En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Santé au travail : l'Agence de sécurité sanitaire recommande six nouvelles valeurs limites d'exposition

L'Agence nationale de sécurité sanitaire a actualisé les valeurs limites d'exposition professionnelle pour le trichloroéthylène, le di-n-butylphtalate, le butylbenzyl-phtalate, le 2-éthoxyéthanol, l'acétate de 2-éthoxyéthyle et le n-butanol.

Risques  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°372 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°372
[ Voir un extrait | Acheter le numéro]

Six substances chimiques potentiellement retrouvées dans un contexte professionnel pourraient voir leurs valeurs limites d'exposition (VLEP) évoluer : L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) vient de publier ses recommandations concernant le trichloroéthylène, le di-n-butylphtalate, le butylbenzyl-phtalate, le 2-éthoxyéthanol, l'acétate de 2-éthoxyéthyle et le n-butanol.

Employé essentiellement comme solvant et comme intermédiaire réactionnel, le trichloroéthylène (TCE) serait moins être utilisé qu'auparavant. "Il semble que le nombre de salariés exposés au TCE ait été divisé par 3 entre 2003 et 2010, passant de 153.600 à 59.100, grâce à l'utilisation de produits de substitution tels que les produits lessiviels comme dégraissants", indiquel'Anses.

L'Agence préconise d'abaisser la valeur fixée par une circulaire de 1983 : la concentration dans l'air ne devant pas être dépassée sur une période de 8 heures (VLEP-8h) est fixée à  40 mg/m3 (contre 405 mg/m3 ultérieurement).

Concernant le di-n-butylphtalate (DnBP), 42 secteurs d'activités ont été recensés comme étant concernés en France. Parmi les utilisations les plus importantes ? Comme plastifiant dans les résines et les polymères ou dans les encres d'impression pour l'industrie du papier, les adhésifs. Il est également requis comme plastifiant et/ou solvant dans les mastics, les enduits, les peintures à la nitrocellulose (notamment dans l'automobile et pour les meubles), les revêtements et les fibres de verre.

L'Anses recommande également de réduire le seuil indiqué dans une circulaire de 1987 de 5 mg/m3 à 2 mg/m3 pour une période de 8 heures "afin de prévenir des effets reprotoxiques de cette substance".

Création d'un seuil pour le butylbenzyl-phtalate

Le butylbenzyl-phtalate (BBzP) quant à lui sert principalement comme agent de plastification dans la fabrication de colles, vernis, peintures, mastics, encres. En Europe, 90% de l'utilisation concerne la production de PVC et certains polymères (revêtements de sol, emballages alimentaires, peintures plastiques, etc.).

Dans ce cas, l'Anses pallie un manque : il n'existe pas de valeur seuil aujourd'hui. Selon l'Agence, pour prévenir des effets reprotoxiques de cette substance, la VLEP-8h ne devra pas dépasser les 13 mg/m3.

 
Mieux suivre l'exposition au chrome hexavalent Pour améliorer le suivi de l'exposition des travailleurs au chrome hexavalent ainsi qu'à l'acrylamide, au di-n-butylphtalate et au benzylbutyl-phtalate, l'Anses a également proposé début 2017 des valeurs limites biologiques (VLB) et des valeurs biologiques de référence (VBR). Pour le secteur du chromage, elle préconise une VLB pour le chrome urinaire de 2,5 µg/L (correspondant à une exposition à la VLEP-8h pour le chrome hexavalent de 1 µg/m3) et une VBR de 0,65 µg/L.
Pour l'acrylamide, elle recommande une VBR pour les complexes formés de l'acrylamide et d'hémoglobine (mesurés dans le sang) de 85 pmol/g de globine pour les non-fumeurs et de 285 pmol/g (picomole/g) de globine pour les fumeurs. L'Agence propose une VBR pour le mono-n-butylphtalate (MnBP) urinaire de 70 μg/L ou 50 µg/g de créatinine.
Enfin, pour suivre le butylbenzyl-phtalate, elle préconise une VBR pour le mono-benzylphtalate (MBzP) urinaire de 40 μg.L-1 (ou 30 µg.g-1 de créatinine).
 

Le 2-éthoxyéthanol (EGEE) est produit ou importé en Europe essentiellement comme produit chimique de laboratoire ou intermédiaire de synthèse. "L'inventaire des agents chimiques cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques de 2005 de l'institut national de recherche et de sécurité (INRS) indique une consommation estimée très faible voire nulle pour l'EGEE suite à la mise en œuvre en France d'une politique de substitution très active des éthers de glycol reprotoxiques", indique l'Anses.

Concernant l'acétate de 2-éthoxyéthyle (EGEEA), cette substance est pré-enregistrée mais pas enregistrée dans le cadre du règlement européen Reach. Pour ces deux substances, l'Agence recommande de réduire la précédente valeur de 1 ppm (partie par million), fixée par le décret de 2012, à 2 ppm pour la VLEP-8h afin de prévenir de leur hématoxicité.

Pour l'ensemble de ces subtances, une concentration correspondant à 5 fois la concentration seuil fixée pour une période de 8h pourra être tolérée durant une période de 15 minutes.

La substitution à privilégier

"La substitution des substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction par des substances ou des procédés moins nocifs est une démarche prioritaire pour la prévention du risque chimique sur les lieux de travail en France", rappelle également l'Anses à leur sujet. Elle souhaite également que ces travaux se poursuivent par le développement de valeurs biologiques pouvant être utilisées dans le cadre de la surveillance biologique des expositions en milieu professionnel. "Ces valeurs viendraient ainsi compléter le dispositif réglementaire français de prévention du risque chimique sur les lieux de travail", note-t-elle.

Enfin, pour le solvant, butan-1-ol, la valeur limite d'exposition court terme indicative de la France est fixée à 150 mg/m3 (circulaire de 1982).

L'Anses préconise quant à elle une valeur limite court terme (15min) de 100 mg/m3 afin de prévenir des effets d'irritation oculaire.

Par ailleurs, pour le trichloroéthylène, le butylbenzyl-phtalate, le 2-éthoxyéthanol et l'acétate de 2-éthoxyéthyle, l'Agence recommande la prise en compte de l'exposition par voie cutanée pour l'évaluation de l'exposition à la substance chimique.

"Les recommandations de l'Agence ont désormais vocation à être discutées au sein des instances paritaires du ministère chargé du travail en vue de la fixation de valeurs limites d'expositions professionnelles réglementaires", indique l'Anses.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Dorothée Laperche

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…