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Vélo : les conditions d'usage jugées « plutôt défavorables » par les cyclistes en 2021

Comme tous les deux ans, la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fub) a sondé les cyclistes pour connaître le « climat cyclable » des villes de France. Si le vélo séduit de plus en plus, les conditions ne sont pas encore optimales.

Transport  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
Vélo : les conditions d'usage jugées « plutôt défavorables » par les cyclistes en 2021

Il s'agirait tout simplement de « la plus grande enquête citoyenne sur le vélo dans le monde ». Ce jeudi 10 février, à l'occasion de son 22e congrès, à Tours, la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fub) a présenté les résultats de son dernier baromètre biannuel des villes cyclables. Mené en ligne, de septembre à novembre 2021, ce sondage a recueilli 277 000 contributions de cyclistes de toute la France. Il a ainsi permis de classer le « climat cyclable » ressenti dans 1 625 communes et de cartographier plus d'un million de points d'intérêt.

Des attentes encore insatisfaites

Parmi les cyclistes sondés, 76,4 % se déplaceraient à vélo au moins une fois par semaine. La Fub identifie cependant une réduction, d'environ 16 % en deux ans, du nombre de cyclistes déclarant utiliser leur vélo tous les jours. Elle explique cette disparité, en partie, par le plus large panel de répondants recensés cette année. Elle note, par exemple, un plus grand nombre de femmes (46 %, soit + 4 %) qu'auparavant. S'agissant du ressenti global sur l'usage du vélo en 2021, la majorité des sondés atteste, en moyenne, d'un climat cyclable « plutôt défavorable » dans l'ensemble des villes classées par le baromètre. « Les attentes des usagers évoluent souvent plus vite que le rythme des politiques mises en place », souligne la Fub.

Pour 47,8 % des cyclistes, les conditions d'usage du vélo – ressenties comme mauvaises, pour 64 % des répondants – restent identiques à ce qu'elles étaient en 2019. Pour changer la donne, les personnes interrogées ont ainsi cartographié plus de 553 000 points d'intérêt à améliorer en priorité, ainsi que 366 000 points « de besoin en stationnement vélo ». « Le vélo, au-delà̀ d'être un mode de déplacement, est un formidable outil de transformation des territoires et de la vie des citoyens, remarquent Thibault Quéré, responsable du plaidoyer, et Thibault Vermeulen, chargé de campagne baromètre de la Fub. Le baromètre des villes cyclables constitue le point d'entrée pour opérer cette transformation, alors osons davantage et répondons ensemble au défi collectif de construire des villes et des villages cyclables. » Sur le plan global, la Fub privilégie notamment la réduction de la place de la voiture, comme « condition sine qua non à la création d'un environnement permettant à tout le monde de circuler à vélo en confiance ».

La Corse, région la plus mal notée

Malgré l'état de la situation nationale, certaines villes sortent encore leur épingle du jeu. Sur les quelque 1 600 communes classées par les cyclistes, Saint-Aubin-de-Médoc (Gironde) arrive en tête du peloton. Cette commune de 6 800 habitants en banlieue de Bordeaux a reçu la note de 4,89/6 (A+), enregistrant une progression de 69 % en deux ans. La Nouvelle-Aquitaine est d'ailleurs la région où se trouve la majorité des communes les mieux notées. Du côté des 38 grandes villes françaises (de plus de 100 000 habitants), selon les cyclistes, Bordeaux, Paris, Lyon ou encore Marseille restent moins favorables au vélo que Grenoble (4,21/6) ou Strasbourg (4,18/6). « Elles n'ont pas d'autres choix que de s'engager dans la transition mobilitaire » pour lutter contre la pollution de l'air et la congestion de l'espace public, d'après la Fub.

Concernant les mauvais élèves, les 218 villes moyennes (entre 150 000 et 100 000 habitants) classées constituent la catégorie la plus mal notée. « Semblant hésiter entre être de grands villages ou de petites métropoles, les villes moyennes se trouvent à ne bénéficier ni des aménagements faits pour le tourisme à vélo des uns, ni disposer de l'ambition, des moyens et de l'expertise technique nécessaires à la construction du système vélo des autres, énonce la Fub. Les notes sévères traduisent également une attente très forte des citoyens, qui souhaitent le même niveau d'exigence dans les politiques cyclables, pour des communes qui, à leur échelle, structurent les déplacements de dizaines de milliers de personnes pour le commerce, l'emploi, l'éducation, l'offre culturelle, sportive et touristique. » Sur le plan régional, la Corse (ainsi que la vingtaine de communes d'outre-mer incluses dans le baromètre) compte le plus grand nombre de mauvaises notes.

Réactions4 réactions à cet article

 

A Paris où j'habite, il apparait clairement que la politique vélo de la municipalité, objet d'une communication omniprésente et autosatisfaite (sans jeu de mots!), est surtout une orientation électoraliste qui s'adresse aux couches moyennes supérieures et jeunes qui font l'essentiel des votes en sa faveur.
Sur le fond, cette politique soi-disant favorable est même parfois carrément dangereuse pour les cyclistes: nature (voire ce qui se fait en la matière ailleurs en Europe) et absence d'entretien du marquage au sol ainsi que de la voirie elle même, "pistes" cyclables à contre sens de petites rues à sens unique hyper accidentogènes...etc

BIB57 | 11 février 2022 à 12h04
 
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"Les attentes des usagers évoluent souvent plus vite que le rythme des politiques mises en place"

Je vais parler pour ma ville (Colmar). Ce n'est pas qu'une question de volonté électoraliste des politiques, ils savent qu'il y a des choses à faire à ce sujet mais çà coûte énormément de temps et d'argent, c'est tout un système de communication et de recirculation qu'il faut repenser, on est quand même une agglo de 100.000 hbts, on n'est pas 1000 .. tout ne se construit pas en un an, ni même 5. Et les usagers, eux, sont de plus en plus en plus exigeants (s'entend plus exigeants vis à vis des autres que vis à vis de leur propre comportement, d'ailleurs).
Je nuancerai donc la phrase de M.Gouty en la reformulant ainsi " Les attentes des usagers évoluent souvent plus vite que le comportement des non-usagers vis à vis des usagers...et vice-versa!". C'est d'abord un mode de cohabitation qu'il faut entièrement repenser et appliquer DES DEUX COTES.

nimb | 13 février 2022 à 14h27
 
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Dans nos campagnes (sud du Tarn), rien n'est fait pour inciter les usagers à prendre le vélo. Des départementales et des routes entre villages sur lesquelles les gens roulent entre 70 et 90 (v. plus...) km / heure. Il est vrai qu'il y a moins de monde, donc moins de voiture, mais est ce une raison pour ne donner aucun moyen aux ruraux d'avoir une alternative à la voiture? Oui, c'est cher, mais si l'on veut réduite les GES, n'est ce pas la priorité?

Mel | 14 février 2022 à 10h49
 
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mel pour Mel.....
Vous avez raison, en matière de vélo, les ruraux sont encore plus mal lotis que les urbains et lorsque l'on se compare à nos voisins il y a de quoi avoir honte: j'ai passé mes vacances à la fin des années 90 aux fins fonds de la Bavière, on y trouvait déjà (il y a près de 30 ans!) en pleine campagne des pistes cyclables indépendantes des voies routières (et si on parlait de la collecte des déchets la comparaison serait encore plus impitoyable - ou la France plus pitoyable c'est selon....)!

BIB57 | 14 février 2022 à 11h13
 
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