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Valorisation de la forêt française : les pistes d'actions

Déficit de la balance commerciale, changement climatique, pour vaincre les difficultés rencontrées par la filière et valoriser l'exploitation du bois, l'avis "Valorisation de la forêt française " préconise différentes pistes d'actions.

Biodiversité  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Valorisation de la forêt française : les pistes d'actions

" Pourquoi réaliser un document supplémentaire sur la forêt, alors que de nombreux rapports sur la question existent déjà ?, interrogeait Marie de l'Estoile, rapporteure, lors de la présentation de son avis " Valorisation de la forêt française" au Conseil économique, social et environnemental, seul le rapport de Jean Puech a été suivi de retombées partielles, faute de gouvernance globale de la politique forestière".

Pour tenter d'y remédier, son avis liste les principales difficultés rencontrées par la filière et préconise différentes actions pour parvenir à une meilleure valorisation des forêts françaises.

Un déficit d'environ 6 milliards d'euros

Premier constat : malgré sa position de troisième pays le plus boisé de l'Union européenne et une filière qui compte près de 450.000 emplois, le secteur affiche un déficit de sa balance commerciale d'environ 6 milliards d'euros. A l'avenir, il devra faire face à différents défis. Tout d'abord, répondre à l'augmentation de la demande en bois, pour la production d'énergie (grâce à la biomasse), mais également pour le secteur de la construction-rénovation. Ensuite, résoudre les conflits d'usage entre le bois énergie et le bois industrie (les filières utilisent les mêmes déchets issus de la sylviculture et de scierie). 

Il devra également concilier les enjeux des stratégies industrielles (qui s'inscrivent dans un temps court) et les influences du changement climatique (sur le long terme). Enfin, la forêt doit conserver son principe de multifonctionnalité dans les trois dimensions économique, sociale et environnementale.

60% de l'accroissement biologique des forêts exploités

L'une des premières pistes d'actions proposées par le document consiste à accroître la productivité de la forêt tout en la gérant de manière durable pour préserver les ressources naturelles et le fonctionnement des écosystèmes. Le document souligne ainsi que seuls 60% de l'accroissement biologique des forêts sont exploités chaque année. "Le morcellement des forêts privées, conjuguée avec des prix peu attractifs, n'incite pas la majorité des propriétaires à faire de la sylviculture", explique t-il. Pour y remédier, l'avis propose notamment le regroupement au sein d'organisations de producteurs ainsi que le développement des documents de gestion durable. Il regrette, dans ce cadre, que le Fonds de mobilisation de la forêt (acté dans le cadre du Grenelle de l'environnement) n'est pas encore eu de traduction concrète.

Cette valorisation ne peut cependant s'opérer sans un renouvellement adapté (régénération naturelle ou replantation) des parcelles récoltées.

La seconde préconisation vise la compétitivité de la filière. L'une des priorités pour le rapport est d'accompagner les entreprises de première transformation, qui rencontrent des difficultés à répondre aux normes et besoins des acteurs. Il souhaite également que soit précisée une hiérarchie entre les différents modes de valorisation : le bois d'oeuvre, le bois matériau, le bois énergie. Et pour cela, il recommande une identification des ressources disponibles au niveau de chaque territoire ainsi qu'une différentiation selon leur mode de valorisation optimale.

Pour soutenir les bois issus des forêts françaises, l'avis considère qu'une traçabilité s'avère indispensable.

Nécessité de prendre en compte les aspects sociaux

Faibles rémunérations, difficultés du métier et impacts sur la santé : l'avis affirme la nécessité de mieux prendre en compte les aspects sociaux de la filière bois. Il déplore notamment que de nombreuses conventions collectives départementales et régionales soient inactives depuis plusieurs années.

Le document souhaite également sensibiliser le public à l'importance de la valorisation des forêts et leurs multifonctionnalités (préservation et de la biodiversité, stockage du carbone, épuration des eaux, protection et enrichissement des sols, fixation des polluants atmosphériques, loisirs, etc.).

Adaptation des essences au changement climatique

La cinquième préconisation concerne les efforts de recherche et d'innovation. Le document encourage la poursuite des travaux sur des méthodes et des équipements d'exploitation de la forêt plus respectueux des écosystèmes. Pour le futur, il juge indispensable une maîtrise des connaissances concernant l'adaptation des différences essences aux changements climatiques.

L'avis souligne également la nécessité de "renforcer les missions de service public et les moyens de l'ONF pour une gestion durable et multifonctionnelle des forêts publiques".

Sur les 25 millions d'hectares boisés dont dispose la France, 9 se situent dans les régions ultramarines (dont 8 en Guyane). Le document conseille que le champ d'action de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), chargé de l'inventaire permanent des ressources forestières nationales, soit étendu aux territoires ultramarins.

Enfin, l'avis recommande pour améliorer la gouvernance de la filière, la création d'un secrétariat d'Etat ou d'un ministère délégué rattaché au ministère chargé de l'agriculture" au sein duquel la forêt doit faire l'objet d'une direction à part entière".

Réactions16 réactions à cet article

 

Tant que les moyens alloués à l'animation en forêt privé resteront aussi bas, tant que les aménités positives ne seront pas intégrées dans le système économique, tant qu'on n'aidera pas à l'investissement en forêt, on pourra toujours pleurer et constater. Des hommes et des femmes, chaque jour, travaillent à résoudre ces problèmes, mais ils sont peu nombreux devant l'ampleur du problème. D'un coté, l'état impose des restrictions budgétaires, de l'autre il veut des résultats. Rien ne vient tout seul par magie!

jean | 16 octobre 2012 à 07h12
 
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"produire plus, et mobiliser plus tout en préservant mieux" est l'objet d'un débat actuel entre l'ONF et les associations de protection de la nature. Débat o combien au profit de la production qui souhaite mieux s'organiser.
Tout n'est pas aussi blanc ou noir que le dit le texte. Il y a tellement à dire sur ce qui a été ici écrit.... Les cours des feuillus français n'ont jamais été aussi bas, la faute aux essences exotiques en premier lieu.
Pas besoin de faire 36000 études sur l'adaptation des essences au changement climatique, on sait déja que la résilience des forêts passe par la conservation maximale de son évolution naturelle (voir document FNE à ce sujet). Expliquez moi comment le volume de bois mort sur pied a autant augmenté et la qualité génétique qui a baissé dans le même temps. Les conflits d'usage, la disparition d'expèces liées aux vieille forêts (grand tétras par exemple), les trop nombreux intérêts, la sous traitance, la futaie régulière de résineux, l'absence de règlementation sur les chandelles (arbre morts sur pied) à laisser en forêt (prenons exemple sur la belgique ou la suisse!), sur les ilots de senescence, la non identification des vieilles forêts à l'échelon régional, le tassement des sols par les engins forestiers, la création de trop nombreuses pistes de pénétration, la faiblesse de la certification PEFC si peu contrôlée, les espèces exotiques plantées dans l'indifférence générale, voici des sujets environnementaux qui pourraient être traités...

phil850 | 16 octobre 2012 à 21h16
 
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"D'un coté, l'état impose des restrictions budgétaires, de l'autre il veut des résultats. Rien ne vient tout seul par magie!"

C'est comme les 400.000 places manquantes en crèche et l'effort d'économie de 500.000.000 d'euros que l'on va demander aux collectivités l'année prochaine.

L'état se moque des élus locaux... Il se décharge au maximum des reformes à mettre en place, demande aux collectivités de s'en occuper avec des moyens qui s'amenuisent chaque année.
Comment ne pas voir que c'est une impasse?
Bref.

Plume | 19 octobre 2012 à 09h43
 
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L'exploitation de la foret française a un grand avenir potentiel, reste à la développer, voire à la créer.
le morcellement cadastral reste une principal obstacle. A mon avis, cela doit passer par un fermage au niveau communal, de préférence par des coopératives, et non par appel d'offre (pour éviter la main-mise par de grosses sociétés).
Il faut tout écrire, créer les règles au niveau central et décentralisé pour ce faire.
La meilleure façon de procéder serait qu'une collectivité montre l'exemple en mettant un tel système en place, montre la validité du système pour l'étendre au territoire national.
Aujourd'hui, des communes peuvent le faire car il existe des zones où le morcellement est faible et la coopérative reste simple à mettre en place et faire accepter par les propriétaires.
Pourquoi ne pas commencer par les forêts domaniales dont certaines communes sont pourvues. On peut ensuite étendre le territoire d'action aux propriétés privées. De nombreux propriétaires seraient heureux de voir ce système mis en place pour rentabiliser leurs parcelles inutilisées.

pitlift | 26 octobre 2012 à 13h37
 
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1) les forêts françaises sont trop morcelées: les efforts de remembrement sont voués au démembrement. Seule solution: gestion en commun
2) les moyens d'animation de la forêt privée sont insuffisants. C'est vrai pour de nombreuses raisons: effectifs d'employés de l'état, sans aucun encouragement pour leurs efforts éventuels ni perspective de carrière/promotion. Seule solution: mise en commun des effectifs avec l'ONF en y donnant une voix prépondérante aux forestiers privés (surfaces gérées)

lussanais | 09 novembre 2012 à 10h37
 
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Je ne vois rien dans ces articles sur l'état de l'industrie du bois. La forêt est dans l'état où est l'industrie française, c'est à dire en baisse de production, sauf pour des emplois comme le bois énergie. Mais à quel coût de subventions ? Quant au morcellement, des solutions existent mais ne sont pas mises en oeuvre car j'ai l'impression que nous n'avons pas besoin de bois supplémentaire compte tenu de la demande industrielle. Il faudra aussi se pencher sur l'un des plus gros opérateur de l'industrie du bois "Groupe Gascogne" dont ses dirigeants actuels n'ont qu'une envie de plus-values en vendant la bête par appartement, et en n'ayant aucun projet industriel. Va-t-on laisser faire ? Marc GIZARD

alzon | 12 novembre 2012 à 21h17
 
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Bonjour,
C'est justement pour que l'industrie du bois puisse se relancer en toute transparence que je proposais la formation de coopératives locales (au niveau de la commune ou du canton par exemple) qui auront en charge la mise en commun de parcelles boisées et leur exploitation. Cela devra passer par des SEM si des territoires domaniaux sont inclus.
En fait, l'idée va plus loin que la seule exploitation du bois : il s'agit de remettre les zone boisées au centre du territoire en les valorisant pour pouvoir mieux les préserver. Car de leur entretien dépendent beaucoup de choses : protection contre les incendies, entretien des cours d'eau de toutes tailles, surveillance des sites contre les décharges sauvages ou les instabilités géologiques, reprise de contact entre les populations et le territoire, remise en exploitation de vieilles cultures et pratiques (oliveraies, truffières, charbonnières...), gestion de la faune sauvage (sangliers, cervidés...).
En fait, mon idée est de rentabiliser la forêt pour mieux la protéger, en créant des emplois et des revenus qui font défaut aux collectivités rurales.
Et du point de vue électoral, les collectivités locales seront sensibles à ce développement !!!

pitlift | 13 novembre 2012 à 09h45
 
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Ah que d'intentions louables ! Mais o combien détournées de l'intérêt de la forêt même, de la vie .... jusqu'à la phrase "rentabiliser la forêt pour mieux la protéger". Là, je ne peux que réagir ! Pourquoi pas : "tuer pour mieux faire vivre?" aussi? Franchement, les moyens liés au développement durable, du type "produire plus en protégeant mieux" font dépenser bcp de salive, d'énergie sur le papier, dans les commissions, pour une efficacité casi nulle sur le terrain. L'efficacité de la filière française existe, elle est réelle, c'est le prix du bois lié à une concurrence internationale sauvage qui pille tout dans la complaisance la plus totale, d'où le ratio prix de la production/prix de vente de la coupe déséquilibré. Il existe des solutions de filière courte, mais améliorer la rentabilité en protégeant mieux .... un peu de bon sens !!

phil850 | 13 novembre 2012 à 15h17
 
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Et je le maintiens !
Je n'ai pas écrit cela par hasard ou par discours politicien.
Quand je parle de la foret, je parle bien entendu de la foret française et non pas de foret primaire.
Pour y avoir vécu pendant très longtemps et avoir vu l'évolution de la foret, je maintiens que la foret a besoin de soins pour se développer et, bien entendu, nous donner des ressources (et c'est bien là le but de la discussion : l'exploitation de la foret).
En dehors de tout discours sur le paysage, le stockage du CO2, la biodiversité, Une foret, pour fournir du bois exploitable, pour rester propre et ne pas risquer des incendies, pour ne pas provoquer des inondations par l'obstruction des cours d'eau, pour ne pas être envahie d'espèces animales ou végétales allotropes, nécessite un entretien régulier, le maintien des pistes en bon état, une surveillance fréquente. Cela passe par le développement de l'exploitation raisonnée, des sentiers de randonnée et/ou pistes de ski de fond.
Encore une fois, on parle de la valorisation de forets françaises et non pas de forets primaires à conserver dans leur état naturel et vierge.

pitlift | 13 novembre 2012 à 16h52
 
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Rebonjour Pitlift !
1. Je ne pense pas qu'on parle de la même chose lorsque nous parlons de vieilles forêts à conserver. Le débat existe en France, évolue à pas d'escargots. Mais ce n'est pas le débat en jeu ici.
2. il y a une différence entre "une belle forêt est une forêt propre" en monoculture ressemblant à un champ d'arbres, et une forêt où la biodiversité serait respectée (prise en compte du bois mort, des chandelles ou bois mort sur pied, des ilots de sénescence...). Il existe actuellement les 2 types en france, le premier restant le dominant (landes, morvan, tous types de profils de propriétaires, etc).
3. Quant à la rentabilité, je suis plus pour des objectifs sur le long terme respectant la biodiversité comme : aller vers des gros bois, de la futaie irrégulière, que le contraire. C'est respecter un peu plus la nature ! et la différence de rentabilité est un long débat .... et reste à prouver (surtout si l'on sort des schémas).
4. La forêt n'a pas besoin des forestiers pour vivre ou se développer, c'est le contraire.
5. Je n'ai rien contre les forêts de production, de protection, un entretien raisonné des cours d'eau, etc.
Je pense qu'on a des points de vue différents, mais que sur d'autres sujets l'on se rejoint aussi, et qu'il n'y a pas à être en opposition.
Toutefois, il est vrai que lire que rentabiliser la forêt est une manière de la protéger me fait bondir : Je suis moi aussi bien placé, tant professionnellement que dans mon mode de vie, pour en parler

phil850 | 13 novembre 2012 à 17h20
 
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Bonjour Phil,
On pourrait discuter longtemps encore tous les deux, tout en disant la même chose ou presque. Il est vrai que j'aime bien la provocation pour lancer le débat, cela a au moins l'intérêt de forcer l'échange.
J'ai pasé mon enfance dans les Alpes du Sud où j'ai découvert que les magnifiques forêts de mélèze d'altitude n'avaient rien de naturel, qu'elles avaient été plantées il y a un siècle environ.
J'ai vu comment cette forêt se développe, comment les essences occupent des espaces nouveaux, comment l'ONF les gère par des coupes d'exploitation et d'entretien, comment, dans des zones inaccessibles, elle vieillit et dépérit faute de coupes, comment elle se régénère très vite sur les zones de coupe, comment les fûts arrachés par des avalanches empêchent son développement...
De même en Provence, j'ai pu constater comment les pins d'Alep vieillissants deviennent fragiles et comment ces mêmes pins asphyxient les autres essences d'arbres, limitant la biodiversité.
Voilà pourquoi je parle d'un entretien et d'une exploitation nécessaires au bon développement d'une forêt de rendement.
Et là encore, j'insiste sur la définition de forêt de rendement.

pitlift | 14 novembre 2012 à 08h18
 
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Rebonjour Pitlift,
les plantations de forets de meleze et les plantations RTM de monoessences sont souvent au départ une erreur humaine qu'il faut maintenant gérer, oui. Ici dans les pyrénées il se fait souvent de la régénération de sapins locaux derrière les coupes de mélèze et l'ONF n'en plante plus. Concernant des espèces exogènes comme le pin d'alep, ou envahissantes, c'est sûr que la main de l'homme est fortement recommandée .... toutefois, concernant les forets en équilibre naturel (ripisylves, chénaies-frénaies, forêts de montagne, hétraies-sapinières, anciennes forêts paysannes, etc) la gestion raisonnée existe et c'est là qu'on se trouve aujourd'hui à un carrefour, avec d'un coté les méthodes classiques de coupe qui ne sont plus vraiment rentables et nécessitent un investissement lourd, et de l'autre, une conscience accompagnée de méthodes de gestion qui font leur preuve, ont moins d'impact sur la biodiversité, voire accompagnent une certaine naturalité, et permettent une rentabilité souvent proche ou supérieure car avec moins d'entretien : voir méthodes de prosilva france, avis de forestiers du type Jean Claude Génot, de Refora, du réseau forêt de FNE composé de spécialistes et anciens forestiers .... donc on est bien à une intersection, où il faut faire attention au greenwashing et aux faux problèmes visant à redonner un souffle à une filière en difficulté, notamment à coup de subventions où elles n'ont pas lieu d'être. Une forêt gérée de manière durable, vraiment

phil850 | 14 novembre 2012 à 14h32
 
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Les plantations de forets de mélezes dans les Alpes relevaient d'objectifs économique (occupation des sans-emplois et création de forets exploitables) et d'aménagement (confortement des pentes nues et création de zones boisées) décidées par Napoléon III. Le résultat, après plus d'un siècle, est tout à fait louable. On peut féliciter l'ONF qui a su, au fil des décennies, préserver et exploiter ces forets.
Je ne pense absolument pas que cela ait été une erreur, au contraire. Le résultat est bien à la hauteur de leurs attentes. Ces forets sont très riches en faune diversifiée, la flore a su trouver sa place, les sols sont stabilisés.
Le seul phénomène non prévu à l'époque est la progression de la foret, dont la disparition du pastoralisme favorise son extension en altitude et tend à faire disparaitre les prairies d'altitude (en 30 ans, la foret a ainsi gagné 300 m d'altitude, soit 10 m par an). Aujourd'hui, ces mélèzes sont toujours sains mais vieillissent et l'ONF fait procéder à leur abattage ciblé pour permettre leur remplacement par de jeunes plants en laissant les branchages sur place par endroits.
On ne m'enlèvera pas de l'idée que cette gestion est viable, économiquement et écologiquement durable et qu'il n'y a pas de raison pour ne pas la continuer.
Pour les forêts de Provence dont le pin d'Alep est devenu l'espèce majoritaire, notamment suite à l'abandon des oliveraies en 1957, le problème vient du vieillissement de ces pins qui deviennent dangereux.

pitlift | 14 novembre 2012 à 16h18
 
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Oui, on parle bien des RTM (restauration de terrains de montagne) engagés au 19è siècle. C'était essentiel à l'époque, mais on se retrouve aujourd'hui avec des "cultures" monospécifiques et du même âge qu'il faut gérer.... et ça vous semble écologique, ça? Quant à sa reconquète, le mélèze est un pionnier, que fallait il en attendre? Heureusement que le mélèze ne produit pas d'acidité pour le sol, et qu'une flore peut se développer dessous .... et puis il permet aussi aux troupeaux de paturer sous la forêt. Ce qui n'est pas le cas du douglas, pin maritime et nombreuses autres essences qui ont été replantées ailleurs (et on continue) en monospécifique et futaie régulière, stérilisant les sols, il existe de très nombreux cas dans d'autres régions françaises. Si tout vous semble rose dans ce qu'entreprend ou a entrepris l'ONF... tant, mieux, ça ne me gène pas !
Mais sachez qu'on peut VRAIMENT mieux faire sans modifier la rentabilité de la forêt. Il suffirait d'abord de regarder la forêt dans un autre autre que purement utilitaire, pour s'apercevoir que l'écosystème a énormément à nous apprendre pour que nous équilibrions nos comptes. Il y a aussi des exemples positifs de régions de montagne entières en futaie irrégulière qui fonctionne et paie, servons nous en.

phil850 | 14 novembre 2012 à 17h17
 
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Mais je n'ai pas parlé d'environnement "naturel", j'ai parlé de forets exploitées.
Encore une fois, le constat est que les forets "libres" françaises ne sont pas toutes naturelles (elles sont même très rares), elles résultent ou d'une sylviculture en déclin, ou de parcelles agricoles abandonnées et retournées à l'état de forêts.
Le thème initial de la discussion parle de l'exploitation de la forêt et de ses problèmes.
Je ne suis pas assez qualifié, malgré mon master en environnement, pour juger de l'état initial de la forêt française et la possibilité (ou la volonté) de rétablir cet état.
Il en va de même pour toute activité agricole : depuis que l'homme est passé de chasseur-cueilleur à agriculteur, il a modifié son environnement. Aucun champ "bio" ne ressemble à la croissance naturelle de céréales ou au développement naturel des gallinacés ou des aurochs.
Je provoque volontairement, mais l'enjeu est de valoriser un patrimoine, pas de le faire revenir à son état initial.

Toujours cordialement,
Pitlift

pitlift | 14 novembre 2012 à 18h20
 
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Pitlift, la forêt en France ne retrouvera jamais son état initial, car elle a toute été profondément modifiée par l'intervention de l'homme, ou presque. Toutefois, ses équilibres naturels existent de la même manière qu'autrefois : les propriétés du sol, le cycle, l'interaction entrte les espèces, etc. Si vous êtes pour que l'homme exploite la forêt avec les outils qu'il désire sans tenir compte des potentialités et du fonctionnement de l'écosystème, libre à vous. C'est d'ailleurs très tendance ... Pourtant, la fonction écologique ne peut pas être séparée de la fonction économique sur un même territoire, sinon c'est la cata. Et je parle bien de forêts exploitées. D'autres pays le font, comme la Suisse, même la belgique fait mieux. Et pour reprendre votre exemple sur l'agriculture, je m'investis plus à pousser de petites exploitations en bio qu'à investir en bourse dans les champs de blé de la Beauce (en gros). La forêt est un projet humain au même titre que l'agriculture, derrière il y a un projet de société, celle dans laquelle on vit. Mais j'avoue que c'est un choix et que chacun a le sien, on peut voir la forêt à travers des calculs mathématiques (pour info, 1/2 des forêts françaises à la vente l'année dernière ont été achetées par des banques ou des assurances). Un livre intéressant si ça vous dit: les arbres qui cachent la forêt, la gestion forestière à l'épreuve de l'écologie, il y en a d'autres mais celui là me vient à l'esprit car je viens de le terminer. Voila...

phil850 | 16 novembre 2012 à 11h28
 
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