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Xynthia, 3 ans après : l'Etat veut réduire les retards dans les travaux des digues de protection

Dans le cadre du plan de prévention des submersions rapides, la ministre de l'Ecologie va simplifier les procédures environnementales et techniques qui freinent les travaux des digues en Charente-Maritime et en Vendée touchées par la tempête Xynthia.

Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Xynthia, 3 ans après : l'Etat veut réduire les retards dans les travaux des digues de protection

La tempête Xynthia a frappé, dans la nuit du 27 au 28 février 2010, principalement le littoral de la Charente-Maritime et de Vendée, faisant au total 53 morts et causé plus de 2,5 milliards d'euros de dommages dont plus 1,4 milliards d'euros dans ces deux départements les plus touchés.

Trois ans après la catastrophe, si un plan interministériel de prévention des risques de submersion rapide (submersions marines, crues soudaines, ruptures d'ouvrages) est opérationnel depuis 2011 et doté de 500 M€ d'ici 2016, les travaux de digues de protection contre les inondations, prévus par l'Etat, accusent du retard dans les deux départements.

Près de 50 PAPI et PSR

Des travaux de réparation d'urgence ont été mis en œuvre juste après la tempête en 2010, "avec 190 chantiers réalisés pour un montant de travaux de 31,9 M€ dont 15,5 M€ financés par l'État", rappelle le ministère de l'Ecologie. 120 chantiers en Charente-Maritime et 70 en Vendée ont ainsi été réalisés sur des digues maçonnées ou en terre ou sur des cordons dunaires. Une aide d'urgence de 7,3 M€ a été apportée par l'Union Européenne.

Après la phase d'urgence, 13 programmes d'actions de prévention des inondations (PAPI) et 3 plans submersions rapides (PSR) visant à renforcer les digues ont été élaborés en Charente-Maritime et en Vendée après avoir été validés par la Commission mixte inondation (CMI). Ils figurent parmi les 49 projets retenus et labellisés à ce jour par la CMI représentant un coût total d'environ 624 M€ "avec une aide de l'Etat via essentiellement le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM) de plus de 230 M€". Ce fonds a par ailleurs financé à hauteur de 316 M€ le rachat par l'Etat - pointé en juillet 2012 par la Cour des comptes - des maisons concernées par les "zones de solidarité" dans les deux départements.

Complexité administrative

 
Inondations : un coût moyen annuel de 650 M€ à 800 M€ en France 17 millions d'habitants sont exposés au risque inondation en France tandis que, 9 millions d'emplois sont exposés au débordement de cours d'eau. Le coût de dommages varie en moyenne de 650 M€ à 800 M€ par an, dont la moitié pris en charge par le régime de solidarité nationale catastrophe naturelle, selon les chiffres du ministère de l'Ecologie.
 
Si les premiers confortements de digues ont été réalisés à Charron (Charente-Maritime), "la complexité des procédures environnementales et techniques, qui sont actuellement en cours, est à l'origine des retards pris pour la réalisation des travaux des digues de la Pergola et des Grands Relais (Vendée), du Boutillon et de Port des Barques (Charente-Maritime)", explique le ministère. Face à ce constat, la ministre de l'Écologie Delphine Batho souhaite "accélérer la mise en œuvre des programmes d'actions de prévention des inondations". La ministre a ainsi désigné "une mission d'appui auprès des services de l'État qui veillera à la simplification et la réduction des délais afin de mener l'ensemble des travaux prioritaires au plus vite".

Or, le renforcement de 1.200 km de digues d'ici 2016 est l'une des 80 actions du plan qui décline les actions de l'Etat à travers 4 axes (urbanisation et aménagement, amélioration des systèmes de surveillance, de prévision, de vigilance, et d'alerte, amélioration de la fiabilité des ouvrages, renforcement de la culture du risque).

A ce jour, le soutien à plusieurs dizaines de programmes "démontre le besoin en matière de réhabilitation d'ouvrages, avec près de 210 km de digues concernés, réparties sur l'ensemble de la France, et protégeant au total plus de 240.000 habitants", souligne le ministère tout en rappelant les avancées en matière de sécurité de ces ouvrages.

"100% des ouvrages de classe A (ceux protégeant plus de 50.000 personnes et supérieur à 1 m de haut)" sont désormais recensés et suivis par les services de contrôle de la sécurité des ouvrages hydrauliques (services de l'Etat), créés en 2011. On recense au total environ 350 km de digues de classe A. La plupart des digues maritimes sont en classe B (environ 300 km, sur les 2 500 km de digues de classe B au total) et C (environ 175 km, sur les 3.700 km de digues de classe C au total), précise le ministère.

Autre avancée : pour l'heure, 276 communes prioritaires se sont vues prescrire des plans de prévention des risques naturels (PPRN) littoraux, sur les 303 communes prioritaires identifiées dans le plan, soit "plus de 90% d'entre elles". Parallèlement, l'extension du linéaire surveillé par l'Etat "se poursuit" : 21.200 km de cours d'eau sont maintenant couverts par le système de vigilance et d'alerte météo "crues".

Réactions3 réactions à cet article

 

Sur la Seine dernière boucle entre Carrières sous Poissy et les Mureaux 9 projets recensés pour des constructions en zone à risque
Ces 9 projets ne font pas les même calculs pour les déblais remblais
pas d’homogénéité
les avis de l’autorité environnementale ne peuvent que rapeler le PPRI pour chacun des projets Ou est l'évaluation préliminaire des risques pour la Seine et pour ce secteur
Que veux dire le mot prévention

que va faire l'autorité administrative et la Dréal du 78

des rapports des rapports pas de prévention

Eddie | 01 mars 2013 à 11h20
 
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Je suis originaire de Chanteloup les vignes et je connais bien la plaine agricole dans cette boucle de la Seine où la culture est interdite depuis des années, les terres ayant été empoisonnées par les eaux d'épandage d'Achères qui traite les eaux usées de la capitale, entre autres... Mais je connais aussi les bords de Seine entre Poissy et Triel (et ailleurs) d'où on a extrait du sable en grandes quantités et ces sablières ont été comblées, sans contrôle à parle poids pour payement, avec les ordures de tout le grand ouest... des ordures oubliées qui massèrent dans les eaux de la seine par infitration... Ne pas construire serait respectueux... et souhaitable

triton | 01 mars 2013 à 15h31
 
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Tiens, et si on arrêtait de construire en zone inondable ?
Quelques milliards de dépenses en moins à priori, vu ce qui est écrit dans cet article.
La réalisation et/ou la consolidation des digues existantes va coûter une fortune, pour des équipements qui dans une dynamique de réchauffement global et de changement climatique ne serons assurément pas de taille ! Un cadeau au BTP ? Non je n'ai rien dit.
Par contre, cela permet de ne pas faire porter le chapeau aux élus locaux qui ont autorisé les constructions, ainsi que les services de l'état qui n'ont rien dit non plus.
On enterre les responsabilités de tous sous une grosse digue. Bravo.

Et c'est le cas partout où le foncier est élevé, côte atlantique, bassin parisien et la perle pour la côte d'azur et la côte méditerranéenne en général. Bientôt le Var emportera l'aéroport de Nice, idéalement situé dans la zone d'extension des crues. Cela coûtera cher mais on continuera d'accuser la chance, la météo ou le climat, pas les vrais responsables.

Tombour | 06 mars 2013 à 11h56
 
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