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Véhicule électrique : l'Union européenne mise sur les batteries électriques de nouvelle génération

L'Europe est à un moment critique. Elle doit rapidement massifier ses investissements pour augmenter ses capacités de production de batterie. La Commission européenne mise avant tout sur la prochaine génération.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

L'exécutif européen en est bien conscient : développer le véhicule électrique à grande échelle implique une forte croissance de la demande de batteries en Europe. "Les batteries sont au cœur de cette nouvelle révolution industrielle et sont un élément clé de la transition vers la mobilité propre", constate la Commission européenne qui qualifie de "stratégiques" leur développement et leur production. Pour autant, l'Europe a déjà accumulé du retard par rapport à l'Asie et, dans une moindre mesure, les Etats-Unis. Le marché est actuellement dominé par les Chinois Build Your Dreams (BYD) et Contemporary Amperex Technology Co Ltd (CATL), les Coréens LG and Samsung et les Japonais Panasonic and NEC. Outre-Atlantique, Tesla a une bonne longueur d'avance.

 
Les batteries sont au cœur de cette nouvelle révolution industrielle et sont un élément clé de la transition vers la mobilité propre  
Commission européenne
 
Toutefois, les deux superpuissances n'ont pas encore pris une avance irrattrapable. Début novembre, la Commission estimait dans sa communication sur la mobilité basses émissions que beaucoup reste encore à faire : la demande européenne en batteries lithium-ion devrait atteindre entre 37 et 117 gigawattheures (GWh) en 2025, contre 10 GWh aujourd'hui. Au niveau mondial, la demande devrait s'établir entre 210 et 535 GWh en 2025 (78 GWh actuellement).

Concentrer les efforts sur la prochaine génération

La Commission estime aussi que l'Europe dispose d'atouts pour rattraper son retard en matière de batteries, puisque la politique de l'Union européenne en matière de mobilité propre apporte de la "prédictibilité" au marché. Elle pense en particulier à sa proposition de révision de la réglementation sur les émissions de CO2 des voitures et à l'avantage accordé aux constructeurs qui dépassent l'objectif de véhicules à émissions faibles (-50 g de C02/km) ou nulle fixé à 15% des ventes en 2025 et à 30% en 2030. Elle pense aussi à sa stratégie de déploiement de bornes de recharge. Elle rappelle enfin les annonces des constructeurs qui veulent proposer de nouveaux modèles de voiture électrique dans les prochaines années.

Mais pour que la production de batteries en Europe change d'échelle au plus vite, les industriels doivent "investir massivement" dans l'ensemble de la chaîne de valeur avant 2025. Bruxelles identifie un enjeu en particulier : il est "crucial" de passer rapidement de la recherche, à la mise à l'essai, puis à la fabrication de batteries européennes de technologie avancée. La Commission propose donc de miser d'ores et déjà sur les batteries de la prochaine génération, plutôt que de tenter de rattraper le retard pris sur les batteries actuelles.

Une rallonge de 200 millions d'euros

Cette stratégie implique de regrouper les acteurs européens des secteurs nécessaires au transfert des futures technologies des laboratoires aux usines capables de les produire massivement et de façon compétitive sur le territoire européen. "En raison du niveau et de l'urgence de l'investissement nécessaire, cela ne peut pas être fait de manière fragmentée", prévient Bruxelles. Les investissements sont d'autant plus élevés que l'Europe ne peut pas se concentrer sur un projet ou une seule technologie.

Pour lancer l'initiative, l'Union européenne annonce vouloir y consacrer 200 millions d'euros supplémentaires entre 2018 et 2020. Cette somme s'ajoutera aux 150 millions déjà programmés. Par ailleurs, le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI) du Plan Junker et certains instruments européens, comme le volet "Projets de démonstration liés à l'énergie" d'InnovFin, proposeront des financements par le biais de la Banque européenne d'investissement. Le EFSI et le Fonds européen de développement régional (Feder) disposent de près de 80 milliards d'euros, rappelle la Commission.

Un premier rendez-vous en février 2018

Mais avant d'allouer des fonds, l'exécutif européen encourage l'union entre les acteurs du secteur. Début octobre, Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne pour l'Union de l'énergie, a lancé un groupe de travail sur la création de la filière européenne de production de batteries que l'Europe appelle de ses vœux. Une cinquantaine d'entreprises et centres de recherche y ont pris part, parmi lesquels les Français Bolloré, CEA Liten, EDF, PSA, Renault, Saft (la filiale de Total), et Solvay, ainsi que les Allemands BASF, BMW, Daimler, Siemens, ou encore Volkswagen.

L'objectif est de préparer une feuille de route en vue de créer une alliance pour donner forme à l'ambition européenne en matière de batterie. Celle-ci sera présentée à l'occasion des Journées européennes de l'industrie qui se tiendront les 22 et 23 février 2018 à Bruxelles. L'exécutif européen ne compte pas s'impliquer directement, mais plutôt catalyser les ambitions des différents industriels concernés. Ce rôle pourrait aussi être joué par les Etats membres intéressés. Reste que le temps presse et qu'il ne sera pas forcément aisé de faire travailler ensemble des acteurs qui se livrent par ailleurs une redoutable concurrence.

Réactions2 réactions à cet article

 

Bonjour,
même avec la meilleure technologie propre embarquée, le parc de véhicules roulants continuera à consommer et fragmenter les espaces naturels et à écraser des millions de bestioles (insectes, hérissons, reptiles, batraciens, oiseaux, chauves-souris, etc.), faune sauvage déjà décimée par l'agriculture intensive, l'urbanisation et la destruction de leurs habitats. Et il semble prouvé que moins et mieux un véhicule consomme, plus son utilisateur va parcourir de kilomètres avec.
Il faut donc non seulement rendre le parc de véhicules beaucoup moins polluant (du berceau à la tombe) mais également changer de modèle d'utilisation /consommation. Or cette dernière composante est très largement ignorée par les pouvoirs publics et les utilisateurs. Cela devrait faire partie des prérogatives des organismes en charge de la sécurité routière et faire partie du cursus délivré par les auto écoles.

Pégase | 05 décembre 2017 à 09h54
 
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Ce que vous dites est exact, néanmoins ce n'est pas vraiment le sujet de l'article.

Dans un monde de plus automatisé et plus homogène, il est crucial de ne pas se contenter de suivre mais d'innover.

Ou alors, ne pas pleurer et voter pour des partis nationalistes lorsque les emplois seront ailleurs (a minima ceux les plus qualifiés).

Après, ce n'est pas si catastrophique car des usines de fabrication de batteries ouvrent et ouvriront aussi en UE (LG Chem en Pologne, SK Innov en Hongrie, ...). Mais purée entre Volkswagen et son dieselgate, Daimler/Mercedes qui démonte à la sauvage une Tesla pour "apprendre", Renault partageant avec FiatCA les diesels plus les plus pourris, PSA qui a raté le changement de siècle... reste BMW ... qui ne sera jamais destiné au plus grand nombre.

En Chine, la plupart des scooters en vente sont électriques, ça fait réfléchir.

Nicolas | 05 décembre 2017 à 15h43
 
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