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Actu-Environnement

Faire payer les économies d'énergie : un bonus-malus à l'envers

En donnant raison à EDF face à Voltalis, qui commercialise un boîtier de régulation de la consommation, la décision de la Commission de régulation de l'énergie illustre l'inadaptation du marché de l'électricité aux préconisations du Grenelle. Détail.

Energie  |    |  Agnès Sinaï  |  Actu-Environnement.com
   
Faire payer les économies d'énergie : un bonus-malus à l'envers
© Julien Tromeur
   
C'est à se demander si les pics de consommation aux heures de pointe ne constituent pas, pour EDF, une rente de situation. De fait, dans sa délibération du 9 juillet, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) tend à considérer les « ajustements par effacement » comme un manque à gagner pour les opérateurs, plutôt que comme un avantage pour les consommateurs et l'environnement. L'affaire opposant Voltalis, qui commercialise depuis deux ans un boîtier destiné à suspendre la consommation de certains équipements électriques aux heures de pointe (radiateurs, climatiseurs, chauffe-eau…), et EDF, via la CRE, met en lumière le paradoxe d'un système énergétique centré sur l'offre et la production, plutôt que sur la demande et les économies d'énergie. Malgré les avancées du Grenelle de l'environnement, il reste à inventer un système où les économies d'énergies seraient davantage rémunérées que la production de kilowattheures. C'est le cas dans d'autres pays, comme aux Etats-Unis, qui n'est certes pas globalement un modèle de sobriété énergétique, mais où, dans certains Etats, les compagnies d'énergie sont rémunérées en fonction de leur capacité à organiser la baisse de la consommation. C'est ainsi que la Californie a mis en place le découplage entre les ventes et les bénéfices des entreprises électriques. Tous les six ou douze mois, les autorités californiennes fixent un chiffre d'affaires qui couvre les coûts de production et assure un bénéfice aux entreprises. Si elles vendent plus, elles rétrocèdent le bénéfice excédentaire aux consommateurs. Le fait de réaliser le même bénéfice en vendant moins de kilowattheures les incite à investir dans les économies d'électricité, solution moins onéreuse que la construction de nouvelles centrales. Pacific Gaz and Electricity, la compagnie californienne, remplacera donc votre vieux congélateur plutôt que construira une nouvelle centrale nucléaire.

L'avenir est aux réseaux intelligents

C'est bien cette révolution qui pointe, à l'heure où tous s'enthousiasment pour les « smart grids », ces réseaux électriques intelligents qui permettent de piloter à distance et en temps réel les consommations d'énergie. Acteur de ce nouveau marché, Voltalis a eu l'intuition que l'avenir allait se jouer sur la création de ces réseaux d'« effacement » des pointes de consommation. Son tort est sans doute d'être trop précoce, sur un marché français marqué par le quasi-monopole d'EDF et une culture industrielle entièrement tournée vers la production. Si le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix, a récemment demandé 20% de hausse des tarifs, c'est pour financer la modernisation du réseau et construire de nouvelles centrales thermiques et rallonger la durée de vie des centrales nucléaires. La filiale d'EDF en charge de la distribution a décidé de renouveler les compteurs, ce qui représente un investissement de 4 milliards d'euros, mais ceux-ci apporteront-ils de nouveaux services ?

Pour le PDG de Voltalis, Pierre Bivas, la réaction d'EDF traduit la défense d'un intérêt à très court terme, au lieu d'une prise de position d'ensemble dans laquelle EDF se rendrait compte qu'avec de tels systèmes d'innovation, on peut éviter des consommations à la pointe, qu'éviter des consommations à la pointe, c'est pour EDF éviter des milliards d'euros d'investissements qui ne servent que quelques heures par an, et encore, parfois ils ne servent pas du tout dans l'année. Le PDG de Voltalis affirme avoir proposé un partenariat à plusieurs grandes entreprises, dont EDF, qui nous a promenés, bloqués, freinés, pillés.
Le fonctionnement en base de grosses unités de production devrait cependant provoquer un intérêt particulier de la part d'EDF pour ces technologies de l'ajustement, précisément on permet de faire de l'ajustement par l'économie d'énergie plutôt que de l'ajustement par la production d'appoint qui est la plus polluante. Le paradoxe c'est aussi que cette technologie est très complémentaire des énergies renouvelables : en pilotant la consommation, on permet aux énergies renouvelables d'être plus efficaces !, affirme Pierre Bivas, qui a saisi le président de la République sur le sujet. Pour Voltalis, EDF cherche à gagner du temps pour maintenir sa position acquise.

L' « affaire Voltalis » mérite cependant d'être nuancée. Au ministère de l'écologie, on refuse de considérer que la CRE a voulu imposer une « taxe » à Voltalis. Le 3 juin dernier, un groupe de travail a été créé pour envisager des solutions de rémunération des consommations évitées qui soient équitables pour toutes les parties prenantes. Les conclusions de ce groupe de travail seront connues à la fin de l'année. Le gouvernement prendra alors des dispositions pour réévaluer les textes de manière à ce qu'EDF ne fasse pas de la surproduction et que l'ensemble des dispositifs de création d'énergie soient mis en cohérence.

Il n'est donc pas pour le moment question de taxer les économies d'énergie, ce qui signifierait, selon Thierry Salomon, président de l'association Négawatt, faire du bonus-malus à l'envers : cela reviendrait à pénaliser ceux qui s'équipent en solaire, il faudrait donc taxer le soleil, puisque le soleil aussi crée un manque à gagner, ce serait aberrant !. Reste que la levée de boucliers suscitée par le cas Voltalis montre que la grande entreprise EDF a peut-être rendez-vous avec l'Histoire. Au-delà de sa vocation à produire de l'électricité, la société lui demande une mutation : non pas tant produire que délivrer un service énergétique rendu. Faire l'eau chaude, éclairer, ce n'est pas seulement produire. La production ne devrait être qu'un des modes d'accéder au service rendu. Le service rendu, c'est être confortable chez soi, selon une palette de possibilités : isolations des maisons, équipements performants, fourniture ciblée de l'énergie. Il faut maintenant déployer des entreprises de services, qui se rémunèrent en fonction du service rendu, alors qu'EDF ne se rémunère qu'en fonction de la production, déclare Thierry Salomon.
Manifestement, un verrou doit sauter.

Réactions17 réactions à cet article

 
tres cher EDF !

EDF àtoujours conseillé ses clients captifs contre leurs intérets ! ce n'est pas une nouveauté .Quand j'ai vu comment l'isolation pour un chauffage électrique était réalisée sur conseil EDF ; celà relève du scandale !Nombre de personnes sont revenu soit au bois , fuel etc et laissé tombé l'électricité pour cause un gouffre financièrement.EDF tire ses dernières cartouches sachant que son monopole va s'effriter ....

christianglapska | 21 juillet 2009 à 18h03
 
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Rappel du slogan EDF

"L'économie est notre avenir, économisons-la"... Ah ah ah ! Très intéressant en tout cas le système californien. Je vais me renseigner là-dessus.

Thibault | 22 juillet 2009 à 09h04
 
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De l'art de désinformer

La question soulevée par les producteurs d'électricité et débattue par la CRE n'est pas de faire payer les économies d'énergie, mais d'éviter une redistribution indue de l'électricité produite. Il suffit de poser simplement les choses et de faire quelques petits calculs.

Supposons qu'il n'y ait, sur le marché, que deux producteurs d'électricité, A et B. Pour simplifier parlons en "unités d'électricité" (ce peut-être un certain nombre de GWh, il n'est pas utile de préciser).

Supposons qu'à un instant donné, A ait à faire face à une demande de 80 unités d'électricité ; A a correctement anticipé cette demande de ses clients, et fournit au réseau d'électricité, géré par RTE, les 80 unités dont ont besoin ses clients.

B, à l'inverse, doit faire face à une demande de 20 unités d'électricité, mais n'est en mesure de produire que 10 unités (soit parce qu'il a mal anticipé, ou à cause d'une mise à l'arrêt inopinée d'une ou plusieurs de ses centrales). Il ne peut donc mettre que 10 unités sur le réseau, au lieu des 20 demandées.

Il y a donc un déséquilibre entre l'offre et la demande d'électricité ; l'offre n'est que de 90 alors que la demande est de 100. L’électricité ne se stockant pas, la production injectée sur le réseau doit à tout instant être égale à la consommation soutirée par les clients. RTE doit trouver un moyen de rééquilibrer l'offre et la demande, sinon, c'est le "black-out". Plusieurs solutions sont possibles pour ce faire (outre le délestage) :

- RTE peut demander à A, par exemple, de produire 10 unités en plus ; au final, c'est B qui paiera la facture, avec des pénalités, puisqu'il est responsable du déséquilibre. Ou bien A peut effacer la demande de 10 unités chez ses clients, et fournir aux clients de B l'électricité manquante. Là encore, c'est B, le responsable du déséquilibre, qui prend à sa charge le coût du rééquilibrage.

- RTE peut demander à B d'effacer 10 unités d'électricité chez ses clients, si cela est possible. Dans ce cas là, B fait face à une demande de 10 et offre 10, l'équilibre est rétabli.

Cela se complique lorsqu'un tiers comme Voltalis réalise cet effacement. Dans notre situation, supposons que A a une part de marché de 80 % et B de 20 %, par exemple. A priori, le portefeuille de Voltalis devrait statistiquement être composé à 80 % de clients de A et à 20 % de clients de B, sans que, à l'heure actuelle, Voltalis distingue les clients de A des clients de B. Ainsi, si Voltalis procède a un effacement de 10 unités, il devrait statistiquement effacer 8 unités d'électricité chez les clients de A, et 2 chez les clients de B.

Ainsi, au final, on a bien une demande de 90 (80-8 = 72 pour A + 20-2 = 18 pour B), compatible avec l'offre de 90 (80 pour A et 10 pour B) et l'équilibre est assuré. Voltalis demande à être rémunérée auprès de RTE pour l'effacement de 10 unités qu'elle a permis, tout comme RTE aurait rémunéré A s'il lui avait demandé de produire 10 unités supplémentaires (sous 90 au lieu de 80) afin de permettre à l'équilibre de se réaliser.

La solution du problème est dans le paragraphe précédent. A produit 80 et B produit 10, ce qui permet d'avoir une production de 90 permettant l'équilibre. Mais A ne va être payé qu'à hauteur de la demande à laquelle il fait face (enregistrée sur les compteurs de ses clients), soit 72. C'est-à-dire que A fournit "gratuitement" (de facto) 8 unités au réseau, précisément ces 8 unités qui manquaient à B (B faisant face à une demande de 18 après effacement, alors qu'il produit 10). Il y a donc redistribution de la production de A vers B, de 8 unités. Et Voltalis demande à se faire rémunérer les 10 unités effacées par RTE, qui demande à B de payer la facture puisqu'il est responsable du déséquilibre.

C'est ça qui est critiqué par la CRE et par les producteurs d'électricité. Voltalis n'est pas une "sainte" entreprise que l'on chercherait à taxer pour les économies d'énergie qu'elle permet. Le producteur A ne dit pas "j'aurais pu produire les 10 unités d'électricité manquante si Voltalis n'était pas là pour effacer la demande, je demande à ce que l'on me paie pour ces 10 unités que j'aurais pu vendre" (or c'est le message que cherche à faire passer Voltalis - et c'est la confusion que réalise l'article d'ActuEnvironnement en parlant du decoupling plus californien). A dit simplement : je produis 80 et ce sont ces 80 unités qui permettent l'équilibre du réseau, or je suis payé pour 72... payez-moi les 8 unités, effectivement fournies mais pas à mes clients à moi".

Car si A pouvait anticiper l'effacement des 8 unités liées à l'action de Voltalis, il produirait 72 et le système ne marcherait plus. A est donc indispensable au fonctionnement du système, et il est normal qu'il soit payé pour ça.

tintin | 22 juillet 2009 à 09h27
 
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Re:Rappel du slogan EDF

Si jamais tu trouves des informations sur le sujet, je suis preneur car je trouve cette démarche Californienne excellente.

Baden | 22 juillet 2009 à 10h53
 
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Re:De l'art de désinformer

Si chacun voit toujours les choses comme il l'intéresse (principe très humain de ne voir que ce qu'il se passe dans son propre jardin, n'est-il pas ?) cette épisode pointe malgré le tout un phénomène que nous devons tous apprécier : EDF "vend" de l'énergie. Point. Tout le reste n'est que marketing.
Car si on renverse la situation. On ne se place plus du côté du producteur, mais du consommateur. Selon cette même logique, si j'étais le client qui devait consommer 20 unités, au lieu d'attendre que s'arrangent nos deux vendeurs, A et B, par le biais de RTE, je m'économise, moi, mes 10 unités, par mon propre fonctionnement de délestage. J'ai donc, presque, divisée ma facture en deux.

Tout n'est toujours qu'une question de point de vue. Et ActuEnvironnement ne fait que ça, prendre un point de vue. Et entre la solution "immédiate" des producteurs d'énergie qui considère que c'est à eux de mettre en place la vente, et la solution "pérenne" de maitriser ses consommations, je préfère la deuxième.

Après, évidemment, nous sommes dans un système qui est comme il est. Respectons le aujourd'hui. Mais pensons tout de suite à demain, pour permettre de nouvelles solutions. Que ce problème d'aujourd'hui soit le point de départ d'une réflexion plus approfondie sur le sujet.

Malgré tout, merci pour avoir donné le point de vue des fournisseurs, ça permet d'en savoir plus. C'est toujours mieux.

Jy | 22 juillet 2009 à 10h54
 
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Re:Re:Rappel du slogan EDF

Tapez "decoupling plus california" sur google : le premier lien est la brochure de l'Etat de Californie expliquant le système (c'est en anglais).

tintin | 22 juillet 2009 à 11h19
 
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Re:Re:De l'art de désinformer

Je ne suis qu'un modeste étudiant de 22 ans qui s'intéresse à la politique énergétique, cherche à comprendre le problème et s'exprime en son nom. Il ne faut pas y voir le point de vue des producteurs.

Si vous êtes clients et diminuez votre consommation d'énergie, tant mieux pour vous ; l'électricité "en trop" peut être revendue par le producteur sur le marché européen (aux allemands par exemple). Il est payé pour cela.

Là, il y a un "hold up" de Voltalis sur les producteurs : B préfèrerait acheter les 8 unités manquantes à A, plutôt que de payer à RTE 10 unités réduites par Voltalis. Et A préfèrerait revendre ses 8 unités sur le marché européen, plutôt que de les voir disparaître.

Il y a deux problèmes à part :
1/ le débat soulevé par RTE
2/ le débat soulevé par le modèle californien : faut-il, afin de favoriser l'efficacité énergétique dans nos sociétés, compenser les énergéticiens pour l'énergie qu'ils ne vendent pas (decoupling) et leur donner des bonus s'ils dépassent les objectifs fixés (plus).

Là où je vous rejoins, c'est qu'EDF, mais aussi Poweo, Direct Energie, vendent de l'énergie : en ouvrant le marché de l'électricité, on passe d'un monopole public "ministère de l'électricité" à une entreprise de marché. La logique n'est alors plus la même pour la gouvernance d'entreprise.

tintin | 22 juillet 2009 à 11h28
 
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Re:Re:Re:Rappel du slogan EDF

Merci, j'ai répondu un peu vite à Thibault donc c'est après envoi que je suis allé cherché des informations et comme tu l'indiques, c'est bien sur cet article du "California Public Utilities Commission" que l'on tombe.

Baden | 22 juillet 2009 à 13h26
 
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Re:Re:Re:De l'art de désinformer

Evitez alors de balancez des rumeurs en vous basant sur votre connaissance erronée du sujet.

L'effacement d'électricité ne permet pas de produire de l'énergie, elle permet de libérer une production d'énergie des centrales les moins couteuses afin d'éviter de faire appel aux centrales les plus couteuses.

Dans le cas que vous donnez, après l'action de Voltalis, le producteur 1 se retrouvera avec une surproduction d'électricité par rapport à ce que consomme ses clients. Cette surproduction sera alors mise sur le marché et acheté par le producteur 2 auprès du producteur 1 pour combler son déficit de production.

Du point de vu comptable il n'y a aucun manque à gagner pour le producteur 1, au contraire même...

Tilleul | 23 juillet 2009 à 15h15
 
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De l'art de désinformer

C'est en tous cas bien intéressant de comprendre un méchanisme qui est bien compliqué de mon point de vue (la gestion financière n'est vraiment pas mon domaine).
Ce qui m'inquiète fondamentalement, c'est que sur des exigences techniques (compréhensibles) et économiques (puisque tout doit être rentable) on arrive à tout de même oublier totalement les nécessités environnementales.
C'est donc bien une "révolution" de nos manières de penser et de notre système économique qu'il faut mettre au point.

Pourquoi ne pas remplacer notre monde dirigé par l'argent, par un monde dirigé par son besoin de survivre ? Car au fond, c'est bien de ça qu'il s'agit ?

Jy | 23 juillet 2009 à 15h35
 
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EdF ou pouvoir politique? Et l'économie?

Que de hargne contre EdF. Il me semble que c'est une société nationalisée. le programme nucléaire a été voulu par le pouvoir en place. L'ouverture du marché à été soutenue par le pouvoir en place (au travers de l'Europe, mais nos politiques français font aussi la politique européenne). Les dirigeants EdF dirigent dans le sens voulu par le pouvoir politique, sinon ils se font débarquer!
Quant au problème Voltalis on voit là la grande efficacité du Marché! A trop saucissonner les choses, chacun optimise sa petite case, ce qui n'est certainement pas l'optimum du système. L'ouverture des marchés comme elle est organisée aujourd'hui tue une politique de maitrise de l'énergie puisque ce que l'on souhaite maitriser ce sont les revenus. Le contrat prime la réalité énergétique. Bon courage pour les générations futures

Gugu | 24 juillet 2009 à 08h37
 
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Re:EdF ou pouvoir politique? Et l'économie?

Le programme du nucléaire a été lancé non par le gouvernement en place, mais par le gouvernement en place lors des différentes crises énergétiques que nous avons déjà passé.
Cette politique a été maintenue par les gouvernements qui se sont succédés.

Il n'y a pas à la base de volonté économique forte. Sinon nous n'aurions pas aujourd'hui l'énergie la (presque) moins chère d'Europe. Il y avait par contre une volonté d'indépendance et d'assurance de production.

Aujourd'hui par contre, la donne est différente. Depuis 2002, le marché s'ouvre, dans le seul et unique but de mettre en concurrence les entreprises (ce qui a eu pour effet d'augmenter le prix... et les décideurs ne s'en surprennent pas plus que ça. Tuer le service public les a contenté)

Le marché, quant à lui, s'est basé sur des nécessités techniques, rappelées dans un précédent message : il faut adapter la production et la consommation. Si la production est inférieure, on fait sauter notre réseau, c'est la catastrophe car le citoyen lambda ne peut plus regarder la télé. Si elle est supérieure, l'énergie est perdue. D'où nécessité d'équilibrage permanent, d'un jeu économique et boursier d'achat et vente de l'énergie.

Du coup, vu que la bourse dirige les ficelles, en se reposant sur des nécessités techniques, elle supprime toute considération autre que la pure rentabilité. Car au lieu de viser le calibrage de la production sur la consommation, pourquoi ne pas, au contraire, maitriser nos consommations ? Si chaque point de comptage était équipé pour faire de l'auto délestage, selon un profil prédéterminé, non seulement la production serait heureuse de savoir très exactement les besoins, mais en plus, il n'y aurait plus de surprises dans nos factures.
Évidemment la mise en place est onéreuse et compliquée. Impossible à réaliser à court ni moyen terme, sans un investissement énorme (et qui va payer ?) Mais le principe même de toucher à la consommation, au lieu de la production, devrait être une politique d'aujourd'hui.

Qui plus est, une production stable, c'est aussi (si j'en comprends les dires de mes confrères) une meilleure gestion de nos centrales, un moindre recours à des énergies "de pointes" (et donc à énergie fossiles, donc polluantes, etc.)

La solution ne serait-elle pas de se dire qu'il faut changer notre fusil d'épaule ?

(réponse en arrière pensée de nos dirigeants, chefs d'entreprises et acteurs boursiers : bien sûr que non, ce serait repenser la société)

Jy | 24 juillet 2009 à 10h48
 
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Re:Re:Re:Re:De l'art de désinformer

Mis à part que le marché de l'énergie ne fonctionne pas ainsi. Les producteurs ne fournissent pas directement aux consommateurs. Ils produisent suivant les indications de RTE qui se base sur des prévisions de consommations et des ajustements en temps réel. Ces ajustements nécessitent d'allumer ou d'éteindre une centrale en urgence, ce qui coûte cher (même éteindre car l'énergie avait été programmée pour être produite).

Voltalis, en n'agissant pas en partenariat avec RTE, déséquilibre le réseau, et en tire profit puisque c'est RTE qui paie la facture pour s'être trompé dans son système de prévision.

Oui, il faut modifier le système, mais pas dans le sens de mettre une taxe, mais plutôt une obligation pour Voltalis de se coordonner avec RTE, car aujourd'hui c'est bien Voltalis qui "pille" RTE (et donc EDF) et pas le contraire. Il n'y a pas de bisounours dans l'industrie électrique, même chez les vendeurs de smartbox et assimilées.

Cela dit, Voltalis a ses défauts mais est effectivement un précurseur. Demain, des centaines de start-up pourraient prendre Voltalis comme modèle, et que se passerait-il ? Il faut à tout prix créer une plate-forme d'échange et d'autorisation de ses abaissements de consommation pour éviter les déséquilibres du réseau, car sinon la maîtrise de la demande énergétique serait peu efficaces comme c'est le cas aujourd'hui.

Yves | 27 juillet 2009 à 10h18
 
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EDF : Stop ! La coupe est pleine

Rappel de quelques news :
1.Le CRE taxe Voltadis pour son boîtier économisant de l'énergie en période de pointe
2. Classement des fortunes française : Pâris Mouratoglou PDF EFF Enr 618 M€
3. Comme chaqué été, dérogation pour permettre à EDF de rejeter dans les fleuves des eaux plus chaudes
4. Centrales nuclaires : 60 % de conso de l'eau douce française
5. Paiement des retraites d'EDF par le régime général
6. Suite au retard de la maintenance de 7 centrales (à cause de grèves) la France importe cet été plus de 2 000 MW.
7. Le CE d'EDF, financé directement sur le CA d'EDF, plus de 2000 salariés et 550 M€ de bilan.
8. Augmentation de l'abonnement d'EDF ces 10 dernières années de plus de 50 % touche les plus pauvres.
9. En 2002, fin de l'aventure en Amérique latine d'EDF : solde plus de 4 Milliards € de perte (dont Edenor 1.4 Md€)
10. Nov 2008, par l'amendement Ollier, EDF permet aux maisons équipés de convecteurs élec d'être moins isolées.
11. Juil 09 Changement du paiement de l'abonnement : pour les 6 mois à venir.
De qui se moque-t-on ?

morpheus | 27 juillet 2009 à 11h09
 
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Re:De l'art de désinformer

Et on se laisse pousser les cheveux et on joue de la guitare dans les chant!
je suis totalement d'accord, mais les Hommes ne marchent pas comme ça

HolY | 29 juillet 2009 à 10h20
 
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EJP : Quand EDF était eco...

EDF à eu la bonne idée de mettre en place le système EJP. Un système qui permet de payer moins chère son électricité en temps normal, mais qui triple le prix du Kw en période de forte consommation. Résultat les ménages qui sont en EJP mettent un grand coup de frein sur leur conso pendant ces périodes, ce qui évitent à EDF d'acheter très chère des kw en période surconsommation.
En fait un bon système win /win qui n'est plus d'actualité... (plus aucun contact EJP n'est signé depuis belle lurette) Je me demande bien pourquoi ?
julien G

ecojulo | 24 août 2009 à 12h54
 
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Ce qui permet d'économiser de l'énergie aujourd'hui est la seule chose qui doit compter.

Les producteurs d'énergie n'ont qu'à s'adapter, comme ils demandent aux consommateurs de s'adapter à chaque fois qu'ils augmentent leurs tarifs.

Ce qui doit compter également, c'est un choix intelligent en matière de moyen de production énergétique : ce choix ne sera réellement pertinent qu'à partir du moment où un programme d'économie d'énergie réel et avéré aura été mis en place.

Il faut à terme s'affranchir de toutes les énergies qui sont polluantes de manière irréversible, ou qui ne sont pas en mesure de sécuriser notre vie sur la planete demain.

Indiquer que cela n'est pas possible est un mensonge :
- Mensonge des producteurs d'énergie qui sont également de grands lobiistes;
- Mensonge de politiques qui ne voient en l'énergie que du green biseness et qui affichent plus vouloir produire autrement plutôt qu'économiser;
- Mensonge d'énarques qui ne pensent qu'à se nourrir de taxes sur les taxes et de taxes sur des bénéfices...

Le seul bon sens n'est donc pas autre chose que de raisonner sa consommation : La production fera toujours comme elle l'a toujours fait : elle s'adaptera et n'oubliera pas au passage d'alimenter son compte en banque.

hervé | 29 mars 2011 à 10h01
 
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