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Villes 100% renouvelables : cinq recommandations tirées des exemples européens

Une étude présente cinq axes de travail pour atteindre des agglomérations 100% renouvelables. S'appuyant sur des exemples internationaux, le document illustre les recommandations retenues avec des applications pratiques en France.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Villes 100% renouvelables : cinq recommandations tirées des exemples européens

Ce lundi 26 septembre, le réseau pour la transition énergétique (Cler), le Réseau Action Climat (RAC) et Energy Cities ont publié une étude présentant des pistes d'actions et des solutions pour les décideurs locaux qui souhaitent engager une transition vers des villes 100% énergies renouvelables. Réalisé conjointement avec l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), le document s'appuie sur des études de cas de cinq "champions européens" : Barcelone (Espagne), Francfort (Allemagne), Frederikshavn (Danemark), Genève (Suisse) et Malmö (Suède). Parallèlement, le document présente des exemples français de mise en œuvre de projets pour la transition énergétique.

"Il n'y a pas deux villes ou métropoles identiques", rappelle l'étude, ajoutant que "le chemin emprunté pour aller vers 100% d'énergies renouvelables sera différent en fonction des ressources naturelles disponibles sur leur territoire et dans les territoires voisins, mais aussi selon les priorités [énergétiques retenues]". Toutefois, l'étude met en lumière cinq grands axes de travail sur lesquels peuvent s'appuyer les villes qui souhaitent s'engager.

Fixer le cap et coopérer avec les zones rurales

Tout d'abord, les élus doivent redonner sa place au long terme, en adoptant une vision d'avenir. Fixer un objectif 100% énergies renouvelables permet de prendre acte de la volonté politique d'une collectivité de s'engager et d'adopter un cadre officiel qui mobilise tous les acteurs et ressources techniques, administratives et financières. "2050 peut être un horizon qui concilie le temps nécessaire aux transitions énergétiques et urbaines (compte tenu des inerties) et la nécessité d'agir sans attendre face aux changements climatiques et à l'épuisement des ressources naturelles", estime l'étude. Il s'agit de l'horizon retenu par Saint-Etienne (Loire) pour atteindre 70% de renouvelables produites localement dans le mix énergétique et par Bordeaux Métropole (Gironde) et l'Occitanie pour être respectivement une agglomération et une région à énergie positive.

De même, le lien entre la ville et les zones rurales alentour doit être privilégié. Le constat est simple : même en réduisant fortement leur consommation énergétique, la plupart des villes européennes ne pourront la couvrir grâce à leur propre production renouvelable. Il faut donc tisser de nouveaux partenariats pour assurer un approvisionnement à proximité en bois, en biogaz ou en électricité renouvelable. "C'est ici l'occasion de créer un lien gagnant-gagnant entre des territoires urbains et ruraux", explique le document qui rappelle que "les villes ont tout intérêt à contribuer financièrement ou techniquement au développement de la production d'énergies renouvelables dans les territoires ruraux avoisinants". Quant aux collectivités rurales, elles doivent pouvoir garder le contrôle des projets. Pour concilier ces exigences, les régions peuvent avoir un rôle de coordination et d'animation. Leur intervention permet "de s'assurer de l'équilibre des pouvoirs entre les territoires ruraux et les métropoles grandissantes". Ainsi, la région Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Lyon (Rhône) ont élaboré avec les partenaires locaux un "projet sylvicole de territoire" qui détaille la gestion forestière sur les 60 à 80 prochaines années.

Lancer des projets concrets et impliquer les acteurs

Le troisième axe de travail est la mise en avant des projets concrets. Il s'agit ici de porter une attention particulière aux actions de court terme qui aboutissent à des résultats visibles. Certes, fixer un objectif à long terme est important, "mais paraîtrait incantatoire s'il n'était accompagné de mesures immédiates". De plus, pour atteindre un objectif à l'horizon 2050, il convient d'engager les changements au plus tôt. "Oser l'expérimentation, c'est démarrer à petite échelle pour généraliser ensuite plus facilement", explique le document qui plaide pour que les résultats des projets soient valorisés pour mobiliser les acteurs dans la durée. A titre d'exemple, pour atteindre 50% d'énergies renouvelables dans son patrimoine d'ici 2020, la ville de Lorient (Morbihan) mise notamment sur une production d'électricité en autoconsommation via des panneaux photovoltaïques sur ses bâtiments.

L'implication des acteurs du territoire joue aussi un rôle clé. "Fixer un cap vers le 100% énergies renouvelables implique de changer radicalement de modèle, et donc aussi de pratiques et jeux d'acteurs", résume l'étude. Il est donc important de permettre aux acteurs du territoire de participer, de co-créer et de développer de nouveaux modèles économiques autour de la transition énergétique. La diversité des projets, leur transversalité et le fait que les acteurs se les approprient permettront d'atteindre l'objectif fixé. Pour cela, des débats et des consultations peuvent être utiles, à l'image de celles mises en place à Grenoble (Isère), via un panel citoyen d'une trentaine de personnes, ou à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), avec les dialogues citoyens appelés "portraits de quartier".

Enfin, la ville 100% renouvelables sera une "ville intelligente", estiment les auteurs de l'étude, considérant que "la transition énergétique peut être facilitée par le numérique : accès simplifié aux transports collectifs, partagés ou actifs, pilotage de la consommation d'énergie au sein d'un bâtiment, variation de l'éclairage public en fonction de la présence de passants, interaction entre les réseaux énergétiques". Toutefois, la technologie seule ne résoudra pas tout. Pour être efficaces, les expérimentations doivent partir des usages des acteurs.

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