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Le Vidourle : un des fleuves les plus dangereux de France

En 2002, ce fleuve côtier des Cévennes connut une crue exceptionnelle, plus violente encore que la crue qui toucha Paris en 1910. Résultats ; d'énormes dégâts matériels et un décès. Depuis, tout un programme de protection est progressivement mis en place mais est-ce vraiment suffisant ? Reportage.

Reportage vidéo  |  Risques  |    |  Baptiste ClarkeActu-Environnement.com
Le Vidourle : un des fleuves les plus dangereux de France

Le risque inondation est important le long du Vidourle ; il concerne 89 communes soit 130.000 habitants (200.000 l'été), 11 ICPE, 26 campings, plus de 40.000 ha de surface inondable.

Après une crue historique en 1958, trois barrages écrêteurs de crues ont été construits. Ils permettent de stoker l'eau et de la relâcher de façon maitrisée. Mais la crue de 2002 fut si puissante que ces barrages furent submergés. Le débit du fleuve atteind alors 2.500m3/s ! Plus important encore que la crue historique qui toucha Paris en 1910 (avec 2.400m3/s)… Résultats, trente-cinq ruptures de berges dans la basse vallée et donc des inondations considérables dans de nombreuses communes.

En réaction, le syndicat interdépartemental d'aménagement du Vidourle (SIAV) élabore le "plan Vidourle", un programme de gestion globale de la protection des populations contre les inondations. En 2002, ce programme fut classé projet pilote national par le ministère de l'Ecologie, ainsi le syndicat reçu des aides financières importantes pour mener à bien ce plan d'actions. Par ailleurs, le SIAV devient en 2007 un "EPTB", établissement public territorial de bassin.

Mise en œuvre d'un "PAPI"

Un premier programme d'action de préservation des inondations a été établi. Il concerne en priorité les digues de protection. Exemples de travaux sur Gallargues Le Montueux : le confortement des zones de surverse pour les rendre moins vulnérables, recul de la digue existante et reconstruction en retrait, poutre de calage en béton sur la crête de la digue complétée de matelas Gabions, etc. Ainsi sur plusieurs kilomètres, différentes techniques sont utilisées pour renforcer les digues proches des communes ou de zones agricoles.

Sommières figure parmi les communes les plus touchées par les crues du Vidourle et comme parfois les digues ne suffisent plus à contenir le fleuve, en amont de la commune, dix hectares furent aménagés pour permettre au Vidourle de déborder : une zone d'expansion de crues pour limiter les impacts des inondations sur les zones urbanisées. Dans cette zone, un "peigne à embâcles" a été installé, une sorte de filtre pour retenir les troncs d'arbres arrachés par le courant et éviter ainsi qu'ils fassent barrage, surtout sous les ponts où il y a un risque de submersion.

Ce premier PAPI de 30 millions d'euros va être suivi d'un second PAPI de 70 millions d'euros et l'Etat alloue à chaque fois environ 40% du budget, suivent la région, les conseils généraux du Gard et de l'Hérault et l'Europe. "Il reste près de 10 ans de travaux pour aller jusqu'au bout de la stratégie de lutte contre les inondations", selon de directeur de l'EPTB Vidourle. Des digues de second rang cette fois et aussi la construction d'une dizaine de bassins de rétention.

Toutefois le risque zéro n'existe pas proche d'un tel fleuve et tout le monde en est bien conscient, c'est pourquoi la plupart des communes en zone à risque ont élaboré un plan de sauvegarde communal (PCS).

La culture du risque

Le plan de sauvegarde communal vise à mettre en place une stratégie d'intervention pour éviter une situation de crise. Prenons le cas de Sommières, une commune inondée par le Vidourle presque chaque année. Avant toute intervention des services de la commune, il y a une phase de prise d'informations.

En plus des différentes sources d'informations classiques, la commune est en contact permanent avec Predict Services, une filiale de Méteo France, EADS et BRL (Bas Rhône Languedoc). Cet organisme réalise une veille hydro-météorologique, 24h/24 et 7j/7. Ensemble, ils ont établi le fameux plan de sauvegarde communal ; cela signifie qu'à partir du moment où le Vidourle entre en crue, il est évalué toutes les 5 minutes et dès qu'un seuil critique est dépassé, l'organisme informe les élus qu'il faut déclencher le plan d'actions.

La commune dispose alors d'environ deux heures trente pour sécuriser son territoire. La chronologie des zones impactées a été préalablement définie ainsi que les centres d'accueils. Toute la population est informée par une sirène. Puis par des messages diffusés grâce à un réseau de hauts parleurs, les habitants sont appelés à leur domicile. Predict vient de mettre en place une application sur smartphone pour que chaque habitant sache ce qu'il doit faire en fonction de la situation. Les zones refuges sont au premier étage. Des camionnettes sont prévus pour vider rapidement les commerces en rez-de-chaussée, enfin en théorie, pas toujours facile dans les petites rue d'une ville médiévale. Mais le résultat est là ; les dégâts matériels sont maitrisés, les accidents rares et aucune perte humaine à déplorer depuis de nombreuses années.

Polémique

Même si la commune arrive à s'en sortir, les travaux menés par l'EPTB Vidourle n'ont quasiment rien changé ; toujours autant inondée lors des crues. Il faut dire que Sommières fut érigée en partie sur un pont puis développée sous le pont, dans le lit mineur… Néanmoins, les élus réclament à l'Etat une validation du projet de construction d'une dizaine de bassins de rétention en amont de la commune, qui permettraient, selon eux, de réduire de façon considérable l'impact de ces inondations.

Réactions1 réaction à cet article

 

"Culture du risque comme la première protection" ! Cela montre bien l'absence de bon sens des politique et pourquoi des actions excessivement coûteuses ne s'attaquant pas aux causes sont mises en oeuvre. Cela s'appelle mettre la charrue avant les boeufs.
Seul l'évocation de l'agroforesterie semble appropriée. Cependant, il faut que cela soit étendu aux pratiques agricoles en général et non simplement pour faire un filtre aux branchage ! Quid de la bétonisation (de 2006 à 2010, la part des sols dits "artificialisés", c'est-à-dire bétonnés, a augmenté de 6% alors que, dans le même temps, la population, elle, ne progressait que de 2,3 %.) ?
Quid des constructions en zones inondables ?
Quid des sillons dans l'axe de la pente qui ne retiennent pas l'eau ?
Quid des labours profonds et des intrants qui tuent la vie en terre et l'empêche ainsi de retenir l'eau ?
Quid de la suppression des haies ?

JVA2roues | 17 novembre 2015 à 11h09
 
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