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Le véhicule électrique devient avantageux en ville dès 2020

Dès 2020, le véhicule électrique sera plus avantageux que la voiture thermique en ville, et en particulier dans les centres denses. C'est vrai pour le portefeuille des propriétaires, comme pour l'ensemble de la société.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°372 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°372
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Dès 2020, le véhicule électrique est financièrement intéressant pour l'automobiliste qui circule en ville. Il le sera à partir de 2030 pour un usage mixte (trajets urbains et interurbains). Lorsqu'on intègre les bénéfices environnementaux, l'avantage pour l'ensemble de la société est plus restreint : l'analyse montre que le véhicule électrique est rentable sur le plan socio-économique dès 2020 en milieu très dense et à partir de 2030 en zone dense. Quant au véhicule hybride, il affiche un bilan défavorable à l'usager et à la société, en dehors de l'usage intensif en zone très dense que peuvent en faire les taxis des grandes agglomérations.

Telles sont les principales conclusions d'une étude réalisée par le commissariat général au développement durable (CGDD) du ministère de la Transition écologique et solidaire. Le rapport, publié ce mardi 18 juillet, compare les technologies électrique ou hybride au véhicule thermique à travers différents cas d'usage et dans différents milieux de circulation, aux horizons 2020 et 2030.

Des coûts environnementaux sensiblement réduits en ville

Sans grande surprise, l'étude constate que les véhicules électriques permettent de réduire sensiblement le coût environnemental par rapport aux voitures thermiques. Ce coût chute de 4 centimes d'euros par km (c€/km) pour une voiture essence en usage urbain très dense à 0,1 c€/km. La suppression des émissions polluantes locales, le bruit moindre et les très faibles émissions de CO2 générées par la production d'électricité française expliquent ce résultat. Les émissions de CO2 liées à la fabrication de la batterie participent aussi à cette baisse, mais dans une moindre mesure : 6 tonnes de CO2 sont émises pour la fabrication des deux batteries qui sont utilisées sur la durée de vie d'une voiture électrique, à comparer aux 38 tonnes de CO2 émises par un véhicule essence pour un usage urbain très dense.

Plus globalement, les faibles coûts d'usage du véhicule électrique compensent rapidement le coût à l'achat de la voiture, de la batterie et de l'infrastructure de recharge. L'étude estime qu'"il est déjà rentable financièrement pour l'usager en zone urbaine dès 2020". En revanche, à court terme, le bénéfice pour l'ensemble de la société est limité aux centres villes les plus denses. La pertinence socio-économique du véhicule électrique à l'horizon 2020 "est restreinte (…) aux zones urbaines très denses, dans lesquelles la valeur des nuisances évitées est maximale".

A plus longue échéance, la convergence des prix d'achat des voitures électriques (hors batterie) et thermiques rééquilibre le bilan socio-économique et l'écart de coût complet de possession (total cost of ownership ou TCO) supporté par l'automobiliste. Ils deviennent tous deux favorables à la voiture électrique en zone très dense et en zone dense à partir de 2030. Le bilan socio-économique en zone dense du véhicule électrique passe d'un surcoût par rapport à la voiture thermique supérieur à 4.000 euros en 2020, à un gain d'environ 300 euros en 2030. En zone très dense, le gain progresse d'environ 700 euros à plus de 5.000 euros entre 2020 et 2030.

La voiture hybride, une technologie de transition

Les véhicules hybrides, rechargeables ou non, ne sont rentables socio-économiquement et pour l'usager qu'en zone très dense en 2030 et uniquement en usage intensif. En 2020, le surcoût socio-économique pour un véhicule hybride en zone très dense est de moins de 2.000 euros. Une voiture hybride rechargeable affiche un surcoût de plus de 3.000 euros. En 2030, la situation se rééquilibre en zone très dense : l'hybride rechargeable présente un bilan positif d'environ 300 euros et l'hybride non rechargeable conserve un surcoût de moins de 1.000 euros. Les véhicules hybrides pâtissent des surcoûts à l'achat et à l'entretien, ainsi que de gains à l'usage égaux (hybride rechargeable) ou inférieurs (hybride non rechargeable) à ceux des véhicules électriques. "Ces technologies peuvent apparaître comme des technologies de transition entre le véhicule thermique et le VE", estime l'étude, ajoutant que leur intérêt décroîtra parallèlement au déploiement des infrastructures de recharges et aux progrès sur la batterie.

S'agissant d'un usage mixte (urbain et route), "aucune technologie alternative n'est plus rentable que les véhicules thermiques notamment ceux consommant du diesel". L'étude constate qu'en 2030, le surcoût socio-économique reste supérieur à 7.000 euros. La situation est pire en 2020 et pour les véhicules hybrides.

Réactions3 réactions à cet article

 

Vous nous expliquez que les voitures hybrides et autres multifiouls sont une solution intermédiaire afin que nous puissions faire le pas vers la mobilité durable. Pourtant cette mobilité durable est déjà existante. Le changement c’est maintenant, tous en route en véhicule électrique alimenté avec des EnR
Opérer une grande bifurcation
Vous déménagez 1 x par an, achetez vous votre camion de déménagement ? Même si vous ne possédez qu’une seule voiture dans la famille, c’est bien la question que l’on doit se poser lorsque vous vous décidez à faire le pas vers une mobilité respectueuse.
Le virage est là…Anticipez pour ne pas vous planter
Anticiper le virage de l’obsolescence par vos comportements. Evitons ce « moment de Minsky », préparons nous à temps à la révolution des énergies ! Hybride ou non la voiture thermique sera obsolète d’ici 8 ans. La pétrolette est dépassée.

ActiVE | 19 juillet 2017 à 10h26
 
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Au bout des voitures électriques il y a aussi des centrales nucléaires indéfendables

L'avenir aurait pu être depuis longtemps la mise en oeuvre très dérangeante des recherches et découvertes réalistes de M.Nikola Tesla, né le 10 juillet 1856 à Smiljan dans l'Empire d'Autriche (actuelle Croatie) et mort le 7 janvier 1943 à New York.

Vous connaissez un peu sa vie ?

Sagecol | 20 juillet 2017 à 14h56
 
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ENEDIS a t il assez de capacité pour produire puisque les bornes doivent être de 7 KVA pour une charge en 3 heures maxi?
Entre cout de production, vie du véhicule et se destruction puis recyclage des batteries: son bilan carbone global est il vraiment si performant?
Je suis très septique quant à cette solution soit disant verte, des voitures gavées en énergie nucléaire qu'on tente d'affaiblir à plus d'un titre dans la RT2012 avec le coefficient minimisé de 2.58.... C'est à n'y rien comprendre. Il faut 4 kw en production en centrale nucléaire pour obtenir une moyenne de 1 kw à son domicile: 3 kw de perdu en effet joule entre temps; j'appelle cela du gâchis et du grand n'importe quoi.
Aider moi, vous les défenseurs de cette solution verte en surface, dites moi que j'ai tord..

en veille | 20 juillet 2017 à 20h01
 
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