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Le Varenne agricole de l'eau et du changement climatique est lancé

Le Varenne agricole de l'eau se concentrera sur trois thématiques : la gestion des risques, l'adaptation de l'agriculture et l'accès à une vision partagée concernant la ressource en eau mobilisable sur le long terme. Retour sur les objectifs annoncés.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com

« Le changement climatique ce n'est pas uniquement de la sécheresse en été mais également l'augmentation des phénomènes extrêmes, une augmentation conséquente de l'évapotranspiration des plantes notamment dans le pourtour méditerranéen, a rappelé Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'alimentation à l'ouverture du Varenne agricole de l'eau et du changement climatique. Ces enjeux ont conduit le président à souhaiter l'organisation de ce Varenne. Car notre souveraineté alimentaire pourrait être remise en cause ». Annoncé en avril, le Varenne s'est ouvert officiellement ce vendredi 28 mai.

Les ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture ont fixé trois thématiques sur lesquelles des groupes de travail dédiés réfléchiront. Parmi celles-ci la volonté « de partager une vision raisonnée des besoins et de l'accès aux ressources en eau mobilisables pour l'agriculture sur le long terme » sera conduite par le groupe de travail 3.

Exacerbée par les changements climatiques, la question de la gestion de l'eau et du partage selon les usages, notamment agricoles, est sensible.  Différents travaux et initiatives ont d'ores et déjà essayé d'apporter des réponses dont la seconde séquence des Assises de l'eau, les réflexions autour du projet de décret sur la gestion quantitative de l'eau (présenté en conseil des ministres le 16 juin prochain), les soutiens du plan France relance ou encore l'outil de concertation, le projet de territoire pour la gestion de l'eau (PTGE). Ce dernier constitue un des axes de travail du groupe 3.

Lancée de longue date, cette dernière démarche a peiné à dépasser les clivages sur le sujet. Le Gouvernement a souhaité redonner une nouvelle dynamique à l'outil : en 2015 puis en 2019, deux instructions sont venues l'encadrer pour essayer de débloquer la situation dans plusieurs territoires. Il a également fixé un objectif de faire aboutir 50 de ces projets d'ici 2022 et 100 d'ici 2027.

Lever les points bloquants des projets de territoire pour la gestion de l'eau

Si les choses se sont améliorées depuis les instructions - aujourd'hui 43 PTGE seraient adoptés et 30 en cours de concertation -, un certain nombre de difficultés persistent. « Nous commençons à avoir une base de PTGE, salue Julien Denormandie. Beaucoup d'acteurs de terrain reconnaissent que c'est un socle mais déplorent la longueur de la démarche ». Les ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture ont donc lancé une mission d'appui au PTGE en mars dernier pour identifier les points bloquants. Celle-ci partagera son retour d'expérience avec les membres du groupe de travail au cours d'un atelier.

Un autre axe de réflexion vise la meilleure mobilisation des gisements d'eau existants pour l'agriculture. « Pourquoi ne pas regarder les possibilités de transfert d'eau, de stockage, d'utilisation d'eau usée épurée même si cela n'interdit pas les économies d'eau, a indiqué Luc Servant, président de la Chambre régionale d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, co-animateur de ce groupe de travail. Ce dernier examinera la faisabilité technique, économique et social d'un accès sécurisé à la ressource et établira un plan stratégique de mobilisation des gisements identifiés.

Le dernier sujet d'étude de ce groupe de travail portera sur la politique d'aménagement à mener pour répondre aux besoins en eau à l'horizon 2050. Notamment « une mise en cohérence » des événements extrêmes, crues et sécheresse. « Nos missions ont finalisé une vision prospective à l'horizon 2050 et c'est une bonne base, a assuré Julien Denormandie. Mais il y a des questions sur lesquelles il faut encore trouver un consensus ». Une trajectoire sera ensuite tracée avec un point d'étape en 2035. Les résultats de ces travaux devraient être connus à la fin du Varenne, en janvier 2022.

Encourager l'adaptation de l'agriculture

Le Varenne prévoit également de s'intéresser à l'adaptation de l'agriculture dans le cadre du groupe de travail 2.  Il devra notamment réfléchir à des actions sur les sols, les variétés, les pratiques culturales et d'élevage, les infrastructures agro-écologiques ainsi que l'efficience de l'eau d'irrigation. Le groupe de travail se penchera sur les leviers par filière pour l'adaptation au changement climatique. Des diagnostics territoriaux seront initiés pour identifier l'impact du changement climatique sur les pratiques à l'échelle régionale. Des réflexions thématiques seront également menées notamment sur une irrigation efficiente, la sélection génétique et les possibilités pour une agriculture de résilience pour les 15 prochaines années. En 2022, des plans d'adaptation régionaux seront lancés sur la base des diagnostics. « Les stratégies d'adaptation vont croiser les filières et les territoires », pointe Anne-Claire Vial, présidente de l'Association des instituts techniques agricoles (Acta).

En complément des coups de pouce déjà prévus dans le cadre du plan de relance, les deux ministères ont annoncé le lancement d'un appel à projets innovation « aléas climatique » doté de 20 millions d'euros notamment pour encourager de nouveaux équipements.

Prévoir des outils de gestion des risques

Le dernier groupe de travail (groupe 1) va poursuivre des travaux engagés pour refondre le dispositif d'assurance récolte mais également la gouvernance du fonds calamités (FNGRA). Il va également s'attaquer à un protocole de gestion agricole des crises de sécheresse. Ce dernier incluera des indicateurs agro-météorologiques, des leviers administratifs et techniques et des schémas de gouvernance territoriale. « Une instruction sera envoyée aux préfets pour qu'il puisse être applicable dès cet été, a pointé Julien Denormandie. Il y a aussi une question d'innovation sur les moyens de gérer la crise : nous allons organiser un Hackathon pour incuber les innovations à l'automne sur ce sujet ».

Pour essayer de garantir la sérénité des débats, les deux ministères indiquent qu'ils posent comme prérequis le recours à des travaux scientifiques (l'Inrae et l'Acta notamment constitueront l'appui scientifique) ainsi qu'à l'innovation mais également l'engagement des participants à travers une charte. « Notre idée est d'avancer des solutions concrètes, a indiqué Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'alimentation. Nous avons une méthode qui sera la garantie de la réussite de nos travaux, les sujets les plus complexes, j'appelle à garder une posture d'écoute et de bienveillance : nous souhaitons que chacun des participants s'engage à respecter des principes dans une charte d'engagement ».

Une approche qui n'a pas convaincue l'association France Nature environnement (FNE) qui refuse pour l'instant de participer à l'événement. « Ne pas participer ne veut pas dire que nous nous désintéressons du sujet bien au contraire, nous serons extrêmement vigilants, explique Florence Denier-Pasquier, vice-présidente de l'association. Mais il y a une perte de confiance, c'est ceci qui a motivé notre refus de participer : cet événement est à visée électorale et nous ne voulons pas participer à cela ».

Réactions5 réactions à cet article

 

Et allez donc! FNE claque la porte avant de la franchir, arguant d'une "perte de confiance" et d' "un évènement à visée électorale"!
Les principes d'écoute et de bienveillance souhaités, par le ministre, de la part des participants sont étouffés dans l'oeuf, et par voie de conséquence, les conciliations, ajustements, ententes et améliorations consensuelles, espérées pour résoudre cette question compliquée, sont rejetées ab abrupto.

Cette attitude de rejet, quels qu'en soient les motifs, confine à de la haine de basse cuisine politicienne. L' expérience qu'une telle conduite, à l'égard des compromis, nous donne de la personnalité de certaines ONG, nous force à les placer malgré nous dans la classe de ces gens dont il faut être haï pour avoir le droit de s'estimer soi-même: Pathétique!

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 31 mai 2021 à 11h39
 
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Certains ont tellement pris l'habitude de prendre les environnementaliste pour des plantes vertes juste là pour décorer les instances de "concertation" - et accessoirement en valider les quorums, sans lesquels les formes des textes règlementaires ne peuvent être respectées, ô suprême outrage ! - qu'ils ont oublié que chacun peut encore parfois avoir son libre arbitre...
A force de pousser trop loin le bouchon et de chercher en permanence à faire avaler des anacondas (tant on a dépassé depuis belle lurette le stade des couleuvres) aux environnementalistes, il arrive que l'on récolte ce que l'on sème, Euplectes. Un si grand défenseur de l'agriculture intensive comme vous ne saurait avoir oublié ce principe de base de l'agronomie ?! Et rejeter la faute à celui qui a la nausée des agressions et vexations qu'on lui inflige à longueur de temps constitue une manifestation on ne peut plus classique d'un mépris de caste, tout autant qu'une non moins classique technique de tentative de désinformation bien rodée.
Au passage, on aura noté votre usage du mot "haine", élément de langage - banderille que tout lobbyiste de l'agro-industrie se doit de décocher régulièrement aux "écolos" pour être estimé de ses pairs...

Pégase | 31 mai 2021 à 14h06
 
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Cher Pégase,

Merci pour votre réponse. Non, je ne suis pas à la tête d'un groupe de pression au service de l'agro-industrie (définition du lobbyiste). Non, je ne suis pas un défenseur de l'agriculture intensive. Non, l'aversion profonde ("haine") que certains écologistes politisés me portent n'est pas la récolte de ce que j'ai semé. Non, je n'ai pas "d'esprit de caste", je n'ai d'aversion pour personne et mes propos ne sauraient être méprisants pour quiconque.

Le seul lobbyisme que j'ai la faiblesse de revendiquer est de tenter de promouvoir et de favoriser, je l'ai proclamé cent fois, les consensus nés de compromis élaborés grâce à la science. Car aussi bien j'ai conspué, en son temps, les "ne rien laisser passer" et les biais et moyens détournés de Monsanto pour vendre son glyphosate, aussi bien je déplore, aujourd'hui, la posture de la chaise vide de FNE.

Le vaste genre des environnementalistes comporte de nombreuses espèces. L'espèce "écologiste" en fait partie, dont la sous-espèce "écologiste politisé". Cet écologisme là n'a pas le privilège de l'environnementalisme. Le Pr Dumont ne disait-il pas: L'écologie n'est ni de droite ni de gauche?

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 31 mai 2021 à 17h30
 
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La science, tout du moins celle issue d'organismes et labos de recherche suffisamment indépendants de l'industrie, étaye année après année la thèse montrant qu'il est grand temps de changer de système agricole (produire désormais moins mais mieux), tant les impacts du modèle intensif dominant sur l'environnement deviennent techniquement insoutenables et politiquement injustifiables.
Quant à vous avoir lu conspuer Monsanto vendant son glyphosate, excusez-moi mais là, j'ai vraiment du rater un métro ! Ravi néanmoins de vous compter désormais parmi celles et ceux qui dénoncent les pratiques déloyales de cette société agro-industrielle.

Pégase | 02 juin 2021 à 14h35
 
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Mais vous êtes tout excusé, cher Pégase!

En effet, j'ai dénoncé ( le mot est faible) la manière adoptée par le fabricant (Monsanto) pour défendre le glyphosate. Peut-être pensez vous avoir "raté un métro", mais je crois plutôt que ce métro-là n'a pas fait halte à cette station-ci.

En revanche, je me suis longuement et abondamment attaché ici à exposer et montrer que cet herbicide, employé correctement, est une substance dotée d'une toxicité générale (aiguë ou chronique) fort peu préoccupante (sources ANSES, EFSA, ECHA, OMS - excepté son satellite le CIRC de Lyon), si on la compare à celle d'autres herbicides.

Alors, cher Pégase, permettez moi de vous interroger: Doit-on traîner aux gémonies une substance, herbicide efficace et de faible toxicité (connaissances actuelles), au seul motif que son fabricant a déployé une stratégie sulfureuse pour faire pièce aux attaques peu sincères dont il était la cible?

Quand à l'utilisation équitable de l'eau, pardonnez à votre tour cette innocente boutade: "Pour partager l'eau, il faudra en avoir suffisamment" (citation).

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 02 juin 2021 à 16h21
 
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