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Actu-Environnement

La voiture électrique, dernier sursaut d'une chimère en déroute ?

Objet d'un engouement tardif de la part des industriels, la voiture électrique est présentée comme le remède aux maux du climat et comme une alternative écologique. Mais les performances annoncées ne sont-elles pas une manière de déplacer le problème ?

Décryptage  |  Gouvernance  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com
   
La voiture électrique, dernier sursaut d'une chimère en déroute ?
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''Who Killed the Electric Car ?''. C'est le titre d'un documentaire de l'Américain Chris Paine, qui retrace la fascinante épopée de l'automobile électrique EV-1 (Electric Vehicule 1), mise sur la route par General Motors en 1997 avant d'être envoyée à la casse. Quelque 10 ans plus tard, l'EV-1 a complètement disparu de la circulation et GM est en faillite. La voiture à essence n'est plus au goût du jour, mais l'industrie automobile, inféodée à l'industrie pétrolière, a raté le rendez-vous. Résultat : la voiture américaine électrique est passée dans les poubelles de l'histoire et la Prius Toyota a conquis les autoroutes californiennes. Aux Etats-Unis, General Motors a reçu quelque 50 milliards de dollars de la part de l'Etat américain qui a racheté 65% des parts de l'entreprise. Pour autant, les contreparties environnementales se font attendre. Certes GM a vendu en octobre dernier sa marque de gros 4x4 Hummer au groupe chinois Sichuan Tengzhong Heavy Industrial Machinery, le premier rachat par des intérêts chinois d'une filiale d'un constructeur automobile américain. Et la mise sur le marché de la berline hybride rechargeable de GM, la Chevrolet-Volt, est annoncée pour 2011. Entre temps, la Prius est devenue l'emblème du véhicule hybride. Et le géant automobile américain vacille. Dans son rapport annuel, remis aux autorités boursières en mars 2009, il a admis être au bord de la faillite.

Saturation de l'espace, des esprits et du marché

Pourtant, le mythe automobile demeure enraciné dans les imaginaires. Roland Barthes, dans un texte sur la DS paru dans ses fameuses Mythologies (1957), décrit l'automobile comme ''l'équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques''. L'imaginaire occidental mondialisé est façonné par le rêve de voiture individuelle toute puissante, à grand renfort de campagnes publicitaires. Sans scrupule de greenwashing, BMW, dans une campagne récente, fait l'apologie de la ''joie'' procurée par ses surpuissants engins métalliques : ''la Joie est une énergie positive'', ''la Joie adore la technologie de récupération de l'énergie au freinage'', ''la Joie est généreuse en équipements, en financements, en avantages''… Tout un programme existentiel. Dont l'emprise est réelle. Ce fétiche moderne qu'est l'automobile est bel et bien parvenu à occulter d'autres manières d'envisager la mobilité. On ne relira jamais assez le texte phare d'Ivan Illich, Energie et équité (1973), où le penseur de l'écologie politique assimile les déplacements et la recherche de la vitesse à une manie qui aboutit à dessaisir l'usager de son autonomie, confondant liberté de mouvement et liberté d'être transporté, dont la ''perception traditionnelle de l'espace, du temps et du rythme propre a été déformée par l'industrie''. Dans le même ordre d'idées, l'historien des techniques Jean Robert distingue vitesse de circulation et vitesse généralisée d'un mode de transport, laquelle tient compte de la quantité de travail nécessaire pour acquérir le moyen d'être transporté. Si l'on considère la vitesse généralisée comme le résultat de la division du kilométrage annuel effectué par le temps passé dans ce mode de transport et, à l'extérieur, à gagner de quoi le payer, seuls les très riches gagnent du temps en auto. Les autres ne font qu'effectuer des transferts entre temps de travail et temps de transport. Résultat : les sociétés industrielles consacrent entre le quart et le tiers de leur budget-temps social à la production des conditions d'existence de la vitesse. C'est l'envers, encore largement impensé, de ce que le philosophe Peter Sloterdijk désigne comme ''l'automobilisation'' complète de la société : ''Qui conduit une voiture s'approche du divin, il sent son petit moi s'élargir en un Soi supérieur qui lui donne en patrie le monde entier des voies rapides et qui lui fait prendre conscience du fait qu'il a vocation à une vie supérieure à l'existence semi-animale du piéton'', ironise-t-il dans La Mobilisation infinie (1989).
Entre célébration de la jouissance et projet d'émancipation métaphysique, les constructeurs tablent sur l'addiction des consommateurs, qui selon Marie-Jeanne Husset, directrice de 60 Millions de consommateurs, ne sont pas prêts à renoncer à la voiture individuelle. Pourtant, le marché donne des signes de faiblesse. En France, c'est un million de voitures en moins qui sortent en 2007 des chaînes de production par rapport à 1990. Les capacités industrielles, structurellement excédentaires, se tassent, même si, en Europe, la stagnation du marché est en partie compensée par l'ouverture à de nouveaux Etats-membres. En Chine, la production connaît une accélération sans précédent, plus de six millions de véhicules y ont été assemblés en 2007, soit beaucoup plus que le marché chinois ne peut en absorber. L'Union européenne et les Etats-Unis connaissent eux aussi un tassement des marchés. Du coup, le secteur entre dans une phase de surcapacités mondiales, et la crise de l'automobile n'est pas prête de se terminer.
Car il s'agit d'une crise structurelle : outre que le marché est saturé, en occident tout du moins, les ménages éprouvent de plus en plus de difficultés à financer les dépenses liées à leur véhicule : le commerce des voitures d'occasion prend le pas sur celui des véhicules neufs, la circulation automobile baisse en France depuis 2005… La chute de la demande semble durable, et pourrait plaider en faveur d'une reconversion partielle du secteur au service de la mobilité collective. D'autant que les créations d'emplois ne sont pas précisément quantifiées. L'industrie automobile est très automatisée, contrairement au bâtiment et aux transports collectifs, qui restent des industries de main d'œuvre. Quant aux petits véhicules neufs, ils sont fabriqués à l'étranger, la prime à la casse ne fera donc qu'encourager la délocalisation des emplois. Au titre du plan de relance de 2009, constructeurs et sous-traitants bénéficient d'un fonds d'investissement doté de 400 millions d'euros pour financer la recherche sur les véhicules propres et d'un fonds sectoriel de modernisation doté de 300 millions d'euros. Deux prêts de 500 millions d'euros chacun ont été accordés aux filiales bancaires de Renault et de PSA, sans éco-conditionnalités particulières…

Vous avez dit efficacité énergétique ?

Les politiques publiques prennent-elles la mesure du phénomène en cours ? Le projet de loi de finances pour 2010 accorde un bonus de 5.000 euros pour les véhicules électriques. Les subventions d'Etat encouragent ce que Benjamin Dessus, président de Global Chance, qualifie de ''fuite en avant technologique'', lors d'un colloque sur les transports organisé le 5 novembre par l'association Agir pour l'environnement à l'Assemblée nationale : ''il y a vingt ans, l'Agence française de la maîtrise de l'énergie avait lancé le programme « 3 litres ». Ce véhicule léger et économe n'a jamais vu le jour. En revanche, 20 ans plus tard, les véhicules pèsent le double et sont pleins de gadgets. On est très loin de résoudre le problème des émissions de gaz à effet de serre par le progrès technique'', regrette Benjamin Dessus, qui souligne que dans cette affaire, la technologie a une importance relative. Selon lui, auteur d'un article intitulé ''La fée électricité sous le capot'', paru dans Les Cahiers de Global Chance1, ''la traction électrique présente des avantages certains en termes d'efficacité, mais il faut évidemment vérifier qu'ils ne sont pas en partie perdus, en amont du moteur électrique, pour produire l'électricité et éventuellement la transporter et la stocker dans le véhicule''. Le moteur électrique a un excellent rendement mécanique (supérieur à 90%, alors qu'un moteur thermique ne dépasse guère 40%), mais c'est en amont que le problème se pose : les étapes de production, d'acheminement et de chargement de l'électricité comportent des pertes souvent importantes. Ainsi le rendement global de la filière de production d'électricité (production, nucléaire compris / transport-charge de batteries) n'est-il que de 18 à 24%, alors que celui du charbon serait de 21 à 28%. Les fourchettes ''du puits à la roue'' des différents véhicules ''non conventionnels'' susceptibles d'être mis sur le marché dans les 10 ans à venir s'étagerait donc entre 8 et 40%. Reste que le doublement de la demande de véhicules prévu par l'Agence internationale de l'énergie ne pourra être satisfait par ces progrès technologiques, qui selon Céline Mesquida, chargée de mission transports à France nature environnement, sont une ''fausse bonne solution'' à un ensemble de questions qui ne sont pas posées à savoir : à quoi va servir le véhicule électrique et à qui va-t-il profiter ? Quelle est son efficacité énergétique ? Résorbera-t-il la congestion automobile en ville ? D'où viendra l'électricité produite en amont ? Les réseaux dits intelligents (smart grid) régleront-ils le problème des pointes ? Y'aura-t-il assez d'énergies renouvelables pour couvrir la demande ?

Si, comme l'annonce le dossier de presse du ministère de l'écologie2, il s'agit de ''rouler partout et tout le temps'' plutôt qu'abaisser les vitesses, brider les moteurs et financer massivement le transport à la demande, c'est bien le modèle qui reste inchangé, et la mobilité de demain ressemblera singulièrement à celle d'hier : individuelle et coûteuse. Pour entretenir la croissance, désormais étiquetée verte ?

Réactions21 réactions à cet article

 
Période de transition, avenir incertain...

Nous sommes dans une période de transition (au moins pour ce qui concerne les modes de transport) et nul ne peut dire à qui ressemblera demain.

Affirmer que la voiture électrique est l'avenir du transport individuel n'a pas plus de consistance que d'affirmer le contraire car effectivement toutes les problématiques soulevées par les véhicules électriques ne semblent pas avoir été résolues : certaines d'entre elles pourraient modifier la donne.

Que chacun donne sa vision de l'avenir est dans l'ordre des choses, et n'affirmait-on pas dans les années 70 qu'en 2000 tout le monde se nourrirait de pilules, au chaud l'hiver grâce à l'inépuisable énergie fournie par les tokamaks (Iter) et prêt à partit prendre l'apéritif chez un copain à l'autre bout du pays en hélicoptère individuel garé sur le balcon ?

Les plans tirés aujourd'hui sur la comète auront au moins le mérite de faire sourire demain !

Cela étant vous citez (et donnez le lien vers) le rapport de Global Chance : c'est probablement le document le plus complet et le plus sérieux que l'on puisse lire à l'heure actuelle sur la question des transports, et de plus d'une lecture facile.

Je le recommande vivement !

jcm | 08 novembre 2009 à 19h10
 
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L'arlésienne de la

Ça fait plaisir de constater que toute la presse n'as pas les yeux beurrés de pétrole, et aussi que certains savent que l'électricité est une énergie secondaire (par rapport aux sources d'énergies primaires).

L'arlésienne de la "voiture du peuple" "verte". J'écris ça car en France on l'attend toujours cette voiture vraiment et franchement plus verte. Les normes actuelles ne vont-elle pas entraver l'avènement d'une véritable voiture économe ?

Peut-on faire une voiture légère qui protège ses passagers. C'est peut-être impossible dans un contexte où des 4x4 de 2 tonnes roulent à 140km/h, mais qu'en est-il dans un contexte où on se contente sobrement de 90km/h ?

TOnin | 08 novembre 2009 à 22h13
 
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Comment n'est pas pourquoi

Excellent article qui montre bien qu'en répondant au comment des déplacements individuels on peut ne pas poser la question du pourquoi ces aller retour quotidien au milieu des embouteillages. Le mauvais rendement énergétique des transports est mauvais à tout niveau et représente près du tiers de notre aliénation. C'est le captage par de grands groupes financiers d'une part de notre production qui voudrait nous faire croire que la bagnole fait partie des besoins vitaux de notre espèce.

Francis Martin | 09 novembre 2009 à 08h31
 
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Mettez du nucléaire dans votre moteur...

Et vos enfants irradieront de bonheur !
Vos petits-enfants aussi d'ailleurs. Et leurs arrière-petits-enfants, et les leurs aussi.
Mais au moins, on aura pu aller constater notre faible pouvoir d'achat dans des hypermarchés excentrés!

tritium | 09 novembre 2009 à 13h27
 
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Re:Comment n'est pas pourquoi

Bonjour,
Lorsqu'un internaute mentionne la question des "aller retour quotidien au milieu des embouteillages", je ne peux m'empêcher de venir lui faire part de mon entière, complète, totale, ... approbation.
Effectivement, plutôt que de s'illusionner avec des gadgets (le mot m'a échappé) tels que la voiture électrique, au GPL ou au machin_ol, on doit remettre en cause la manière et l'utilité des ces migrations quotidiennes. Pour cela, je participe modestement, mais activement quand même, à une action de PDE (Plan de Déplacement des Employés dans les Entreprises). Cette démarche est encore insuffisamment développée et reconnue, car elle implique un engagement des employeurs et des employés, avec des contraintes pour les uns et les autres, ce qui est bien compréhensible : Un sujet de plus à traiter pour les premiers toujours débordés et surtout axés à faire tourner leur boutique, un changement dans les habitudes individuelles et une implication pour les deuxièmes.
Et puis, ce drame cornélien entre le PDE et le soutien de la "filière automobile"...
Décidément, la vie est bien difficile et c'est l'un de ses attraits...
Cordialement,
Michou

michou | 12 novembre 2009 à 06h38
 
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Ancien cadre dirigeant de Renault Vehicules indust

Tous les constructeurs du monde savent faire depuis 30ans un vehicule électrique.S'ils ne l'ont pas fait c'est que c'est trop cher pour des performan-ces qui seraient atteintes par des véhicules clas-siques de performances identiques.(sauf B.O.M. dans les quartiers chics de Paris à cause du bruit!!!)Mais si l'Etat finance?pourquoi pas!!

Anonyme | 12 novembre 2009 à 09h07
 
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merci !

Merci Agnès de replacer le problème à sa place !
C'est bien de moins de déplacement dont nous avons besoin, et de plus de liens sociaux (avec les voisins, les achats groupés, les amaps, la politique locale directe, ... il y a de quoi faire !). Sobriété !

Cyrielle | 12 novembre 2009 à 09h45
 
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nucléaire, énergie fossile, ou changer de stratégi

remplacer l'énergie fossile par une énergie qui pollue 1 million de fois plus si l'on prend en compte la durée de vie des déchets? La planète à toujours émit du CO2 à travers ses volcans, ses feux de forêt géants... que dire de la radioactivité d'un réacteur nucléaire comparé à celle de la radioactivité naturelle. Dépensons plutôt notre "énergie" à revenir à des modes de vie plus cohérent, des commerces et des industries de proximité. 25 minutes pour allé en voiture à bordeaux contre 1h30 en transport en commun, La seule solution ne plus aller à Bordeaux!!! Plutôt que d'investir dans la voiture investissons dans des transports plus efficace et rapide, comme les technologies train à suspension magnétique, des énergies provenant du soleil et de l'eau et avant tout changons nos comportements!

Kermit | 12 novembre 2009 à 10h37
 
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la voiture aussi rapide que le vélo !

Merci beaucoup pour ce papier qui, pour une fois, arrête de nous vendre de la voiture verte avec mauvaise foi !!!
La notion de vitesse généralisée est intéressante, elle est d'environ 20 km/h pour un automobiliste français "moyen"... Ca démystifie l'engin qui finalement va aussi vite qu'un vélo !
Comme disait je sais plus qui "on achète une voiture pour aller travailler mais on travaille pour s'acheter une voiture !"

Un petit oubli qui accable encore la voiture électrique : le problème des batteries et les matières premières rares (lithium) et placées en des lieux sauvages et encore peu saccagés par l'homme.

Bref, je crains que le désir individualiste de se déplacer dans sa petite propriété privé roulante, signe extérieur de richesse (et souvent intérieur d'endettement...), ait encore la vie longue au prix de sacrifices environnementaux et humains...

sebastien | 12 novembre 2009 à 11h28
 
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Re:la voiture aussi rapide que le vélo !

C'est pourquoi la mobilité de demain ne ressemblera pas "singulièrement à celle d'hier : individuelle et coûteuse". Non,la mobilité de demain devra être joyeuse, sobre et individuelle... Pourquoi ne voir que auto / TC, qui sont tous deux de la motorisation : la motorisation comme seul moyen de se déplacer a aussi envahi nos cerveaux ...

isabelle | 12 novembre 2009 à 15h08
 
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Re:Re:la voiture aussi rapide que le vélo !

Bien d'accord avec vous, le moteur est indispensable si plus de 10 kms quotidiens à faire.
Pour ma part je n'ai pas de voiture et prends rarement les TC à Toulouse .... je ne me déplace qu'à vélo à Toulouse.
sobriété, individuelle,joyeuse... on y est non ?

sebastien | 12 novembre 2009 à 15h54
 
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Re:Re:Re:la voiture aussi rapide que le vélo !

Le vélo rend joyeux, a déclaré le maire d'Ismit, en Turquie, après bien d'autres. Ca doit faire peur ! Sobre et individuel, cela va de soi.

isabelle L. | 12 novembre 2009 à 16h02
 
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nucléaire........

en France, VOITURE ELECTRIQUE= VOITURE NUCLEAIRE, c'est bien ça le problème, donc non, 3 fois non!!!!!!!!

MISTY | 12 novembre 2009 à 17h01
 
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La Prius véhicule écologique?

Pour avoir fait deux fois 150 km en Prius, j'ai de sérieux doutes sur les pseudo économies de carburant de ce véhicule.
En ville certes, lors du démarrage, le silence du moteur électrique est impressionnant mais la plupart du carburant est à mon avis consommé sur route et autoroute et les 7L/100 observés ne sont pas inférieur à la consommation de ma grosse Evasion qui traine ses dix ans pour 300 000 km.
Je me souviens des premiers concepts de véhicules hybride qui étaient des électriques rechargées par un petit moteur thermique fonctionnant en permanence à son régime optimum.

VD69 | 12 novembre 2009 à 18h34
 
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Re:nucléaire........

Vous avez raison ! Allez en Allemagne : électricité à 50% de charbon, 10% de gaz ; allez au Danemark : 45% charbon, 15% gaz et 10% pétrole... Je peux citer encore des tas d'exemples comme ça. C'est tellement mieux de rejeter des milliards de tonnes de CO2 et d'autres polluants, sources d'intoxications, de maladies pulmonaires, de pluies acides, et de tonnes de cendres, alors que les gros problèmes du XXIème siècle sont justement le réchauffement climatique, la pollution et le "que va-t-on faire de toutes ces tonnes de déchets ?", que de produire quelques tonnes de déchets par an, que l'on saura très vite recycler, voire incinérer, pour les plus dangereux. C'est tellement mieux d'alimenter le réchauffement climatique, auquel personne ne pourra échapper, que de produire des déchets dont le conditionnement est faisable, le recyclage prévu à courte échéance...

Mais si ça peut vous rassurer, si ces voitures électriques entrent sur le marché, il faudra construire des centrales à charbon par dizaines, pour satisfaire l'explosion de la demande en électricité.

Umwelt | 12 novembre 2009 à 20h28
 
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Re:Re:Comment n'est pas pourquoi

Je ne peux qu'applaudir, tant le propos que le geste. J'ajouterai en outre que, pour avoir travaillé sur un PDE, une étude un minimum sérieuse discrédite complètement ces joujous hors de prix, et intéressants uniquement pour ceux qui nous les vendent. Le covoiturage était de loin une solution bien plus écologique et... gratuite.

Ceci dit, combien de personnes seront capables de renoncer à leur drogue ? Dans ma résidence étudiante, je reçois sans arrêt des emails de personnes qui cherchent un covoit pour aller au supermarché qui se trouve... à 1km de là ! Bon sang, ça se fait à pied, ça !

Umwelt | 12 novembre 2009 à 20h46
 
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Re:Ancien cadre dirigeant de Renault Vehicules ind

Le problème, c'est qu'en plus de devoir financer le développement de la voiture électrique, il faudra aussi financer l'accroissement de production d'électricité. Des centrales électriques en plus, soient-elles nucléaires, hydrauliques, éoliennes, au charbon ou au gaz, coûtent cher. Le même argent, en étant investi dans la rénovation des logements, du bâtiment, et dans le développement d'un urbanisme et d'une agriculture durables, serait beaucoup plus utile et efficace.

Soyons réalistes : il n'y a pas de durabilité, et encore moins de sobriété énergétique dans la perpétuation du même schéma de transport, fût-il agrémenté de quelques gadgets. Et que l'Etat subventionne cette mascarade conçue pour faire les choux gras d'une industrie aussi nocive que l'automobile, me fait hérisser.

Umwelt | 12 novembre 2009 à 20h58
 
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Re:Mettez du nucléaire dans votre moteur...

Mettez du charbon et du gaz dans vos moteurs...

Et vos enfants étoufferont de bonheur!
Vos petits enfants s'extasieront devant les fines pousses d'herbe sur un terrain désolé par les pluies acides ; leur seule source de nourriture. Leurs arrière-petits-enfants seront ravis de faire de la plongée sous-marine pour voir Marseille, la cité perdue. Et les leurs ? Ah bah désolé, il n'y en aura plus !

Pour l'amour du ciel, faites un peu la comparaison entre les sources d'énergie et leurs maux avant de dire n'importe quoi !

Umwelt | 12 novembre 2009 à 21h17
 
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Re:nucléaire, énergie fossile, ou changer de strat

Si l'on prend en compte le climat chamboulé par les fossiles, on retrouve un ordre de grandeur de durée encore supérieur à celui des désagréments occasionnés par le nucléaire.

Si l'on prend en compte qu'au pire, les déchets nucléaires n'impacteront qu'un secteur géographique limité, le réchauffement climatique concernant toute la planète, la victoire du nucléaire est encore plus écrasante.

Si l'on prend en compte que les déchets nucléaires seront recyclés intégralement d'ici une cinquantaine d'année, la victoire du nucléaire est absolue et irrévoquable.

Mais reprenons votre propos : 1kg de déchet nucléaire pollue un million de fois plus qu'1kg de CO2. Admettons. Sachant qu'un kg de combustible aura généré quelques millions de fois plus d'énergie que votre kg de charbon, on en revient tout juste au même constat : le nucléaire écrase le charbon comme l'astéroïde écrase la fourmi.

Quant aux "énergies venant du soleil et de l'eau" (on dirait un manga d'heroic fantasy comme je les aime), soyons réalistes, elles ne suffiront pas dans la configuration actuelle. L'hydroélectricité donne déjà pratiquement tout ce qu'elle a en France, et le solaire, bien que capable de couvrir une grosse partie de nos besoins thermiques en campagne, n'y parviendra sans doute pas en ville (dans des immeubles de plus de 5 étages, j'ai du mal à voir des panneaux solaires alimentant à 100% en ECS tous les étages). Or, c'est en ville que vit la majorité de la population. Bref, toutes seules, ces énergies, bien qu'un progrès en soi, ne couvriront pas les ordres de grandeur nécessaires.

Ceci dit, du reste, je suis parfaitement d'accord avec vous sur la sobriété énergétique, qui est mieux encore. Mieux encore que de ne pas aller à Bordeaux : y habiter. En outre, si nous conjuguons des apports solaires (actifs et passifs) optimisés à une récupération intelligente de l'énergie (échangeurs dans les égoûts), une isolation performante, si on ne résoud pas la totalité du problème, on en aura quand même résolu un très gros morceau.

Le problème, c'est qu'il nous reste un verrou énorme à faire sauter pour cela : le verrou psychologique. Il faut vraiment en parler autour de soi, agir, changer nos comportements, transmettre notre expérience et démontrer la fiabilité de notre raisonnement, aider et motiver ceux qui, seuls, ne peuvent pas faire ce changement. C'est notre devoir de citoyen, d'éduquer 60 millions de consommateurs paresseux de la fibre verte, et de leur montrer qu'ils peuvent vivre mieux, à un prix raisonnable, dans un monde plus propre.

Notre avantage ? Toutes les technologies nécessaires sont déjà présentes. A nous de savoir les vendre au consommateur lambda. Autant dire qu'on a du boulot...

Umwelt | 12 novembre 2009 à 21h52
 
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Re:La Prius véhicule écologique?

Je possède un prius depuis 2 ans et ma conso sur autoroute n'est que de 5l/100kms, largement inferiaur a votre grosse Evasion et beaucoup moins riche en émission de co2. En conso moyenne, nous sommes à 4,7l/100.

eric | 13 novembre 2009 à 20h28
 
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Re:La Prius véhicule écologique?

Je n'ai pas d'actions chez Toyota et je ne suis pas la pour defendre la Prius.
J'en ai une depuis 2 ans (25000 km) et c'est plutot autour de 5 l aux 100. Un peu moins sur autoroute et aux Pays Bas (pays plat) et un peu plus ou j'habite (il y a des cotes). C'est pratiquement la moitié de ma Ford Mondeo qu'elle a remplacée
La nouvelle est plutot aux alentours de 4 litres il parait.

jlmfrance | 14 novembre 2009 à 13h18
 
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