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Actu-Environnement

Les véhicules électriques devraient être compétitifs en 2024

Le coût d'utilisation des véhicules électriques devrait baisser d'ici 2024 et devenir comparable à celui des véhicules thermiques. Pour favoriser cette évolution, les pouvoirs publics doivent soutenir les efforts d'efficacité énergétique.

Transport  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°365 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°365
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Les véhicules électriques pourraient être compétitifs en 2024, selon une étude publiée lundi 28 novembre par le Bureau européen des associations de consommateurs (Beuc, selon l'acronyme anglais). L'association évalue l'évolution attendue du coût total de possession des véhicules thermiques, hybrides et électriques, c'est-à-dire la combinaison de l'ensemble des coûts associés à la détention d'une voiture.

Coût d'usage des voitures électriques et thermiques comparables en 2030

Pour calculer le coût total de possession des véhicules, l'étude prend en compte le prix d'achat, et son financement, le prix de revente d'occasion, la facture de carburant, les charges d'entretien et le coût de l'assurance. L'analyse ne tient pas compte des incitations publiques en faveurs des voitures électriques, telles que le bonus écologique français à l'achat, les incitations fiscales ou les réductions du prix du stationnement. Le calcul porte sur une durée de propriété de quatre ans.

"L'un des résultats les plus remarquables de l'étude indique qu'entre 2020 et 2030, le déploiement des technologies à faibles émissions profitera financièrement aux consommateurs européens", explique le Beuc. La baisse du coût total de possession concernera aussi bien les voitures thermiques qu'électriques. Toutefois, cette baisse sera plus marquée pour les véhicules électriques. Ces derniers devraient rejoindre le coût d'utilisation d'un véhicule thermique en 2024. En 2030, tous les véhicules "alternatifs", hormis ceux fonctionnant à l'hydrogène, devraient avoir des coûts d'utilisation inférieurs à ceux des véhicules essence commercialisés aujourd'hui. Seul le diesel conserve un très léger avantage.

Concrètement, le coût d'usage d'un véhicule essence sur quatre ans devrait passer d'approximativement 27.000 euros en 2015 à un peu moins de 26.000 euros en 2030. Celui d'une voiture diesel varie peu sur la période et reste compris entre 25.000 et 26.000 euros. Le coût d'un véhicule électrique chuterait de 29.000 à 25.000 euros sur la même période. Enfin, le coût des véhicules hybrides se situe à des valeurs intermédiaires. Quant aux voitures fonctionnant à l'hydrogène, leur coût devrait rester élevé, passant de plus de 35.000 euros en 2019 à plus de 28.000 euros en 2030.

Cette évolution s'explique principalement par la baisse attendue du prix des motorisations électriques. Par contre, l'évolution du prix des carburants et de l'électricité influence nettement moins le coût total d'utilisation. La raison ? La facture carburant représente une part moins importante du coût total à mesure que l'efficacité énergétique des voitures progresse, explique l'étude.

Promouvoir l'efficacité énergétique

Selon le Beuc, les voitures électriques seraient abordables entre 2020 et 2030. Elles devraient se démocratiser puisque la baisse des coûts concernera le "segment C", c'est-à-dire les véhicules les plus populaires en Europe. La voiture électrique devrait donc "sortir de la niche du marché de luxe".

L'une des conséquences attendues concerne le segment des véhicules thermique qui devra s'adapter à cette évolution du marché. Des gains d'efficacité substantiels sont possibles en améliorant les moteurs, en réduisant le poids des véhicules ou en les rendant plus aérodynamiques. L'usage de technologie de pointe devrait renchérir le prix d'achat d'un véhicule thermique de 510 euros, en moyenne. En contrepartie, une économie de 499 euros est attendue sur la facture de carburant dès la première année. Au total, les économies s'élèveraient à plus de 6.500 euros sur l'ensemble de la durée de vie d'un véhicule thermique (16 ans).

Le Beuc formule plusieurs recommandations pour accompagner le mouvement. L'association estime que des objectifs ambitieux de réduction des émissions de CO2 sont essentiels, et pas uniquement en terme d'environnement. Ces objectifs doivent pousser les constructeurs à mettre sur le marché des technologies qui bénéficieront aux consommateurs. "Les décideurs politiques ne devraient pas être trop préoccupés par le coût pour les consommateurs associés à des objectifs ambitieux de réduction des émissions de CO2 et de consommation de carburant", défend le Beuc qui plaide pour un objectif de réduction des émissions des voitures de 30% entre 2005 et 2030.

Par ailleurs, le déploiement des véhicules électrique ne devrait plus être limité pour des raisons de coût à partir de 2020. Seul le peu de disponibilité des modèles et des bornes de recharges pourrait entraver l'essor du marché. Ces enjeux doivent être pris en compte, estime le Beuc, qui plaide pour le soutien au maillage du territoire en bornes de recharge et le maintien des aides publiques accordées aux véhicules électriques. Enfin, l'association attire l'attention sur la réduction de la pollution atmosphérique grâce aux zones à basses émissions. Elle met en avant les co-bénéfices en terme de réduction des émissions de CO2 et d'indépendance énergétique associés à la réduction de la pollution de l'air.

Réactions6 réactions à cet article

 

Quand prendra-t-on en compte le coût environnemental en particulier de le consommation colossale que représentera l'énorme quantité de batteries à fabriquer. Les circuits de recyclages suffiront ils a amenuiser ces impacts environnementaux?
Pour ceux qui tiennent vraiment à leur voiture particulière, des petits véhicules ne dépassant pas en zone urbaine les 50km par jour, qu'attend-on pour privilégier d'autres modes de déplacement comme les véhicules légers à moteur pneumatique.
L'alibi des émissions de CO2 n'est il pas une "balle tirée dans le pied" ?

DOMISYL | 30 novembre 2016 à 12h20
 
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Intéressantes réflexions ci-dessus

Au bout du fil qui sery à recharger une voiture électrique il y a une centrale nucléaire

Sagecol | 01 décembre 2016 à 08h29
 
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Bonjour,

Je souhaiterais connaître les raisons de la baisse attendue du prix de la motorisation.

Je fais référence dans cet article à la phrase suivante : "Cette évolution s'explique principalement par la baisse attendue du prix des motorisations électriques."

Je vous remercie à l'avance.

Sissonne | 31 janvier 2017 à 15h15
 
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Dans le prolongement de mon dernier message, je souhaite savoir si la prime pour l'achat d'un véhicule électrique versé par l'Etat serait maintenue en cas d'égalité des coûts d'utilisation avec les véhicules conventionnels.

Je vous remercie.

Sissonne | 31 janvier 2017 à 16h04
 
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Bonjour,

L'étude fait le constat d'une baisse régulière du coût des motorisations électriques et estime que la tendance va se prolonger. L'écart de prix entre thermique et électrique devrait être réduit à 4% en 2020 et à 1,5% en 2025. Reste bien sûr à ajouter le coût des batteries.

Quant à l'aide publique à l'achat, elle dépend avant tout de choix politiques.

Cordialement,

Philippe Collet | 31 janvier 2017 à 16h17
 
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Je vous remercie infiniment pour ces réponses.

Sissonne | 31 janvier 2017 à 16h44
 
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