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Le véhicule électrique doit être utilisé intensément pour maximiser le gain environnemental

Un véhicule électrique doit être utilisé intensément en substitution d'un véhicule thermique pour qu'il y ait un gain environnemental significatif. C'est ce que conclut l'Ademe dans son avis consacré aux potentiels de ce mode de transport.

Transport  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

L'Ademe a publié jeudi 14 avril 2016 un avis sur les potentiels du véhicule électrique. Un avis qui vient à point nommé alors que ce marché connaît un premier frémissement sous l'impulsion des aides mises en place par les pouvoirs publics. Les ventes ont en effet augmenté de 65% en 2015, selon l'établissement public, même si leur volume représente encore moins de 1% des ventes totales de véhicules neufs.

"La réponse aux enjeux environnementaux du secteur des transports passe par une amélioration de l'efficacité énergétique des différents modes de transports et par une modification des comportements", rappelle préalablement l'Ademe. Le véhicule électrique (VE) constitue l'une des solutions à développer parmi d'autres, ajoute-t-elle, en émettant quatre recommandations principales relatives à son développement. Outre son optimisation pour des usages spécifiques, son intégration aux nouvelles offres de mobilité et sa contribution à la mise en œuvre de réseaux électriques intelligents, elle préconise d'utiliser le VE en substitution d'un ou plusieurs véhicules thermiques et de manière intense.

Gains environnementaux dans la phase d'usage

"A la différence des véhicules thermiques, la majorité des impacts environnementaux d'un VE interviennent lors de la phase de fabrication. Les gains environnementaux d'un véhicule électrique se retrouvent donc à l'usage", rappelle l'Ademe, qui a réalisé en 2013 une analyse de cycle de vie (ACV) complète de ce type de véhicule. Ces gains résident dans une réduction des émissions de gaz à effet de serre et des émissions polluantes, auxquelles s'ajoute une baisse des nuisances sonores.

"En France, la fabrication d'un véhicule électrique, son utilisation sur 150.000 km et sa fin de vie génèrent 9t CO2eq alors que le même cycle de vie d'un véhicule thermique génère 22t CO2eq", indique l'Ademe pour ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre. Toutefois, ce calcul repose sur l'hypothèse que l'électricité utilisée pour la recharge est faiblement carbonée, ce qui est le cas en France du fait de la part importante du nucléaire, et que la durée de vie des batteries est de 10 ans. Or, dans la pratique, cette durée de vie peut être plus réduite du fait de la faible utilisation de la batterie ou en cas d'exposition à de fortes chaleurs notamment.

En ce qui concerne les émissions de polluants, le VE n'émet ni oxyde d'azote (NOx), ni composés organiques volatils (COV), polluants qui sont en outre précurseurs d'ozone, rappelle l'Ademe. "Il contribue ainsi à l'amélioration de la qualité de l'air en ville en réduisant les concentrations de particules et de dioxyde d'azote là où il est utilisé, lorsqu'il se substitue à un véhicule thermique", conclut-elle.

Consommation énergétique proche de celle d'un diesel

Au plan énergétique, "la consommation (…) d'un VE est globalement proche de celle d'un véhicule diesel", relève l'Ademe. Car si sa chaîne de traction présente un excellent rendement énergétique, celui de la production électrique nécessaire pour recharger ses batteries est faible. En revanche, l'avis souligne l'intérêt du VE concernant la réduction de la dépendance au pétrole importé, d'autant plus que le mix électrique intégrera une part croissante d'énergies renouvelables (EnR). Un avantage qui se traduit économiquement par une baisse de la facture énergétique et, au plan environnemental, par une moindre sollicitation des ressources fossiles.

Le VE a des impacts négatifs sur l'environnement en termes d'acidification des milieux et d'eutrophisation des eaux, lors de sa phase de fabrication principalement. "Sur le cycle de vie du véhicule, ces impacts sont toutefois du même ordre de grandeur pour un VE que pour un véhicule thermique", affirme l'Ademe. Mais, celle-ci ne parle pas des matériaux nécessaires à la production des batteries des VE, notamment le lithium et les terres rares. L'avis souligne en revanche que l'utilisation en seconde vie et le recyclage des batteries permettent de diminuer ces impacts environnementaux.

Maximiser le gain en remplaçant plusieurs véhicules thermiques

"Le potentiel de gains environnementaux réside donc dans le remplacement d'un véhicule thermique, sur le même kilométrage que ce dernier, et non comme un véhicule supplémentaire destiné à être peu utilisé. De plus, s'il est utilisé intensément, en remplacement de plusieurs véhicules thermiques, ce gain environnemental sera maximisé", conclut l'Ademe.

Une utilisation intense d'autant plus conseillée que l'Ademe arrive à la même conclusion en prenant en compte non les facteurs environnementaux mais l'approche économique. "Le véhicule électrique devient économiquement viable à partir d'un kilométrage quotidien et d'une fréquence d'utilisation permettant d'amortir l'investissement initial", conclut l'avis. Il relève qu'à l'usage, le VE permet des économies significatives du fait de coûts de carburant, d'entretien et d'assurance moindres, alors que son prix d'achat est plus élevé que celui d'un véhicule thermique.

L'utilisation intense est donc préconisée par l'Ademe pour maximiser tant les gains environnementaux qu'économiques du VE par rapport au véhicule thermique. Et l'Agence de citer des exemples où son utilisation est particulièrement adaptée : trajets domicile-travail quotidiens importants en absence de transport en commun, flotte partagée de véhicules d'entreprises, services d'autopartage, ou encore livraisons de marchandises en ville.

Réactions3 réactions à cet article

 

Bonjour,

Il est indiqué dans le présent article que "les ventes ont en effet augmenté de 65% en 2015".
Cette augmentation s'est effectuée durant l'année 2015 ? Ou bien elle se rapporte à une date antérieure ?

D'autres sources indiquent une progression des ventes de 26% en 2015.

Les 65% d'augmentation constituent une progression nationale, européenne ou mondiale ?

Je vous remercie à l'avance de m'éclairer sur ce point.

Sissonne | 13 février 2017 à 14h32
 
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Bonjour Sissonne,
L'augmentation, selon l'Ademe, est de 65% entre 2014 et 2015. Ce chiffre concerne les véhicules particuliers et porte sur la France.

Laurent Radisson Laurent Radisson
14 février 2017 à 10h32
 
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Je vous remercie infiniment pour votre réponse.

Sissonne | 14 février 2017 à 15h58
 
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