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Actu-Environnement

Vélo : le Club des villes et territoires cyclables veut pérenniser les progrès réalisés en 2020

L'année qui s'ouvre doit être consacrée au maintien et à l'accélération de la dynamique initiée en 2020. Les mesures en faveur du vélo ont donné de très bons résultats, mais le Club des villes cyclables craint que le soufflet ne retombe.

Transport  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Les mesures prises à l'issue du premier confinement ont permis d'ancrer rapidement la place du vélo dans les mobilités quotidiennes. « En 2021, on ne peut pas rater l'étape de la pérennisation », prévient Pierre Serne, mardi 9 février, à l'occasion de la présentation de la troisième étude du Club des villes et territoires cyclables sur la dynamique des aménagements de transition. « Il faut très vite de bons signaux », plaide le président du Club, estimant que « la dynamique a ses fragilités et doit être accompagnée ».

Globalement, les conclusions de l'étude sont très encourageantes. Le Club entend donc mobiliser les acteurs pour poursuivre l'effort, notamment à l'occasion des débats sur le projet de loi issu des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Le Club compte aussi défendre la formation des cyclistes (via notamment le programme « savoir rouler à vélo » pour les enfants de 6 à 11 ans), militer pour l'amélioration de la sécurité des cyclistes (contre le vol et les accidents de la route), ou encore plaider en faveur du soutien aux ménages les plus modestes.

Les collectivités rurales s'impliquent

Cette troisième version de l'étude dédiée aux mesures transitoires en faveur du vélo dresse un large panorama de la situation en ce début d'année : 148 collectivités, regroupant 31,5 millions de Français, ont été interrogées, dont un tiers présentant une dominante rurale. Elle montre un large développement des politiques cyclables, puisque 84 % des collectivités se sont engagées dans un ou plusieurs projets d'aménagements. L'étude fait ressortir que 65 % des collectivités interrogées ont renforcé et accéléré leur politique cyclable à l'occasion de la crise sanitaire. À l'avenir, 87 % d'entre elles prévoient de pérenniser leurs aménagements temporaires, voire de les étendre.

Comme pour de nombreux secteurs, 2020 a été « une année exceptionnelle », résume Pierre Serne, qui estime que des « étapes importantes » ont été franchies pour le développement du vélo. Catherine Pilon, secrétaire générale du Club, note pour sa part que, si les aménagements cyclables ont surtout été réalisés en zone urbaine, « la bascule va au-delà [de ces] "usual suspects" ». En l'occurrence, l'étude montre que 40 % des projets portés par les collectivités rurales ont été réalisés. Or, le Club rappelle que les territoires peu denses sont pénalisés par des ressources humaines et financières limités, ainsi qu'une moindre nécessité d'aménager en urgence pour des raisons sanitaires (moindre promiscuité et faiblesse relative des transports en commun dans la mobilité).

Catherine Pilon explique aussi que la pratique du vélo a fait un bond en 2020, avec une hausse de 10 % sur un an, une progression qui serait plus proche de 30 % s'il n'y avait pas eu les confinements. D'ailleurs, constate Françoise Rossignol, vice-présidente du Club, le mois de décembre a été très bon, alors que la météo n'a pas été favorable. Autre symbole fort : la barre du million de vélos réparés sur une année a été franchie, rapporte Pierre Serne.

Renforcer le projet de loi climat et résilience

Pour autant, le Club distingue des « signaux inquiétants ». Bien sûr, il existe un risque de retour en arrière, mais seulement une minorité de collectivités locales le font réellement. « Il ne faudrait pas que ce soit l'arbre qui cache la forêt », rassure Catherine Pilon.

Par contre, l'absence de mesure en matière de vélo dans le projet de loi climat et résilience alarme beaucoup plus le Club. Sur ce sujet, Matthieu Orphelin, qui participe au Club des élus nationaux pour le vélo (anciennement Club des parlementaires pour le vélo), souhaite que le texte soit amendé pour inscrire dans la loi la généralisation du forfait mobilité durable à toutes les grandes entreprises. La mesure, explique le député non-inscrit du Maine-et-Loire, permettrait de réduire les émissions françaises de 4 millions de tonnes de CO2 (MtCO2). De même, explique-t-il, il serait bienvenu d'étendre, sous certaines conditions, la prime à la conversion à l'achat de vélos.

Deux autres sujets inquiètent les défenseurs de la petite reine. Tout d'abord, Jean-Baptiste Djebbari, le ministre délégué aux Transports,n'aborde pas du tout le thème du vélo dans l'interview qu'il a accordée récemment à la Gazette des communes. Ensuite, les 200 millions d'euros accordés dans le cadre du plan de relance semblent être devenus un plafond, alors que la présentation initiale avait laissé penser qu'il s'agissait d'un montant minimum. La question financière est d'autant plus critique aux yeux du Club que l'année à venir s'annonce sous le signe de la contrainte budgétaire : la crise sanitaire impose une hausse de certaines dépenses, alors que les ressources publiques sont en baisse.

Réactions8 réactions à cet article

 

Pas mal, cet article, et je partage l'avis final, à savoir que c'est avant tout géré par "le pognon"..... confinement, chômage partiel, les ressources publiques souffrent, celles des particuliers touchés (par l'activité partielle) aussi. C'est d'ailleurs peut être pour cette raison qu'une partie des urbains prennent leur vélo : çà leur coûte moins cher à la pompe en fin de mois.
Merci d'ailleurs à AE d'avoir donné, récemment, le lien de la (2e) étude des villes cyclables. Je suis en train de la lire, c'est relativement facile à comprendre au niveau technique et aussi financier : c'est là qu'on mesure le coût d'une politique vélo pour une collectivité, et c'est loin d'être indolore.
Et comme le restitue M.Collet, la pratique hors urbaine est sans doute moins développée car plus difficile et plus coûteuse à mettre en oeuvre. D'un autre côté, les embouteillages et l'air vicié par les véhicules, c'est en ville donc c'est sûrement là qu'il faut pousser avant tout.
Juste une dernière chose : autoriser le transport de vélos dans les trains aiderait sans doute la progression. Par exemple, début des années 2000, les TER Alsace les autorisait. Puis vers 2010, on les a interdit des lignes aux horaires de pointe, au motif que çà prenait trop de place au détriment des passagers.... on est en 2021, les TER Alsace ont ré-émis l'idée d'accepter les vélos.....

nimb | 11 février 2021 à 09h48
 
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C'est sur qu'en agglomération c'est très compliqué, il y a le manque de place, c'est particulièrement idiot d'avoir mis des tram partout au lieu de métros aériens comme au Japon.
Alors c'est le cafouillage, et si encore les tram avaient fait disparaître les bus?
Les accidents de vélo sont devenus tellement courants, bus, poids-lourds, fourgons (refus de priorité en général) que sauf décès, les journaux locaux n'en parlent pas.
Au Mans, il y a eu de gros efforts il faut le reconnaître, il y a néanmoins encore des débiles jamais verbalisés à stationner dessus les pistes cyclables, il faut trouver un concept ou ces actes délictuels deviennent mécaniquement impossibles, haie, muret.
La voie cyclable doit être aussi importante que celle des voitures et des bus, et s'il y a deux voies pour les autos, on bloque une des voies.
Et ça dans toute la France, obligation de verrouiller les pistes cyclables.
Et saisir le vélo de ceux qui ne les prennent pas.

pemmore | 11 février 2021 à 13h51
 
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Progrès réalisés en 2020... voire ! j'habite en proche banlieue sud. Un grand axe, 2x3 voies dont une voie de bus. La voie de bus a été transformée en piste cyclable avec des bites tous les 20m pour la séparer. C'est une horreur : la soi-disant piste cyclable est devenue une voie de parking, et à cause des bites, pour doubler les voitures à l'arrêt (redémarrage sans clignotant, ouverture des portières, etc.), il faut largement empiéter sur la voie de circulation. Sans parler des voies de bus déportées en plein milieu des chaussées à Paris, avec un monstrueux ralentisseur pour les vélos au niveau des arrêts de bus, piétons dans tous les sens, flaques d'eau pérennes. C'est au final beaucoup plus dangereux qu'avec la bête voie de bus. Oui, mais voilà, on a créé une piste cyclable, c'est bon pour le bilan de vertitude de l'agglomération...

dmg | 11 février 2021 à 19h09
 
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@ dmg
je sais c'est compliqué mais il faut faire appliquer la loi, une piste cyclable c'est pas un parking, en principe c'est une cause de fourrière, à la limite créer une association ou mieux envoyer un courrier avec le mot : association en cours de création.
Voire avec les motards en colère, ça peut paraître idiot, mais si les vélos se retrouvent obligés d'encombrer la route, c'est le pire danger pour un motard de devoir gérer d'autres 2 roues sur le même espace, et eux ce ne sont pas les relations haut placées qui leur manquent.
Tiens justement j'allais envoyer à mon maire un mail concernant une ancienne voie romaine inutilisée pour en faire faire une route à tracteurs et vélos banales dans l'ouest strictement interdites aux voitures.
Je vais faire ma petite ba pour les velosses (patois d'ma coin)

pemmore | 11 février 2021 à 20h09
 
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très difficile de cohabiter dans des villes conçues au Moyen Age, finalement, c'est à pied qu'on est le mieux.
J'habite la campagne, et je ne peux me déplacer qu'en voiture pour le travail, les courses, les médecins spécialistes, mais j'évite le plus possible les agglomérations.
je pratique le vélo autour de chez moi, sur les petites routes, en une heure je croise, une dizaine de voiture. La ville me fait peur.

naphtes | 12 février 2021 à 10h48
 
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C'est vrai qu'on trouve des villes infectes et dangereuses pour tout le monde d'ailleurs, alors partager l'espace est un casse tête pour les équipes municipales, ils étaient persuadés que les gens oublieraient leur voiture pour prendre le tram, ben non, ceux du tram sont ceux qui allaient en bus ou à pieds, et une bonne partie de ceux qui vont à vélo ont quitté leur voiture pour prendre le vélo, et le tram a les mêmes défauts qu'en 1940, lent et encombrant sur un espace considérable pour le service rendu,
Sans oublier les accidents, passer les voies reste risqué en vélo et patinette.
+ le manque de fiabilité et disponibilité, on dépend toujours de gens qui font grève ou se reposent le week-end.
Impensable à notre époque d'automatisation.
Dans ce dont on cause, les grandes voies qui entrent en ville avec doubles voies de tram, il n'y a pas de vraie piste cyclable, en Vendée ça n'est pas rare une voie fermée, interdite aux piétons, mais en Vendée le vélo est roi comme en Hollande.
Je pense que le mieux serait une voie centrale qui éviterait les cafouillages habituels, des feux adaptés et limiterait stricto senso le danger.
Pour tourner à droite le vélo se trouverait dépasseur éventuellement bousculé au lieu d'être dépassé et écrabouillé.

pemmore | 12 février 2021 à 18h35
 
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j'ai des grands doutes sur l'équilibre vélos/motos/voitures/transports en commun. Dans ce pays, on ne sait pas accueillir, c'est ce que je tire de mon expérience professionnelle, très multiple, depuis 1973. Le modèle est reproduit : les voitures ne savent accueillir les motards et vice versa, je pourrais continuer. Commençons par apprendre à accueillir les autres et ça ira mieux.

naphtes | 15 février 2021 à 09h32
 
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J'abonde dans le sens de Naphtes. Depuis plusieurs années, on a catégorisé chaque type d'usagers, en leur allouant un espace à chacun. Résultat : quand on a le malheur d'empiéter brièvement sur la voie de l'autre, on est limite guéguerre. Je ne parle pas là des bandes cyclables peintes à la va-vite, tellement vite que leur conception est proche du néant et leur utilisation réservée au stationnement. Peut être ne faut-il pas blâmer que les stationnants mais aussi les concepteurs. Par contre, c'est clair que lorsqu'on réaménage une trois voies exclusivement pour voitures en 2xautos et 1xcyclos, il faut par contre sécuriser. Maintenant, sur pas mal de d'axes de campagne, ou même de villages et petites villes, tout le monde doit pouvoir réapprendre à cohabiter, ne serait-ce que parce que l'espace de circulation n'est pas indéfiniment extensible.

nimb | 15 février 2021 à 11h09
 
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