme (ou plus généralement les organismes vivants).

Ce dernier n'aura jamais la possibilité de maitriser le devenir du vivant, l'environnement physique (les conditions physiques de l'environnement) s'en chargeant largement sans que l'homme puisse l'empêcher d'aucune manière et à une échelle telle que la seule chose que puisse faire l'homme (et les organismes vivants) est de tenter de s'adapter aux nouvelles conditions permanentes et évolutives de l'environnement physique !
Donner donc une "personnalité" juridique à quoi que ce soit de non vivant (et ici un fleuve) relève d'une stupidité abyssale. A titre d'exemple, un ha de blé subit de l'ordre de 20 milliards de mutations (naturelles : donc dues à l'environnement physique : rayons X, -gamma, UV notamment) chaque année et il en est de même de tous les organismes, sans doute avec des nombres plus faibles (fonction de la taille de leur génome).

gattaca | 02 septembre 2020 à 19h47
 
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les sécheresses de plus en plus longues ont des conséquences monstrueuses qui entraînent l’effondrement accéléré des pollinisateurs, des insectes, des oiseaux, impactent l’ensemble du vivant, y compris la santé humaine ! les néonicotinoïdes sont uniquement l'arbre qui cache le désert ... 1.1 millions d'hectares de prairies en Nouvelle Aquitaine avec des haies et des arbres, sans labour et sans pesticide pourtant tous les étés ce sont des cimetières de biodiversité, même les vieux arbres sèchent ...
Une sécheresse c'est juste un manque d'eau l'été, un comble quand on a passé l'hiver les pieds dans l'eau sans faire de réserve ... en France ce sont les écologistes qui s'opposent systématiquement à la construction de réserve et qui vont même jusqu'à en faire détruire .... Cherchez l'erreur !

laurent | 03 septembre 2020 à 08h52
 
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@ laurent : les principales voix qui exigent l'arasement de certains seuils de barrages proviennent des fédérations de pêche, sans doute de plus en plus concernées par l'écologie de terrain. Car bon nombre d'entre elles comptent dans leurs rangs de fins observateurs de l'état des milieux aquatiques et ont bien compris l'enjeu.
Quand aux bassines, construites avec jusqu'à 75 % de fonds publics, il est normal que le citoyen ait son mot à dire quant à la mobilisation de ses impôts. Et, par les temps qui courent, il lui est particulièrement difficile d'admettre que ses impôts servent à privatiser une ressource naturelle au bénéfice d'une poignée d'exploitants agricoles qui ne veulent en rien changer leurs pratiques alors que toutes les autres composantes de la société civile se voient sommées et contraintes de s'adapter au changement climatique. L'erreur, le citoyen l'a trouvée, et justement, il n'en veut plus !

Pégase | 03 septembre 2020 à 09h41
 
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@ pégase : l'eau bien commun c'est d’abord la pluie, les villes rejettent 90% des pluies et 100% de leur consommation dans les rivières (après un traitement sommaire ou inexistant ... ) ce qui augmente fortement le drainage naturelle des bassins et des pollutions maritimes qu'on n'arrive plus à cacher !
si les villes étaient aux normes avec des bassins de rétention on ne serait pas obligé de construire des bassines !

60% de l’énergie solaire qui arrive jusqu’au sol est évacuée grâce à l’évaporation de l’eau (entropie : 2250 joules absorbés par gramme d'eau évaporé), les canicules sont uniquement provoquées par le manque d’eau ou de végétation sur les surfaces exposées au soleil, c'est donc la sécheresse qui provoque les canicules et c’est pour cela qu’il n’y a pas de canicule au dessus des mers et dans les forets !

Pas d'eau = pas de vie, ce sont les continents qui ont besoin de végétation et donc d'eau ... et pas les mers qui débordent ...

laurent | 03 septembre 2020 à 10h54
 
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Bonsoir ! Monsieur gaia 94 vous dites, "faire payer l'Etat", quoi ? mettre sur pied une législation de protection du vivant à l'échelle planétaire qui soit applicable partout et en toutes circonstances, par dessus justement la tête des Etats, Oui.
exemple au niveau du bassin Méditerranéen : faire décider par la justice le droit de reboiser le nord de l'Afrique ne pourrait, à terme, que réparer les domages causés voir contribuer à la lutte contre le rechauffement et ses conséquences sur le dérèglements climatique dans l'intérêt de la vie sur terre. A+

DAOUD | 03 septembre 2020 à 19h41
 
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@Daoud
Je vous remercie d'intervenir sur un sujet que j'ignore totalement.
Est-ce que le nord de l'Afrique à une époque a été couverte de forêts détruites à usages culinaires comme à Madagascar, ou autres, plus les vignes à l'abandon après le départ des pieds-noirs qui ont surement eté prises sur de la forêt, quelles espèces résistantes à la sécheresse faudrait t'il mettre, si possible des feuillus, du chêne vert, des filao du murier comme dans le midi.
L'aide de l'Europe ne serait pas superflue, nous avons tous à y gagner, toute surface verte autour de la méditerranée réduirait la remontée du climat vers le nord du au changement climatique.

pemmore | 04 septembre 2020 à 09h44
 
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Combien vrai pemmore! En reverdissant le pourtour de la Méditerranée on pourrait espérer fixer encore un peu la biodiversité et éviter la dérive des espèces vers le nord.

gaïa94 | 04 septembre 2020 à 23h57
 
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Bonjour !
aux questions posées, m'attele de réunir les informations utiles pour vous les communiquer. A+

DAOUD | 06 septembre 2020 à 09h06
 
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Il faut sortir de cette fiction que la Nature est une personne, bonne de surcroît.
Je propose à cette dame de voyager et de demander aux vivriers africains (Congo, Ethiopie, par exemple) s'ils sont heureux de voir Dame Nature dévaster leurs récoltes en toute impuissance...
Bon courage aux humains !

Albatros | 14 septembre 2020 à 09h17
 
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Il faut également sortir de ce dogme sous-jacent que la Nature est par essence hostile à l'Homme et à sa civilisation, et qu'ainsi tout moyen pour la mater afin de mieux la dominer et la domestiquer est justifié.
Le Pape François, entre autres penseurs de plus en plus sensibles à la transition écologique et au respect du vivant sous toutes ses formes, dit et écrit des choses fort intéressantes sur ce sujet que nombre de personnes, croyantes ou non, seraient bien inspirées de méditer.

Pégase | 14 septembre 2020 à 10h13
 
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Dans ma région, La Loire dans la psychologie, la philosophie, le fond de la culture millénaire est un être vivant, nulle doute que les Celtes y avaient associé une déesse, ça monte, ça descend construit des grèves, reconstruit ou détruit des bras, les inondations apportent la richesse; quand elle est en colère même la Maine son principal affluent change de sens, elle tue souvent, même Louis 11 a failli y rester, elle est sauvage on ne peut rien en faire, sauf l'aimer, malgré tous ses pièges comme les culs de grève, et les boires( mot masculin) sales puants destinés aux jailloux qui rouissaient le chanvre, et une ambiguïté comment se définir ligérien et Breton des 100 derniers km.
J'ai fini par appeler le coin bien plus étendu que le 44: Bretagne de Basse Loire.
On a même une langue inclusive qui n'a pas attendu l'an 2000.
Défendre la Loire comme un être vivant, bien sur qu'elle est vivante, pas un truc mort comme la Seine ou la Garonne canalisées enfermées, interdites de construire à l'état d'objets polluables.

pemmore | 14 septembre 2020 à 10h14
 
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D'accord avec vous pemmore ! Fleuve magnifique et sauvage classé au patrimoine mondial de l'Unesco mais qui doit encore et toujours lutter contre des projets de pont. La Seine se relève , elle va bien mieux que quand j'étais jeune et qu'on y voyait des mousses de lessive, des rats et des poissons morts, et toutes sortes de détritus. Et elle a encore ses colères et ses débordements qui font très peur et qu'on détourne, pour ne pas que les Parisiens aient les pieds dans l'eau. D'ailleurs la Loire est endiguée et ça vaut le coup d'aller se promener sur la digue: merveilleux paysages à toutes saisons.

gaïa94 | 14 septembre 2020 à 12h20
 
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Oui Pégase ! Et les paroles du pape sont reprises par Mgr Laurent Camiade, Evêque de Cahors, qui a écrit une superbe lettre pastorale à l'adresse de ses diocésains, qui amène tout le monde à réfléchir, chrétien ou pas:

https://cahors.catholique.fr/eglise-pratique/l-eveque-et-le-diocese-de-cahors/agendas-homelies-lettres/lettres-pastorales/article/lettre-pastorale-de-mgr-camiade

gaïa94 | 14 septembre 2020 à 12h28
 
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@gaïa,
ben ces digues qui vont jusqu'à Gien, on appelle ça des levées, un bonheur à touristes, mais ça été un échec, la Loire a passé son temps à ensabler ce qui était creusé d'ou l"obligation de bateaux à fond plat dangereux, les péniches diésels tournaient à Bouchemaine pour rejoindre Laval ,le Mans, ou Château du loir jusque dans les années 50.
Je n'ai pas connu les chevaux tractant les bateaux sur les chemins de halage, mais ma maman a fait un magnifique tableau avec 2 chevaux bretons en plein effort; elle a du connaitre.
nb "laissez venir à moi tout les petits oiseaux : st François d'Assises, l'écologie bien avant l'heure.
Nous revendiquons notre culture chrétienne, c'est pas brillant.

pemmore | 14 septembre 2020 à 15h07
 
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pemmore : ce que vous dites est vrai pour les digues mais heureusement qu'elles sont là car sinon il y avait des inondations qui pouvaient aller sur plusieurs km à l’intérieur des terres! Pour ce qui est de la culture chrétienne , il y a confesse: ça permet de se faire pardonner ses exactions , bien pratique!ensuite on peut recommencer et retourner à confesse, et recommencer et ...ainsi de suite.

gaïa94 | 14 septembre 2020 à 16h54
 
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On est bien davantage dans le domaine de la religion (nouvel animisme ?) que dans la gestion nécessaire des impacts des humains sur l'environnement.
Ce n'est pas sérieux de s'en remettre aux directeurs de sectes pour ces tâches qui nécessitent de la clairvoyance et pas de la voyance ni de l'obscurantisme.
Préparons le futur, ne le prédisons pas.
Courage !

Albatros | 14 septembre 2020 à 18h23
 
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Tous les messages qui enjoignent les populations , partout sur la Terre, à soigner la Planète sont bons à prendre.Et cela commence ,oui Albatros, par une prise de conscience que nos modes de vie à l'occidentale, que nous cherchons à appliquer dans le monde entier, la détruisent. Décidément Albatros vos interprétations manqueront toujours de finesse et de clairvoyance, on peut dire que vous n'avez aucune vision, contrairement aux grands personnages de l'histoire, et pas que religieux. Mais vous le faites exprès, on l'a bien compris!

gaïa94 | 15 septembre 2020 à 09h48
 
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gaïa94, non je n'ai pas votre vision. Effectivement.
Mais cela ne signifie pas que j'en ai une, différente de la vôtre, certainement pas religieuse et sans doute aussi "efficace": je tente de comprendre, je travaille à la réduction des impacts dans mes activités... Et je ne prétends pas à la vision universelle. Pas besoin de béquilles existentielles que seraient les "grands personnages de l'histoire" (pour moi, le pape n'en est pas un et aucun des papes l'ayant précédé ne le sont).
Préservez moi le droit de penser différemment de vous.
Grand merci.

Albatros | 15 septembre 2020 à 13h18
 
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Pardon. Cela ne signifie pas que je n'en ai pas une, de vision...

Albatros | 15 septembre 2020 à 15h41
 
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