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Actu-Environnement

Après Xynthia : la nature reprend ses droits pour 250.000 euros par maison détruite

1.393 habitations sinistrées par la tempête Xynthia seront totalement détruites, et leurs propriétaires intégralement indemnisés. Le gouvernement envisage de recourir à la loi Grenelle 2 pour contourner plusieurs difficultés.

Gouvernance  |    |  Victor Roux-Goeken Actu-Environnement.com
   
Après Xynthia : la nature reprend ses droits pour 250.000 euros par maison détruite
   
Les victimes de la tempête Xynthia ont vécu jeudi 8 avril un second traumatisme, avec la présentation par les maires de leur commune des ''zones noires'' présentant un danger de mort avéré, au sein desquelles les habitations seront détruites afin de rendre ces zones à leur état naturel. 595 habitations sont concernées en Charente-Maritime, et 798 en Vendée. Cette décision fait suite à la polémique, au lendemain de la tempête, sur l'urbanisation excessive de zones inondables. 53 personnes sont mortes dans leurs maisons, construites malgré ce risque naturel. Une enquête préliminaire de gendarmerie pour homicides involontaires a d'ailleurs été ouverte en Vendée sur les origines des décès causés par la tempête.

''Sur la Vendée, il n'y a pas de difficultés en ce qui concerne le nombre de maisons en danger. 80% sont des résidences secondaires, a déclaré mercredi 7 avril le ministre de l'environnement Jean-Louis Borloo lors d'une audition au Sénat devant la mission commune d'information sur les conséquences de la tempête. Sur les 16 communes de Charente-Maritime concernées, il y en a 4 où les élus souhaitent des débats. Ce département comporte plus de résidences principales que de résidences secondaires''. Ces ''zones noires'' ne seront pas figées et pourront être débattues, a affirmé le ministre d'Etat. Ce n'est pas l'avis des préfets des départements concernés, qui ont de leur côté indiqué que la cartographie de ces zones n'était pas négociable. Le retour à l'état naturel des zones noires se fera par une acquisition à l'amiable des biens. Faute de quoi, l'Etat engagera une procédure d'expropriation.

Les propriétaires des 1.393 maisons qui seront démolies toucheront en moyenne 250.000 euros d'indemnisation, a déclaré jeudi 8 avril Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), devant le Sénat. Au total, la tempête Xynthia devrait coûter 1,5 milliard d'euros aux compagnies d'assurance. L'addition s'élèvera de 300 à 400 millions d'euros pour l'Etat, via le fonds Barnier de prévention des risques naturels majeurs. Mais le recours à ces fonds pourrait être limité : d'une part, les inondations par submersion marine n'entrent pas dans son champ d'intervention. D'autre part, le montant de ses indemnités est plafonné à 60.000 euros par maison. Or le gouvernement compte indemniser les victimes en fonction des prix du marché d'avant la tempête, souvent bien supérieur à ce montant.

Le projet de loi Grenelle 2 devrait permettre de résoudre ces deux points. Lors de son examen en mai prochain par l'Assemblée nationale, le gouvernement proposera des amendements en ce sens, a déclaré Jean-Louis Borloo. Des Plans de prévention du risque inondation (PPRI) d'urgence pourraient aussi être créés par la loi, avec obligation d'être achevés en 2-3 ans. La réalisation de certains d'entre eux traîne parfois depuis plus d'une décennie.

Le ministre de l'environnement s'est dit optimiste quant à l'indemnisation rapide des sinistrés, qui devrait être effective dans l'ensemble avant l'été. La vraie difficulté sera la mise en œuvre du ''plan digues'', en cours de conception. Avec un coût de réfection des digues estimé à un million d'euros par kilomètre, ''il nous faudra des moyens budgétaires d'une autre nature'', prévoit le ministre.

Réactions4 réactions à cet article

 
Un peu de bon sens SVP

Une zone INONDABLE a pour vocation d'être INONDEE.
Une zone d'EBOULEMENT a pour vocation d'être EBOULEE. Une zone SEVESO 2 a pour vocation d'EXPLOSER (pour faire court)
Selon le risque répertorié l'évènement peut arriver dans 1an, 10ans, 100ans, 1000ans, et c'est à moi, à toi, à vous de prendre et de vivre avec ce risque. Un BIEN en zone "à risque" est toujours moins cher à l'achat, alors c'est à vous de voir.
Mais - en aucun cas - ce n'est pas à l'Etat (et au contribuable) à COUVRIR et à FINANCER l'IMPREVOYANCE,la SPECULATION, l'OPPORTUNISME, de tous les acteurs de la chaîne qui aboutit à ces catastrophes (bétonnage excessif, dunes saccagées, digues à l'abandon....). Et on parle de 250000€ par maison. Désolé pour les victimes mais on est en plein rêve

lorvat | 09 avril 2010 à 11h02
 
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permis de constrire

On croyait (bêtement) qu'on payait (cher) un permis de construire parce que des gens intelligents et instruits savaient au moins où on pouvait et où on ne pouvait pas construire.
On nous dit maintenant qu'on a joué avec le feu en construisant en zone à risques de 10, 100 ou 1000 ans.
On n'a joué à rien, on a payé pour qu'on nous dise oui ou non. Bien entendu ces gens qui nous ont autorisés à construire là où il ne fallait pas, ils vont nous rembourser la somme exigée pour ce permis de construire et ce sont eux qui doivent vendre leur maison pour rembourser la nôtre et non l'ensemble de la collectivité qui n'y est pour rien.
Si une entreprise privée était responsable, on la mettrait sur la paille pour qu'elle paie sa faute grave. Mais, comme d'habitude, quand il s'agit de l'Etat, de l'Administration, des services publics...la loi n'est plus la même. On a fait payer les victimes avant, on les faits payer après (même une indemnité importante ne remplacera jamais tout ce qui est perdu) et tout ça sur fond ce culpabilisation parce qu'on a construit là où il ne fallait pas. Je pense qu'il faudrait infliger de fortes pénalités à ces inconscients qui ont fait confiance à leur Etat, Administrations et Mairie.

micocharly | 15 avril 2010 à 09h40
 
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Re:Un peu de bon sens SVP

Lire ma réponse

micocharly | 15 avril 2010 à 09h41
 
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Re:permis de constrire

oui, bon à moins d'être naïf, on sait tous comment ça se passe (avant c'était encore pire, mais ça continue.).

C'est en grande partie le maire qui décide (désormais moins qu'avant). et le maire décide ce que ses administrés veulent. Personne ne pense sérieusement que l'urbanisation des zones côtière ou touristique a pris un tant soit peu en compte les risques de ces zones.

Aucun maire n'a durablement (si il joue à ça, il saute irrémédiablement à l'élection suivante) la capacité de faire face seul aux propriétaires des terrains. Pression électorale, et si ça suffit pas, le prix de vente des terrains a permis de longue date de faire "avancer" les dossiers.

Les gens qui ont construit ou acheté là bas le savent. Pas de raison qu'ils soient plus naifs que les autres. Le coup du: "ben on n'avait qu'à pas me laisser faire!!" est un peu court pour s'exonérer de sa propre responsabilité sur ses propres choix. On est vraiment trop assistés en france.

Cela dis, une zone inondable sera inondée. ça interdit pas d'y vivre ou d'y construire. J'ai un peu de mal à comprendre: soit on rase les maisons, soit on refait les digues. Mais si on refait les digues et qu'on rase les maisons, il y a un truc qui cloche. Ou alors on est juste dans le : "il y a eu des morts, donc il faut faire quelque-chose qui montre qu'on agit."

dolgan | 15 avril 2010 à 16h35
 
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