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Déchets sur les plages : l'Union européenne en veut moins de 20 tous les 100 mètres

L'Union européenne a fixé à moins de 20 déchets tous le 100 mètres le seuil pour les déchets marins échoués sur les côtes. Le chemin s'annonce long pour ramener les plages européennes à un tel niveau.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Le 18 septembre, la Commission européenne a fixé la valeur-seuil pour les déchets marins échoués sur les côtes. Une plage est considérée en bon état écologique lorsqu'il y a moins de 20 déchets pour 100 mètres de côte. Cette valeur-seuil, élaborée conformément à la directive-cadre « stratégie pour le milieu marin » qui impose aux États membres de mettre en œuvre des stratégies de protection de l'environnement marin, fixe un objectif concret pour les plages, explique l'exécutif européen. Cette valeur-seuil est un premier pas pour la prise en compte des déchets marins et d'autres seuils pourraient être fixés en application de la directive-cadre.

Plus de 300 déchets sur de nombreuses plages

Cette valeur a été adoptée sur la base d'un rapport du centre de recherche de la commission européenne (JRC). « Un déchet marin est défini comme tout élément jeté trouvé sur la plage de plus de 2,5 centimètres de longueur », explique le JRC, précisant que cette définition « couvre des petits objets, comme les filtres à cigarettes, jusqu'aux plus gros comme les filets, les cordes ou les emballages industriels ». Les mégots de cigarettes ont été maintenus dans le calcul du seuil, notamment car ils figurent parmi les déchets persistants et toxiques les plus fréquemment trouvés sur les plages.

Faute de connaissance robuste sur les dommages causés aux écosystèmes, le JRC a proposé la valeur-seuil à partir des données disponibles pour les années 2015 et 2016. Concrètement, il s'est appuyé sur une base de données qui regroupe les informations relatives à 331 plages européennes (plus de 3 000 relevés, à raison de quatre relevés par an et par plage). Les scientifiques ont retenu la valeur du 10ième centile, soit 13 déchets pour 100 mètres. Cette valeur a toutefois été relevée à 20 déchets pour tenir compte des marges d'erreur.

Les séries utilisées par le JRC montrent que 85 % des plages suivies dépassent le seuil de 20 déchets pour 100 mètres et de « nombreuses plages » dépassent les 300 déchets. Les données traduisent des niveaux variables selon les façades maritimes : 40 déchets tous les 100 mètres en moyenne en Baltique, 106 déchets pour la mer Noire, 233 pour l'Atlantique et la mer du Nord, et 274 pour la Méditerranée. À titre de comparaison, les plages du Groenland, considérées comme vierges de détritus, affichent 1,8 déchet tous les 100 mètres.

90 % des déchets sont en plastique

Compte tenu de l'écart entre la situation actuelle et la cible retenue, « il est admis que l'atteinte de la valeur-seuil nécessitera des mesures substantielles et soutenues sur une longue période », explique le JRC. Pour l'instant, aucune date n'est fixée pour le respect de la valeur-seuil.

Des recherches doivent encore être menées pour évaluer la part des déchets liés à la pollution transfrontalière. Le groupe de travail du JRC devrait donc poursuivre ses travaux en ce sens. Il devrait aussi proposer une méthode pour fixer des cibles intermédiaires afin d'assurer une évolution progressive vers le bon état écologique des plages. « Cette méthode devrait tenir compte des spécificités régionales, telles que les activités de pêche et d'aquaculture, voire la densité de population et d'autres paramètres ».

Enfin, cette valeur-seuil sera aussi utile à la mise en œuvre de la directive relative à certains produits plastique à usage unique (directive SUP, pour single-use plastic) de juin 2019. En effet, le rapport du JRC « montre que les plastiques à usage unique [visés par la directive SUP] et les objets liés à la pêche sont à l'origine de plus de 50 % des déchets retrouvés sur les plages ». Plus généralement, pointe le JRC, 90 % des déchets retrouvés sur les plages sont en plastique.

Réactions4 réactions à cet article

 

Sur la plage en bas de chez-moi, il n'y a pas trop de dégâts, plutôt les déchets des pêcheurs, 1 tous les 20 m sans doute sur 300m, la grande plage de 10 km une zône naturelle de dépots est régulierement envahie, ce qui fait que la commune passe le tracteur tous les jours, je reste à supposer que le mauvais comportement des bâteaux de plaisance bien trop nombreux en est la cause principale, il faudrait des drones pour verbaliser.
Restent parfois les mégots, comme ailleurs chiens, fumeurs doivent être interdits sur les plages, les dunes, les sentiers aménagés, on garde sa pollution chez-soi, pour soi-même on ne punit pas les autres.

pemmore | 22 septembre 2020 à 10h18
 
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Pas un mot sur le fait que 99% des déchets trouvés sur les plages (notamment ceux en plastique) proviennent de l'activité industrielle et artisanale côtière ou maritime (ostréiculture par exemple). Consternant ! Petite précision, cela fait 40 ans que je scrute les plages entre La Rochelle et Rochefort. Les filtres de mégots et les "pailles" en plastique qui reviennent constamment sur le tapis ne représentent pas grand chose (il faut évidemment les bannir). Arrêtez de stigmatiser les touristes et les plaisanciers qui font vivre ces régions comme le fait "Pemmore" malgré des observations et des conclusions qui me paraissent très justes par ailleurs et qui confirment les miennes. Un simple bateau dont la coque est en plastique émet à chaque minute des millions de particules fines, comme les pales des éoliennes. Les mouches doivent changer d'ânes. Il faut traquer les véritables pollueurs et cesser d'amuser la galerie avec les gamineries des bobos écolos.

glaudius92 | 28 septembre 2020 à 17h02
 
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@amicalement glaudius,
j'étais ce week-end dans la maison de famille sur la corniche vendéenne, étonné 1 déchet au maximum tout les 100m, le covid n'a pas que des inconvénients.
Je reconnais que les touristes ont fait beaucoup de bien sur la côte, déjà en permettant à mes amis, ma famille de manger puis construire la maison , c'était il y a 70 ans , la misère noire, 1 oeuf pour deux, comme en Afrique, depuis la Vendée est un pays riche qui travaille beaucoup, le tourisme est une activité accessoire et la nécessité d'équipements pour une ville de 100000 habitants pour 3 semaines en été alors qu'elle n'en n'a que 10000 l'hiver ne peut pas être rentable.
Il y avait un monde fou, que des 85, que du bonheur!
Comme partout le tourisme est plus un problème qu'une solution sauf à court terme. Pour l'écologie, j'ai regardé dans mon puits, il reste à peine 1 m d'eau, ils ont encore construit des hlm illégaux, dont les sous-sols évacuent la nappe phréatique vers la mer.
Quand à la pollution humaine Renée une amie d'enfance est la seule a encore parler notre langue dans tout le coin, elle va elle vient, passe comme un fantôme.
Tu vois personnellement j'ai toujours peur d'être celui qui arrive et se croit chez lui, comme ces gens, alors j'essaye de parler d'abord leur langue, pas imposer la mienne ni ma cuisine ni autre chose.

pemmore | 28 septembre 2020 à 21h53
 
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Merci à Pemmore pour sa sympathique et émouvante réponse. Je comprends son ressentiment vis à vis d'un "progrès" pas toujours maîtrisé et du tourisme de masse qui peut faire des dégâts. Ma génération issue de l'après-guerre n'a peut être pas toujours fait ce qu'il fallait, emportée dans le tourbillon des "'trente glorieuses". J'espère que la relève lira ce message et aura aussi à cœur de préserver les traditions. Les peuples sans histoire n'ont pas d'avenir

glaudius92 | 29 septembre 2020 à 17h57
 
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