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Un plan international de sauvegarde du vautour percnoptère sera mis en œuvre fin 2008

À l'issue d'un séminaire organisé par la LPO, les spécialistes européens du vautour percnoptère ont décidé de mettre en œuvre d'ici fin 2008, un plan d'action international pour sauvegarder cette espèce menacée de disparition.

Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
   
Un plan international de sauvegarde du vautour percnoptère sera mis en œuvre fin 2008
   
Menacé de disparition à l'échelle mondiale, le vautour percnoptère est passé dans la catégorie des espèces de ''Préoccupation mineure'' à ''En danger'' sur la Liste Rouge de l'Union Mondiale pour la Nature (UICN) publiée en septembre 2007. Le nombre total de vautours répertoriés dans la Liste s'élève en effet désormais à 9.956 dont 1.217 sont menacés.

Dans ce contexte et à l'issue d'un séminaire international qui s'est tenu les 31 janvier et 1er février au Pont du Gard en France, les spécialistes européens du vautour percnoptère ont décidé de mettre en œuvre d'ici fin 2008, un plan d'action international pour sauvegarder cette espèce. En effet, si pour le public les charognards n'attirent pas la sympathie de primes abords, leur rôle dans la nature est pourtant primordial puisqu'en ''nettoyant'' des carcasses, ils jouent un rôle nécessaire d'''éboueur'' et limite ainsi la propagation des maladies.

Ce petit vautour migrateur transsaharien connaît une régression dramatique en Europe, a expliqué la LPO, organisatrice du séminaire. Selon l'association environnementale, en 42 ans les populations du vautour percnoptère ont connu un déclin continu supérieur à 50 % en Europe, notamment dans le Sud-est du continent (Bulgarie, Italie, Yougoslavie, Croatie, Macédoine). En Grèce, sa population s'est effondrée de plus de 80 %, ces dernières années. Il a aujourd'hui disparu de Roumanie et de Serbie.
En Afrique et en Asie, les vautours percnoptères sont aussi sur le déclin. L'Asie a enregistré une régression de 90 % sur la même période. Le vautour s'est également raréfié en Afrique au point de disparaître de certains pays notamment en Afrique du Sud. En Inde, ses populations, qui ont diminué de 80% depuis 1991, subissent actuellement une chute de 35 % chaque année.

La disparition des vautours est due au manque de nourriture, à la perte d'habitat et à la collision avec les lignes à haute tension. L'UICN a également identifié d'autres causes à l'instar de l'Asie, où son déclin est poussé depuis huit ans par l'utilisation d'un médicament, le diclofenac, destiné au traitement du bétail. Ces vautours sont également victimes d'empoisonnement en Afrique par des insecticides aspergés sur les carcasses dans le but d'éliminer les prédateurs du bétail. De même, l'utilisation de produits chimiques pour protéger les cultures et limiter la prolifération d'espèces animales considérées comme « nuisibles » constitue une des causes de mortalité d'un grand nombre de vautours et de rapaces par l'intoxication de leurs chaînes alimentaires.

En France, le vautour percnoptère est également menacé. Selon la LPO, l'espèce voit son alimentation disparaître, du fait de la diminution des pratiques d'élevage traditionnel et des contraintes législatives et réglementaires en matière sanitaire. Ces contraintes auraient des conséquences sur les opérations de conservation qui visent à renforcer les points d'alimentation destinés aux vautours. L'application d'une décision européenne en Espagne, qui compte aussi des populations de vautours percnoptères, aurait conduit à la fermeture de 95 % des aires de nourrissage des vautours, souligne la Ligue Pour la Protection des Oiseaux.

Si le tableau s'assombrit encore, avec le fait que le vautour percnoptère est victime de chasse aux trophées et de pillage de nid, on notera toutefois que la Mission Rapaces de LPO, qui coordonne les plans de restauration du vautour percnoptère, indique que l'espèce ''regagne du terrain'' en France. Selon l'association, le vautour aurait enregistré une progression de 22 % en l'espace de 8 ans. En 2007, l'espèce comptait 87 couples contre environ 70 en 1999. Elle a désormais quasiment reconquis son aire de distribution d'antan, des Pyrénées jusqu'aux Alpes, en passant par la Méditerranée, précise la LPO.

Cette progression des populations françaises s'expliquerait par des actions de conservation de l'espèce engagées dans le cadre d'un programme Life Nature et d'un Plan national de restauration du vautour percnoptère initié en 2002 par le Ministère de l'Écologie et du Développement Durable pour une durée de 5 ans. L'objectif principal de ce plan était d'accroître la population de cette espèce ainsi que son aire de répartition en France. Il a concerné deux zones géographiques : le Massif pyrénéen et le Sud-Est.

Selon la LPO, un plan international de sauvegarde du vautour perconptère devrait être mis en œuvre en Europe, après approbation, à la fin de cette année, avec le concours de BirdLife International. Sa première finalité sera de mettre en réseau les énergies et de lister les principales menaces afin d'y remédier, explique l'association. Gageons que ce plan international permettra au vautour percnoptère de déjouer les menaces et de perdurer ainsi dans nos paysages montagnards, a déclaré Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO.

Réactions2 réactions à cet article

 
Et l'espèce humaine ?

La biodiversité avicole d'accord.

Mais on a parfois l'impression que les amoureux des oiseaux sont peu sensibles à la biodiversité des humains qui meurent de faim

Que pourrait-on faire en Afrique (entre autres) affamée avec le temps, l'énergie et l'argent des sauvetages des oiseaux même pas rares qu'on n'a pas le courage d'euthanasier ?

Il y a des militances indécentes

ODILE | 21 février 2008 à 07h16
 
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Re:Et l'espèce humaine ?

Je ne pense pas que les humains en Afrique meurent de faim à cause de ce vautour!!

Adressez-vous aux responsables qui maintiennent l'Afrique en esclave depuis des siècles! Il est très lâche de taper sur plus faible que soit.

Et chaque espèce qui disparaît mais la barre plus proche de l'Homme: un jour ce sera lui. Et les intégristes écologiques diraient qu'il faudrait que l'Homme disparaisse avant les autres espèces pour les protéger (source: Albert Jacquart, La Légende de la Vie, un très beau livre)

ladybird | 21 février 2008 à 12h26
 
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